Le coach coaché…

Pour mieux fixer mes objectifs 2019, et afin d’établir un plan d’action plus efficient, j’ai décidé de m’offrir un coaching et de vous inviter à vivre l’une de mes séances en vidéo sous forme de webinaire (en direct).

Si j’ai décidé de me faire coacher publiquement, c’est par leadership : pour montrer l’exemple à celles et ceux qui s’interrogent sur le processus et qui pourraient en être inspirés. Il ne s’agit donc pas d’une exhibition pour curieux, mais d’une soirée pendant laquelle vous découvrirez des techniques et des outils de coaching liés à un projet que vous connaissez (vous le fréquentez de façon plus ou moins assidue), et dont vous découvrirez les coulisses.

Un coach qui se fait coacher… La chose pourrait paraître curieuse pour beaucoup de gens, mais c’est mal connaître le coaching. Avant de vous inviter à l’évènement, je voudrais soulever deux types de réactions limitantes qui peuvent apparaître face à cette approche :

  1. Vous n’avez pas besoin de vous faire coacher, puisque vous pouvez vous coacher vous-même !

Faux ! Imaginez un kinésithérapeute qui s’occupe de son déménagement. Bien sûr, il connaît les gestes qui lui permettent de porter les différents objets de façon optimale. Il ne va donc pas se faire un lumbago en soulevant le premier carton. Ses compétences limitent le risque. Mais malgré toute sa science, il est possible qu’en déplaçant une machine à laver avec un ami super costaud, mais qui n’a aucune conscience de toutes les précautions nécessaires pour maintenir un certain équilibre, il se retrouve avec un dos coincé en bas des escaliers… Peut-il se masser le dos tout seul ? Bien sûr que non ! Au mieux, il saura se prêter à quelques étirements et automassages, le temps de se rendre chez un confrère. Il va le choisir avec soin, et lâchera prise pour s’en remettre au professionnel.

Le coaching n’est pas un processus thérapeutique, mais une prestation de soutien qu’il convient d’entretenir AVANT la contrainte. On pourrait comparer ma situation à celle d’un kinésithérapeute qui sait que son corps sera mis à rude épreuve lors du déménagement, et qui s’offrira le matin même une séance de kinésithérapie pour préparer son corps. Puis, le soir, il y retournera pour remettre en place ce qui a (peut-être) subi quelques déplacements dans son corps.

  • Mais Stéphane, me direz-vous, en théorie toute personne qui se lance dans un projet inhabituel qui demande un certain dépassement de soi, devrait d’autoriser à faire de même…

Vous avez raison ! Mais si je parle du kiné qui s’offre une séance de kiné, c’est parce que lui, a parfaitement conscience de l’utilité de la manœuvre : il répare des gens tous les jours et sait très bien qu’il est possible de limiter les dégâts en s’y prenant à l’avance. C’est donc ma conscience du véritable effet du coaching qui m’invite à me faire accompagner dans mes prises de décision et les prémices de l’action.

  1. Il faut le trouver le zigoto qui saura vous coacher, car comme tout professionnel, vous allez résister au processus, puisque vous les connaissez…

Si vous pensez ça, dans un premier temps je voudrais répondre que vous avez raison ! C’est bien pour ça que j’ai choisi une zigotote et pas un zigoto…

Plus sérieusement : en pratique, un professionnel ne résiste pas à des techniques, même psychologiques, sous prétexte qu’il sait «comment ça marche»… Au contraire, connaissant les effets de ces techniques, il aurait plutôt tendance à faire confiance à leur magie. Si un amateur (dans le sens péjoratif du terme) peut se demander quel extra-terrestre pourrait coacher le super champion qui est en lui, un professionnel sait que tout est dans la Relation de Confiance et le Lâcher-Prise.

Il reste effectivement un cas où les VALEURS peuvent se rebeller. Pour reprendre l’exemple du kiné, il y a deux Ecoles : ceux qui après un petit massage de 5 minutes, allongent le patient sous une lampe ou une couverture chauffante pendant les 20 minutes restantes, et ceux qui refusent cette pratique, considérant qu’au-delà du matériel et de la posture qui permettent au corps de se régénérer, il convient d’accompagner le patient tout au long de la séance par des massages, des frictions, des tapotement et des mots… Un kiné du deuxième type qui se retrouverait dans un cabinet du premier type, quittera le lieu au bout de 7 minutes.

Ceci-dit, il y a peu de chances qu’il s’y trouve : un professionnel ne se fie pas à une plaque en bas d’un immeuble. Il fait d’abord connaissance avec la personne à laquelle il va se confier (dans le sens étymologique du terme). Confier ses os et ses muscles à un kiné, confier son équilibre mental à un psy ou confier son projet à un coach… Tout ceci devrait se faire en pleine conscience et avec la participation éveillée (le consentement) du principal intéressé.

Co-Coaching

Actuellement, parmi les lecteurs de ma Newsletter, il y a environ 40 coachs. Lorsque j’ai vu les premiers professionnels s’inscrire (il y a 10 ans), je me suis demandé s’ils le faisaient parce qu’ils s’intéressaient à mon travail de coach ou si c’était pour espionner mon Marketing (et s’en inspirer). J’ai été très vite rassuré : comme cela se fait souvent entre professionnels, j’ai reçu des témoignages sincères de confrères qui appréciaient ma singularité. Ils me félicitaient pour ma pédagogie et ma façon de manier la métaphore.

J’ai été particulièrement touché la première fois que l’une des coaches qui suit mon travail, m’a demandé si elle pouvait faire lire un article que j’ai écrit à l’un de ses clients en guise d’introduction d’un coaching d’éveil… Ce type de demande s’est répété depuis. Si j’ai dit OUI sans condition à chaque fois, c’est parce que je suis honoré par la démarche. Bien sûr, les professionnels dont je parle ont joué le jeu de s’inscrire aux sessions payantes, puisque là aussi, ils pouvaient trouver de la matière pour leur travail. J’ai travaillé étroitement avec 8 de ces confrères, et au-delà des conférences et prestations communes que nous avons pu mener, nous nous sommes régulièrement prêtés à des séances de co-coaching.

Qu’est-ce qu’un co-coaching ? En bref, je les coachais autour d’un sujet et ils me rendaient la pareille : c’est du troc entre coachs !

Le co-coaching ne se fait pas uniquement entre coachs. Il existe des méthodes de co-coaching entre amis, entre collègues, entre artistes, entre entrepreneurs, etc. Les duos se forment et chacun devient alternativement coach et coaché, parfois pour une séances, souvent pour des dizaines d’entretiens.

Pour me coacher autour de mon tournant 2019, j’ai choisi Isabelle Fribourg. Vous vous en souvenez peut-être puisque j’ai co-animé avec elle l’émission «l’auto-coach du mois» en juin 2017. Par la suite, j’ai eu le privilège de coacher Isabelle dans le cadre de son adhésion Premium au programme «Aller Vers», et lorsqu’elle a créé son cabinet en mai dernier, nous sommes passés en mode co-coaching.

Le mardi 27 novembre 2018 à 21h00, Isabelle endossera sa fonction de coache, et moi celui du coaché. Le sujet central portera sur l’attachement que je porte aux Freebie Seekers, et par conséquent au détachement que je dois m’autoriser à cultiver pour avancer dans ma mission de vie.

Réservez votre soirée du mardi 27 novembre. Vous recevrez prochainement le lien d’inscription.

Les Freebie Seekers du TEMPS

80% des lecteurs de cette Newsletter sont entrés par la porte Time-Coach, c’est-à-dire avec la volonté de mieux gérer leur temps… Si c’est votre cas, l’article qui suit mérite toute votre attention. En le terminant, je me suis même demandé dans quelle mesure, je devrais remplacer la conclusion du programme Time-Coach (le 11ème article qui est très apprécié) par celui-ci…

Les Freebie Seekers du Temps

Jusque-là, j’ai évoqué les Freebie Seekers de l’Argent : des personnes qui ont pris l’habitude de collectionner ce qui ne leur coûte rien en euros (des échantillons de cosmétiques, des fichiers musicaux ou vidéo, des logiciels crackés, etc.).

Je rappelle que ce ne sont ni des pingres ni des personnes sans le sou. Les Freebie Seekers défendent des Principes (conscients ou inconscients) selon lesquels certaines choses ne devraient pas être payantes, et vivent une vie conforme à ces Principes. Souvent, ils sont prêts à sacrifier de longues heures pour trouver ce qu’ils cherchent, et ce, au détriment d’autres activités bien plus rentables.

Aujourd’hui, je voudrais évoquer les Freebie Seekers du Temps. Ce sont des personnes qui ont pris l’habitude de collectionner ce qui ne leur coûte rien en minutes, voire en secondes…

Est-ce possible ? Et si oui, comment procèdent-ils ?

Découvrons leurs principes…

Supposons que vous vouliez apprendre l’anglais pour communiquer avec des anglo-saxons de façon fluide. Selon votre niveau scolaire et votre intelligence verbo-linguistique, vous aurez besoin de 100 à 300 heures d’étude pour atteindre votre objectif. Si vous en avez clairement conscience et si votre objectif est bien fixé, vous allez aménager votre temps pour «provisionner» ces heures. Vous les «dépenserez» sur une période définie : par exemple, 3 mois à raison de 2 heures par jour, ou 6 mois à raison d’une heure par jour.

Un Freebie Seeker du Temps n’acceptera jamais cette «dépense». Il nourrira ses Principes afin de filtrer toute proposition d’étude qui pourrait l’amener à réserver du temps pour apprendre l’anglais. Il est important de rappeler que ce n’est pas une question de disponibilité : je connais une multitude de personnes qui disent ne pas avoir 2 heures par semaine pour lire, mais qui passent 4 heures par jour devant la télé ou sur Facebook…

Les Freebie Seekers du Temps ne sont pas non plus avares de leur temps : ce sont d’excellents camarades qui vous dépanneront en cas de besoin, sacrifiant des journées entières. Ils sont juste incapables de réserver du temps pour une ou plusieurs choses dont le résultat les inspire. Dans notre exemple, savoir parler anglais serait l’un des plus beaux cadeaux que la vie pourrait leur offrir. Mais ce cadeau, ils ne sont pas prêts à se l’offrir eux-mêmes : ils veulent que ça tombe du ciel…

Mais quel type de solution peuvent-ils trouver dans cet état d’esprit ?…

Parmi les méthodes farfelues qui leur sont spécialement réservées, on peut trouver celles qui proposent d’apprendre une langue en dormant ! Eh oui… Le Freebie Seeking du temps consiste à faire deux choses simultanément :

  • La chose habituelle (dans notre exemple : dormir)
  • Et l’apprentissage souhaité (de façon passive)

Au réveil, ils n’auront perdu aucune seconde ! Ainsi, pour eux, apprendre l’anglais ne coûte rien en temps ! La méthode pourrait coûter une fortune et ils paieront volontiers : leur Freebie Seeking ne concerne pas l’argent, mais le temps.

Un autre exemple : vous avez certainement entendu parler de ceintures et de corsets à impulsions électriques, qui permettent de muscler les abdos… C’est encore un produit pour Freebie Seekers du Temps : il leur suffit de porter cette ceinture tout en regardant leur série préférée à la télé… Se forger des «tablettes de chocolat» dignes des meilleurs sportifs, sans réserver une seule seconde au sport… Voilà une publicité qui fera mouche et qui videra les portefeuilles… Du moment que ça ne touche pas à leur agenda, ils achètent !

Résultats de surface

Si la petite période de somnolence qui précède le sommeil permet d’augmenter vos capacités d’apprentissage, apprendre en dormant est un leurre ! Le sommeil, ce n’est pas fait pour ça. Il y a donc dans ces méthodes un demi-mensonge : on fait croire au chaland qu’il apprendra en dormant (grâce à des audios de 2 heures), mais en réalité, son cerveau ne sera réceptif que pendant les 5 à 10 minutes qui précèdent le sommeil… Une fois dans les bras de Morphée, l’audio ne fera que perturber son sommeil… On ne peut rien apprendre en dormant (ce n’est pas fait pour ça).

Les personnes qui veulent accélérer leur apprentissage grâce à ce qu’on appelle «un état de conscience modifiée» s’organisent des sessions régulières d’hypnose, d’auto-hypnose ou de rêve éveillé. Dans ce cas, ils ont des résultats probants ! Mais bien évidemment, ça demande de réserver des séances sur son agenda, chose impossible à obtenir chez les Freebie Seekers du Temps

C’est là qu’intervient la nuance avec l’avarice : un avare de son temps aura plus de chances de trouver des solutions efficaces, puisqu’il ne cherchera pas à éviter les temps d’apprentissage, mais à les raccourcir : s’il s’autorise une formation (pour apprendre à entrer en état d’hypnose), il pourra apprendre en 20 minutes ce qui lui demandait une heure auparavant. Il sera à l’affût de toute économie temporelle efficace. Le Freebie Seeker du Temps ne cherche pas l’efficacité : il est dans l’évitement. Ses pratiques pourraient l’amener à prononcer spontanément des mots anglais qu’il ne croyait pas connaître, ce qui lui donnera l’impression de progresser ! La boucle sera bouclée : il persistera à rester dans le piège qu’il s’est lui-même tendu. Il prétendra qu’il ne perd pas son temps et qu’il a trouvé la bonne méthode, mais à mesure que les années passeront, il se rendra compte que s’il ne perd pas son temps, il perd sa vie…

Pour ce qui est de notre deuxième exemple, les stimulateurs électriques de muscles, même topo ! Evidemment, les muscles vont gonfler (c’est physiologique), donc pas de soucis côté apparence. En revanche, l’efficacité de cette ceinture abdominale laisse à désirer… Dans la plupart des cas elle sera déséquilibrée ce qui peut provoquer des maux de dos (puisque seuls les muscles ventraux sauront accompagner l’effort et ceux du dos vont être sur-sollicités). De plus ces abdos manquent de souplesse, puisque leur élasticité n’a pas été travaillée par de vrais exercices sportifs…

Une fois de plus, un avare de son temps sera beaucoup plus efficient : tout en utilisant les stimulations électriques, il s’autorisera à faire travailler ses muscles pour remédier à tout ce que l’appareil ne couvre pas. Il l’utilisera comme complément, comme accélérateur ou comme déclencheur (l’apparence d’abdos artificiels peut donner envie de se remettre au sport), mais il ne s’en contentera pas. Un Freebie Seeker du Temps se fait croire que c’est suffisant…

Je pourrais, bien-sûr, multiplier les exemples, et vous aussi puisque nous cherchons tous à optimiser notre temps, et les pratiques qui nous permettent de le faire sont celles des Freebie Seekers, mais ce qui nous différencie, c’est notre capacité à reconnaître que pour parvenir à un résultat, nous devons céder quelque chose de précieux. Que ce soit notre Temps, notre Argent, notre Confiance ou notre Energie, et parfois, tout ça à la fois. C’est une question de gestion : en fonction des périodes et des circonstances, les différentes vannes devront être plus ou moins desserrées. Mais si l’une de ces vannes est complètement et définitivement fermée dans un domaine, il sera impossible d’obtenir autre chose qu’un résultat de surface…

J’espère que cet article permettra aux Freebie Seekers qui ont jeté leur dévolu sur le Développement Personnel ou sur mon travail, de comprendre qu’il est important POUR EUX d’ouvrir les vannes essentielles à LEUR épanouissement, et de gérer ces ouvertures avec efficience. Je m’engage à les y aider.

A propos, dans quel domaine êtes-vous un Freebie Seeker du Temps ?
Pour ma part, c’est aller à La Poste ! J’aime La Poste (son utilité, sa mission, ses calendriers avec des petits chatons, etc.), mais je ne supporte pas d’aller dans ses bureaux. Je fais tout mon possible pour l’éviter, et en bon Freebie Seeker, je l’évite aussi pour les miens en trouvant des solutions alternatives que j’affiche comme des victoires! Toutefois, je dois avouer que parfois, mon Freebie Seeking est très pénalisant. Alors après avoir cherché, si je ne trouve aucune, mais alors aucune alternative, j’y vais, mais c’est dur dur…

A++

Stéphane SOLOMON

Satisfait, mais pas si fier…

Tout d’abord, merci ! Vous avez été nombreux à commenter mon précédent article sur mon amie Freebie-Seeker de l’Education (davantage sur Facebook que sur mon site – j’en reparlerai -).

J’ai trouvé 2 propositions intéressantes dans vos commentaires. Je tiens à saluer plus particulièrement Christophe (sur Facebook) et Céline (sur mon site). Ceci-dit, leurs solutions seraient longues à mettre en place et ce n’est pas ma mission de vie. Celle que j’ai appliquée m’a permis de me débarrasser de la difficulté en cours, puis de vaquer à mes occupations, mais je n’en suis pas très fier (je l’explique à la fin de l’article). Quoi qu’il en soit, Alexandre (le fils de mon amie) est désormais en possession du jeu éducatif qui lui permettra d’apprendre en quelques heures, ce que des mois d’efforts n’ont su rendre accessible !

Ça vous intéresse ? On y va :

Comme je vous l’ai écrit dans mon précédent article, la maman d’Alexandre m’a dit qu’elle défendait un principe :

Tout ce qui concerne l’Education
doit être gratuit !

Qu’est-ce qu’un PRINCIPE ?

Un principe est une règle de conduite adoptée à un instant donné et à laquelle on ne dérogera pas avant une remise en question profonde. Nos Principes nous aident à gagner du temps lors d’une prise de décision, ils sont donc extrêmement utiles.

Prenons par exemple le cas d’une personne qui a pour Principe de ne jamais saisir son numéro de Carte Bancaire en ligne. Lorsqu’elle a envie d’acheter quelque chose, elle ne tergiverse pas : soit le commerçant autorise d’autres moyens de paiement, soit elle achète ailleurs ! Comparativement à une personne qui hésite une fois sur deux parce qu’elle ne sait pas si elle peut faire confiance, le gain de temps est évident. La première agit immédiatement, la deuxième peut tourner en rond pendant des heures.

Cependant, certains de nos principes ont été fixés il y a 300 ans (voire plus) et transmis de génération en génération. Dans un monde qui bouge, nos Principes doivent être mis à jour, et bien évidemment, la remise en question doit être très profonde. Ce qui n’est possible que chez les personnes qui apprécient l’idée de faire un travail sur soi.

Reprenons mon exemple de paiement en ligne : il y a encore moins de 10 ans, les processus de paiement sécurisé étaient à leurs débuts (donc pas assez sûrs) ; les banques et les autorités ne traitaient pas les problèmes avec efficacité ; les médias surdimensionnaient les problèmes et mettaient l’accent (comme à leur habitude) sur tout ce qui ne tournait pas rond… Or Internet et l’e-commerce ont beaucoup évolué. Si le Principe a été fixé il y a plus de 5 ans, il est temps de réévaluer cette règle de conduit. Ceci ne signifie pas que vous DEVEZ changer de pratique, mais simplement de refaire le tour de vos critères décisionnels de l’époque. Peut-être n’ont-ils plus cours…

Ne confondons pas Valeurs et Principes : nos Valeurs déterminent notre Identité et ne sont pas négociables. Nos Principes (les règles de conduite basées sur nos Valeurs et nos Croyances) peuvent parfaitement être révisés sans dommage. En matière de Développement Personnel, se fixer des principes est comme un contrat. Comme pour tout contrat, il y a une date d’échéance qui invite à une révision. La plupart des gens considèrent leurs principes comme des contrats avec tacite reconduction. Sans y réfléchir…

On peut voir dans la situation que j’ai décrite, que pour mon amie comme pour moi, l’Education et l’Instruction représentent des Valeurs importantes. Cependant, nous n’avons pas les mêmes Principes :

  • Elle a décidé de ne pas cautionner les personnes qui font commerce avec des solutions pédagogiques.
  • J’ai décidé d’encourager et de gratifier (entre autres financièrement) les pédagogues qui proposent différentes solutions d’apprentissage.

Nous ne pouvions pas nous entendre ! Comme elle commençait à faire ingérence dans mon Education (en criant au point d’éveiller la curiosité des enfants), j’ai décidé de calmer le jeu. Elle est partie sans…

L’after…

AU moment où je tentais d’aider mon amie à installer cette application, j’ai pu voir que l’éditeur proposait une collection complète de jeux éducatifs pour 21€… Après son départ, je suis retourné dans la Playstore pour acheter cette collection. Au passage, j’ai fait une autre trouvaille : «Dragon Box Algebra 5+». Il s’agit d’une version light pour les tous petits, mais elle couvre beaucoup de notions qu’Alexandre n’a pas encore acquises.

Pendant quelques secondes, j’ai cru que ce produit était une version bridée qui permet de tester l’application gratuitement. Je me trompais, car il s’agit d’un produit à part entière, coûtant 4,99€. Toutefois, ma première perception m’a amenée à me dire la chose suivante :

«Si j’étais l’éditeur de ce jeu, j’aurais proposé la version 5+ gratuitement, afin que les hésitants puissent constater que ça fonctionne ! Ensuite, la version payante devient une évidence pour ceux qui veulent approfondir le sujet».  C’est ce que je fais avec la Newsletter que vous lisez actuellement. Elle est certes gratuite, mais le but n’est pas la gratuité. Le but est de faire connaissance progressivement et sans pression, puis de nous amener vers une relation professionnelle (si les résultats sont encourageants).

J’ai rappelé mon amie en lui disant ceci :

– Après ton départ, j’ai acheté la collection complète de l’éditeur Dragon Box et j’ai reçu en cadeau un bon d’achat pour une version light de Dragon Box Algebra que je peux offrir à qui je veux ! J’ai immédiatement pensé à Alexandre. Cette version n’est pas aussi avancée que celle sur laquelle il a joué à la maison, mais tu peux l’avoir gratuitement. Bien sûr, l’éditeur offre ce jeu pour que tu achètes la suite, mais on s’en fout ! C’est gratuit, et tu n’as qu’à refuser les propositions payantes…

Ça a marché !

Pas très fier…

En lisant cet article, certains d’entre vous vont peut-être trouver que j’ai abusé de la naïveté de mon amie, que je l’ai manipulée ne lui faisant croire que ça ne m’a rien coûté, et que ce n’est pas bien ! C’est certainement pour cette raison que je ne me sens pas très fier…

Eh bien je vais vous surprendre, mais à ce niveau, je suis très satisfait de mon action !

Si vous lisiez quelques livres qui traitent du Marketing et des Freebie Seekers, vous verriez que la plupart du temps, les entreprises dépensent beaucoup de temps, des sommes faramineuses et énormément d’énergie dans des stratégies manipulatoires afin de repousser les Freebie Seekers hors du magasin ! J’ai donc fait pour mon amie ce que personne n’aurait fait pour elle.

Pourquoi le Freebie Seeker est manipulé pour aller vers la sortie ? Parce que selon les marketeurs, il est l’ennemi numéro 1 du commerçant ! C’est pire qu’un concurrent, car en général les concurrents agissent avec une éthique professionnelle. L’éthique des Freebie Seekers est anti-professionnelle : que leurs actions soient conscientes ou inconscientes, si elles se généralisaient, ce serait la fin du commerce ! Un Freebie Seeker n’est pas une personne qui tourne les talons lorsqu’elle pense qu’un commerce ne devrait pas exister. Au contraire : c’est un «justicier» qui entre dans la boutique pour la faire tomber à coup de Principes ! Il crie pour se faire entendre par les autres clients ! Il trouve des ruses pour rendre gratuit ce qui ne l’est pas et il partage ses trouvailles se sentant généreux…  Il se bat pour que le commerçant s’aligne sur ce qu’il croit être ses Valeurs, alors que le commerçant est bien plus valeureux que lui : il a juste accepté l’idée que l’argent fait partie du jeu, et même si les transactions financières compliquent l’équation, elles permettent d’obtenir des résultats probants !

En trouvant une solution pour Alexandre, j’ai été bienveillant : au lieu de le chasser du Paradis du Savoir, j’ai fait tout mon possible pour lui donner sa place. Je ne l’aurais pas fait pour une personne que je ne connais pas ou qui n’aurait rien demandé. La demande d’Alexandre était vibrante, et celle de sa maman aussi (avant que l’argent n’entre en jeu).

Si je ne suis pas très fier de mon action, c’est parce que j’ai fait entrer une Freebie Seeker dans le magasin de Dragon Box ! J’ai fait croire à mon amie que le commerçant lui donnait une place légitime dans le système… Certes l’éditeur n’a rien perdu puisque j’ai payé le jeu, mais si l’essai n’est pas transformé j’aurais ajouté un poids à son commerce, ce qui n’est pas aligné sur mes valeurs. C’est comme si je faisais entrer dans une boulangerie une personne convaincue que les chouquettes devraient être gratuites !

Je me demande dans quelle mesure, j’ai été manipulé par mon amie. Une manipulation inconsciente et habile pour que je glisse gentiment vers une variante du Freebie Seeking face à laquelle je n’étais pas armé…

Cette réflexion m’amène à m’interroger sur ma propension à attirer les Freebie Seekers vers ma propre activité professionnelle. Certes je fais régulièrement des recadrages pour rappeler que le gratuit n’est pas ma vocation, mais il semble que ces rappels touchent toujours les mêmes personnes (ceux qui ont compris) et que mes Freebie Seekers se disent que c’est une crise passagère et que ça va me passer… Que je suis en bonne voie pour aller vers la gratuité totale…

Ma proactivité m’a toujours amené à penser que j’ai une grande part de Responsabilité dans les résultats que j’obtiens (d’où mes recadrages réguliers sur ce sujet, afin d’améliorer mes résultats). Evidemment je ne peux être responsable de l’interprétation de mes actions, mais je commence à m’interroger sur ma Responsabilité Inconsciente : se pourrait-il que mes discours soient attractifs pour les Freebie Seekers, et si oui, quels seraient les valeurs qui brillent dans mes articles, qui leur font croire qu’ils sont les bienvenus à vie ?

La question est posée.

A++

Stéphane SOLOMON

C’est pas du jeu !

Elina, ma fille de 9 ans sait résoudre des équations algébriques ! Vous savez, les formules du genre : 3x – 2 = -2x + 43. En réalité, elle ne les résout pas comme le ferait un petit matheux en classe de 4ème : elle joue !

Après avoir découvert une vidéo TEDx, j’ai téléchargé un jeu sur sa tablette. C’est un vrai jeu qui lui permet de jongler avec des cartes afin de faire naître et grandir un gentil dragon. La variable x, cette inconnue qui fait trembler tant d’enfants et que beaucoup d’adultes préfèrent oublier, est remplacée par un coffre contenant l’œuf du dragon. La mission du joueur consiste à protéger ce coffre en l’isolant grâce à quelques règles : 4 règles que l’on découvre progressivement, à mesure qu’il débloque les niveaux…

En moins de deux heures de jeu (de préférence avec l’accompagnement bienveillant d’une personne qui connaît les règles), l’enfant apprend à résoudre des équations algébriques ! Il lui faudra entre 15 et 30 minutes pour transposer son nouveau savoir sur papier… Le jeu sur tablette n’est qu’un facilitateur.

Jouer, pour mieux aller vers…

Ce jeu s’appelle «Dragon Box Algebra». Je l’ai proposé à une amie dont le fils est en classe de 3ème. Il a d’énormes difficultés avec les équations depuis l’année dernière, mais les 20 premières minutes qu’il a passées sur ce jeu avec ma fille ne le laissait pas transparaître : il isolait le coffre et faisait progresser son dragon tel un champion !

Les neurosciences le confirment aujourd’hui : le jeu permet de mieux apprendre, mémoriser, intégrer les règles, etc. Quant à la psychologie moderne, elle sait à quel point le jeu permet de poser un voile sur les traumatismes. Alexandre savait-il qu’il était en train de résoudre des équations ? Se souvenait-il, en jouant, de tous ces cours de maths pendant lesquels il faisait face à x… cette inconnue qui humiliait son intelligence ? Non ! Il relevait les défis du jeu… et il gagnait !

Depuis des décennies, voire des siècles, de nombreux livres proposent des apprentissages ludiques. La chose est décriée par certains ; la plupart du temps pour défendre le driver «Fais effort !». Eh oui… Si les enfants apprennent sans effort, où va le monde ?!!! A l’inverse, beaucoup de pédagogues (dont je fais partie) considèrent qu’il est temps de déployer ses efforts dans autre chose que dans la résolution de 3x – 2 = -2x + 43… Ça, ça devrait être un jeu d’enfant !

«Dragon Box Algebra» permet à beaucoup d’enfants (et de professeurs) d’économiser 30 heures d’apprentissage lourd, avec un taux de réussite insolent comparativement à celui de l’Education nationale. Imaginez ce que ces millions d’enfants  pourraient faire de ces heures s’ils les mettaient au service de leurs talents.

Mais revenons à mon amie… Je lui propose de télécharger le jeu sur son smartphone, afin de permettra à son fils d’y jouer tous les jours. En quelques manips, nous arrivons au moment fatidique où il faut saisir le mot de passe pour payer le jeu… Et là, c’est le blocage total ! Mon amie est scandalisée et c’est un faible mot : elle HURLE au scandale ! Plus j’essaie de la raisonner, plus elle devient hystérique ! Je lâche prise lorsqu’elle commence à me rendre complice d’un vaste «complot» (sans même s’en rendre compte).

Son principal argument :

– On ne devrait pas profiter de la détresse des gens pour se faire du pognon !

Profit sur détresse

J’essaie de lui expliquer que tout ce qu’elle paie peut être considéré comme un «profit sur détresse». Par exemple, la charge principale d’un foyer, le loyer, profite d’une détresse potentielle. La plupart des gens s’épargnent cette détresse en s’en acquittant bien avant qu’elle n’apparaisse. Mais sans ce paiement, ce serait la détresse totale.

Toutes proportions gardées, lorsque la voiture tombe en panne, le garagiste «profite» de la détresse causée par cet imprévu pour facturer sa prestation ! Et que dire de la nourriture ?… Nos placards sont régulièrement réapprovisionnés d’avance, donc nous n’y pensons pas puisque c’est un automatisme. Mais nous faire payer la nourriture, c’est encore un «profit sur détresse»… Et pas la moindre : la faim est l’une des pires détresses humaines.

Presque tout ce que nous payons répare ou nous épargne une «détresse» ! Les jeux éducatifs épargnent aux enfants une détresse d’apprentissage. N’a-t-on pas d’autres combats à mener pour leur refuser ça ? Si je me focalise sur les enfants, c’est pour rester dans le cadre de mon exemple. Mais pour les adultes, c’est exactement le même principe. Vous pouvez vous épargner de nombreuses heures de pénibilité en lâchant-prise sur quelques PRINCIPES. Il y a forcément des postes de dépense à remettre en question régulièrement pour améliorer votre vie.

«Dragon Box Algebra» coûte 7,89€ ! C’est rien comparativement au service rendu : une tranquillité d’esprit totale au moment où apparaît l’une des plus grosses bêtes noires des élèves qui n’ont pas la bosse des maths… Rien ! Absolument rien ne devrait faire hésiter les parents.

Certaines personnes me diront :

– Mais avant de dépenser ton argent là-dedans, tu devrais attendre de voir si c’est vraiment nécessaire. Il se pourrait très bien que ta fille n’éprouve aucune difficulté en 4ème…

C’est très courant comme mode de pensée : attendre que ça aille mal avant d’agir… Or comme pour la faim et les courses, en ce qui concerne l’apprentissage, il convient d’agir AVANT la détresse. C’est ce que j’ai fait avec ma fille : le fait qu’elle sache résoudre des équations à 9 ans ne fait pas de moi le père le plus fier du monde… En revanche, le fait de lui alléger un calvaire d’apprentissage me rend heureux.

J’ai payé une AET ! Ne cherchez pas ces initiales sur Google, elles viennent de mon cerveau : Elina est couverte par une Assurance Equation Tranquillité…

Radin et Freebie Seeker : même combat ?

Vous pensez peut-être que mon amie est avare, pingre, radine… Eh bien pas du tout ! Un Freebie Seeker n’est pas un radin ! Dans son mode de fonctionnement le plus exagéré le radin cherchera les meilleurs plans de réduction. Il cessera tout achat à l’approche des soldes et négociera systématiquement les tarifs pour ressentir une victoire dans le cas où le vendeur céderait. Un Freebie Seeker ne veut pas que le produit soit payant ! Acheter le produit quelle que soit la réduction dérogerait à ses valeurs morales. Pour lui, le raisonnement est binaire : soit c’est gratuit, soit c’est payant, et si c’est payant, il shunte l’information (qui lui est insupportable) !

Autre distinction du Freebie Seeker comparativement au radin chronique : il refuse la dépense même si ce n’est pas la sienne. Lorsque j’ai proposé à mon amie d’offrir le jeu à son fils, elle s’est sentie offusquée, me disant qu’elle n’était pas à 7,89€ près…  Ce qu’elle ne veut pas, c’est cautionner l’achat, même si son portefeuille n’est pas touché. Selon elle, tout ce qui concerne l’Education DOIT être gratuit ! Le seul qui pouvait lui offrir ce jeu, c’est un pirate informatique, ou l’éditeur lui-même, mais de façon impersonnelle (grâce à un jeu concours par exemple) !

Tout en défendant son PRINCIPE elle sacrifiait sans s’en rendre compte le plaisir d’apprendre chez son propre enfant ! Pire encore : elle le prenait à témoin pour lui faire dire que ce jeu était «bien sympa», mais qu’il ne valait pas un sou ! Plus je tentais de lui expliquer les avantages des jeux éducatifs, plus son combat devenait éducatif à son tour : elle voulait que son fils comprenne que ça ne se faisait pas d’acheter ce genre de jeux. D’ailleurs, si j’ai rapidement changé de sujet, c’est parce que ma fille était là, et que je ne voulais pas qu’elle se fasse éduquer par des mots qui volaient dans la pièce à plus de 10 décibels des miens…

Si c’était votre amie et que vous étiez juste deux dans la même pièce, je serais curieux de savoir comment vous feriez pour l’aider. Ou plutôt pour aider son fils et les générations suivantes…

Et ne me répondez pas «c’est toi le coach, démerde-toi !», car lorsque vous commentez un article d’auto-coaching, le premier à bénéficier du commentaire, c’est vous-même.

C’est à vous :

Question de Laurent

Laurent (un lecteur) m’écrit :


Bonjour Stéphane,

Il y a une semaine, vous avez animé un webinaire sur l’harmonie entre la vie professionnelle et la vie privée. Je m’y suis inscrit, mais au dernier moment, j’ai décidé de faire autre chose (probablement de beaucoup moins intéressant que l’alternative que vous proposiez). Ensuite, j’ai reçu un courrier dans lequel vous me proposiez de rejoindre la nouvelle session de Time-Coach. J’ai cliqué, j’ai lu, et j’y ai renoncé.

Je me suis demandé pourquoi j’avais soudainement ce comportement envers vous, alors qu’habituellement je m’intéresse de près à tout ce que vous faites. Je me suis d’ailleurs inscrit à 3 de vos programmes et j’en suis très satisfait. C’est grâce à votre courrier de jeudi que j’ai compris :

Actuellement, vous menez une campagne contre les Freebie Seekers. Parallèlement, vous proposez des activités gratuites. C’est très déstabilisant pour moi, car en acceptant vos propositions, je me sens Freebie Seeker (à moins que ce soit la peur d’être étiqueté comme tel). C’est probablement la raison pour laquelle je ne vais plus jusqu’au bout de mes actions lorsque vous proposez des prestations gratuites.

Je précise que je ne me reconnais pas dans les profils des Freebie Seekers que vous citez. Je paie ce qui a de la valeur à mes yeux et je ne m’embarrasse pas avec ce qui n’a pas d’intérêt pour moi, même si c’est gratuit.

Ce qui est très désagréable, c’est le sentiment de me retrouver projeté 2 ans en arrière, alors qu’avec vous, j’ai fait de vrais progrès en matière de prise de décision et de passage à l’action. Ce thème me fait régresser !

Je voulais vous faire part de cet embarras qui me replonge dans l’indécision. Suis-je le seul à être dans ce cas, ou est-ce  un sentiment général ?

Bien à vous,

Laurent


Très intéressant ce que me dit Laurent… N’ayant pas la réponse à sa question finale, dites-moi ce que vous en pensez. Ce thème vous aide-t-il ou vous fait-il régresser ?

A++

Stéphane

L’intelligence du «Freebie Seeker»

Revenons à nos Freebie Seekers… Ces «collectionneurs d’échantillons» qui ne peuvent donner de la valeur aux choses que lorsqu’elles sont gratuites. A tel point que parfois, lorsque leur intérêt est vif pour quelque chose, ils vont même jusqu’à la rendre gratuite… C’est ce qu’a fait Jess avec la musique : d’un point de vue légal (ou moral), les musiques qu’il allait piocher dans ses sites n’étaient pas libres de droits, donc payantes. Mais il s’est arrangé pour les rendre gratuites ! Pour y parvenir, il a fait appel à de nombreuses action et réflexions d’une intelligence remarquable.

Explorons-les :

Des arguments «intelligents»

Jess (ou du moins, sa version 1.0, car il a évolué depuis) avait un argument de poids lorsqu’on évoquait le côté légal :

– Si c’était vraiment interdit, on ne laisserait pas autant de solutions se propager !

Pour un jeune-homme d’une quinzaine d’années, c’est intelligent ! Pour un adulte, ça l’est beaucoup moins ! Car à moins de faire de sa vie un long fleuve tranquille, on se rend vite compte à quel point certaines choses qu’on ne souhaite pas voir se propager finissent par bénéficier d’une certaine tolérance. Les contrôles et les sanctions peuvent demander une énergie beaucoup plus coûteuse que le laisser-aller… Il est donc préférable de limiter, de dissuader, de protéger et d’éduquer, plutôt que de traquer les contrevenants. Les personnes capables de pirater la musique bénéficient donc d’une tolérance… Tant-pis pour les autres !

Ce type d’argument, je l’ai souvent entendu chez les personnes qui m’empruntaient mes CD musicaux pour les graver :

– Si c’était interdit, on ne vendrait pas de graveurs de CD !

En pratique, c’est aussi absurde que d’organiser un hold-up avec des téléphones mobiles (entre autres outils), et de lancer comme argument :

– Si les hold-up étaient interdits, on ne vendrait pas de téléphones mobiles !

Mais pour que ce rappel à l’ordre percute l’intelligence du «Freebie Seeker musical», il faudrait le délester d’environ 16 croyances qui s’enchevêtrent allègrement les unes dans les autres (selon le dernières recherches sur les croyances, orientées neurosciences).

Ceci-dit, aussi bizarre que cela puisse paraître, cette auto-manipulation, ce biais, qui consiste à se dédouaner de toute Responsabilité en rappelant que c’est le Système qui est pervers (et qui induit des comportements pervers) est une démarche «intelligente». Les Valeurs défendues, et les croyances qui en découlent ne sont pas alignées sur l’esprit des lois, mais s’appuyer sur une «faille du système» pour justifier ses propres failles reste une argumentation intelligente dans le sens neurologique du terme. C’est le cas de tout prétexte !

Jess a réussi à démêler ça (donc à changer d’avis et de pratiques). Ce qui prouve son intelligence.

Une intelligence technique

L’intelligence ne s’arrête pas à la technique ! Se servir d’une panoplie de logiciels aussi complexes est également un défi de taille pour le cerveau. Un défi beaucoup plus intéressant à relever que celui qui consiste à payer 89 centimes pour obtenir «tout bêtement» ce qu’on souhaite immédiatement.

Pour certaines personnes, cet accès facile à la chose convoitée est une véritable injure à l’injonction «Fais effort !». C’est pour cette raison que Jess préfère peiner avant de gagner ! Pour jongler avec tous ces logiciels, et trouver des pistes progressives avant de tomber sur le bon fichier, il faut faire preuve d’intelligence. Ce n’est pas à la portée de n’importe qui : c’est un travail de recherche digne des plus grands experts.

Le moins qu’on puisse dire est que Jess a été brillant et d’une ténacité à toute épreuve : même lorsque l’événement est passé, même lorsque l’action n’avait plus de sens, il a fait effort pour obtenir son résultat.

Aujourd’hui Jess toujours aussi riche de ce savoir, mais il sait AUSSI faire preuve de self-control. Lorsqu’il a vraiment besoin d’un titre difficile à trouver, il sait comment faire. Prendre la bonne décision en fonction des circonstances (y compris celle qui demande de faire effort) est bien plus intelligent que de se perdre dans un automatisme unidirectionnel. On peut donc, avec le temps, considérer que le parcours de Freebie Seeker de Jess, lui a permis de s’accomplir. Il a un pouvoir dont il n’abuse pas.

Et vous dans tout ça ?

Rappelez-vous que le but de ces publications n’est pas d’humilier mon neveu version 1.0, ni d’encenser mon neveu version 2.0, ni de ridiculiser les «Freebie Seekers», mais d’étudier un comportement qui touche tout le monde (moi y compris). Que vous soyez «Freebie Seeker» ou non, il y a forcément des domaines où vous avez décidé de rejeter une dépense efficiente pour obéir au Driver «Fais Effort !». Ceci vous permet de faire preuve d’intelligence dans un domaine qui vous tient à cœur, et certainement aussi de satisfaire le syndrome du Sauveur…

Vous pourriez être atteints de ce syndrome dans d’autres domaines que la musique : il peut s’agir de votre relation de couple, de votre travail, de votre façon d’éduquer ou d’instruire vos enfants… Rappelez-vous simplement des situations où vous avez continué à «faire effort», alors que le fruit de cet effort n’avait plus aucune raison d’être.

Suis-je en train de démonter le proverbe «no pain, no gain !» (qui se traduirait par «point de victoire sans souffrance») ?

Non ! J’espère que vous en avez conscience, pour monter sur le haut du podium, les sportifs de haut-niveau apprennent à gérer leur souffrance et ne ménagent pas leur peine. Cependant, il ne leur viendrait pas à l’esprit d’abîmer leurs muscles et leurs os en courant avec des chaussures à talon. Ils investissent dans des équipements adaptés à leur sport et à leur anatomie, ensuite seulement ils font effort ! Ils ne souffrent pas pour souffrir, ils souffrent pour gagner. Et comme disait mon grand-père :

– C’est de la bonne fatigue…

Au delà du premier degré

Dès que je parle d’argent, beaucoup de lecteurs imaginent que je lui accorde une importance capitale. Ils pensent que je vais me montrer particulièrement vénal en écrivant mes articles, insulter les pauvres et aduler les riches… Mais finalement, ce n’est pas une histoire d’argent. C’est une question de «sortie de zone de confort». Les «Freebie Seekers» se sentent confortables lorsque l’argent n’entre pas dans le jeu. Ils passeraient des heures à travailler dur pour s’épargner une dépense de 89 centimes…

Prenons l’argent comme métaphore et remplaçons-le par un autre symbole précieux :

Il existe des «Freebie Seekers» de la Communication… Ces «Freebie Seekers»-là passent des heures à s’acharner sur une tâche simple, alors qu’il leur suffirait de «payer de leur personne» pour communiquer avec ceux qui peuvent les aider en 2 minutes. Ils se sentiront intelligents en piochant des informations sans les demander franchement, se donnant ainsi le sentiment d’avoir réussi seuls, sans rien devoir à personne ! De plus, ils auront fait un travail (à la fois pénible et intelligent) pour reconstituer des bouts d’informations chopés à gauche à droite afin de parvenir à un résultat qu’ils considéreront comme leur !

C’est du «Freebie Seeking» à n’en point douter : la monnaie d’échange est la Communication, et c’est elle qui est évitée…

Il existe aussi des «Freebie Seekers de la Confiance». Dès qu’il s’agit de dépenser un peu de Confiance, ils ferment leur portefeuille et partent en quête d’un plan B qui leur paraîtra intelligent, puisqu’il leur a permettra d’économiser le moindre élan de Confiance… Il se serviront habilement de la Confiance existante entre «les autres», grappilleront au passage ce que les confiants auront laissé sur leur sillon, mais ne dépenseront pas un once de Confiance… Ils profiteront du système de la même façon que Jess profitait de l’industrie de la musique, tout en s’épargnant la moindre dépense…

Lorsque j’ai lancé mon programme ZEN-COACH j’ai eu à faire à une «Freebie Seeker de la Respiration» ! C’était une personne qui voulait apprendre à mieux gérer ses émotions, qui désirait sincèrement ressentir la paix intérieure, mais il était hors de question pour elle, de «respirer autrement». Réapprendre à respirer était une énorme sortie de zone de confort et elle auraient payé une fortune (en argent) un programme où la question du souffle, lui aurait été épargnée… Dans son message où elle me demandait si mon programme était ENCORE une série de cours sur la respiration, elle évoquait comme alternative quelque chose de plus intelligent que «ça». Une fois de plus, on voit à quel point les «Freebie Seekers» se sentent intelligents lorsqu’ils font quelque chose de périlleux, là où il suffirait de respirer…

Le niveau++

En fait, nous sommes tous des «Freebie Seekers» de quelque chose, et si les articles que j’écris en ce moment sur le sujet ont pour objectif d’éveiller les personnes qui ne suivent que mes activité gratuites (en me tournant le dos dès que je parle d’argent), l’invitation pour mes clients, ceux qui apprécient autant mes programmes payants que gratuits, est de s’interroger à un niveau supérieur :

– Quel est l’objet de mon «Freebie Seeking», et comment se manifeste-t-il concrètement ? 

Ou dit autrement :

– A quel moment ai-je envie d’éprouver mon intelligence en sortant le grand jeu, alors qu’une petite dépense dans une zone qui m’est inconfortable, me permettrait d’acquérir le meilleur équipement pour gagner la course ?

Je rappelle qu’à ce niveau de réflexion, le mot «dépense» ne désigne pas forcément l’argent. Par exemple, certains parents ne se dépensent plus en explications. C’est au-dessus de leurs forces. Mais ils paieraient cher pour que l’explication soit apportée par quelqu’un d’autre.

Vous qui savez apprécier mes articles au-delà du premier degré, nul doute que vous saurez vous offrir une sortie de votre zone de confort en vous dépensant autrement que d’habitude, et en observant de nouveaux résultats.

Ça aussi, c’est faire preuve d’intelligence.

A++

Stéphane SOLOMON

PS : Cet article est payable selon le modèle «Pay What You Want» (payez ce que vous voulez). Vous trouverez la procédure en bas de cette page.

Le prix de la gratuité

Cette histoire date de mars 2011, mais je l’aime toujours autant, et c’est le moment de faire un rappel :

L’anniversaire

Il y a quelques semaines, j’ai été invité à l’anniversaire de ma nièce. Une vingtaine d’enfants s’amusaient dans le jardin et son grand frère, (nous l’appellerons Jess), s’occupait de l’animation sono.

Au bout d’une heure, les petits commençaient à s’ennuyer. Je me suis alors souvenu d’un «numéro comique» qui redonne de l’énergie. Pour cette prestation j’avais besoin d’une musique d’accompagnement :

« La Danse Du sabre »
(d’Aram Ilitch Khatchatourian).

Je demande à mon neveu si je peux utiliser son ordinateur pour télécharger une musique. Il m’installe volontiers devant son PC, je me connecte sur mon compte AMAZON et je trouve mon bonheur pour 89 cts. Au moment de payer, mon neveu me dit :

– Mais tu n’es pas sérieux ? Tu ne vas pas payer un truc que je peux te trouver gratuitement ?

Je lui réponds que je m’en remettrai ! Il insiste… Bon… Je me souviens qu’il faut éviter de dire à un ado « la mienne est plus grosse que la tienne ! », même si on parle de sa carte bancaire. Je laisse faire.

Le pro du téléchargement

Jess lance un logiciel spécial, saisit « La danse du sabre » et retourne avec les enfants. 10 minutes plus tard il revient devant son écran : la recherche ne donne rien. Il envisage alors une « recherche avancée » qui nécessite sa présence devant l’écran. Qu’à cela ne tienne, il laisse la platine tourner, et s’occupe consciencieusement de ma demande. Une demi-heure passe, et il refait surface me disant que mon titre est «un introuvable», mais qu’il n’a pas dit son dernier mot, car il a un plan B !

Contraint de lui rappeler mon objectif (qu’il avait complètement occulté en poursuivant le sien), je lui propose de reprendre sa mission auprès des enfants et je termine mon achat sur AMAZON. Le site a gardé mon dernier panier actif, prêt à être validé. Ah ces marchands ! Ils feraient n’importe quoi pour me soutirer 89 cts !

J’ai pu faire mon spectacle, qui a été très apprécié. Nous avons même enchaîné sur un petit atelier de groupe : chaque enfant a pu exprimer ses compétences.

Le prix de la gratuité

4 jours plus tard, j’ai reçu un courrier électronique de mon neveu, intitulé « Victoire ! ». En pièce jointe se trouvait le MP3 de «La danse du sabre» trouvé gratuitement sur un site !

Je l’écoute : la version est inaudible. Le taux de compression est tel que le morceau est un numéro comique à lui tout seul !

Mais le plus intéressant est la conclusion de Jess :

«Je sais que tu voulais avoir cette musique pour l’anniversaire, donc c’est trop tard, mais je voulais quand-même te prouver que c’était possible de l’avoir gratuitement. La prochaine fois, si tu me préviens à l’avance, je te trouverai la musique que tu veux, et tu ne te ruineras pas sur les sites payants !»

La ténacité paye toujours. Encore faut-il en mesurer le coût… Je récapitule :

  1. Mon neveu a délaissé sa mission pendant une demi-heure, en peinant devant sa machine. Je l’ai trouvé en moins de 2 minutes sur un site marchand.
  2. Il a sûrement passé deux fois plus de temps en recherches diverses pour suivre son plan B, et sans aucun doute un « temps caché » que je n’ose mesurer… Au final, je m’entends dire que mon titre est «un introuvable». Ce titre est toujours disponible en un clic et 89 cts, mais c’est visiblement un pêché capital.
  3. Après l’anniversaire, je n’y pensais plus, alors que Jess a travaillé sur un projet révolu pendant 4 jours (par intermittence, j’espère)
  4. Son résultat est inutilisable. Mon fichier MP3 à 89 cts est inaltérable.

Quelle est l’action la plus coûteuse ?

Nous sommes en pleine démonstration de l’absurdité qui guide les Freebie Seekers de la musique (et plus récemment de tout ce qui est audiovisuel) : leur temps n’a pas de valeur, leur temps n’est pas une valeur…

Lorsque j’ai annoncé cette série d’articles sur le Freebie Seeking (la quête du gratuit), certains lecteurs se sont interrogés sur le rapport avec la gestion du temps ou avec le Développement Personnel. Cette histoire est une première réponse : le gâchis, en terme de temps est absolument phénoménal ! Les lecteurs qui tireront profit de cet article vont commencer à s’en rendre compte dès demain. Les autres resteront dubitatifs puisque leur addiction pour la gratuité ne leur permettra aucune comparaison entre l’avant et l’après…

La notion de «coût» ne concerne pas uniquement l’argent. Elle concerne également la valeur que vous accordez à votre temps, ainsi que la pénibilité de l’action qui pourrait vous rendre ridicule aux yeux de ceux qui vous regarderont vous débattre. Ces échecs successifs avant une victoire contestable, associés au sentiment d’être raillé peuvent affecter considérablement votre estime de Soi, car elle est directement liée au nombre de fois que vous annoncez autour de vous : «je n’y suis pas arrivé !». Même si vous ajoutez juste après «mais j’y travaille…».

Ce qui est également intéressant à remarquer, c’est le fait que Jess n’est ni radin ni fauché. Il a une guitare électrique d’une valeur de 2.000€ qu’il s’est offert avec ses économies. Mais il défend une loi qu’il a instaurée intérieurement (au détriment de la vraie loi) : la musique enregistrée DOIT être gratuite ! Cette loi est tellement précieuse pour lui, que même lorsqu’il s’agit de mon argent et qu’il sait que la dépense ne me mettra pas en danger, il s’oppose à l’achat. C’est viscéral !

Il est très important de comprendre ça, que vous soyez un Freebie Seeker qui se remet en question ou que vous ayez à faire à des personnes qui vous ont étiqueté «gratuit». Cette quête de la gratuité n’a absolument rien à voir avec la taille du portefeuille. Il n’y a pas une proportion plus importante de Freebie Seekers chez les «pauvres» que chez les «riches». Les prétextes sont différents selon le niveau social, mais au fond, c’est le même principe qui est défendu sans aucune conscience des effets néfastes que ce comportement peut provoquer en soi et autour de soi…

Y a-t-il une solution pour faire du Freebie Seeking un vieux souvenir ? Oui ! Et ce n’est pas aussi coûteux qu’on pourrait le croire puisqu’il y a un véritable bénéfice à la clef. Il suffit parfois de changer quelques meubles, pour se sentir enfin chez soi. Les prochains articles vous y aideront.

A++

Stéphane SOLOMON


PS : Rendez-vous en bas de cette page pour contribuer à cette publication selon le modèle PWYW (Pay What You Want : Payez ce que vous voulez)

Nommer, pour mieux faire face

J’avais 14 ans… Le médecin de famille venait de passer pour essayer de diagnostiquer un mal dont je souffrais, et malgré les nombreux symptômes, il ne trouvait rien à se mettre sous la dent. Il a donc misé sur la croissance et autres problèmes de l’adolescence.

De quoi je souffrais ? De douleurs musculaires, d’une incapacité à me concentrer plus de 10 minutes sans somnoler, d’une fatigue générale, du sentiment régulier de m’être absenté de ma vie pendant de longues minutes, d’un manque d’appétit, d’une soif permanente, et d’une envie d’aller uriner toutes les heures.

Le pire était le pipi au lit… L’envie d’uriner me sortait de mon sommeil la plupart du temps, donc je me levais 3 à 6 fois par nuit, mais lorsque je rêvais que j’allais aux toilettes, je ne distinguais le rêve de la réalité que trop tard… J’ai fini par utiliser une technique de malade : avant d’aller aux toilettes je vérifiais si je dormais ou pas, en tentant de m’envoler ! Si mes pieds décollaient du sol, c’était signe que je dormais et que je devais me réveiller… J’ai découvert bien plus tard que cette technique porte le nom de «rêve lucide», à ne pas confondre avec le «rêve éveillé» (mais ce n’est pas notre sujet).

Quelques semaines après le début des symptômes, ma grand-mère a eu la présence d’esprit de parler de mes problèmes à son médecin. Il a immédiatement soupçonné un diabète juvénile de type 1. Une prise de sang a confirmé le diagnostic. Il m’a alors expliqué que j’allais pouvoir vivre normalement avec cette maladie en faisant 3 piqûres d’insuline par jour (à l’époque). Ma mère s’est mise à pleurer… Moi, je me sentais déjà mieux, et mon cœur battait de joie et d’espoir…

Effet immédiat

Pour quelle raison je me sentais déjà mieux, même physiquement ? Parce qu’avant qu’un NOM soit posé sur ma maladie, je croyais que j’allais mourir ! Et soudainement, un mot a été lâché : DIABETE.

Bien qu’il s’agisse d’une maladie incurable et demandant un suivi quotidien, je savais que des chercheurs travaillaient dessus, qu’il y avait des médecins spécialisés et des médicaments disponibles en pharmacie. Je n’étais pas victime d’une maladie orpheline : j’avais un problème connu et reconnu ! Je n’ai pas attendu ma première piqûre d’insuline pour me sentir mieux… Je me suis senti immédiatement plus en forme : dès que le nom de mon affection a été lâché. Prêt pour l’action !

Time-Coach ou la «guérison spontanée»

Pourquoi je vous parle de ça dans une page d’Auto-Coaching ? Parce que ça me rappelle des dizaines de témoignages lorsque j’ai donné la définition du mot «procrastination» dans mon programme Time-Coach. Dans le module 4, j’ai rappelé que tout le monde procrastine quelque chose (au profit d’autre chose). Le simple fait de NOMMER le syndrome, de le décrire et de ne pas en faire une maladie honteuse, a permis à beaucoup de gens de s’assumer d’abord comme procrastinateurs, puis de chercher des solutions pour faire face à leurs procrastinations non constructives.

Un de mes lecteurs, Patrick, a très bien résumé le phénomène :

Avant, je procrastinais ma vie en allumant la télé.
Aujourd’hui, je procrastine la télé en allumant ma vie…

Connaissant le potentiel d’expression de Patrick, je peux vous assurer que la télé n’est qu’une métaphore (un exemple). Allumer Facebook pour y épuiser des heures inconsistantes relève du même type de procrastination. Idem si vous lisez des livres ou des magazines qui ne provoquent que du ressentiment.

La psychologie moderne explique très bien ce phénomène de «guérison spontanée» : c’est lié au fait de ne pas se sentir seul… Si un NOM est donné, c’est qu’il y a d’autres personnes qui souffrent du même problème. Tout le monde procrastine. De fait, la gestion du temps implique une meilleure gestion de ses procrastinations.

Lâchons un autre mot…

Je voudrais nommer un autre «trouble» qui affecte visiblement une bonne partie de mes lecteurs. Il est intimement lié à la procrastination, et j’ai un peu honte de ne pas vous en avoir parlé plus tôt. Du coup, je vais en faire tout un programme… Je ne vais pas faire payer l’entrée, bien-sûr, car il est impossible à vendre à la cible directement concernée. Cette «maladie» porte le nom de :

Freebie Seeking

«Freebie» signifie «Echantillon» ou encore «Bonus». Quant à «seeking», c’est l’action de chercher avec beaucoup d’énergie et de méthode (une sorte de quête). Il faut aussi se rappeler qu’en anglais, «malade» se dit «sick». Le jeu de prononciation nous amène à associer le «Freebie Seeker» à un «malade du gratuit» !

En France, dans le milieu du marketing, on utilise soit le terme «Freebie Seeker», soit «junkie du gratuit», et puisque le MOT est lâché, cela signifie que le problème est reconnu, que ce n’est plus un phénomène isolé et qu’il y a des chercheurs qui bossent dessus ! C’est comme le diabète : ça se soigne !

Ceci-dit, les pros du marketing ne sont pas des infirmières. Ils ne cherchent pas à guérir le trouble, mais à détecter les «Freebie Seekers» pour les mettre hors-jeu au plus vite. Ils représentent, en effet, un véritable danger pour le commerçant. L’essentiel des techniques ne consiste donc pas à aider le «Freebie Seeker» à devenir consommateur, mais plutôt à faire en sorte qu’il ne fréquente plus jamais la boutique.

Pour ma part, avant d’en arrive à cette extrémité, je préfèrerais AIDER les «Freebie Seekers» à identifier leur propension à consommer du gratuit. Bien-sûr, vous pourrez y voir de l’intérêt personnel (et vous avez raison), mais je suis partisan du Gagnant/Gagnant. En lisant mes prochains articles vous découvrirez, quelle que soit votre propension à vous accrocher au gratuit, que vous vivrez bien mieux en prenant le contrôle sur cette «maladie».

Elle est à l’origine de la plupart des «manques» : le manque de temps, le manque de Confiance en Soi, et même (contre toute attente), le manque d’argent. Y faire face vous permettra de résoudre la plupart des problèmes liés à la procrastination, et si vous exercez une activité professionnelle, à la Conscience de votre valeur.

Vous n’êtes pas un Freebie Seeker ? Vous vous demandez à quoi pourraient vous servir ces articles ? J’ai deux réponses à vous donner :

  1. Il existe certaines formes de Freebie Seeking insoupçonnées. Dans le monde dans lequel nous vivons, nous sommes tous plus ou moins atteints par cette attirance pour le gratuit (sans en faire une maladie). En remédiant à ces «petits écarts», (plus facilement qu’un maladif), vous allez faire des progrès énormes.
  2. Il est possible que vous soyez victime de «Freebie Seekers» qui viennent détruire vos efforts de vous distinguer. Vous devez vous en douter : ces dernières années, j’ai eu l’occasion de les étudier. Je peux donc vous aider à les identifier, et comme votre métier n’est pas de les aider à s’en sortir, vous apprendrez grâce à ce programme comment vous en préserver. Ça aussi, ça vous aidera à progresser !

Ces articles seront gratuits, mais ceux qui y trouveront de la valeur pourront contribuer à ce programme en payant ce qu’ils veulent !

Le modèle économique du PWYW (Pay What You Want) est un excellent modèle pratiqué par quelques rares commerçants qui s’adressent à des communautés d’acheteurs. Il est difficile de faire le tour des vertus du PWYW en quelques mots.

Pourquoi le modèle PWYW n’est-il pas plus connu et reconnu ?

Parce que tant qu’il y aura des «Freebie Seekers», le PWYW sera réduit à l’état d’expérience… Une expérience que je vous invite à tenter.

Bien sûr, je continuerai à publier des articles sur d’autres sujets que le «Freebie Seeking», mais ce sera le sujet central de la rentrée.

Vous pouvez commencer à alimenter le débat ci-dessous, en posant des questions relatives à cet article et à ce qu’il vous évoque.

A++

Stéphane SOLOMON

Le «bon moment»…

Dans mon article intitulé «cas de coaching», je taquine mon client à propos d’une commande qu’il commence à procrastiner juste après la décision d’achat. Le prétexte de sa procrastination est d’attendre que son employée fasse ses preuves (à ce moment-là, il considère encore que la bénéficiaire de cet ordinateur sera son employée). Je demande donc à mon client s’il va attendre Noël pour offrir son ordinateur à cet employée qui a été bien sage…

Cette plaisanterie n’était pas uniquement liée au côté paternaliste de ce patron… Beaucoup de gens attendent «le bon moment» pour offrir un beau cadeau ou pour commencer quelque chose, oubliant ce qu’il est possible de réaliser en quelques semaines.  Ce type de procrastination est un classique du genre.

Je vous raconte ma vie :

Il y a 2 semaines, j’ai acheté sa première machine à coudre à ma fille. Un bel objet d’une valeur de 160€.

– Pour son anniversaire ?

– Non ! C’était en mars…

– Pour sa fête alors ?…

– Non ! Ce sera début octobre !

– A-t-elle fait quelque chose qui mériterait un tel cadeau ?

– Oui… Chaque jour. Mais pas spécialement davantage à ce moment-là…

– Ce cadeau avait-il un intérêt immédiat qui justifiait cet achat ce jour-là plutôt qu’à Noël ?

– Non… Elle en parlait souvent mais elle n’a évoqué aucun projet précis nécessitant une machine dans l’immédiat.

– La machine était-elle en promotion ?

– Je ne pense pas… C’est ce qui était écrit, puisqu’il y avait un prix public barré et un prix d’achat, mais ce site pratique cette méthode sur 80% de ses produits, ça ne m’impressionne pas outre mesure…

– Bah alors ? Pourquoi cette folie ?

Parce que comme je l’ai expliqué en début d’année, j’investis en elle ! En son talent ! Celui qu’elle a choisi et dans lequel elle fait régulièrement des progrès. Récemment, elle a découpé et recousu un sac en tissus (offert par un commerçant) pour le transformer en tee-shirt ! Elle l’a fait grâce à des cadeaux qu’elle reçoit régulièrement : des petites attentions comme du fil fantaisie, des bouts de tissus, des boutons, des feutrines, ou encore des livres sur la couture.

Je ne saurais vous dire précisément pourquoi, en rentrant de vacances, j’ai décidé de lui offrir cette machine. Bref, le moment de l’achat n’a pas été déterminé par un événement selon lequel tout bon père de famille devrait offrir un cadeau… Il est déterminé par des lois internes : c’est une décision autonome.

Le bon moment…

Si j’avais eu la mauvaise idée d’en parler autour de moi (pour proposer à ses grands-parents, ses oncles et tantes et quelques amis de la famille de participer à un cadeau collectif), je serai encore en train de justifier auprès de 80% des généreux contributeurs, la raison pour laquelle je n’attends pas Noël ou son anniversaire ou tant que nous y sommes, son premier 20/20 en mathématiques…

M’enfin ! Quel est le rapport entre sa passion pour la couture et une note attribuée par un agent du Ministère de l’Education Nationale qui n’est pas plus convaincu que moi de l’utilité de distribuer des notes aux enfants, mais qui fait son boulot ?!!!

– Mais alors Stéphane, allez-vous rétorquer, qu’allez-vous offrir à votre fille à Noël ? Une voiture ?

Ma proposition est de distinguer les cadeaux qui permettent aux gens de progresser dans leur art (ou dans leur métier), des autres cadeaux, qui sont plutôt de l’ordre du loisir. Si votre enfant est passionné de lecture et vous parle régulièrement d’un livre de Roald Dahl, attendre Noël est une erreur pour une raison simple : d’ici Noël, il pourrait lire 10 livres de Roald Dahl ou d’un autre auteur dont il est passionné… Il aura 10 expériences de lecture de plus !

Je vais le dire autrement, même si ça peut choquer certains : si votre enfant est capable (et a envie) de lire 10 livres d’ici Noël, en le faisant attendre «le bon moment» pour lui offrir le livre qu’il réclame aujourd’hui, vous ne lui offrirez pas son livre tant attendu, mais 10 lectures de retard !

Parlons à présent de vous ! En tant qu’enfant, il est possible que vous ayez été éduqué selon le paradigme du «bon moment»… Ce qui pourrait expliquer un certain nombre de procrastinations. Souvenez-vous de mon client : en «offrant» son iMac à son employée immédiatement au lieu d’attendre qu’elle fasse ses preuves, il a fait faire à son entreprise un bond énorme ! Tellement énorme qu’il n’avait plus besoin de gérer ses anciens problèmes de management, mais plutôt de mettre en place de nouvelles solutions.

Pour terminer sur ce sujet avant de passer à un autre thème (que vous trouverez certainement passionnant), je vous invite une nouvelle fois à vous inscrire au programme Attitude-Coach. Le Développement Personnel fait partie des investissements de base pour les personnes qui en ont compris l’intérêt.

«Attitude-Coach» n’est pas l’investissement du siècle ! C’est un programme d’entretien. Je l’ai même proposé pendant l’été comme un cahier de vacances… N’en faites pas une prise de décision complexe en vous disant qu’un jour (peut-être à Noël), vous offrirez à votre enfant intérieur ce cadeau tant attendu. Combien de Développements Personnels de retard, aurez-vous d’ici Noël ? Et surtout, pourquoi attendre Noël pour progresser. La rentrée est un bon moment pour vous remplir d’Energie.

Le meilleur moment, c’est maintenant !

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(Je viens de repousser la fermeture de quelques heures)

Tout est parfait…

– Vite, Hurla le cavalier en sautant de son cheval, je dois m’entretenir avec Tirame !

– Sergatte ! Mais quel plaisir de te revoir ! Lui dit un homme d’une forte carrure qui vint à sa rencontre les bras ouverts…

– Je n’ai malheureusement pas le temps pour les civilités, dit-il en faisant une rapide accolade. Voilà 5 heures que je cavale sans m’arrêter… Je dois voir Tirame ou même notre roi en personne !

– Tirame est en train de préparer les épreuves. Je doute qu’il puisse te recevoir plus de 2 minutes.

– Où est-il ?

– Dans son atelier…

– J’y vais !

Sergatte courut vers l’aile droite du château et s’enfonça dans une petite allée. Il frappa à une porte sur sa droite, et après avoir reçu l’autorisation d’entrer, il prit Tirame dans ses bras avant d’engager le dialogue :

– Il faut absolument rédiger une nouvelle missive ! Les gens sont complètement perdus !

– Les gens ? Mais de qui parles-tu ?

– Je reviens d’un taverne appartenant à un certain Fibsurves. Ce qu’il raconte à ses clients à propos du concours qui se prépare est terrible ! Il déforme toutes les attentions vertueuse de notre roi pour les transformer en pièges infâmes. Et il est tellement sûr de lui que tout le monde le croit !

– Tout le monde sauf toi… Et selon toi, que faudrait-il ajouter ou retirer à notre message ?

– Beaucoup de choses ! Par exemple, il est écrit que les diligences qui vont vers le château seront gratuites pendant la semaine du concours. Mais rien n’est mentionné à propos du retour. Ce qui pourrait laisser croire qu’il faudra payer son billet retour, ou pire : qu’il n’y aura pas de retour…

– Je vois que Fibsurves a fait du bon travail ! Tu as l’air complètement désorienté…

– Du bon travail ??? Mais cet homme est le diable en personne ! Il ne laisse rien passer. Chaque phrase de ton message a été retournée contre le roi avec un facilité déconcertante. Il faudrait ajouter des précisions et de nombreux détails pour rassurer les gens, sinon le jour du concours il n’y aura personne aux portes du Palais.

Sergatte conta à son ami la conversation dont il a été témoin. Il tenta de le convaincre d’établir une nouvelle communication qu’aucun argument critique ne pourrait dénoncer. Tirame l’interrompit :

– Sergatte, après notre dernière bataille, j’ai décidé de siéger auprès de notre roi pour le soutenir dans les affaires du palais. Toi mon ami, tu es devenu un excellent négociant et ton expérience au contact du peuple nous est précieuse. Il serait logique que je suive tes conseils avisés, mais cette fois, je n’en ferai rien. Tout est parfait…

– Je ne comprends pas. Explique-moi !

– A combien de personnes s’adresse la missive royale ?

– Environ 3 millions de célibataires !

– Et combien de places avons-nous dans notre arène entre l’espace réservé aux jeux et les sièges ?

– Environ 30.000 !…

A peine eut-il le temps d’avancer son chiffre que Sergatte s’arrêta net… Il venait de se rendre compte qu’il n’y aurait jamais assez de place pour tout le monde. Il faudrait limiter l’accès au palais à une personne sur cent… Tandis que son front se déplissait, Tirame lui lança une phrase révélatrice :

– Si Fibsurves n’existait pas, il faudrait l’inventer !

Sergatte devait bien se rendre à l’évidence : bien que Fibsurves soit un personnage détestable, il était utile dans le processus de filtrage. Mais une chose le dérangeait encore, et il décida d’en parler à Tirame, quitte à se sentir ridicule une deuxième fois :

– Tu as raison Tirame ! Mais parmi les personnes que le tavernier et sa suite dissuadent, il y a des princes potentiels. Des personnes d’une très grande valeur morale qui vont se laisser entraîner dans une spirale négative, parce que la missive manque de clarté. Une modification du texte permettrait de les faire venir. Ne devrait-on pas retravailler ce texte pour que la missive associée à Fibsurves permette de sélectionner la crème de la crème ?

Tirame entreprit alors de lancer quelques truismes à son interlocuteur. Des vérités absolues qui vont chercher les Energies utiles aux décisions et aux actions :

– Es-tu d’accord avec le fait que notre roi a toujours servi les intérêts du peuple avec force et courage ?

– Oui ! C’est pour cette raison que je lui serai toujours fidèle !

– Par temps contraires, a-t-il fait preuve de sagesse et d’humilité pour donner au royaume l’Energie dont il avait besoin ?

– Oui ! Absolument ! Même lorsqu’il fut affecté par la mort de la reine…

– Est-il digne de Confiance ?

– Oui ! Je mourrai pour défendre son honneur !

– Alors tu ferais un excellent mari pour la princesse et un excellent roi à ton tour ! Tu peux concourir aux côtés de tous ceux qui, comme toi, ne se laisseront pas abattre par ce tavernier fou, et qui le jour du concours, viendront aux portes du palais. Car quoi que dise ce détracteur stupide, ils se diront «Ce n’est pas possible ! Il doit y avoir une autre explication ! Notre bon roi ne ferait pas une chose pareille !». Et ils trouveront par eux-mêmes, dans le texte actuel de la missive, de quoi réaffirmer leur Foi en notre roi.

– Tu veux dire que ceux qui se laissent entraîner par Fibsurves avaient déjà des aprioris négatifs ?

– Exactement ! Il ne fait que se servir des brèches ouvertes dans leurs esprits. D’ailleurs, dans la conversation que tu m’as racontée, on voit qu’au bout d’un moment, Lucerde fournit lui-même de nouveaux arguments à Fibsurves. Lorsque le doute existe, le manipulé devient complice du manipulateur.

– Et ne serait-il pas de notre devoir de les aider à ouvrir les yeux ?

– Je vois que tu as très envie de justifier tes 5 heures de course folle… Mais rappelle-toi que ma mission n’est pas de vendre de la viande, du tissus ou des fruits. C’est de l’avenir de la Princesse dont il s’agit et aussi de l’avenir du royaume lorsque ce couple sera amené à régner. Je ne veux pas d’un prince avec un esprit girouette qui se laisse tantôt convaincre par Fibsurves, tantôt convaincre par tes arguments. Je veux faire concourir des hommes de Foi, et c’est cette Foi que je mettrai à rude épreuve en affinant la sélection. La première épreuve de Foi s’appelle Fibsurves. Elle nous est servie par l’Univers… Tout est parfait…

– Tout est parfait… J’ai toujours aimé cette phrase lorsque tu la citais lors de nos batailles. Même lorsqu’elle faisait outrage aux situations difficiles que nous traversions, le fait que ce soit toi qui le dise m’a toujours réconforté. Comment fais-tu pour faire briller ces 3 mots en toutes circonstances ?

– Je suis au service du bien ! Je n’ai aucun doute sur le bien fondé de ma mission. Que ce soit en pleine bataille, au cœur d’une tempête ou sous la torture, je sais que ce que je vis a du Sens. Un Sens que je ne pourrai pas forcément comprendre au moment de la souffrance, mais qui m’apparaîtra comme une évidence avec le temps…

Sergatte sourit… Son ami de toujours venait de lui donner une leçon d’humilité. Il connaissait son parcours et le lourd tribu qu’il a payé. Il ne pouvait le contredire : tout est parfait… Il relâcha ses épaules et retrouva son souffle avant de lancer avec autodérision :

– Et quel sens puis-je donner à mes 5 heures de cavalcade, alors que tant d’affaires m’appellent ailleurs ?

– Depuis combien de temps avais-tu envie de revoir tes amis au Palais ?

– Chaque jour je pense à vous. Chaque jour vous me manquez !

– Alors la voilà la raison de ta course. Ce soir, nous dînerons au complet ! Tout est parfait…

– Tout est parfait…


Vous venez de lire le deuxième module du programme «Attitude-Coach» pour découvrir la suite (qui va crescendo :

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