Technique : choisissez votre locus

Hier, suite à mes réponses à Joël, Jean-François m’a écrit en solo pour me proposer une nouvelle règle pour le PWYW.

Si je n’ai pas suivi sa proposition, j’ai toutefois transformé son message (qui est relativement critique) en quelque chose de plus constructif… On vous dira souvent que les critiques sont constructives, mais ce n’est pas toujours vrai !

  • Il y a des critiques constructives par nature. C’est assez rare…
  • Il y a des critiques destructives par nature. C’est aussi rare…
  • Mais ce qui est très fréquent, ce sont les critiques constructibles. Ce sont des matière premières qui ont besoin de votre créativité pour devenir utiles et agréables.

Voici ce que m’a écrit Jean-François :

Vous devriez ralentir le rythme de disparition des options pour nous laisser un peu de temps. La semaine dernière j’ai voulu payer 50 euros et je n’ai pas pu le faire parce que j’avais un problème avec ma CB. Hier j’ai voulu payer, et le maximum était de 30 euros. Vous perdez de l’argent à vouloir aller trop vite !

Il a raison Jean-François, j’ai perdu 20 euros avec ma règle… Il a même mille fois raison, mais je ne reviendrai pas sur ma décision !

– Donc il a tort, me direz-vous ! Il a perdu son temps à essayer de vous convaincre… Vous êtes têtu comme une mule ! Vous n’écoutez personne ! Vous avez votre plan bien à vous, et aucune proposition ne vous fera bouger d’un pouce !

Du calme…

Jean-François a effectivement perdu son temps à essayer de me convaincre, mais il a eu raison d’essayer ! Je vais pouvoir l’AIDER, et puisque ma réponse est collective, ça aidera des dizaines d’autres lecteurs, peut-être même des centaines… En réalité, il y a un moyen de convaincre l’homme d’affaires impitoyable que je joue en ce moment : si vous voulez faire affaire avec moi, il va falloir vous montrer plus proactif, et me mettre un peu moins de choses sur le dos. Je m’explique :

Jean-François me dit qu’il voulait payer 50 euros. C’était peut-être son souhait, mais certainement pas son objectif. La différence entre un souhait et un objectif est simple :

  • Lorsque vous formulez un souhait, vous vous attendez à être servi par des «puissances extérieures».
  • Lorsque vous formulez un objectif, vous savez que sa réalisation dépend de vous !

Avec un vocabulaire plus chiadé (pour les pros) : un souhait est soumis au «locus de contrôle externe», alors qu’un objectif se réalise grâce au «locus de contrôle interne».

Pour payer 50 euros, Jean-François aurait pu faire une chose simple : payer en deux fois : un règlement de 30 euros, puis un autre de 20 euros dans la foulée. Si mes souvenirs de CE1 sont encore clairs, ça fait un total de 50… Jean-François connaissait forcément cette solution, mais il ne l’a pas appliquée. Qu’est-ce qui l’en a empêché ?

Auto-sabotage

Le locus externe de Jean-François a pris le dessus sur son locus interne. L’écran de son ordinateur lui a affiché un maximum de 30 euros, et il l’a cru : il a réduit l’ambition de son objectif de 40% !

Votre écran mental est beaucoup est plus puissant que l’écran de votre ordinateur. Mais il faut penser à l’allumer. En particulier si vous avez fixé un objectif.

Dans mes missions de coaching je vois ça tous les jours : des clients qui ont un énorme potentiel, qui se fixent des objectifs à leur portée et qui les réduisent «à cause des autres». Ça touche tous les domaines, que ce soit professionnel ou personnel.

Toute personne qui s’oriente vers un changement, même volontaire, se retrouve limitée par une cause qu’elle croit extérieure, alors qu’elle se limite elle-même ! Dans 95% des cas, elle pourrait atteindre son objectif en faisant un calcul qui est largement à sa portée.

Double conséquence

La première conséquence de cet auto-sabotage, nous venons de l’explorer : Jean-François a réduit son ambition. Vous me direz que ça lui a permis d’économiser 20 euros… Nous verrons plus tard s’il s’agit vraiment d’un bénéfice.

Mais il y a un seconde conséquence, beaucoup plus grave : Jean-François me fait une proposition intéressante, et je ne l’écoute pas ! J’ai même envie de le contredire ! Il y a deux raisons, chacune est suffisante :

  • Il semble me dire qu’il a une solution au problème. Mais comme je ne comprends pas son problème ! Pas de problème, pas de solution… Je ne suis pas en quête de solution : je n’entends pas ce qu’il me dit !
  • En supposant que je reconnaisse le problème (qu’on pourrait généraliser), Jean-François me dit que ça vient de moi ! Je me retrouve sur le banc des accusés, et comme je suis un homme normal (unique mais normal Clignement d'œil), ses reproches raisonnent plus fort que son conseil. : je n’entends pas ce qu’il me dit !

Il y a un proverbe qui circule dans le milieu des affaires (qui est l’un des meilleurs exploitants du Développement Personnel) :

Ton attitude crie si fort que je n’entends pas ce que tu dis !

On retrouve ce phénomène en entreprise. La plupart des problèmes de Communication viennent de là, et ça met beaucoup de projets en déroute. Mais ça arrive aussi dans la relation de couple : lorsqu’un homme reproche à sa femme de le freiner (ou inversement). Ça crée des parasites sur la ligne, et elle ne peut pas l’aider à avancer… Elle n’entend pas ce qu’il dit !

Pour un dialogue plus ouvert

D’accord Stéphane, me direz-vous, l’être humain a une préférence pour le locus externe dès qu’il rencontre un problème, et vous me proposez une technique pour maintenir le cap : valoriser mon locus interne. C’est OK ! Mais il est possible que Jean-François soit aussi dans le jeu… Certes, il pouvait payer en deux fois, mais il s’est volontairement limité pour vous montrer que c’était délicat pour la plupart des gens. Il est donc comme vous : en démonstration. Il vous montre le problème !

C’est possible, en effet… Mais dans ce cas, Jean-François n’utilise pas la bonne méthode. Je vais vous expliquer comment ouvrir la communication avec moi, ainsi qu’avec toute personne proactive. Voici un exemple de message qui m’aurait touché :

Stéphane, la semaine dernière j’avais l’intention de payer 50 euros, mais j’avais un problème avec ma CB. Je l’ai fait aujourd’hui, mais j’ai dû m’y prendre en 2 fois (30+20). Je dois avouer que cette solution (pourtant simple) ne m’est pas apparue immédiatement : j’ai d’abord payé 30 euros, puis j’ai eu l’idée de rajouter 20 euros parce que j’étais déçu de ne pas pouvoir payer ce que je veux. Ca m’a fait réfléchir, et j’aimerais partager avec vous le fruit de ma réflexion :

  • Je pense que vous devriez laisser les grosses sommes un peu plus longtemps. Sans dénigrer ceux qui payent 10 euros, j’estime que ceux qui contribuent à hauteur de 50 ou 100 euros mériteraient que vous honoriez leur geste en faisant vivre ces choix plus longtemps, car si les premiers n’ont pas les moyens de payer 100 euros, les seconds ont les moyens de payer 10 euros, et ils payent 10 fois plus. Ça se respecte.
  • Dans le cas où vous ne voudriez pas changer les règles du jeu (pour des raisons de crédibilité), je vous propose de faire d’une pierre deux coups, en expliquant que si la limite basse est fixée à 3 euros, la disparition de la limite haute est virtuelle, et qu’une personne qui veut payer 50 euros ou plus, peut toujours le faire.

Pourquoi est-ce que ça me sensibilise davantage ? Tout d’abord parce que cette version de la réaction de Jean-François est allée au bout de l’action. Il ne m’accable pas de ses impossibles, il fait ce qui est vraiment possible POUR me faire un retour d’expérience réussie. Je suis donc forcément à l’écoute : ça ouvre un canal de Communication. C’est comme si Jean-François avait mon numéro de ligne-directe.

Ensuite, il me propose deux solutions, ce qui me permet d’activer mon locus interne pour faire un choix. J’ai le choix ! C’est merveilleux : il parle ma langue !

C’est l’essence même du PWYW d’avoir toujours le choix :

A++

Stéphane SOLOMON

9 réflexions au sujet de « Technique : choisissez votre locus »

  1. Qui a remarqué le lien dans la barre du haut de cette page, on voit juste un point « . » mais si on clique dessus on voit:
    http://www.auto-coaching.fr/index.php/printemps-2012/
    Printemps 2012
    Elle devait porter une chemise claire
    Pour célébrer ce jour, lui offrir une prière.
    Elle porte désormais le sacre du Printemps.
    ../..
    Ce jour est écarlate pour bien d’autres raisons
    Le cœur en berne, j’ajourne ma saison…

      • un véritable explorateur !!!!
        Ce texte est touchant et l’acte qui en est l’inspirateur révolte. J’envoie quelques prières vers cette demi-intelligence divine afin qu’elle nous aide à trouver comment nous séparer de cette bestialité à peine imaginable dans le cœur d’un humain….
        Je ne sais plus quel poète disait « Quand vous me mettez une étiquette, vous me niez ! » mais quand les humains cesseront d’étiqueter les autres humains, quand ils arrêteront de les conceptualiser, quand ils arrêteront de dire « nous avons raison, vous avez tort », quand ils ne courront plus après la richesse et le pouvoir…..alors peut-être que l’humanité aura une petite chance de survie.
        Pour l’instant, les grandes nations repartent dans la course aux armements……

    • Hello Patrick,

      C’est incroyable que tu l’aies vu ! C’est le premier article que j’ai posté sur ce blog, et comme je débutais, je ne savais pas comment supprimer le menu par défaut. Alors j’ai mis un point discret et j’ai pointé vers la seule page de l’époque (aujourd’hui il y en a 168).

      Entre temps j’ai appris comment faire pour mettre un vrai menu, mais je n’ai rien changé, et c’est resté ne l’état. Merci pour ce rappel que je vais garder encore un peu, car bientôt, il y aura des menus. En attendant, je n’y touche pas.

      Il a raison Frédéric : tu es un véritable explorateur.

      Chercheur, c’est un vrai métier ! 😉

      A++

      Stéphane

  2. Ah ce PWYW ! Il en fait couler de l’encre…numérique.
    Personnellement, je l’aimais bien le commercial qui me vendait de belles formations en auto-coaching…..mais c’est une ère de changement. Les choses et les êtres changent. Tout serait-il transitoire ? 🙂
    Je m’adapte tant bien que mal à ce nouveau biais de communication mais j’essaie encore d’écouter donc j’écoute…

    concernant la distinction entre le locus de contrôle externe (souhait) et le locus de contrôle interne (objectif), je voudrais rajouter un concept intéressant : la promesse !
    Parce que face à un objectif, nous allons souvent nous retrouver seuls et faire face à de nombreux auto-saboteurs (merci Msieur Salomé), à de nombreuses sources de stress qui vont nous pousser vers la procrastination. La promesse peut nous permettre de nous engager plus entièrement vers notre objectif car nous nous obligeons à rendre des comptes….

    Et puis, si l’objectif nous tient tant à cœur, pourquoi ne pas visualiser l’objectif réalisé, ressentir la joie d’avoir atteint cet objectif ? …..et avancer vers lui sur une belle route choisie et désirée.

    A bientôt Stéphane

    • Oui, Frédéric, tu n’as pas idée de la quantité d’encre que ça fait couler ! J’ai l’impression d’avoir inventé la lampe électrique et que j’essaye de convaincre la population que ça remplacera la bougie… Il faut être fou pour croire des choses pareilles.

      Les «formations» (puisque tout le monde les appelle comme ça) reviendront sous une autre forme. Je suis en phase de réflexion et d’investissement. LE PWYW est aussi en bêta-test pour ce changements, et je m’y investis…

      Concernant les souhaits et les objectifs, tu as suivi OBJECTIFS-COACH, donc cette façon d’explorer le concept n’est pas une énorme nouveauté. C’est une bonus, un rappel, une mise en pratique… Et tu fais bien de rappeler qu’il faut rêver, souhaiter, espérer… Tout en ayant des objectifs que l’on peut atteindre seuls.

      – Aide-toi, le ciel t’aidera… Disait Jean de La Fontaine.

      La promesse peut être interne ou externe. Tout dépend envers qui en s’engage. La promesse en locus externe fonctionne mieux en général, mais ça se travaille !

      Bien joué pour la VISUALISATION également (merci pour l’association d’idées). J’ajouterais pour ceux qui ont du mal à visualiser la réussite d’un projet à venir, qu’il peuvent REVISUALISER des succès du passé. Ca donne aussi de la joie, et ça rend les nouveaux succès possibles.

      A++

      Stéphane

    • Chiche !

      Et c’est la deuxième perle de sagesse venant de toi que j’exploite.

      Avec le «chas de l’aiguille», tu as fait aussi très fort !

      Merci mon Fabrice ! Et si tu en as d’autres… J’achète !

      A++

      Stéphane SOLOMON

  3. Bonjour,
    j’aime bien l’analyse de cette critique constructible sous l’angle des locus; aujourd’hui elle me permet de recadrer mes paradigmes, notamment une trop grande tendance à considérer des pseudos obstacles comme des signes me poussant à niveler mes objectifs vers le bas. A bien y regarder, c’est vrai que c’est fou de se laisser freiner par des petites choses
    Merci Stéphane

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