Investir dans un monde meilleur

J’étais en voiture avec mes deux filles, nous revenions de quelques courses. Oriane, 10 ans, me parle de sa nouvelle passion : la couture !

J’avais remarqué que depuis quelques jours, elle prenait un fil et une aiguille pour assembler deux morceaux de tissus, et ce matin même, nous avons passé plus de 40 minutes à regarder des vidéos tutorielles sur Youtube. Petit-fils de couturier, j’ai pris beaucoup de plaisir à observer les différentes techniques que mon grand-père maîtrisait…

Je propose donc à ma fille de faire un petit détour et de passer par le magasin de loisirs créatifs qui se trouve à 4 km de la maison. La dernière fois que nous y étions allés j’ai vu tout un rayon consacré à la couture.

La discussion s’engage :

– Mais qu’est-ce que tu vas m’acheter, papa ?

– On verra bien ! Il y a sûrement des kits pour débutants.

– Des kits ?

– Oui. Par exemple, si tu veux fabriquer une trousse, ils te mettent ensemble tout ce qu’il faut : les aiguilles, le dé à coudre, les fils, la fermeture-éclair, les tissus. Et surtout, la notice à suivre étape par étape.

– C’est super ! Mais ça doit coûter cher…

– Ca devrait coûter dans les 20 à 30€. Mais tu aimes coudre ?

– Oui !

– Alors ça vaut le coup de voir si tu peux développer un talent autour de la couture. On appelle ça «investir». Quand j’étais petit, papy a investi dans un ordinateur parce qu’il voyait que j’étais passionné d’informatique. Il a investi aussi dans un piano pour tonton Dany, parce qu’il a vu qu’il était passionné de musique.

– Il a bien fait !

– Oui… Et je fais comme lui. Je ne fais pas tout exactement comme lui, mais ce genre de choses, je pense vraiment que c’est important. Parce qu’en réalité il n’a pas investi dans un ordinateur ou un piano. Il a investi en nous, ses enfants.

– Mais si tu investis 30€ et finalement ça ne m’intéresse plus ?

– Alors on saura que la couture n’est pas faite pour toi, et on passera à autre chose. C’est important de savoir ça au lieu de rester bloqué.

– Mais tu auras investi pour rien…

– Il faut être prêt à le faire ! Imagine que je décide de ne pas investir, et que dans 10 ans on s’aperçoive que c’était ton talent ! Je t’ai expliqué les paroles de la chanson «Dommage» : vaut mieux vivre avec des remords qu’avec des regrets…

– Voilà ! Là c’est clair !

***

Tout en continuant à rouler vers notre destination, je gratifie la chanson de Big Flo & Oli, qui à force de répétition et d’exemples concrets, rend limpide des concepts très difficiles à comprendre, même à l’âge adulte…

Je poursuis la conversation :

– Lorsque j’étais jeune, il y avait une société qui s’appelait IBM. C’était l’une des 10 sociétés les plus riches de l’époque. J’ai lu dans un journal que s’ils on réussi, c’est parce qu’ils investissaient dans plein d’idées nouvelles. Ils testaient toutes ces idées, et au final, ils n’en gardaient que 5%*. Tu sais ce que ça veut dire ?- Non…

– Imagine que j’aie besoin d’un œuf pour faire un gâteau, mais qu’avant d’arriver à la maison je sais d’avance que je vais en casser beaucoup parce qu’il y aura des obstacles… Alors je vais acheter 20 oeufs, tout en me disant que si j’en casse 19, ce n’est pas grave, parce qu’il va m’en rester un pour mon gâteau… IBM se permettait d’investir dans 20 idées différentes, alors qu’une seule de ces idées allait vraiment aboutir.

– Ils se trompaient 19 fois ??? Mais ils étaient nuls alors !

– Ils ne se trompaient pas 19 fois. Ils considéraient juste que c’était normal de garder seulement 1 projet sur 20. Mais ils avaient des milliers de projets. Donc il y en a plein qui ont réussi.

– Ils «avaient» ??? Pourquoi ? Ils n’existent plus ?

– Si… Et ils gagnent encore beaucoup d’argent. Mais IBM n’est plus la société la plus riche du monde. Elle doit être vers la 80ème ou 90ème place. Très loin derrière Apple ou Samsung. Personne ne pouvait imaginer qu’un jour Apple allait détrôner IBM…

– Ah… Et à quel moment ils ont commencé à perdre ?

– Il y a beaucoup d’explications. L’une d’elles est qu’ils ont arrêté de se permettre 95% de projets sans suite. Ils sont aux alentours de 70% aujourd’hui. C’est à dire qu’ils jettent seulement 14 projets sur 20 et ils continuent à investir dans les 6 meilleurs.

– C’est quand-même bien !

– C’est sûr ! C’est pour ça qu’ils sont encore dans les 100 premiers…

– Et qu’est-ce qui arrive à ceux qui investissent dans un seul projet ?

– D’abord ils hésitent longtemps, parce qu’ils ont peur de se tromper. Et une fois qu’ils se lancent ils sont très stressés parce que dans leur tête, c’est leur dernière chance ! Par exemple, imagine que tu abandonnes la couture dans 2 mois, et que tu veuilles faire de l’électronique. Je suis prêt à réinvestir dans des kits d’électronique sans problèmes parce que c’est important pour moi que tu découvres ton talent. Tu vas oser me dire que tu abandonnes la couture pour l’électronique ?

– Ben oui !

– OK… Maintenant, imagine que j’hésite à t’acheter ce kit de couture, parce que ça coûte quand-même 30€ ! Et en voyant que finalement tu abandonnes, je te reproche chaque jour de m’avoir fait perdre de l’argent. Ensuite, lorsque tu m’annonceras que tu veux faire de l’électronique, je te dirai un truc du genre «j’espère tu ne vas pas nous faire le même coup qu’avec la couture et bla bla bla…», est-ce que tu vas oser recommencer une troisième fois ?

– Si tu me reproches tous les jours de t’avoir fait perdre de l’argent avec la couture, je ne vais même pas te parler d’électronique ! Il n’y aura même pas une deuxième fois !

– Voilà… Alors si je veux découvrir ton talent ou ta passion, il faut que je sois prêt à multiplier les expériences, à jeter ce qui ne va pas et à garder ce qui donne de bons résultats.

– Mais si j’essaye plein de choses, ça va faire 30€ + 30€ + 30€… Je vais te ruiner !

– Pas du tout… Les investissements qui coûtent cher commencent lorsqu’on découvre réellement sa passion. Aujourd’hui je vais t’acheter un seul kit de couture. Si ça te plaît on en achètera deux, puis quatre, puis une petite machine à coudre avec des kits d’un plus grand niveau, puis une machine professionnelle, etc. Puis je t’inscrirai dans une école de stylisme comme Jessica (sa cousine)…

– Ça ce serait chouette !

– Voilà ! Alors choisis le kit qui te plaît, vas aussi loin que tu peux, et si tu n’as plus envie, dis-toi que tu as le droit de recommencer autre chose. Je suis prêt à investir en toi !

– Et toi papa, qui est-ce qui investit en toi ?

– Aujourd’hui je fais honneur à mon père : je continue ce qu’il a commencé et j’investis en moi.

– Oui mais qui te donne l’argent ?

– Je travaille, et mes clients me paient.

– Oui, tu me l’as déjà expliqué, mais alors ce sont tes clients qui investissent toi !

Un ange passe… Le temps de trouver mes mots, je reprends :

– J’adore parler avec toi ma fille ! Tu me fais toujours découvrir des choses sur moi ! Des choses auxquelles je n’aurais pas pensé… Oui ! D’une certaine manière, mes clients investissent en moi, et aussi en toi…

***

Je vous ai souvent proposé de me rejoindre dans mes activités pour investir en vous. Mais il ne m’est jamais venu à l’esprit qu’en me choisissant comme prestataire, vous acceptiez implicitement d’investir en moi. Une petite fille de 10 ans vient de remettre les pendules à l’heure. Que ce soit conscient ou pas, c’est une évidence : vous adhérez à mon style de vie et vous y contribuez.

Cela me fait penser aussi aux personnes qui s’opposent formellement à mes propositions payantes, et qui emploient les mots «trop cher» dès que je fais une proposition. Effectivement, si j’arrêtais d’investir en moi, si je devais rester sur mes acquis, si je cherchais les outils les moins chers quitte à y passer 10 fois plus de temps, si je passais des mois à hésiter avant d’entreprendre quelque chose de peur de me tromper, si ma seule préoccupation était de payer mon loyer et ma bouffe… Je pourrais facturer beaucoup moins cher ! Mais je ne pense pas que vous apprécierez autant l’Energie que je transmets.

En 2017, je me suis formé à l’hypnose. Cette année je me lance dans les neurosciences. Si je peux le faire, c’est parce qu’à chaque fois que vous avez payé une prestation, vous avez accepté (je dirais même apprécié) l’idée qu’une partie de cet argent contribue à ma formation. Formation dont vous bénéficiez grâce à un cercle vertueux.

Je voudrais terminer cet article en remerciant toutes les personnes qui ont participé à mes activités par le passé ou qui pensent sérieusement le faire en 2018. Vous m’avez permis d’investir en moi. Et puisque les miens font partie de moi, une part de votre bonne volonté est présente dans l’atelier de couture qui démarre sous les doigts de ma fille.

Encore merci ! Continuons à investir en nous ! Continuons à investir dans un monde meilleur !

A++

Stéphane

Une technique de lecture étonnante

Il y a une semaine, ma fille ne parvenait pas à dépasser le deuxième chapitre du livre «Vipère au poing» d’Hervé Bazin (imposé par l’école). Elle nous faisait la tête à chaque fois qu’on la relançait à propos de cette lecture…

Et puis j’ai eu une idée ! Une idée liée aux neurosciences (mes études du moment), que tout un chacun peut comprendre, tant elle est simple. Cette idée à donné naissance à une technique et cette technique, une fois appliquée, a permis à ma fille de terminer son livre en moins de 3 jours, avec un certain enthousiasme.

Si vos enfants ont du mal à lire, en particulier les livres imposés, j’aimerais partager cette technique avec vous. Dites-moi ce que vous en pensez :

A++

Stéphane

Le pire ennemi de l’Apprentissage

Connaissez-vous le pire ennemi de l’apprentissage ?

Il s’appelle «je le sais déjà !».

Il se décline parfois en «je le savais déjà !», lorsque la démarche d’apprentissage est contrainte par un tiers et que l’on s’exprime en fin de session…

Pour illustrer les dangers et l’absurdité de cet ennemi, je me propose d’être cobaye (et donc victime) de cette pensée en utilisant mon exemple du jour :

Je viens de voir une vidéo qui présentait en 10 minutes chrono, les 10 touches (ou combinaisons de touches) les plus méconnue des utilisateurs d’ordinateur !

Qui perd gagne

Sur ces 10 touches, j’en connaissais 7 ! J’ai donc eu 7 fois le sentiment que «je le savais déjà !» et en me répétant cette phrase, mon aversion à la perte refaisait surface, car en pratique, il faut bien se l’avouer, j’ai perdu 7 bonnes grosses minutes en regardant cette vidéo…

Seulement voilà : il y a 3 touches que je ne connaissais pas ! Et même si sur 10 minutes, il n’y a que 3 minutes qui m’ont été utiles, l’utilisation de ces touches va désormais me faire gagner du temps. Ce temps, je l’évalue entre 5 et 30 minutes par jour, selon la quantité de travail que j’aurai sur mon ordinateur. Ce qui représente un gain énorme tout au long de l’année 2018. Je me suis fait un beau cadeau finalement.

Au-delà de mon nombril

Je suis un crac en informatique… Vraiment ! Dans ma jeunesse, j’étais ce qu’on appelle un geek ! Toujours à l’affut de l’optimisation et de la meilleure utilisation de mes logiciels préférés. Il est donc normal que sur 10 touches j’en connaisse 7. Allez ! Imaginons même que je connaisse les 10 touches, et que la fameuse phrase «je le savais déjà» m’invite à dire «Je n’ai rien appris !»…

Faux ! Il n’y a rien de plus faux ! Une chose très importante m’a été révélée pendant cette vidéo : 8 personnes  sur 10 ne savent pas comment utiliser la touche «Imp Ecran» en particulier lorsqu’elle est associée à «Alt»… Ça veut dire que je peux aider 8 personnes de mon entourage, en leur apprenant facilement et rapidement quelque chose que je maîtrise sur le bout des doigts. Ce n’est pas coûteux en Energie (ça me fait même plaisir, donc c’est de l’Energie Positive) et ça peut rendre de grands services aux gens qui me fréquentent.

Ceci m’entraine vers une question existentielle : combien de choses que «je savais déjà» pourraient être utiles à 8 personnes sur 10 ?

Décidément, j’ai bien fait de regarder cette vidéo dont le contenu n’a aucun secret pour moi.

Qu’est-ce que je peux faire de ça ?

Toujours en imaginant que je savais déjà TOUT ça, et que je n’ai rien appris, l’Auto-Coach que je suis me propose de tirer de ma boite à outil l’un de mes outils préférés. Cet outil se résume une question existentielle que beaucoup de gens n’ont «pas le temps» de se poser, tant leur sentiment d’avoir assez perdu de temps les irrite… Voici cette question :

Qu’est-ce que je peux faire de ça ?

Dès que je me suis posé cette question, l’un de mes chevaux de bataille est venu se cambrer en toute grâce. Ce cheval s’appelle «La Communication». Pour que j’accroche plus de 3 minutes à quelque chose que je sais déjà, il faut vraiment qu’il y ait autre chose que du contenu… Donc quelque chose d’autre m’a forcément attiré pour que je regarde cette vidéo jusqu’au bout, et c’est effectivement la façon de communiquer. La pédagogie particulière, les exemples donnés, les illustrations qui défilent, la façon de maintenir le suspens, la voix (que j’ai trouvé relativement monocorde, mais qui pourrait plaire à certains publics tout en restant «acceptable» pour les plus exigeants). C’était bien mené et équilibré.

Du coup, je n’ai pas passé 10 minutes à apprendre à utiliser les touches de mon clavier ! J’ai passé 10 minutes à apprendre comment réaliser une vidéo Youtube, qui a fait 2,7 millions de vues ! Ce chiffre, je ne l’ai pas vu au départ. Il est apparu uniquement lorsque je me suis posé la bonne question et qu’une réponse (l’une des nombreuses réponses dont je ne peux encore faire l’inventaire) est apparue…

Allons plus loin

Mais cessons de discutailler à propos de cette vidéo et parlons un peu de cet article. Je suis sûr qu’en le lisant, vous avez hoché la tête régulièrement pour valider mes propos, ce qui signifie que vous le saviez déjà !

Alors, je vous invite à vous poser une question, et à participer à la discussion. Cette question est :

Qu’est-ce que je peux faire de ça ?

Je serai ravi de vous lire en commentaire.

A++

Stéphane SOLOMON

Vos 4 vérités

C’était au mois de juin 2012. Ma compagne et moi avions décidé d’emmener nos enfants au Parc Astérix, et afin de bien profiter de la journée, nous avons opté pour un jeudi ensoleillé. Pourquoi un jeudi ? Parce qu’il suffit d’un mot d’excuses justifiant l’absence scolaire pour profiter pleinement des attractions. Le mercredi et le week-end, les files d’attentes interminables devant chaque manège transforment ce loisir en corvée, avec un sentiment d’insatisfaction en bout de course (énumération de tout ce que nous n’avons pas pu faire, et qu’il FAUDRAIT ABSOLUMENT faire la prochaine fois).

Ajoutez-y le fait que les jours précédents étaient pluvieux, alors que la météo était formelle : jeudi était une journée ensoleillée.

Bien que le sujet du jour, ne concerne pas ce « contretemps volontaire », j’insiste sur cette pratique ZEN, qui consiste à donner un SENS à une action ou une activité, au lieu de la dénaturer parce que le monde extérieur nous y contraint. Lorsque je dis « il suffit d’un mot d’excuses », ce n’est pas toujours simple (tout dépend des professeurs). Mais à quoi sert une journée consacrée aux loisirs, si nous la passons sous la pluie et dans les files d’attentes ?

Je vous invite également à une autre réflexion : c’est la contrainte de vouloir profiter de la journée au maximum ! C’est extrêmement stressant : il faut pour cela arriver à l’heure de l’ouverture, programmer un parcours ingénieux qui optimise le nombre de manèges, et partir au dernier moment : lorsque les hauts-parleurs annoncent la fermeture. Conclusion : la journée commence et se termine par des embouteillages, et nous vivons un gros sentiment de frustration au moment où les manèges nous ferment les barrières au nez, et que nous quémandons un dernier tour… Mauvais stress !

Ce jeudi là, nous sommes arrivés une heure après l’ouverture, et nous avons quitté le village gaulois une heure avant sa fermeture. Aux lois extérieures (il y a des horaires), nous avons ajoutés nos propres règles. Les lois et les règles, lorsqu’elles ne sont pas considérées comme des contraintes, sont une source d’Harmonie… Bon stress !

La tête dans les nuages

Après cette belle journée et une petite douche. Nous nous sommes assis sur la terrasse. Le ciel nous offrait le dernier spectacle de la journée : un cortège de nuages blancs, plus beaux les uns que les autres ! Mes enfants commencèrent à distinguer des formes :

– Oh regarde : un cheval !

– Et là, un mouton !

– Et le gros là-bas, on dirait Obélix !

Certains nuages avaient une forme si proche de la réalité, qu’il n’y avait aucun problème pour tomber d’accord. Tandis que d’autres ne représentaient rien si on ne s’autorisait pas un peu d’imagination… Lorsque mes enfants décrivaient ce qu’ils voyaient en pointant leurs doigts vers les cumulus, ils me donnèrent l’impression de peindre dans le ciel ! En quelques secondes, ces masses informes devenaient des châteaux, des arbres, des animaux… Et parfois, ils voyaient un nuage… Mais il ne s’agissait pas de n’importe quel nuage. Dedans se cachait une fée, qui cherchait le cheval vu quelques secondes plus tôt… Chaque nuage avait un SENS !

Le premier qui voit !

Puis, ma grande fille (6 ans et demi), qui avait visiblement compris que tout dépendait de la façon dont on observe les choses, décida de jouer à un autre jeu, que j’intitulerais : « le premier qui voit… a gagné ! »

– Le premier qui voit un chat a gagné !

En moins d’une minute, le chat apparaissait. Il était impossible de savoir à l’avance s’il allait sortir les griffes, jouer avec une pelote de laine ou dormir dans son panier… Mais d’une façon ou d’une autre, nous avions rendez-vous avec un chat !

Après quoi, chacun son tour soumit ses idées :

– Le premier qui voit une princesse a gagné !

– Le premier qui voit un bateau a gagné !

– Etc.

Puis ce fut au tour de ma cadette (5 ans) de me surprendre :

– Le premier qui voit papy Michel a gagné !

Papy Michel… Evidemment ! Mon père était « mort dans le ciel » ! Il était temps de le voir… Après un silence apaisant, ils se mirent tous à crier : le voilà ! Le voila !

Effectivement, un beau nuage représentant un visage arriva lentement, poussé par une légère brise… Nous distinguions clairement le nez, les yeux, les joues, la bouche… Puis ma cadette d’écria :

– Il bouge la bouche ! Regardez ! Il bouge la bouche !

Le spectacle devenait impressionnant. Ma grande, peut-être légèrement anxieuse redescendit un instant sur terre :

– Tu sais pourquoi ? Parce qu’il y a deux nuages. Un petit et un gros. Et le petit est plus bas, alors il bouge plus vite, et ça donne l’impression que les lèvres bougent…

Puis, après ce bref passage dans « la réalité », elle conclut :

– Peut être qu’il veut nous dire quelque chose !

Ce fut à mon tour de prendre la parole :

– Oui. Il veut vous dire que vous êtes merveilleuses et qu’il est très fier de vous, parce qu’après une journée d’amusement, vous avez pensé à lui…

Je m’approchais d’elles pour prendre une voix plus douce…

– De là où je suis-je vous vois grandir et je veille sur vous mes petites filles. Je ne peux pas vous serrer dans mes bras ni vous embrasser, mais si vous voulez que je le fasse quand-même, vous pouvez demander à votre papa, parce qu’il sait comment je faisais…

Grâce !

Vos 4 vérités

Vous vivez dans 2 mondes. Le monde intérieur, fait de valeurs, de croyances, de pensées, d’émotions… Et le monde extérieur, partagé par tous, qui a besoin de logique et de lois pour permettre à la multitude d’exister. Dans ces deux mondes, 4 vérités se fréquentent, s’unissent, se confrontent, ou s’opposent :

La vérité spectatrice

Vous regardez le ciel et un spectacle défile nuage après nuage. Vous n’avez aucun contrôle sur ce spectacle. C’est un cadeau du ciel. Ces signes vous montrent-ils une voie à suivre ? Certains de ces symboles ont-ils un sens à interpréter ? Pourquoi y voyez-vous ce que d’autres ne voient pas ? C’est une vérité qui pose beaucoup de questions, et dont le manque de réponses est une réponse en soi… Cette vérité peut vous mener vers la béatitude comme vers la dépression. Pour y accéder, il suffit de se poser et d’observer ce que la nature offre généreusement.

La vérité logique

Les nuages, ces énormes masses d’eau, sont poussés par le vent. La perception humaine se complaît parfois à admirer les formes créées par les cumulus, les cumulonimbus, les stratus… dont les formes sont dues à des conditions météorologiques. C’est une vérité pleine de réponses. Plus de réponses que de questions d’ailleurs… Cette vérité peut vous mener vers la connaissance, comme vers le vide existentiel. Pour y accéder, la science vous offre son panel avec prudence : des théories, en attente de confirmation.

La vérité créatrice

Nous avons la capacité d’observer la même chose sous différents angles. Une masse d’eau est une matière première qui peut être transformée à volonté grâce à l’imagination et la créativité. Associée à la psychologie, cette créativité produit une illusion collective. L’artiste invente, le public observe et s’émerveille. Chaque question trouve presque toujours sa réponse. Et s’il n’y a pas de réponse, on reformule la question. Cette vérité peut vous mener vers l’enthousiasme comme vers la folie. Elle s’obtient grâce à l’expérience, et donc la volonté de s’exprimer, d’exhaler, d’expérimenter. Elle est à portée de mains, de cœur et d’esprit.

La vérité attractive

Elle part du principe que lorsqu’il y a profusion, vous pouvez demander votre part et obtenir ce que vous souhaitez avec peu d’efforts, car vous bénéficiez de forces déjà en place : celles de la nature, celles des autres, celles de vos ancêtres, celles de votre parcours (même si apparemment l’effort était vain par le passé, il prend un sens au présent). Lorsque des centaines de nuages décorent le ciel d’été, il y en a forcément pour vous ! Vous avez donc le choix : regarder ailleurs, ou lever les yeux au ciel et vous servir à volonté.

La vérité attractive transforme la vérité spectatrice en vérité actrice. Elle donne à la vérité logique une dimension humaine, en la rendant utile et valeureuse. Elle transcende la vérité créatrice en lui ajoutant de la personnalité et du panache. Cette vérité vous mène vers la Gratitude et la Célébration. Elle s’obtient par la fusion sincère de la béatitude, la connaissance et l’enthousiasme… Elle apparaît lorsqu’on lui laisse le temps de se manifester, c’est-à-dire en méditant sur l’abondance qui nous entoure et sur le sens de la vie.

La technique des 4 vérités

Il est possible qu’en voyant le nuage bouger la bouche, ma grande fille se soit effrayée. Il y a des vérités difficiles à supporter… Elle a donc trouvé le moyen d’éloigner son stress en observant 2 nuages superposés, grâce à la vérité logique. Une fois rassurée, elle a retrouvé son papy qui voulait nous dire quelque chose.

Dans chacune des 3 premières vérités, vous trouverez du bon stress et du mauvais stress… Chassez le mauvais stress en changeant de vérité. Si le spectacle qui défile devant vos yeux vous effraye, pensez qu’il s’agit uniquement de masses d’eau. Si les masses d’eau annoncent l’orage et la pluie, pensez qu’il s’agit de matières premières pour créer à volonté, et expérimentez !

Puis visualisez vos créations, admirez-les en bon spectateur. Enfin, selon vos croyances, remerciez D.ieu, l’Univers ou la Nature de vous offrir ce privilège… Remerciez-vous d’Etre au bon endroit au bon moment.

En vous promenant de vérité en vérité, et en vous nourrissant d’émotions positives, vous écrirez votre propre histoire et attirerez dans votre vie ce à quoi vous aspirez. C’est le secret de la vérité attractive : unir harmonieusement 3 vérités pour en faire une quatrième.

Les actions fortes conservent leurs énergies même lorsque vous cessez d’agir. Comme un feu allumé en frottant deux cailloux, elles subsistent une fois la flamme créée et vous n’avez plus besoin de fournir des efforts pour utiliser le feu sacré dont vous avez besoin. Il suffit de nourrir la flamme.

Créez de bons souvenirs, et afin de maintenir ces énergies vives, gratifiez ceux qui leur ont permis d’exister. Puis, régulièrement célébrez-les, et gratifiez encore ces CHOIX et ces moments d’excellence.

Le monde changera avec vous…

A+

Stéphane SOLOMON

Une question d’alignement

Je ne suis pas l’auteur de cette histoire (que j’ai entendue lors d’une conférence). C’est un conte hassidique que j’ai adapté :


Il était une fois un jeune-homme appelé Igor, qui avait décidé de quitter son village natal pour tenter sa chance dans une grande ville. Celle-ci se trouvait à 100km, et il ne pouvait s’y rendre qu’à pieds. Il entreprit donc un voyage qu’il estima à 3 jours de marche.

Au deuxième jour, en plein après-midi,  une tempête de neige lui fit perdre son chemin… La température chuta de 30 degrés en moins de 2 heures, et alors que ses forces le lâchaient, il aperçut une auberge au loin. Rassemblant toute son énergie, il marcha jusqu’à cet abri digne d’une oasis en plein désert. Il frappa à la porte.

Un homme d’une cinquantaine l’accueillit de façon peu agréable :

– Qu’est-ce que c’est ?

– Monsieur je vous en supplie laissez-moi entrer pour me réchauffer. Je suis complètement gelé !

– Vous pouvez profiter du gite et du couvert pour 500 roubles, lui dit l’aubergiste

– 500 roubles ?! Mais c’est toute ma fortune et j’en aurai besoin lorsque j’arriverai en ville.

– Alors vous pouvez coucher dans l’écurie. C’est gratuit !

– Mais c’est impossible ! Il fait trop froid… Je n’y survivrai pas !

– Si vous voulez dormir au chaud, ce sera 500 roubles !

Le jeune-homme céda. Sa vie en dépendait. Il remit ses billets à l’aubergiste et entra. En moins de 2 minutes il commença à se sentir mieux, ses membres gelés reprirent toutes leurs fonctions, et il put gravir l’escalier jusqu’à sa chambre : une belle pièce, joliment décorée avec un lit douillet. Il s’y allongea. Le sommeil l’envahit aussitôt.

Lorsqu’il se réveilla, il crut que la nuit était passée. Quelle fut sa surprise lorsqu’il s’aperçut qu’il n’avait dormi qu’une heure ! Il descendit les escaliers pour rejoindre la salle à manger où un bon repas l’attendait.

«Bon repas» est un vulgaire  euphémisme face à l’abondance qui s’offrait à lui. Il crut un instant qu’il se trouvait au Paradis. Jamais de toute sa vie il ne mangea aussi bien. De temps en temps le prix de son séjour lui revenait en mémoire, mais devant tant de régal, il chassait cette idée de son esprit, se rappelant que 2 heures plus tôt il faillit mourir…

A la fin du repas l’aubergiste lui proposa de descendre à la bibliothèque. Il y avait là des livres anciens d’une valeur inestimable ! Il repéra un livre dont son père lui avait parlé avant de mourir. Il commença à le feuilleter…

– Vous pouvez le prendre si vous voulez, lui dit l’aubergiste.

– Dans ma chambre ?

– Et vous pourrez même l’emmener avec vous après votre séjour. Ça me fait plaisir de vous l’offrir.

Intérieurement Igor se dit «Tu parles d’un cadeau… Pour 500 roubles, je pourrais en prendre au moins 30 !». Il mit simplement son livre dans sa besace et l’emporta dans sa chambre pour lire le premier chapitre.

Après sa lecture il s’endormit d’un sommeil profond et se leva aux aurores, se souvenant des merveilleux rêves dont il profita toute la nuit. Il prépara ses bagages et descendit au rez-de-chaussée où un petit déjeuner succulent l’attendait. Son hôte lui tint compagnie, et avant de le laisser partir il lui tendit une boite :

– Ce sera votre cadeau d’adieu monsieur !

Igor ouvrit la boite et y trouva une liasse de billets. Pas n’importe quelle liasse : il reconnut l’élastique qui les entourait ainsi que la façon dont il les avait enroulés. On venait de lui rendre ses 500 roubles !

– Je ne comprends pas Monsieur, vous vous moquez ?

– Pas du tout, je vous offre votre nuit !

– Mais hier, vous étiez catégorique : soit je payais mes 500 roubles, soit je dormais dans l’écurie… Je n’ai même pas pu négocier, et voilà qu’aujourd’hui vous me rendez tout mon argent ?

– Oui… C’est une pratique que j’ai décidé d’adopter il y a quelques années, et j’en suis bien plus heureux.

– De quel bonheur parlez-vous ?

– Régulièrement, des inconnus viennent déposer de l’argent sur le seuil de ma porte. Je n’ai donc pas besoins de faire payer les voyageurs infortunés. Rien que ce matin j’ai reçu une enveloppe contenant 5.000 roubles. Parfois on me dépose de la nourriture ou des livres… Tout ce dont j’ai besoin se trouve au seuil de ma porte chaque matin…

– Mais alors, pourquoi avez-vous joué cette comédie en m’accueillant ? N’aurait-il pas été plus simple de me faire entrer gratuitement ?

L’aubergiste expliqua au jeune-homme que cette auberge lui a été léguée il y a 25 ans, et qu’au début de son activité, il accueillait effectivement les voyageurs gratuitement. Cependant, malgré tous ses efforts, ses invités ne profitaient pas pleinement de leur séjour. Cette gratuité était mal comprise : certains se méfiaient, d’autres s’y habituaient au point d’oublier qu’ils étaient accueillis.

Il raconta l’histoire d’un voyageur qui ressemblait en tous points à notre héros. Lorsqu’il demanda de l’aide, il fut accueilli gratuitement. Le jeune-homme entra timidement dans la pièce et mit plus d’une heure à se réchauffer malgré les frictions dont il bénéficiait. Ensuite il monta endolori dans sa chambre, et en voyant ce lit si bien fait, il n’osa dormir dessus. Il dormit donc à même le sol dans son sac de couchage afin de ne pas abuser de la gentillesse du propriétaire des lieux.

A l’heure du repas il ne descendit pas tant il était fatigué. Puis il fit de très mauvais rêves dans lesquels on venait l’assassiner pour lui voler son argent. Au petit matin, il voulut repartir et lorsqu’il fut invité dans la bibliothèque il n’osa pas toucher aux livres. Il en repéra un qu’il avait très envie de lire, mais lorsqu’il lui fut proposé en cadeau, il refusa avec une agressivité qui le surprit lui-même… Pour s’excuser, il proposa à son bienfaiteur d’acheter ce livre, mais comme il n’était pas à vendre, il dut se contenter de lire le premier chapitre avant de le reposer à sa place. Au moment de partir, il accepta difficilement une pomme en guise de petit-déjeuner et repartit honteux et confus d’avoir ainsi profité d’une hospitalité qui lui était pourtant offerte avec cœur…

Igor observa son hôte avec Gratitude. Une larme glissa sur sa joue, puis il le serra dans ses bras et lui dit :

– Ce voyageur que vous avez sauvé du froid était mon père ! Il m’a raconté son séjour point par point comme vous venez de le faire. Depuis son aventure, chaque jour, il se demandait si vous étiez son bienfaiteur ou un simulateur qui ne cherchait qu’à le piéger pour le tuer pendant son sommeil ou pour l’accuser de vol. Mais ce qui le marqua le plus, ce fut ce livre qu’il ne trouva nulle part ailleurs, et dont il ne put lire la fin… Je terminerai ce qu’il a commencé !

– Votre père ne fut pas le seul voyageur à se méfier de moi, mais son passage m’a profondément marqué.

– Pourquoi ?

– Parce que jamais je n’avais vu autant de méfiances cumulées chez une seule personne. Il a même jeté la pomme que je lui avais offerte en guise de petit déjeuner. Je l’ai trouvée dans la neige en faisant ma promenade matinale.

– Oui… Il pensait que c’était une dernière tentative d’empoisonnement.

– C’est à partir de ce jour-là que j’ai décidé d’être aussi intraitable à l’entrée.

– Je suis désolé… Que puis-je faire pour que son âme obtienne votre pardon ?

– Je lui ai déjà pardonné, car il m’a révélé, sans le savoir, la voie de mon Bonheur.

– Dites-moi…

– Il m’a fait comprendre que dans le monde dans lequel nous vivons, même pour faire le bien, il faut user de stratagèmes… Quel que soit notre niveau de Conscience, de Bonté, de Générosité, nous devons accepter de nous mettre au niveau de celui que nous souhaitons aider. Sinon, nous ne pourrons aider que très peu de monde.

Igor quitta les lieux avec mille questions en lui… Il trouva les réponses dans le livre que son père ne put jamais terminer. En moins de 5 années, il fit fortune dans la ville où il s’était installé puis dans les villes voisines, se souvenant que pour donner aux gens ce dont ils ont besoin, il devait user de stratégies pour aligner sa bienveillance au niveau de la confiance qu’on lui accordait.

Lorsqu’il connut le livre par-cœur, il alla le déposer devant la porte de l’auberge accompagné d’une enveloppe de 5.000 roubles. Il jeta un coup d’œil vers la fenêtre de la chambre qu’il avait occupée quelques années plus tôt.

Il y avait de la lumière…

A++

Stéphane SOLOMON

Si vous me recevez dans vos spams…

Vous avez été quelque uns à me signaler ce problème et je vous en remercie. Il faut savoir que sans action de votre part, c’est inévitable. Mais on peut réduire considérablement le taux d’arrivée en SPAM, lorsque la confiance s’affine.

Pour commencer, si vous avez reçu l’un de mes courriers dans vos SPAM, il est important de m’en sortir le plus vite possible, en particulier si vous avez fait un tour dans ce dossier. En effet, si je me fiais à la façon dont gMail fonctionne (et il n’est pas le seul), le fait que vous me laissiez dans votre dossier d’indésirables, encourage votre fournisseur à placer mes futurs courriers dans le même dossier. C’est logique ! Pourquoi me garderiez-vous dans vos spams si je ne suis pas un spammeur ?

gMail s’aligne sur vos actions. Il n’a aucune raisons de me considérer comme un expéditeur fiable, si vous en avez décidé autrement. Pour gMail, si vous ne signalez pas un incident (de classement dans les spams), alors il a fait du bon boulot ! Etre déclassé en spam ne dépend pas (en tout cas, pas uniquement) de la nature de mon courrier, mais de votre activité vis-à-vis de mes courriers.

Je vais donc vous proposer de fluidifier notre correspondance en suivant cette procédure :

  1. Rendez-vous dans votre dossier de courriers indésirables (parfois nommé spam ou bulk)
  2. Si vous y trouvez un courrier de ma part, ouvrez-le et cherchez un bouton (dans la barre d’outils) qui permet de signaler à votre fournisseur que je suis un «interlocuteur de confiance». Parfois, cela se résume à un bouton intitulé «non-spam» (c’est le cas dans gmail).
  3. Lorsque vous recevez un courrier de ma part, ouvrez-le et si le début vous paraît intéressant ou pertinent cliquez sur le lien qui mène vers la suite, le plus tôt possible…
  4. Ajoutez mon adresse e-mail à la liste de vos contacts

Ce que je vous propose ne concerne pas que moi. C’est valable pour toute personne ou entreprise qui envoie des courriers à des listes. gMail surveille leur activité et s’aligne sur le comportement des destinataires. A terme, votre action/inaction a une influence sur les autres abonnés de la liste. Chaque courrier ouvert améliore ma délivrabilité, et chaque clic aussi. C’est pour cette raisons que lorsqu’une personne ne me lit pas pendant 3 mois d’affilée, je la supprime de mon fichier. Son inaction (ou sa procrastination) peut avoir une conséquence sur la réception des autres utilisateurs.

Grâce à ses «robots» gMail est reconnu comme l’un des meilleurs filtreurs de spams. Ceci-dit gMail n’est qu’un exemple. Il n’est pas le seul à s’aligner sur vos actions habituelles, pour mieux vous servir.

Si vous avez des questions relatives à ce que vous venez de lire, je suis à votre écoute.  Mais avant, je vous reformule ma demande la plus importante : allez dans votre dossier SPAM, et si vous m’y trouvez, sortez-moi de là ;-).

A++

Stéphane SOLOMON

Un canal à ouvrir…

Revenons à Olivier (notre plombier) pour aborder l’exercice numéro 2 : ce qui a commencé par une histoire drôle s’est terminé en coaching collectif de haut-vol… Le troisième volet de cette histoire (sur le temps caché) est serti de commentaires particulièrement intéressants. C’est beau à lire. C’est VIVANT !

Dans le premier exercice, je vous ai invité à faire des propositions à Olivier pour qu’il puisse suivre ses ambitions personnelles, tout en continuant à servir les gens qu’il aime. Deux valeurs non négociables, qui semblent s’opposer lorsqu’il tente de les mettre en pratique. Comment concilier tout ça ?

Merci à tous ceux qui ont tenté de l’aider. C’était chouette de vous lire, et comme promis, cette participation va vous profiter grâce au deuxième exercice… Attention ! Vous ne pourrez le faire que si vous avez fait l’exercice 1, car votre bénéfice dépend de la proposition que vous avez faite. C’est fait ?

Passons à l’exercice 2

Cet exercice commence par une question dont la syntaxe est très utilisée en matière de Développement Personnel. Elle fait appel à votre imagination :

ET SI ce plombier, c’était vous ?

Consigne : Prenez la proposition que vous avez faite à Olivier, et adaptez-la à votre situation !

– Mais je ne suis pas plombier, me direz-vous !

C’est bien pour ça que je vous parle d’adaptation. Saviez-vous qu’il est beaucoup plus productif de faire un travail de transformation et d’adaptation plutôt que de se faire livrer une solution toute faite ? C’est pour cette raison que dans les métiers d’aide qui font appel à la psyché, on utilise les métaphores et les anecdotes. Le professionnel sait que cette histoire peut aider son patient ou son client, mais ne sait pas forcément sur quel axe ils vont travailler, car il y a différentes façon d’interpréter l’histoire, et surtout, d’inventer la suite…

Même si vous n’avez pas bien compris le texte (et que votre proposition n’est pas recevable par Olivier), ça reste intéressant ! Car justement cela signifie que vous avez déjà fait un travail de transformation en arrangeant le texte à votre sauce.

Par exemple, si vous avez écrit quelque chose du genre :

– Ce plombier n’a qu’à baisser ses tarifs pour les pauvres, et les augmenter pour les riches !

Faites-le !!!

Ce n’était pas une solution pour Olivier, puisque sa vision de la solidarité n’est pas de se servir dans le jardin du riche, mais d’apprendre au pauvre à jardiner par lui-même. Mais si vous n’avez pas réussi à lire ça dans le texte, cela signifie que vous avez la fibre de «Robin des bois» et que c’est ainsi que vous voulez vous impliquer. Alors faites- le !!! Sauf si la vision d’Olivier vous paraît soudainement plus pertinente. Mais si ce n’est pas le cas, vous pouvez tout aussi bien continuer à valoriser votre choix.

Prenons une autre proposition (toujours «à côté» de ce que souhaite Olivier) :

– Il n’a qu’à faire semblant de peiner et prolonger sa prestation pour que le client accepte facilement sa facture

Faites-le !!!

Olivier ne veut pas rentrer dans ce jeu, car au-delà de sa prestation, il veut être un modèle d’optimisme et d’efficacité pour inspirer les siens… Mais si vous pensez qu’il est mégalo et qu’une communication qui intègre une simulation de pénibilité est une bonne solution, alors faites-le !!! Ce texte vous a permis de clarifier vos valeurs et de les exprimer. Toutefois, ne comptez pas sur moi pour vous coacher dans ce domaine ou pour vous former sur une quelconque méthodologie. Au mieux, je peux vous dire : Faites le !!!

Un canal à ouvrir

Passons à une proposition qui est mieux alignée sur les valeurs d’Olivier. Vous avez été quelques-uns à soumettre cette idée ou à la trouver pertinente :

Olivier devrait quitter son bleu de travail et se mettre au service de de son quartier en devenant (définitivement ou occasionnellement) formateur, coach ou co-organisateur d’évènements pour entrepreneurs…

Là nous sommes en plein dans le thème et au-delà du «Faites-le !!!», nous pouvons nous prêter à une certaine analyse :

Après avoir réussi, Olivier se sent l’âme d’un leader : il veut aider les siens à se responsabiliser, se professionnaliser, s’autonomiser… Or ce qui annule ses efforts, c’est le fait qu’il tente de le faire sur le terrain, dans des situations qui ne se prêtent pas à l’apprentissage…

Son client (ou du moins, celui qu’il évoque dans son coaching) lui envoie un message puissant :

– Mon beau-frère est avocat et il gagne moins bien sa vie que vous !

Il aurait aussi bien pu dire

– Vous n’êtes qu’un plombier ! Ce n’est certainement pas un plombier qui va m’inspirer…

Olivier y voit une occasion de rappeler que son métier est un CHOIX, et que le succès n’est pas uniquement une affaire de longues études sur les bancs d’une Université inaccessible à la plupart des gens (en particulier dans son quartier d’origine). Son intention est bonne : il veut dire à son client que toute personne douée, talentueuse ou tout simplement passionnée, peut se professionnaliser et vivre confortablement de ce qui la fait vibrer. Y compris son fils, ce petit qui va fêter son anniversaire après-demain, et qui est destiné à un travail pénible si son père continue à l’éduquer dans cette dynamique.

Or le client ne peut pas entendre ce discours qui dépasse largement le cadre de la situation en cours. Il entend un «plombier». Il ne sait pas qu’en début d’après-midi, Olivier a posé dans une belle demeure, un système biométrique qui permet de régler la température de la douche en fonction de la personne qui pose son pied sur la première dalle de la salle de bain… Pour ce client, un plombier est «pauvre type» qui patauge dans des eaux usées, qui intervient en situation de crise, et qui profite de cette crise pour assassiner ses clients financièrement. D’ailleurs, c’est ainsi que le client a décrit le concurrent d’Olivier lors de son appel, l’exhortant à le tirer des griffes de ce voleur !

Empathie, Ironie et Indice d’Enseignabilité

Olivier a assez d’empathie pour répondre à l’appel au secours et pour facturer deux fois moins cher que son concurrent, mais lorsque le client le provoque à propos du «standing» de son métier, il répond par l’ironie. Sa réponse serait fort appréciée hors-contexte. Elle pourrait même faire l’objet d’un «brise-glace» avant une formation sur l’entrepreneuriat ou d’une belle entrée en matière au début d’une conférence. Mais elle ne tient absolument pas compte du fait que le client se sent victime.

L’ironie, que les plus grands philosophes et pédagogues utilisent comme outil d’apprentissage, peut être perçue comme de la moquerie, de l’insolences, voire de la méchanceté par une personne qui n’est pas en posture d’apprentissage. Dans le troisième volet, nous avons vu qu’Olivier ironise avec son apprenti et ça porte ses fruits, car Rémy boit les paroles de son mentor. Mais l’Indice d’Enseignabilité d’une victime est à zéro ! L’enseignement ne peut avoir de sens que lorsque l’apprenant est prêt à le recevoir.

Comme l’a écrit Jules Renard :

Que vous jetiez l’Océan ou un verre d’eau sur le trou d’une aiguille, il n’y passera toujours qu’une goutte d’eau.

L’enseignabilité d’une personne en détresse est aussi étroite que le trou d’une aiguille. Si Olivier ne trouve pas de solution à son dilemme (c’est plutôt un «double-bind» : j’aurai l’occasion de redéfinir ce terme déjà évoqué), c’est parce qu’il intervient en tant que plombier. Or si on observe sa vocation dans un cadre plus large, ce n’est pas le plombier qui souhaite agir, c’est le leader. C’est l’enfant du pays qui a réussi, qui connaît les clefs du succès, et qui veut les dupliquer pour que d’autres après lui puissent ouvrir les portes.

J’ai vu passer des commentaires sur la mutualisation de ressources coûteuses ou sur l’organisation d’évènements (Journées d’Informations, Carrefour Des Métiers, etc.). C’est effectivement ce qui conviendrait à Olivier pour rester fidèle à son quartier et à ses valeurs tout en exerçant son leadership. Ce qui ne l’empêchera pas d’intervenir en tant que plombier lorsqu’on l’appelle au-secours, et pour peu qu’il soit reconnu pour ses actions solidaires, il y a des chances que cela profite à sa réputation et qu’on ne le traite plus de «voleur».

Alors on pourra lui dire :

Même si tu ne l’a pas fait pour ça, accepte ce que l’Univers t’offre en cadeau.

Faites-le !!!

A++

Stéphane SOLOMON

Le temps caché…

Dans le précédent article, je vous ai proposé un exercice d’auto-coaching dans lequel notre plombier se retrouvait coincé dans un choix cornélien. Dilemme basé principalement sur des Valeur Humaines qui ont besoin d’être recadrées. Or malgré les nombreux commentaires (merci encore aux participants), peu de commentateurs ont fait attention à l’énoncé du problème. Ils se sont penchés sur l’incident déclencheur, et non sur ce qu’il a révélé.

Je vous propose donc de retourner vers l’exercice de fond, mais avant cela, j’aimerais légitimer définitivement l’action d’Olivier (notre plombier), afin que vous ne focalisiez pas sur la  fameuse prestation à 200€, mais sur l’interrogation plus vaste et plus profonde, liée à sa Mission de Vie.

Voici donc un article qui va vous permettre de vous délester du sentiment qu’Olivier a profité d’une quelconque détresse. Vous pourrez ensuite revenir à l’article précédent, afin de proposer des solutions alignées sur ses véritables Valeurs.

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– Allô mon Amour… Je suis désolé de te refaire le coup, mais j’ai une urgence : un gars qui doit fêter l’anniversaire de son fils dimanche, et qui a un petit problème de canalisation.

– Oh non ! Pas ce soir ! Il n’a qu’à fêter son anniversaire au Quick !

– Je lui aurais bien proposé, mais ça ne résoudra pas son problème de canalisation… Soit je le dépanne ce soir, soit il paiera le double demain à un confrère, et d’après sa façon d’en parler, je ne crois pas qu’il roule sur l’or. Allez ! Dis-toi que c’est pour le gosse…

– Bon… Je préviens mes parents qu’on sera en retard de deux heures…

– Une heure seulement ! Je vais m’organiser. Mais il faut que j’appelle Rémy avant qu’il rentre chez lui. Je dois raccrocher.

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– Allô Rémy, est-ce que tu pourrais me sortir la camionnette de curage ? J’ai un client à dépanner d’urgence et tu pourrais me faire gagner 10 minutes si tu mets «le tank» dans la cour. J’arrive dans 20 minutes et je te libère juste après !

– Pas de problème. Je le fais tout de suite !

– Merci Rémy !

– Avec plaisir Monsieur… Mais je pense à un truc ! Si vous voulez je peux vous emmener la camionnette chez le client directement. Comme ça vous pourrez faire du repérage le temps que j’arrive… Après je la ramènerai. vous gagnerez encore plus de temps !

– Mais je ne peux pas te demander ça Rémy !

– Après tout ce que vous avez fait pour moi Monsieur, vous pouvez me demander au moins ça !

– C’est ma femme qui sera contente de me voir débarquer une demi-heure plus tôt que prévu.

– OK. Je vais essayer de ne pas abîmer votre tank !

– Tu peux y aller, c’est un modèle increvable !

– A 70.000€ y a intérêt !

– Un jour on s’achètera le gros camion à 300.000€ !

– Il faudra passer le permis poids-lourd d’abord…

– Oh la la !!! Ça va être dur ! Mais comment on va s’en sortir ?!!

– Ah oui c’est vrai ! Pour vous, c’est un prétexte bidon…

– Bon… Je serai chez le client dans 10 minutes. Le temps d’ouvrir 2 bouches d’égout et de faire quelques mesures, je pense que tu vas débarquer…

– Oui… Si vous me donnez l’adresse !

Olivier prend la première sortie du rond-point pour se diriger directement vers son client. L’aide précieuse que vient de lui proposer son apprenti est la bienvenue. Lucie, sa compagne, ne comprend pas cet acharnement au boulot alors qu’il n’a plus vraiment besoin de se donner autant de peine qu’à ses débuts. Il y a un mystère là-dessous, et ce mystère, même Olivier ne sait pas poser des mots justes pour l’expliquer…

L’intervention s’est déroulée comme prévu : le temps de faire le repérage, Rémy est arrivé avec «le tank» et les canalisations ont été débouchées en moins de 15 minutes.

Le client, d’abord très content de retrouver son confort et ses projets immédiats, a soudainement fait la grimace en entendant le prix annoncé : 200€ !

– 200€ ?!! Mais vous n’y pensez pas ! Ça vous a pris 15 minutes ! Qui facture 800€ de l’heure de nos jours ?!! Mon beau-frère est avocat et il gagne moins bien sa vie que vous !

– C’est bien pour ça que je suis plombier ! Répond Olivier.

– Parce que vous voulez me faire croire que vous auriez pu faire autre chose que plombier ?

– Je vous assure que si je quittais le bleu de travail pour une robe noire, vous ne me reconnaîtriez pas ! Toujours pas…

Olivier prend le chèque, le met dans son portefeuille et se dirige vers la camionnette pour remercier Rémy, qui lui lance :

– Il n’avait pas l’air content le monsieur

– Il aurait préféré me voir patauger dans la gadoue pendant 3 heures. Là, il aurait accepté ma facture et il m’aurait peut-être même offert un café…

– Vous avez facturé combien ?

– 200€

– 200€ ? Mais c’est cadeau !

– Vas le lui dire ! Mais mets une coquille avant…

– C’est un méchant ?

– Disons qu’il te faudra 2 séances chez le psy pour te remettre de ce qu’il va te dire. Quand un gars te parle de son beau-frère avocat ça ne sent pas très bon… Et quand il enchaine en essayant de te faire ressentir que tu fais un métier de merde parce que tu n’as pas le choix vu que tu ne sais rien faire d’autre, on peut soupçonner de la méchanceté… Il y a des gens qui débouchent des canalisations en 15 minutes, et d’autres qui t’obstruent le cerveau en 15 secondes…

– Il a essayé de vous intimider et il vous a insulté ? Si vous voulez je vais lui péter la gueule !

– Du calme Rémy… Honnêtement, si tu ne connaissais pas le prix du «tank», si tu n’avais pas conscience du degré de technicité nécessaire pour repérer un bouchon en 3 minutes, si tu n’avais pas connaissance de l’effort qu’il nous a fallu à tous les deux pour lui rendre ce service, tu trouverais ça cher aussi. 200€ c’est une somme !

– C’est vrai… C’est vous qui m’avez appris à reconnaître le «temps caché». Depuis, je vois les choses autrement. Ca fait bien une heure qu’on bosse pour lui, mais lui, il vous a juste vu travailler en surface pendant 15 minutes… Vous pourriez au moins lui dire que votre camion vous a coûté 70.000€ et qu’il faut au moins 3 ans pour l’amortir.

– Parce que tu crois qu’il va supporter l’idée de payer une partie du camion ? Tu ne peux pas dire ça aux gens d’ici ! Je suis né dans ce quartier, je sais de quoi je parle. Un jour, le médecin de mon père lui a dit qu’à chaque fois qu’il payait une consultation, il remboursait une partie de ses études de médecine… Moi ça m’a parlé. Mais mon père, ça l’a rendu malade !

– Moi aussi ça me parle… Mais c’est peut-être parce que je suis avec vous depuis 6 mois.

– Le fait que tu saches ce que les clients ignorent ne devrait pas te mettre en colère. Dis-toi que tu es béni de savoir tout ça, et que eux, ils sont «innocents» comme des enfants qui croient qu’il suffit de faire un trou dans un mur et d’y enfoncer un robinet pour faire couler de l’eau…

– C’est vrai. Mais quand on le sait, c’est dur de se laisser insulter. Je peux au moins lui péter le nez… Il saura pas que c’est vous ! De toute façon il a déjà une tête de con ! Ça va pas changer grand-chose !

– Tu vois Rémy, il y a encore 20 minutes, je me disais que tu étais prêt à créer ta boite. Mais là je me rends compte, qu’on a encore du boulot toi et moi…

– Bon d’accord. Mais que j’vous surprenne pas en train d’appeler un psy !

– Et un coach, je peux ?

– Un coach ? C’est pour faire quoi ?

– Pour simplifier, on va dire qu’une psychothérapie est nécessaire une fois que t’as pété les plombs, alors que le coaching est utile avant ! Un coaching te permet de garder le cap, et donc de faire face à tout ce qui risque de te chahuter dans tes projets. Ce gars-là aurait pu m’énerver, mais au lieu de ça il m’a servi d’application pratique ! C’est un stimulant pour mon travail de coaching : l’occasion d’écouter ce que je ressens de plus intéressant que la colère… Du coup, je suis content qu’il soit tombé sur moi et pas sur un jeune qui débute. Je crois qu’elle est là ma bonne action du jour…

Olivier sort un billet de 100€ de sa poche et le donne à Rémy. Rémy recul d’un pas.

– Je ne l’ai pas fait pour ça Monsieur…

– Même si tu ne l’as pas fait pour ça, accepte ce que l’Univers t’offre en cadeau.

– Ca me fout les boules quand vous parlez comme Bouddha !

– On a travaillé à deux, on fait moitié-moitié ! C’est normal…

– Il ne faut pas me la faire à l’envers ! Vous m’avez expliqué la semaine dernière qu’une fois que l’Etat aura prélevé les charges et les impôts sur ce chèque, il vous restera la moitié. Si vous me donnez 100€ en espèces, vous me donnez tout ce que vous venez de gagner…

– Bien calculé !

– J’ai été à bonne école avec vous. Il ne se passe pas une journée sans que vous m’appreniez comment gérer une boite.

– Alors garde ce billet et quand tu créeras ta boite ça te fera 100€ de plus pour t’acheter tes premiers outils. Grouille-toi ! Tu vas me mettre en retard…

Rémy prend le billet et tourne la clef de contact du tank…

– Merci Monsieur.

– Avec plaisir Rémy

– Vous savez quoi ? Je vais m’acheter des livres avec ça ! Les mêmes bouquins bizarres que vous lisez au bureau en arrivant !

– Pas les mêmes Rémy… Ceux qui sont au bureau, tu peux les emprunter. Achètes-en d’autres. Il y en a beaucoup ! Je serai ravi de lire ta sélection.

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Vous avez été nombreux à commenter les précédentes publications en considérant que ce plombier pourrait facturer ses clients moins cher, puisqu’il prétend les aimer… Quoi de neuf sous le soleil ?

Si vous avez mieux compris ce qui anime Olivier, relisez la fin du précédent article pour redécouvrir son dilemme moral, social, spirituel pourrait-on dire… Après son passage devant le juge et son aventure dans une ville huppée où le «temps caché» est valorisé, quelque chose de profond s’est révélé : ce qu’il a réussi à faire pour lui-même, puis pour son apprenti, il a envie de le faire avec beaucoup d’autres… Et puisque la plomberie n’est pas du goût de tout le monde, il sait aussi que les informaticiens, les médecins, les restaurateurs, les garagistes, les électriciens, et tant d’autres professionnels méritants pourraient rejoindre sa cause s’ils n’étaient pas méprisés à cause de leurs compétences.

L’incident déclencheur lui a permis de découvrir son QUOI. A présent, il veut savoir COMMENT faire. C’est là que vous intervenez en répondant à l’exercice 1 : qu’avez-vous à lui proposer ?

L’exercice 2 sera livré à celles et ceux qui auront participé à l’exercice 1.

A++

Stéphane

Un plombier en or (suite…)

Waouw !!! Quelle belle participation la semaine dernière ! L’histoire de ce plombier est décidéménet très inspirante et amène de beaux commentaires. Commentaires que je vous invite à (re)découvrir ici. Vous pouvez évidemment continuer à participer.

Et s’il y avait une suite ?

J’aime les histoires drôles qui font réfléchir… Parfois, ces réflexions mènent vers des profondeurs insoupçonnées et c’est ce que je vous propose de vivre dans la suite de cette histoire. Une suite qui contient un exercice d’auto-coaching de haut vol. Il vous apportera énormément tant en termes de connaissances qu’en termes de découvertes sur votre propre univers.

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Il était une fois, un gentil plombier qui aimait son métier. Vraiment ! Certes parfois il y avait des prestations désagréables voire dégoûtantes, mais cela faisait partie du jeu, et il les acceptait avec autant d’empathie que les prestations de confort.

Ne supportant pas l’idée de stagner (son métier lui ayant appris que même l’eau pure qui stagne finit par pourrir), il entreprit diverses formations. Certaines formations étaient liées aux nouvelles technologies et aux outils de pointe, d’autres concernaient l’Histoire de son métier, ce qui lui permettait, par exemple, de savoir précisément de quel matériel il allait avoir besoin, juste en observant l’immeuble dans lequel il allait intervenir. Il savait aussi quelle commande passer avant de se rendre chez un client, et en fonction de la demande, il décidait avec justesse si le support de son apprenti allait être utile. Bref… C’était un pro !

Là où d’autres passaient des heures entières à résoudre des problèmes, il trouvait la solution la plus efficace en un rien de temps. Certaines de ses prestations ne duraient que quelques minutes. Il en était ravi, car le temps gagné lui permettait de servir davantage de clients en une journée. A temps égal, il donnait 3 fois plus de résultats que la plupart de ses concurrents.

Toutefois il rencontra un énorme problème ! Problème qu’il ne put résoudre qu’en prenant une décision draconienne, qui lui pose encore un cas de conscience aujourd’hui : dans les quartiers populaires qu’il servir (issu lui-même d’une famille d’ouvriers), il était impossible de faire valoir ses tarifs. Si vous le connaissiez, il pourrait vous raconter l’histoire de cet homme qui l’appela désespéré un vendredi en début de soirée :

– Au secours ! J’ai des invités dimanche et la tuyauterie de ma maison est complètement bouchée ! J’ai fait appel à 7 plombiers avant vous. Il y en a qui m’ont dit qu’ils allaient venir et je n’ai pas de nouvelles, d’autres qui me disent qu’ils ne pourront pas venir avant lundi, et le seul qui a accepté de se déplacer m’a fait un devis de 400€ parce que selon lui, ça lui prendra toute la journée de samedi ! Je suis sûr que c’est un voleur ! Au secours ! Aidez-moi !

Notre plombier rendit visite à son nouveau client dans l’heure qui suivit. Grâce à ses compétences et à son matériel, il put résoudre le problème en un quart d’heure, et présenta une facture de 200€.

– 200€ ?!! Mais vous n’y pensez pas ! Ça vous a pris 15 minutes ! Qui facture 800€ de l’heure de nos jours ?!! Mon beau-frère est avocat et il gagne sa vie moins bien que vous !

– C’est bien pour ça que je suis plombier ! Répondit l’entrepreneur

Le client, perdant tout sens de l’humour lorsqu’il tient son chéquier en mains, n’apprécia pas la réponse de son sauveur. Il reprit avec méchanceté et ingratitude :

– Parce que vous voulez me faire croire que vous auriez pu faire autre chose que plombier ?

– Je vous assure que si je quittais le bleu de travail pour une robe noire, vous ne me reconnaîtriez pas ! Toujours pas…

Cette facture valut à notre plombier une visite chez le juge de proximité : le plaignant a pu effectivement prouver que son beau-frère était avocat, et notre plombier put prouver qu’il savait se défendre aussi bien qu’un avocat lorsque ses compétences et son talent étaient en jeu.

Paradoxalement, le plaignant a présenté au juge son devis à 400€ la journée, pour prouver qu’un autre professionnel était prêt à facturer 50€ de l’heure ! Ce à quoi notre plombier-avocat répondit qu’il a terminé son travail un jour plus tôt, tout en facturant 2 fois moins cher ! Le juge apprécia l’argument.

Le plaignant ressentit une double injustice : non seulement sa plainte était déboutée, mais la loi donnait davantage de crédit à une personne qui facturait 800€ de l’heure plutôt que 50€… Pays de merde !

Quant à notre plombier, s’il a effectivement obtenu gain de cause, les heures perdues en paperasseries et la mauvaise-foi de son contempteur lui donnèrent le coup de grâce ! Combien de clients aurait-il pu servir pendant toutes ces heures gâchées à se défendre ? Etait-il encore à sa place dans ce quartier où il était souvent qualifié de «voleur» ? Car même si le passage chez le juge était anecdotique, ce qualificatif faisait partie de son quotidien. Dans ce milieu où les pères de famille travaillaient avec pénibilité pour 10€ de l’heure, seule la peine méritait salaire !

Il les comprenait, mais parallèlement il ne pouvait continuer à se sacrifier. Il se résolut à changer de quartier.

Un nouveau monde

Comme c’est souvent le cas en banlieue, il suffisait de parcourir quelques kilomètres pour se retrouver dans une ville huppée où la tendance était inversée : le TEMPS devenait le capital le plus précieux. Dès qu’une intervention dépassait une heure, elle était dépréciée. Et si le professionnel affichait sa peine, c’était sa compétence qu’on remettait en cause. Que ce soit dans la plomberie, dans l’informatique ou même dans la restauration, il était hors de question de passer 2 heures à peiner là où on pouvait sourire pendant 20 minutes.

Dans les premiers temps, il pensa qu’il avait trouvé sa place. Mais lorsqu’il entrait dans ses réflexions profondes, il se sentait en partie responsable du fossé qui se creusait entre son milieu d’origine et sa nouvelle destination. Il avait beau tourner le problème dans tous les sens, les gens qu’il aimait avaient perdu un bon plombier, plus efficace et moins cher que ses concurrents, tout en ayant l’impression de se débarrasser d’un escroc…

Il se rendit également compte que ce qu’il vivait ne concernait pas uniquement la plomberie. Tous les professionnels méritants qu’il rencontrait préféraient évoluer auprès d’une clientèle qui se fiait au résultat obtenu et non à la pénibilité encourue. Et si les quartiers de son enfance s’enfonçaient dans la misère au lieu de relever la tête, ce n’était pas par manque d’intelligence ni de bonne volonté de la nouvelle génération, mais à cause de ce paradigme éducatif qu’on leur imposait :

– Tout salaire ne peut être mérité que s’il y a peine !

En discriminant l’efficacité et l’ambition, non seulement on chassait les personnes qui enrichissaient ces quartiers, mais on freinait les artisans qui souhaitaient évoluer, investir, se former… Soit ils s’alignaient sur des tarifs horaires «acceptables» (faisant parfois mine de peiner), soit ils partaient exploiter leurs talents ailleurs.

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Exercice 1

Quelle solution proposeriez-vous à ce plombier pour qu’il puisse concilier :

– L’amour qu’il a pour le milieu d’où il vient

Avec

– Son estime de soi, son ambition, son intelligence, son envie de progresser

Exercice 2

Cet exercice source de belles révélations sera donné aux personnes qui auront participé à l’exercice 1

A++

Stéphane SOLOMON