Ce n’est pas de ta faute !

Il y a quelques mois, mon fils (11 ans) a été sélectionné pour animer une rubrique dans une émission pour enfants (sur Gulli). Il est donc parti avec sa maman à Grenoble dans la station de ski où l’émission devait être enregistrée. Avant de partir, Karine (ma compagne) me demanda si elle pouvait prendre l’iPad. N’en ayant pas spécialement besoin pendant ces 3 jours, j’ai répondu par la positive.

Le séjour s’est bien passé, mais au retour, catastrophe : mon fils oublie son sac dans le taxi, avec l’iPad dedans ! Il devient pâle… ne parvient pas à lâcher un mot pendant une longue minute… fond en larmes… et se met soudain à hurler :

– J’ai oublié l’iPad dans le taxi ! J’ai oublié l’iPad dans le taxi !!!

Le taxi était déjà loin… Le passage de savon a commencé :

– Tu ne fais jamais attention à tes affaires !
– Il n’y a que toi pour oublier des choses aussi importantes !
– On ne peut pas te faire confiance !

Il faut dire que cet iPad avait une valeur symbolique et sentimentale. Je l’ai acheté pour me récompenser d’un défi relativement difficile, que j’avais relevé en 2008. Je sais qu’un tel attachement à des objets paraît démesuré pour beaucoup de gens, mais imaginez un sportif qui, après avoir gagné un tournoi, apprend que sa coupe ou sa médaille a été perdue… Certes la chose symbolisée (la victoire) est plus importante que le symbole, mais l’attachement à un trophée est une chose tout à fait légitime.

De plus, cet achat s’est révélé être un excellent investissement professionnel, et cet appareil a également permis à mes enfants d’apprendre en s’amusant, de réviser, de jouer, de s’exprimer… Ma petite dernière avait à peine deux ans lorsqu’elle a posé ses petits doigts sur l’écran tactile pour habiller Dora et Barbie ou pour résoudre des tangrams… Et ma fille ainée, artiste dans l’âme, faisait des dessins à couper le souffle grâce à des applications graphiques simplifiées…

Mon fils me promit tout en pleurant qu’il allait racheter un iPad avec ses économies… Et me voilà reparti :

– Et les photos ? et mes notes ? Et mes chansons ? ET mes textes ?
   Et les dessins de tes sœurs ? Tout est perdu !

– Et le temps que je vais passer à re-paramétrer les logiciels ?!!!

Mon garçon commençait à se liquéfier ! D’autant qu’il avait très envie de nous dire que dans son sac, il a également laissé les deux petits cadeaux-souvenir qu’il avait achetés pour sa petite copine… Mais il ne pouvait dire ça : le sacro-saint iPad semblait tellement plus IMPORTANT…

Il a donc réagi comme toute personne qui perd sa spiritualité et qui se laisse berner par un sentiment de culpabilité, c’est-à-dire comme un primate : il s’est mis à se taper sur la tête avec les paumes de ses mains, tout en hurlant :

– Mais qu’est-ce que je peux être bête !
– Mais qu’est-ce que je peux être bête !!
– Mais qu’est-ce que je peux être bête !!!

J’ai alors compris mon erreur et j’ai changé immédiatement de posture en me posant une seule question. Une question que tout parent devrait se poser devant une telle scène :

Qu’est-ce qui est plus important pour moi ?

– Qu’est-ce qui est plus important pour moi ? l’iPad ou mon fils ?

Ou si on veut être plus pointu (ce qui est difficile en situation) :

– Qu’est-ce qui est plus important pour moi ? Les souvenirs que contenait mon iPad
    ou le Devenir de mon fils ?

Cette question est égoïste, mais on s’en fout ! Soyez égoïste ! Choisissez ce qui est important POUR VOUS ! C’est souvent le bon choix !

J’ai immédiatement saisi les mains de mon garçon et je les ai enroulées autour de mon cou, tout en le serrant contre moi. Nous étions comme deux boxeurs épuisés par les coups que nous venions de recevoir et de porter. Malgré l’émotion qui me traversait, j’ai appliqué une technique ! Une technique que j’ai apprise dans les livres de Développement Personnel et aussi dans ma formation de coach :

Tout en le serrant dans mes bras, j’ai répété une phrase, une seule :

– Ce n’est pas de ta faute !!!
– Ce n’est pas de ta faute !!
– Ce n’est pas de ta faute…

Je sais que l’usage des techniques n’est pas toujours apprécié par certains lecteurs, qui préfèrent «la spontanéité des émotions sincères»… Mais la sincérité des émotions, je venais de l’expérimenter, et je n’ai pas aimé le résultat !… Mon fils était en train de me prouver que nous descendions du bonobo, et ça n’arrangeait pas du tout mes croyances !

A mesure que j’appliquais ma technique, je sentais que je devenais vraiment sincère… Que mes émotions instantanées ne reflétaient pas la profondeur de mes véritables sentiments… En décidant de mettre de côté mes faiblesses et en allant puiser dans mes forces spirituelles, je retrouvais un sentiment authentique, puissant, sublime :

L’AMOUR PATERNEL.

Une technique peut-elle faire resurgir un sentiment aussi fort ? Bien-sûr ! Essayez, vous verrez ! Il vous suffit de vous convaincre que ce n’est pas de sa faute ! Répétez-le mille fois s’il le faut…

Se taper sur la tête reflète la colère envers soi-même. C’est un sentiment de culpabilité, mêlé à un manque d’Amour, un manque de Confiance, un manque d’Estime… Que de manques…

Même si cette tablette représentait pour moi bien plus qu’une machine, ce qui était important à ce moment précis, c’est ce qu’elle représentait pour mon fils : un appareil, certes cher, mais qu’on trouve par milliers d’exemplaires dans les magasins. Plus je tentais de le responsabiliser en faisant de NOTRE iPad un «membre de la famille», plus je le culpabilisais de l’avoir abandonné dans un taxi !

La dimension sentimentale que je donnais au moment de l’achat et au contenu du disque dur ne devait pas lui être révélée suite à sa maladresse, car sa sensibilité était à fleur de peau. Je l’écorchais et je lui enlevais les ingrédients essentiels à sa résilience. Malgré tout ce que représentait cet appareil, tant sur le plan matériel que sur le plan symbolique et existentiel, il ne justifiait pas le sacrifice de mon enfant !

Retour vers la proactivité

J’ai donc mesuré toute ma responsabilité, et en reprenant ma vie en mains, j’ai cessé de m’acharner sur un coupable à portée de mains : c’est moi qui ai accepté de prêter cet appareil ! Un simple «non» aurait suffi… Et j’ai perdu une part de ce qu’il contenait parce que je n’ai pas fait de sauvegarde récente. Je connaissais pourtant les risques que comportait ce voyage… Quant à la distraction de mon fils, à qui appartient-il de s’en préoccuper ? Même si c’est une propension innée, qui est responsable de son Education ?

J’ai passé une partie de la nuit à border et à calmer mon garçon… des spasmes perturbaient son sommeil. Je le consolais en me détachant de l’objet de la discorde, et en me rapprochant de mon enfant. J’ai agi comme si je n’étais pas affecté par cette perte, m’autorisant ainsi à m’occuper exclusivement de mon petit oiseau blessé. Le sentiment d’Amour était si intense dans cette petite chambre, que je commençais à ressentir une certaine Gratitude pour l’objet qui nous a rapprochés…

Adieu petit compagnon de travail et de loisirs… Tu as contribué à des moments joyeux d’apprentissage, de découvertes, d’enthousiasme, de partages. Et tu viens d’accomplir ta dernière mission. Merci aussi pour ça…

Le lendemain, nous n’en parlions plus.

A++

Stéphane SOLOMON

PS : Il y a une suite à cette histoire. Je vous la raconterai dans mon prochain article.

23 réflexions au sujet de « Ce n’est pas de ta faute ! »

    • Bonjour, Je réagis spontanément à ce commentaire et le fameux : « Ce n’est pas grave ».
      En effet, pour un enfant, c’est toujours grave, il n’y a rien de pire que de dire à un enfant qui vient de casser (ou de perdre) -involontairement- un objet auquel il tenait : « ce n’est pas grave… », car pour lui, ça l’est vraiment !
      C’est un exemple, mais en substance, je préfère reconnaître la gravité accordée à un fait (ou une chose) par l’enfant, et tenter de le désamorcer en lui enlevant sa culpabilité et autres.
      Finalement, je suis devenu allergique à cette phrase : « ce n’est pas grave ».
      Cordialement

      • Bonjour Christian,

        Mis à part le fait que chaque enfant est différent, et que certains enfants peuvent casser des objets sans ressentir la gravité de la situation, vous avez raison : dans un cadre éducatif, l’alignement est à faire avec les valeurs et les croyances de l’enfant.

        Dans mon article, j’explique que mes valeurs vis à vis de ce trophée n’étaient pas alignées avec celles de mon fils (qui ne considérait que sa valeur monétaire). Le fait qu’il réduise MON iPad à un simple iPad m’a entraîné vers une leçon de «morale» qui ne pouvait pas se faire à ce moment précis. C’est comme si je disais à une personne qui vient de tomber «la prudence est mère de sûreté !». Elle s’en fout ! Elle a trop mal !!! Ce n’est pas le moment, ni l’endroit de sortir un dicton populaire… Par contre, ça peut se faire à froid quelques heures plus tard, et c’est même appréciable.

        Pour ce qui est de «ce n’est pas grave», la formule convient dans certains contextes, en lot de consolation. Si nous pouvions éviter d’en arriver là, ce serait bien ;-). Mais ce n’est pas toujours possible. Nous ne sommes pas des machines.

        A++

        Stéphane

    • Bonjour Patrick,

      «ce n’est pas grave» serait acceptable en amont, c’est à dire avant le sermon. Le revirement vers «ce n’est pas grave» aurait eu moins d’impact que «ce n’est pas de ta faute», qui vient CORRIGER, et panser une blessure. Mais dans mon histoire le mal était fait. «Ce n’est pas de ta faute !» vient donc CORRIGER ce mal.

      Merci pour votre contribution, et A++

      Stéphane

  1. Bonjour Stéphane,
    Je « travaille » à éviter, sinon à limiter les négations dans mes messages forts car l’inconscient, semble-t-il, les « supprime »?…alors je retiens des phrases simples, telle: « et maintenant, ta vie est-elle en danger? » Ou/et « qu’as-tu appris de cette situation? »….en toute modestie….
    Très cordialement
    Beatrice

    • Bonjour Béatrice,

      Vous avez tout à fait raison, et j’en ai déjà parlé. Dans (feu) le programme OBJECTIFS-COACH, j’expliquais également l’importance de la formulation positive, et du travail nécessaire pour remplacer :

      * «C’est pas mal du tout» par «C’est super !»
      * «Je ne veux pas…» par «Je veux…»
      * «Si je ne fais pas ceci il m’arrivera cela» par «Je me sens prêt à faire ceci pour…»
      * «Pourquoi pas ?» pas «Allons-y !»
      * etc.

      Mais dans mon histoire, nous n’étions pas en train de définir des objectifs. Comme je l’ai écrit dans l’article, nous étions comme deux boxeurs (dont l’un est sacrément plus costaud que l’autre). Dans ce cas, le principe est de désamorcer (la négation devient un outil).

      D’une manière générale, lorsque vous vous adressez à des personnes négatives, elles ne comprennent pas le langage positif (c’est trop violent). D’ailleurs l’une des techniques de coaching pour amener les coachés vers des pensées positives, c’est d’utiliser le langage négatif (du coaché), puis de retirer progressivement les négations et les mots négatifs, étape par étape, en surveillant le «récepteur» (qui doit capter). Parfois il faut toute une séance…

      Les personnes qui alimentent des sentiments négatifs ont BESOIN de mots négatifs pour «régler leur poste». Un jour je vous écrirai un article où la technique sera exploitée. C’est une bonne idée que vous m’inspirez là !

      Pour en revenir à notre histoire, mon fils était embourbé dans des sentiments trop négatifs pour que je change de style immédiatement. Il y a donc le mot «pas» et le mot «faute» qui étaient nécessaires DANS CE CONTEXTE.

      Il est évident qu’à froid, je pourrais lui dire : «Que retires-tu de cette expérience pour la prochaine fois ?». Mais j’étais trop mal embarqués pour avancer sur ce terrain-là.

      Comprenez qu’il y a des mots pour éviter les blessures, et d’autres mots pour panser les blessures. J’étais dans ce deuxième cas.

      A++

      Stéphane

      • Merci Stéphane,

        C’est vrai qu’il est important de se mettre au niveau d’énergie de celui qui souffre si l’on souhaite vraiment communiquer avec l’autre.
        Cependant, ce qui m’échappe, c’est pourquoi, si on admet que notre inconscient zappe les négations, ne procèderait-il ainsi, selon vous, que dans la formulation d’objectifs?
        Bien cordialement

        • Béatrice,

          La culpabilité, c’est très spécial ! Nous sommes loin d’avoir exploré les différentes façons de communiquer avec elle.

          L’inconscient conceptualise parfaitement la négation. C’est le système cortical qui filtre la négation (ou pas) selon l’état de conscience (sous hypnose, le filtrage est proche de 100%, mais en état d’éveil, ce n’est pas la même chose).

          Quoi qu’il en soit, lorsque je disais «ce n’est pas de ta faute !», je ne parlais pas à l’inconscient de mon fils ! Je stoppais hémorragie. C’est au moment du coucher que j’ai changé de protocole, et que j’ai envoyé des messages strictement positifs.

          A++

          Stéophane

        • Béatrice,

          La culpabilité, c’est très spécial ! Nous sommes loin d’avoir exploré les différentes façons de communiquer avec elle.

          L’inconscient conceptualise parfaitement la négation. C’est le système cortical qui filtre la négation (ou pas) selon l’état de conscience (sous hypnose, le filtrage est proche de 100%, mais en état d’éveil, ce n’est pas la même chose).

          Quoi qu’il en soit, lorsque je disais «ce n’est pas de ta faute !», je ne parlais pas à l’inconscient de mon fils ! Je stoppais hémorragie. C’est au moment du coucher que j’ai changé de protocole, et que j’ai envoyé des messages strictement positifs.

          A++

          Stéophane

  2. Bonjour Stéphane,
    Eh oui ! Combien de fois avons-nous été humiliés ? L’apprentissage a été dur… pour moi en tout cas, dans mon enfance. Il est vrai qu’il paraît plus facile de crier dès qu’une faute est commise et de punir que d’expliquer pourquoi et comment l’éviter. C’est un fait qu’ayant subi dans mon enfance, je me suis fait un point d’honneur à considérer l’apprentissage du droit à l’erreur à mes propres enfants et à la reconnaissance de ce que valait cette erreur, quelle qu’elle soit. Oh, bien sûr, ça n’a pas toujours été facile. J’en suis récompensé par leur confiance en moi et surtout leur confiance en elles ; pas de mensonges (inutiles en ces cas) mais au contraire une honnêteté de penser et donc d’actes. Nous avons toutes gagné une complicité que nous avons toujours aujourd’hui. Par contre je ne savais pas que se taper sur la tête reflétait la colère envers soi-même… Je m’aperçois que cette situation peut être plus grave de conséquence que l’on peut penser au premier abord… à méditer.
    Denise

    • Bien joué Denise, c’est effectivement un article sur le sentiment de Confiance et ce qu’il apporte.

      Encore un…

      A++

      Stéphane

  3. Si c’est de sa faute ! Personne ne peut dire le contraire. C’est le principe même de la responsabilité et elle doit impérativement être assumée faute de quoi tu risques de faire de ton fils un irresponsable. Par contre, je pense qu’il est impératif de lui expliquer que même si c’est de sa faute, un oubli peut arriver à tout le monde. Nous ne sommes pas de purs esprits. Il faudra qu’il se souvienne de cet incident pour essayer à l’avenir de faire davantage attention à ses affaires et plus encore à celles des autres… Je suis également d’accord sur le fait qu’on ne construit rien sur de la culpabilité ou sur de la honte. Par contre, on peut parfaitement utiliser l’incident pour amener un enseignement, et là c’est différent…

    • Bonjour Fabrice,

      Mon fils n’a pas placé l’iPad sous les roues du Taxi en ricanant en le voyant exploser ! Au pire des cas, il a commis une maladresse, ce qui est tout à fait compréhensible après une journée de voyage (j’ai oublié de dire que le taxi est arrivé vers 1h du matin).

      De plus, je te prouverai prochainement que ce n’était pas de sa faute ! Tu n’es pas au courant de toute l’histoire, comme je ne l’étais pas au moment où j’ai appris la nouvelle sous la forme :

      – J’ai oublié l’iPad dans le taxi !

      J’ai cru que c’était de sa faute, puisqu’il le disait !!! Il venait de se menotter… C’est ce que font toutes les personnes qui ont quelque chose à se reprocher.

      D’une manière générale, accordons la présomption d’innocence, en particulier aux enfants 😉

      Pour ce qui est de l’enseignement à retirer d’une erreur ou une maladresse, nous sommes d’accord. Mais je crois que dans cette histoire, j’avais beaucoup plus à apprendre de la situation que mon fils…

      Nous verrons ça plus tard.

      Merci d’élever le débat !

      A++

      Stéphane

  4. Bonjour Stéphane,

    Ce n’est pas ton fils dis-tu qui t’a emprunté ton iPad, c’est ta compagne. C’est donc elle qui en était responsable et qui a accepté de le confier à votre fils. Pourquoi t’en prendre à lui ? Comment a-t-elle réagi ?

    Ton fils fait une tentative pour sortir de la situation négative : « avec mes économies je vais en racheter un ». Mais ton dépit d’avoir perdu ton doudou n’est pas passé, tu as encore besoin d’exprimer ta frustration. On fait tous ça sans même avoir besoin qu’il y ait un coupable extérieur parfois : quand la peine est grande, la frustration importante, on ne VEUT pas être consolés, passer à autre chose TROP VITE. Toute tentative pour sortir par le haut est d’abord rejetée. Par exemple quelqu’un qui te dit « mais c’est pas grave, ton assurance va te rembourser l’iPad », ou bien « un ipad de première génération ? Il est amorti depuis longtemps, tu vas t’en racheter un bien mieux », ou bien « ça tombe bien je cherchais justement quoi t’offrir pour ton anniversaire » va d’abord se prendre un MAIS : « Oui MAIS mon iPad était configuré comme-ci », ou « MAIS je n’avais pas de sauvegarde récente » (après avoir fait la leçon à tous mes copains ayant eu des soucis avec leur smartphone, tablette, PC…. et qui bien entendu n’avaient pas de sauvegarde), « MAIS je préfère que tu me fasses une surprise pour mon anniversaire », MAIS MAIS MAIS. Je connais bien, je dépiste parfaitement mes MAIS ce qui ne m’empêche hélas nullement ni de les ressentir, ni de les formuler.
    Il faut un temps d’évacuation de la frustration avant de pouvoir commencer à chercher une solution. Cette phase est sinon nécessaire, en tous cas probablement inévitable.
    Le problème c’est que si ta compagne peut le comprendre et accepter que tes mots dépassent ta pensée pendant cette phase réactive, avec un gamin en situation de faiblesse par rapport à toi à ce moment là c’est plus compliqué. D’une façon plus générale, même en étant très averti(e) de cette réaction quasi instinctive à l’annonce d’un événement très contrariant, comment éviter que les mots ne dépassent la pensée, comment éviter de dire non d’emblée à toutes les solutions « pour arranger les choses » ? Et pourtant c’est quand même sacrément mieux que de se mettre en position de réparer les dégâts causés par des mots ayant dépassé la pensée.

    Je trouve curieux ce mantra « ce n’est pas de ta faute ».
    C’est celle de sa mère ? Celle de son père qui n’aurait pas du prêter son doudou ni à sa compagne ni à son enfant ? Ton fils a fait une connerie dont son attitude initiale montre qu’il est parfaitement conscient. Il ne s’attend donc pas à ce que tu lui dises que ce n’est pas de sa faute car il SAIT qu’il y est vraiment pour quelque chose. Pour moi lui répéter que ce n’est pas de sa faute revient à lui dire « tu es trop petit pour que je te fasse confiance, c’est de ma faute de t’avoir fait confiance, on ne m’y reprendra plus ». D’ailleurs tu le lui dis : « on ne peut JAMAIS te faire confiance ». On a tous fait ce genre d’abus infame : tu fais une erreur une fois et tu te ramasses une phrase disant que ne fais QUE des conneries.

    Je crois que dans un cas comme cela je préfère le « excuse moi, je me suis énervé parce que je suis frustré par la perte de mon iPad, mais je sais bien que tu ne l’as pas fait EXPRÈS ». Ou alors le « c’est pas grave… » Je pense que c’est plus compréhensible que le « ce n’est pas de ta faute ». C’est de ta faute, mais c’est juste une erreur, ce n’est pas intentionnel.

    Et alors et alors ? comment ça c’est terminé ? Le chauffeur de taxi vous a rapporté l’ipad et est devenu votre pote ? Le client suivant vous l’a rapporté ? Tu as un Ipad tout neuf PUIS vous avez retrouvé l’ancien dont tout le monde peut maintenant se servir sans crainte ? 🙂

    • Bien joué Florence !

      Il y a effectivement une grade absente dans le cours de cette histoire, qui est pourtant présente au début. J’ai fait un transfert de responsabilité, parce que mon fils m’y invitait en disant que c’est LUI qui a oublié l’iPad dans le taxi. Mais il était accompagné…

      L’histoire n’est pas terminée ni entièrement divulguée : tu me sais cachottier.

      Pour ce qui est du mantra «ce n’est pas de ta faute !» en cours d’auto-flagellation, je t’invite à lire mes autres réponses, en particulier celle faite à Béatrice.

      Comme tu as raison lorsque tu évoques LA faute qui fait du fautif un coupable perpétuel… Le fameux «On ne peut JAMAIS te faire confiance» est un «trust-killer» d’une mauvaise-foi à couper le souffle ! Combien de fois mon fils a-t-il emprunté l’iPad en me le ramenant sain et sauf ? C’est quoi ce coach ???! 😉

      Pour ce qui est de la fin, attends-toi à une Happy-End inattendue, sachant que pour moi, la fin de cet article est déjà heureuse 😉

      A++

      Stéphane

  5. Moi j’aime la question : « que pouvons nous faire maintenant ? » qui oblige à penser à la suite et à passer à la suite. La proposition spontanée de ton fils (je t’en rachèterai un !) va tout à fait dans ce sens. D’une certaine façon, en disant cela, il te montre qu’il a bien compris la « gravité » de son oubli, qu’il le regrette sincèrement et qu’il cherche un moyen de corriger. Tu peux le félicité de sa réaction.
    L’adulte, à ce moment là, prend son téléphone et appelle immédiatement la compagnie de taxi. Ca arrive tous les jours d’oublier quelque chose dans un taxi, et ce n’est pas irrémédiablement perdu !
    Alors, j’attends la suite, car je suis convaincue, proactivité oblige, que tu ne nous as pas tout dit sur ce que tu as FAIS…
    Et Gully ? c’était comment ?

    • Gulli, c’était super ! Il s’et bien éclaté, et l’iPad l’a aidé à répéter son texte (c’est pour cette raison que Karine l’a emprunté).

      Bein non je n’ai pas fini de raconter ! Il y a un bonus (que je ferais bien payer d’ailleurs, mais qui accepterait de payer pour une telle histoire ? ;-))

      Le fameux «que pouvons-nous faire maintenant» illustre une situation idéale. Mais le but de ce partage est de décrire une situation de crise… J’utilise souvent cette formule («que pouvons-nous faire maintenant») avec mes enfants. Mais là, j’avais quelque chose de spécial à raconter !

      A++

      Stéphane

      A++

  6. Je suis assez d’accord avec le dernier commentaire, et je partage egalement avec lui ou elle la curiosité de savoir si vous avez recuperé l’iPad, meme si ce n’est largement pas essentiel dans « l’enseignement » 🙂
    Bonne continuation

    • Bonjour Bruno,

      Il va falloir patienter alors…

      A moins que je ne sois trop impatient pour vous divulguer la suite 😉

      A++

      Stéphane

  7. Je viens de lire l’article. Meme réflexe que les derniers commentaires : laisser un objet dans un taxi, ça n’est pas la fin de l’histoire. On peut espérer un happy ending!

    Et j’ai beaucoup aimé le « ce n’est pas ta faute » salvateur dans cette situation.

    A bientôt.

    Jose

    • Bonsoir José,

      Alors toi aussi tu veux une fin encore plus heureuse ? Mais vous vivez dans le monde des Bisounours ou quoi ???

      Bon d’accord ! Mais je prends un risque : je vais avoir plein de lecteurs qui ne vont pas y croire. Surtout vu l’interprétation que je vais donner aux événements… Ca risque de faire du bruit !

      Déjà, j’aime bien le bruit que fait cet article, car pour un mois d’août, ça participe !

      A++

      Stéphane

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