Fais un vrai métier !

Beaucoup de parents versent des larmes d’émotion en regardant «Billy Elliot», mais peu d’entre eux accepteraient de voir leur fils porter des chaussons de danse.

J’ai un ami pharmacien. Il fait un vrai métier : pharmacien !

Je n’ai rien contre les pharmaciens, mais mon ami aurait bien aimé jouer du saxophone dans un groupe musical… D’ailleurs, il joue du saxo comme un pro ! Je suis époustouflé à chaque fois qu’il m’offre un morceau de «Earth, Wind and Fire»…

Mon ami a grandi avec le paradigme «fais un vrai métier !». Ce paradigme est le grand frère de «passe d’abord ton BAC». Mais comme nous connaissons tous des BAC+3 qui galèrent, je propose un nouveau paradigme :

– Passe d’abord ton BAC+7 !

Ça risque d’être un peu dur à faire avaler à des artistes… D’autant qu’avec leur motivation pour les études supérieures, ils passeront leur BAC+7 en 15 ans. Ce qui en fait, si on s’en tient aux chiffres, des BAC+15 !

Sauf cas exceptionnel, ces universitaires resteront à la maison et dépendront de papa et maman pendant tout ce temps. Ce qui fait que les premiers bébés apparaitront vers 30-35 ans… Ah bein oui, parce que pour faire des enfants, il faut d’abord avoir une carrière sûre devant soi : au moins 20 ans de visibilité ! Et encore, ça c’était à l’époque où les enfants quittaient la mais à 20 ans… La nouvelle visibilité passe à 30 ans si les enfants sont doués, et 35 ans s’ils sont artistes…

C’est quoi un vrai métier ?

L’ancienne génération qualifiait de «vrai métier» une profession sanctionnée par un diplôme d’état ou reconnue par une longue lignée de professionnels (notamment dans les métiers artisanaux). Certains métiers faisaient rêver le peuple (écrivain, par exemple), mais ils faisaient peur aux parents. Quant aux enfants qui voulaient faire un métier artistique, quelle malédiction !

La nouvelle génération a un peu changé. Mais ce n’est pas un changement intérieur profond, c’est surtout l’environnement qui a changé : si beaucoup de parents rêvent de voir leurs enfants sur scène ou sur grand écran, c’est parce que les acteurs ou les chanteurs ne sont plus des «saltimbanques». Les esprits se sont assouplis parce que certains faux-métiers sont devenus vrais. Mais il ne faudrait pas pousser le bouchon trop loin. Coiffeur pour arbres, c’est pas un vrai métier !

En dehors du fait que les parents veulent protéger leurs enfants s’ils inspirent à un métier «différents», il y a un autre phénomène dont on commence à peine à prendre conscience : la plupart des gens associent le travail à la pénibilité, et considèrent que les gens qui font un métier qu’ils aiment ne travaillent pas vraiment ! Pire : étant donné que ces «faux-travailleurs» s’éclatent toute la journée, il ne manquerait plus qu’on les paye ! S’ils veulent bien gagner leur vie, ils n’ont qu’à faire un truc qui les fait râler tous les soirs…

Il fallait oser…

Pour ces raisons, et pour beaucoup d’autres, j’ai beaucoup d’admiration et de respect pour les gens qui ont su dépasser tout ça et faire un métier qu’ils aiment. Comment ont-ils fait ? En particulier ceux qui faisaient un «vrai métier» et qui ont décidé de le troquer contre un métier marginalisé par leur entourage… C’est très inspirant ! Pas seulement pour vendre son officine et souffler dans un saxo, mais pour prendre sa vie en mains. Combien d’entre vous aimeraient habiter à la campagne et sont contraints à vivre près d’une grande agglomération pour des raisons professionnelles ? Ceux qui ont vraiment cherché une solution sont devenus télétravailleurs ! Pareil pour ceux qui veulent partir à l’étranger alors qu’ils ne connaissent pas la langue du pays :

– Apprends d’abord la langue !
– Non ! J’apprendrai la langue là où on la parle !

Ça peut choquer bien des esprits, et pourtant tout le monde sait que l’apprentissage d’une langue se fait au moins 10 fois plus vite lorsque tout le monde autour de soi la parle naturellement.

Et que penser de ceux qui ont économisé et qui prennent une année sabbatique :

– Tu es fou ? Cet argent pourrait te servir pour les mauvais jours !
– Non ! Pas cet argent-là… Je l’ai mis de côté pour les bons jours !

C’est inspirant n’est-ce pas ?

Mon prochain webinaire portera sur ce sujet. Je n’en serai pas le principal animateur (je fais un vrai métier, moi !), je vais laisser la parole à Valérie FERNANDE-ORTEGA, qui fait un métier de schtroumpfette ! D’ailleurs, lorsqu’elle a décidé d’arrêter ses études de chimie, puis son emploi de bureau, beaucoup de gens autour d’elle sont devenus bleus…

Elle vous racontera ça mieux que moi le mardi 28 avril 2015 à 20h30.

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(webinaire gratuit)

Bon allez ! Je vais faire court aujourd’hui, parce que j’ai un truc urgent à faire ! Ma fille n’arrête pas de danser en ce moment, et il faut absolument que je fasse quelque chose pour elle :

Un bon rendez-vous chez un psy devrait arranger ça !

A++

Stéphane SOLOMON

8 réflexions au sujet de « Fais un vrai métier ! »

  1. Salut Stephane,
    Ça commence fort ! Ça me plait beaucoup et ça m’a fait pensé à une conférence tedX que j’ai suggéré de regarder à une amie qui s’inquiète fort du manque de réussite scolaire de son fils, car il est un autre paradigme qui dit « Aies de bons résultats à l’école si tu veux réussir ». Bonne écoute à tous, si vous n’avez pas encore eu le bonheur de visionner cette conférence : http://youtu.be/9rb5ZCe_n3k

  2. J adore ! C est tellement vrai.
    pour mardi je ne suis pas disponible mais je trouve que c est une super idee de nous donner la chance de co animer un webinaire.
    merci et bon weekend a tous

  3. Tout à fait d’accord!

    Juste une chose, ton exemple de coiffeur pour arbre, je le trouve au contraire très créatif (je n’écris pas « sic » n’imagine même pas que j’aie eu l’intention ici de faire un jeu de mot de coiffeur) comme réinvention d’une profession déjà très attrayante, celle des paysagistes, et autres élagueurs. Travailler à rendre les arbres encore plus beaux et plus sains, quel bonheur…

    Je te laisse, j’ai du boulot sur ma guitare.

    PS: Valérie Ortega qui fait un métier de schtroumpfette :), il faut que je vois ça!

  4. Bonjour,
    je ne serai pas disponible pour cette session (décalage horaire et qualité aléatoire du débit internet) mais je veux bien une rediffusion si cela est possible (on perd l’interaction mais on peut quand même profiter des échanges).
    Bon webinaire à vous toutes et tous
    Et puis une schtroumpfette qui fait des meubles en carton… 😉 😀 Je plaisante ! J’ai vu l’évolution des produits de Valérie, la qualité d’image de ses vidéos. J’aurais vraiment aimé profiter de cet échange.
    Je garde quand même les rives du Mékong…sans le webinaire.

  5. et je confirme pour l’apprentissage des langues….apprendre dans le pays ! Au début, on est un peu en difficulté dans l’échange (il y a les mains, le dessin, les grimaces et surtout les SOURIRES et les RIRES) mais cela va très vite pour celui qui veut vraiment interagir avec les autres

  6. Je m’inscris quand même des fois qu’il y ait un replay, mais c’est dommage, je ne pourrai pas assister à ce webinaire. J’ai pris une année sabbatique de mon métier de fonctionnaire (fonctionnaires depuis 3 générations :-D), et c’est vrai que c’est hallucinant de voir toute l’énergie que certains déploient pour que l’on « atterrisse » 🙂 j’en souris maintenant, mais ce n’est pas évident d’emprunter un chemin inconnu (c’est déjà coûteux en énergie) et de devoir gérer ses émotions pour ne pas se laisser submerger par les peurs de ceux qu’on a toujours écouté jusque là. C »est un jeu d’équilibriste de ne pas leur en vouloir, et de relever le défi d’utiliser ce qu’ils nous renvoient pour affermir notre vision

  7. C’est vrai que les gens dépensent beaucoup d’énergie pour dissuader leurs proches de prendre des décisions entraînant un changement radical de vie ! avec mon mari, nous avons quitté un « vrai métier » à Paris, avons tout vendu, société et appartement, pour une vie certes moins confortable mais d’une qualité largement supérieure ! Nous l’avons fait pour avoir le temps de nous occuper de nos quatre enfants qui trouvaient que nous étions toujours fatigués et toujours en train de travailler !!! Que n’avons nous pas entendu ! « vous êtes fous ! quitter une situation confortable actuellement, c’est de la folie ! vous ne savez pas où vous ! … etc Mais nous n’avons JAMAIS regretté malgré de nombreux rebondissements ! Nous sommes heureux, nos enfants sont épanouis et bien dans leurs baskets et nous disent souvent merci car nous avons fait le nécessaire pour avoir le temps de passer des moments merveilleux avec eux ! Il ne faut pas écouter les oiseaux de mauvaise augure et prendre les décisions qu’on sait les meilleures pour nous pour nos choix de vie! Etre médecin ou avocat ne convient pas à tout le monde ! vivre de sa passion c’est aussi un magnifique métier ! Merci Stéphane pour nou

  8. Ah! le métier… Trop souvent la place et le rôle de l’Homme occidental. Mais c’est en cours de changement en effet.

    Votre article m’interpelle pour plusieurs raisons: parce que j’ai un confrère pharmacien et saxophoniste (peut-être avons-nous des amis communs!).

    Surtout car je suis pharmacien et écrivain. Je dirais avant tout écrivain, car la plupart de mes décisions sont motivées par l’écriture, la littérature, la pensée. Et pour ma part, je ne raisonne plus en terme de métier, mais en terme d’activité. Dont certaines sont plus ou moins rémunératrices (le nerf de la guerre dans notre civilisation), plus ou moins agréables, porteuses de sens, de réussite, etc.

    Je dois aussi reconnaître que bien des petits saboteurs ont tenté de me dissuader d’écrire. Mais je les ai toujours poliment et fermement écartés en écoutant mes aspirations et en prenant appui sur les personnes qui pouvaient m’aider.

    Mais attention, la volonté ne suffit pas; les bonnes intentions aussi. Car « L’art est long et la vie est brève; l’occasion est fugace, l’expérience
    trompeuse et le jugement difficile. » (Hippocrate)

    @ poursuivre.

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