Appliquez ce que vous découvrez

Comme je vous l’ai dit dans mon précédent article, cette saga sur le PWYW n’est pas qu’une campagne pour vous faire payer ce que vous voulez. Tout en menant l’opération, je partage mon sentiment avec vous sous le prisme de l’auto-coach. Je ne peux pas vous parler que d’argent, car l’expérience est trop riche.

Forcément, je suis plus au courant que vous de mon plan. Par exemple, peu de gens sont dans la confidence, mais le PWYW est aussi une vaste campagne de désabonnement ! Car lorsque vous tentez de donner de la valeur à quelque chose que vous possédez depuis longtemps, il peut arriver que vous lui affectiez la valeur ZERO ! Dans ce cas, il convient de vous en détacher. Ca vous fera gagner beaucoup de temps !

Vous pouvez le faire avec tout un tas d’objets autour de vous. Vous verrez, ça fait de l’espace. L’espace et le temps sont directement liés.

J’ai découvert cette vertu du PWYW l’année dernière, par Sérendipité : à l’époque, j’avais la conviction que le PWYW allait marcher comme sur des roulettes, et qu’en 2 mails, j’allais pouvoir rassembler l’argent nécessaire à mes projets. J’avais plein de projets pour TIME-COACH… Mais Plouf ! J’ai été très déçu. 2 mails n’ont pas suffi. Il a fallu toute une campagne !

J’ai donc envoyé une série d’articles pour convaincre (comme cette année). Et en deux semaines, j’ai enregistré des règlements, mais aussi des désinscriptions : 263 au total. C’est énorme ! En général, un article provoque entre 3 et 5 départs. Mais là, je comptais les départs par dizaines à chaque envoi !

J’ai observé les profils des personnes qui prenaient la poudre d’escampette : à part 4 exceptions, aucun de ces «lecteurs» n’avait participé à un programme payant ni même commenté un article. Il s’agissait de personnes qui se sont installées là par habitude, juste parce que c’était gratuit. Ce qui est très mauvais pour moi, comme pour eux.

Cette année, j’ai déjà enregistré 104 désinscriptions en 3 semaines. Avec le présent article, je suis sûr que je vais aider encore beaucoup de lecteurs à se délester de quelque chose d’inutile. Parce que la «question d’argent» nous ramène automatiquement vers cette question :

  • Est-ce vraiment utile dans ma vie ? Si oui, qu’est-ce que je suis prêt à céder en échange ?

Comme je vous l’ai déjà dit, le fait que vous ne participiez pas au PWYW ne va pas vous priver de TIME-COACH. Mais qu’est-ce qui vous intéresse ?

  • Gagner ?

ou

  • Ne pas perdre ?

Si vous gardez TIME-COACH pour «ne pas le perdre», mon travail ne vaut rien ! Je ne dis pas ça par mésestime de mon travail. Je dis ça parce que c’est vrai pour toute chose. On peut hésiter 2 ou 3 mois, espérant que la situation va changer, que quelque chose va se révéler… Mais quand ça vaut zéro trop longtemps, chaque lecture devient une perte de temps : une procrastination.

Parfois, en quittant TIME-COACH, on m’envoie un petit mot. Soit pour me dire merci (ça arrive), soit pour me dire que le départ n’est pas dû à une décision de leur part, mais à mon attitude vénale… Ce qui nous ramène au locus externe : ce n’est pas moi qui m’en vais, c’est vous qui me faites partir !

Un exemple de courrier (reçu la semaine dernière) :

Stéphane,

Je me sens malheureusement obligé de vous quitter, car votre dernier combat dépasse les bornes. Je vous trouve arrogant et manipulateur. Vous nous culpabilisez avec votre PWYW ! Je ne vous reconnais plus. J’ai beaucoup aimé vos articles sur le bonhomme de neige, vos rapports avec vos enfants, votre arbre, votre soutien aux handicapés, et même, plus récemment, le droit à l’erreur. Mais cette poésie ne suffit pas pour me retenir face à vos élucubrations financières. Ça ne regarde que vous !

Je ne voulais pas partir sans vous laisser un petit mot décrivant le sentiment amer que je ressens à cause de vous. J’espère que cela vous fera réfléchir, et que vous vous rendrez compte qu’à ce jeu, vous perdez plus que vous ne gagnez.

Cordialement,

F.

F. est revenu le lendemain ! Je lui ai écrit un billet-doux à ma manière et il m’a demandé de le réinscrire… Vous voulez lire ce billet ? OK ! J’espère que ça va payer (ce que vous voulez) :

Cher F.,

Mon article intitulé «Le Bonheur de Neige» que vous avez tant aimé était une façon d’introduire un concept complexe que l’on nomme la «manipulation gagnant/gagnant». Vous n’y avez vu que de la poésie (vous n’êtes pas le seul) mais il y avait bien plus ! Avec le PWYW, je suis en pleine manipulation gagnant/gagnant. J’ose l’aventure, parce que j’ai adoré ce que j’ai écrit sur le Bonheur de Neige : je me suis trouvé inspirant ! Je ne dis pas ça par arrogance, mais parce que l’estime que j’ai de moi me permet de m’exprimer avec assurance. On confond souvent arrogance et estime de soi. C’est une erreur ! Mais vous avez droit à l’erreur…

Durant les fêtes de fin d’année, certains lecteurs sont partis, parce qu’ils considéraient que je racontais trop ma vie, et que mes rapports avec mes enfants ne regardent que moi ! Vous, ça vous plait… Qu’est-ce que je vais bien pouvoir faire de tout ce beau monde ? Je ne peux pas plaire à tout le monde tout le temps…

J’ai pris la résolution de ne pas me fier aux réactions des personnes qui partent, mais plutôt de me baser sur les réflexions des lecteurs qui restent ! Comment voulez-vous que je vous prenne au sérieux ? Voilà 3 ans que vous me lisez et que je vous plais… Mais je ne vois aucune inscription aux programmes payants, ni aucune réaction enthousiaste dans le blog ou par mail. Pas un mot depuis 3 ans ! Mais soudainement, lorsque vous êtes indigné, vous décidez de communiquer avec moi… C’est très très loin des pratiques et des idées que je partage dans TIME-COACH. Etes-vous sûr que vous bénéficiez de mes partages ?

Le billet sur mon arbre était une façon de parler de moi, de mes croyances, de mes convictions, de mes valeurs, des changements profonds, et des actions que tout ceci pouvait générer inconsciemment d’abord (dans ma jeunesse), puis consciemment en m’affirmant à l’âge adulte. 17 personnes m’ont quitté considérant que j’étais «hors sujet». Vous, vous en voulez davantage !

Je n’ai jamais écrit un article de soutien aux handicapés, mais c’est une idée ! Si vous faites référence à la vidéo concernant Nick VUJICIC, il me semble l’avoir présenté comme un modèle à suivre, un homme inspirant et non comme un handicapé. Je ne regarde pas sa vidéo par condescendance, je l’observe pour me nourrir d’énergie ! Il m’inspire !

Quant au droit à l’erreur, je suis heureux que cela vous ait plu, mais je suis étonné de votre réaction quelques jours plus tard. En une question vous auriez pu éviter votre désinscription. Voici cette question :

– Et si le PWYW était une erreur ?

J’ai commis une erreur avec cette opération ? Et alors ??? Puisque mon article sur le droit à l’erreur vous convient, faites ce qui y est écrit ! Souriez-moi au lieu de m’envoyer votre sentiment amer… Arrêtez de croire que les poètes ne font que de la poésie, et faites-le !

Donnez-moi droit à l’erreur, et vous y aurez droit aussi !

Stéphane SOLOMON

F. m’a demandé de le réinscrire… Je n’ai pas encore vu passer sa contribution, mais il a reconnu mon erreur et j’ai reconnu la sienne. Ca continue entre nous…

A++

Stéphane SOLOMON

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Stéphane SOLOMONFrédéricFlorenceJBHervé Auteurs de commentaires récents
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Claire
Claire

Bonjour,

Suite aux commentaires de F, j’ai vaincu ma paresse et pris le temps de vous envoyer ma contribution. J’aime beaucoup votre philosophie et vos messages sont de petites bouffées d’air frais dans un agenda toujours très chargé. Je tenais à mentionner que le déclic s’est produit quand vous avez parlé d’estime de soi.

Merci de me réveiller sans cesse

Claire

Fabien C
Fabien C

Bonjour Stéphane,

J’apporte mon ressenti car je crois en la démarche du PWYW.

J’ai le sentiment que cette pratique est (encore ?) trop nouvelle et ne convient probablement pas à tous les inscrits. Surtout sur une thématique comme le développement personnel où les professionnels du secteur nous ont habitué à une approche pécuniaire encore plus directe que votre série de billets sur le PWYW…
J’y suis personnellement sensible car je pratique le PWYW par ailleurs sur les produits culturels (livres, jeux, musique) et sur les logiciels PC et mobiles (donaware). Le PWYW permet de mesurer l’audience, l’intérêt et la valeur donnée à ces produits, et encourage – ou non- leurs auteurs à poursuivre.

Un conseil néanmoins sur votre approche : la sémantique de la gratuité, pour aussi “vendeuse” qu’elle soit, induit un blocage dès lors que l’on essaie de monétiser le produit concerné (les soft shareware qui se font passer pour des freeware en sont le parfait exemple). Le réflexe naturel du consommateur est de se sentir floué ou forcé avec pour résultat le rejet du produit.
Une terminologie adaptée est en train d’émerger – les licences creative commons y sont pour quelque chose – et des termes comme “mise à disposition” ou “en libre accès / téléchargement” prennent le pas sur le “gratuit” (vous noterez l’ambiguïté de la traduction du terme “free” dans ce contexte). Le PWYW peut ainsi être abordé dans la continuité de la relation commerciale sans choquer la consommateur car on ne lui a jamais dit que ce serait gratuit. Le mécanisme induit peut se rapprocher du “don / contre-don” de Mauss.

Je serai curieux de connaître les statistiques par tranche d’âge de vos inscrits / désinscrits. Il peut aussi y avoir des réponses là-dedans. Je me situe personnellement dans la 35-40 ans.

Bonne continuation à Time-Coach.

Nicole
Nicole

Bonjour,

Dans votre lettre à F, vous reparlez de Nick VUJICIC, difficile d’oublier cet homme, effectivement qu’on ne voit pas comme un handicapé, mais comme quelqu’un qui donne une énergie, une soif de vivre qu’on admire et qui est hors du commun.
Moi, cela m’a fait réfléchir sur un plan spirituel. Je suis catholique pratiquante, catholique parce que c’est vrai j’ai été baptisée bébé par mes parents, mais aussi ce qui me fait choisir cette religion, c’est paradoxalement tout ce que je ne comprends pas et qu’aucune personne, même des savants, n’auraient seulement imaginer. Exemple : comment imaginer (je ne parle pas de croire, bien d’imaginer) qu’un morceau de pain devienne le corps le sang l’âme de Notre Seigneur Jésus-Christ. Sans compter les miracles.
Pour revenir à Nick, l’interrogation est sur le plan spirituel, pourquoi des gens naissent avec un handicap, pourquoi le bon Dieu permet que des êtres souffrent ?
Le bon Dieu nous connaît avant même que l’on ne naisse, alors j’ai pensé que peut-être est-ce parce que lui était capable de porter cette Croix et en plus d’être un modèle pour les autres. Alors son handicap devient comme une grâce qui lui est accordé, qui nous est accordé.
Bonne continuation et merci de nous faire réfléchir sur le sens de la vie et bien d’autres choses.
Nicole

Frédéric
Frédéric

C’est ce qui s’appelle “faire le ménage” de “printemps”!
Des questions toutefois: si certains reconnaissent un prix à Time Coach, comment les amener à payer? Est-ce que cela leur apportera effectivement quelque chose de plus s’ils passent à la caisse?

Hervé
Hervé

Je me suis posé cette question, plusieurs fois. Pour y répondre je n’ai trouvé qu’une solution: jouer. J’ai misé 10€ hier, pour voir si en payant mes résultats progressaient en payant. Je me plains suffisamment de nos clients qui ne respectent que ce qu’ils payent pour ne pas payer un peu le travail profitable de Stéphane, dont je profite (même je me suis déjà inscrit à deux programme)

Frédéric
Frédéric

Et vous avez le sentiment Hervé que vous avez ou allez progresser depuis que vous avez payé?
Pour ma part, je me suis inscrit à trois programmes payants dont un m’a été très profitable, et les deux autres très peu, voir pas du tout. Car ces deux derniers développaient des notions déjà présentées dans le Time Coach, qui parfois m’aura été plus bénéfique que le payant, car antérieur. Voilà pourquoi je n’ai pas demandé de remboursement.
Sinon je ferai remarquer que le “Payer-ce-que-voulez” a été installé assez récemment, et ne devrait concerner que ce qui vient après…

Florence
Florence

Bonjour Frédéric,
Pour moi il y a deux types de réponses à cette question :
1) On peut télécharger à gogo tout plein de contenus sur le net sans rémunérer leurs auteurs. Le dernier album de son groupe préféré est-il meilleur quand on l’achète ou quand on le télécharge en P2P ? Clairement ça ne change pas le son. Alors pourquoi payer ? Hadopi, comme annoncé était une mascarade couteuse et inefficace la peur du gendarme n’est donc pas l’argument.
Le tout gratuit a ses limites. Si les auteurs ne tirent aucune rémunération de leur travail, doivent-ils vivre de la charité publique ? Faut-il envisager une société ou X artistes seraient fonctionnarisés en échange de leurs créations ? N’est-il pas plus simple de rémunérer soi-même ceux que l’on apprécie, en entretenant ainsi la diversité et la liberté de choix. Cette réponse va dans le sens de “je pérennise ce que j’aime, que j’ai choisi, je fais en sorte que ce modèle économique soit gagnant-gagnant”. Il est gagnant à court terme pour l’auteur qui est rémunéré, à long terme pour moi car il m’assure de continuer à trouver des contenus que j’apprécie.
2) Stéphane dit clairement que ce n’est en rien une obligation de payer. Que Time Coach restera gratuit. Ceux qui ne payent pas ne seront pas rayés par lui de ses listes de diffusion. Poster un commentaire c’est déjà une contribution. Ca ne nourrit pas beaucoup les enfants de Stéphane mais c’est déjà mieux que rien. Ce n’est pas de passer à la caisse qui m’apporte quelque chose, c’est le fait de m’engager. De bouger. De le faire volontairement. De ME dire que j’accorde de la valeur à ce que je lis ici et donc que j’accorde de la valeur à MON développement personnel à MOI. C’est aussi une démarche égoïste donc. C’est reconnaître que je me fais du bien en lisant Time Coach, même si je n’applique pas tout, même si je ne suis pas d’accord avec tout. Je ne vais pas mal, mais je peux aller encore mieux. Contribuer c’est le reconnaitre et c’est déjà aller mieux. Alors est-ce que ce sera encore mieux en faisant le pari du PWYW ? Essayez !

Frédéric
Frédéric

Florence,
Je comprends vos arguments et je les partage en partie: il me semble aussi tout à fait normal de “péreniser” le travail de Stéphane.
Quelques remarques toutefois:
– Time-Coach n’est pas gratuit à mon sens puisqu’il y a des contributions (financières et vous avez raison de souligner avec les discussions); il y a donc des contreparties au travail de Stéphane, ce qui est juste. Time-Coach n’est gratuit que pour celui qui reste passif, la majorité silencieuse, semble-t-il.
– Pour le “Payer-ce-que-vous-voulez” (je préfère la version en français et vous Stéphane qui aimez Hugo, recoiffez dans la lignée de Michel Serres le vieux dictionnaire! http://lettres.ac-rouen.fr/francais/romantik/ruy-blas/accuse.htm et http://academie-francaise.fr/jai-mis-un-bonnet-rouge-au-vieux-dictionnaire), ce qui me dérange, c’est le changement des règles en cours. Cette incitation apparaît assez récemment dans la riche histoire instaurée par Stéphane. Je préfère, pour ma part, payer au départ, même si ensuite le produit ne me convient pas, plutôt qu’on m’incite à le faire ensuite; surtout qu’il n’y avait au départ aucune demande de contrepartie pour ce qui était présenté comme gratuit.
Et pour répondre à votre argument Stéphane, il est donc à mon sens possible de sortir de cette logique binaire et d’être satisfait sans payer (dans mon cas, j’ai payé avec les programmes payants dont une partie ne m’avait satisfait car ma lecture était postérieur au “time coach”). Quant à payer pour le bénéfice à ressentir, n’est pas là l’usage le plus répandu du commerce?
Votre incitation a le mérite de trancher avec nos habitudes de consommation et de nous amener à réfléchir.

JB
JB

Bonjour,
Dans le PWYW, l’idée de what you want est vraiment sympa et nous laisse une marge de manoeuvre. Mais pourquoi le cette première partie “Pay” ? Ne peut on pas plutôt imaginer le Give WYW : une idée, une proposition, ou alors plus matériellement des compétences pour développer un site Internet ou tout autre chose dont tu as besoin ? Pourquoi s’encombrer d’un intermédiaire comme l’argent plutôt que demander directement ce que tu veux ?
Bonne fin de journée

Florence
Florence

Bonjour
Et si Stéphane a besoin de plants de tomates, ou d’une côte de boeuf, ou de soins dentaires, ou de bouquins, vous les lui apportez ? 🙂 Les SEL c’est une idée intéressante mais l’argent a été inventé pour faciliter les échanges.

Frédéric
Frédéric

Florence,
Il serait intéressant pour Stéphane d’être surpris. Il nous a pour appris pas mal de chose et permis de progresser, alors pourquoi la réciproque ne serait pas vraie? Surprenez Stéphane! Et “envoyer-lui-ce-que-vous-voulez”! ECQVV (mieux que payer!)

Frédéric
Frédéric

Bonjour Stéphane,
J’ai déposé un message samedi avec des éléments j’espère que intéressant sur le fond et la forme du “Payez-ce-que-vous-voulez”, mais il n’a pas été publié; au moment où j’ai laissé le commentaire, il m’est apparu qu’il était en attente de modération, ce qui semble nouveau. Est-ce que vous l’avez reçu? Est-ce normal?
Bien à vous