Il manque quelque chose…

Aujourd’hui, je vous propose de participer à un petit exercice d’auto-coaching en répondant simplement à une question. Si vous voulez répondre anonymement, il suffit de laisser un pseudo à la place de votre nom.

Voici un résumé de la situation (à lire tout simplement avant de répondre. Il n’y a pas de «piège» de formulation) :

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Il y a environ 2 ans, Franck a reçu une publicité lui proposant une formation à une technique de lecture rapide. Franck est très intéressé, car son métier l’amène à lire plus de 15 heures par semaine. La promesse qui est faite par l’organisme de formation assure un gain de productivité de 20% à 50%. Ce qui signifie qu’il gagnera entre 3 heures et 7 heures 30 par semaine, soit 12 à 30 heures par mois !

Franck est un bon auto-coach ! Il s’est donc posé les 3 questions-clefs :

1. Ai-je le Temps ?

La question ne se posait pas, puisque le but était de gagner du temps ! Il y avait 6 sessions planifiées dans l’année, et il avait des dates disponibles pour quatre d’entre-elles.

Question suivante :

2. Ai-je l’Argent ?

Là encore, la question se posait à peine : il disposait de la trésorerie nécessaire, et comme cette formation lui aurait permis de répondre à davantage de clients, il s’agissait d’un investissement à court terme très rentable !

Franck était donc presque convaincu, il ne restait plus qu’une dernière question :

3. Ai-je Confiance ?

Franck s’est longuement interrogé et n’a perçu aucun problème à ce niveau non plus. Au contraire : il connaissait cet organisme qui existait depuis 17 ans. Il y avait déjà suivi une formation sur Excel, qui s’est très bien passée. D’ailleurs, s’il a reçu cette nouvelle publicité, c’est parce qu’il avait demandé à être informé.

Il a donc répondu : OUI, j’ai Confiance !

Avec 3 OUI Franck aurait dû s’inscrire immédiatement. Mais il ne l’a pas fait depuis 2012 ! Encore aujourd’hui, il reçoit des sollicitations, il répond 3 fois OUI dans sa tête, il est le seul décisionnaire, et il ne s’inscrit pas !

Franck a envie de m’écrire «Votre technique du TAC au TAC est trop nulle, Stéphane ! Ça ne marche pas avec moi !!!». Mais comme il l’a déjà utilisée avec succès dans d’autres domaines, il ne peut pas vraiment affirmer ça. Il en conclut que cette technique ne fonctionne que dans certains domaines, et qu’il lui manque un critère décisionnel pour cette formation. Il me poserait bien la question, mais comme il a peur d’abuser de mon temps, il va garder ça pour lui.

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Et vous ? Pensez-vous que Franck a besoin d’un quatrième critère décisionnel ?

  • Si OUI, auriez-vous une suggestion pour lui ?
  • Si NON, qu’est-ce qu’il n’a pas compris ?

Important : la question est posée dans un cadre «normal». Franck n’est pas malade, il est dans la vie active depuis des années, ne prend pas d’antidépresseurs, n’abuse d’aucune drogue et son entourage le considère comme quelqu’un d’actif et équilibré. Donc dans la description ci-dessus, il n’y a pas de «piège» (au contraire, il n’y a que des pistes).

Merci d’avance pour votre participation.

A++

Stéphane SOLOMON

PS : Les commentaires seront affichées demain soir (vers 19h), car je voudrais éviter que les réponses des uns influencent les réponses des autres. Vous ne verrez donc pas votre réponse s’afficher immédiatement, mais elle sera bien prise en compte.

40 réflexions au sujet de « Il manque quelque chose… »

  1. A la fin de la lecture il faut s’imposer 10 minutes (ou plus ou moins) au calme pour trancher.
    cela lui permettra d’étaler les arguments pour et contre sur un papier afin d’être factuel.

  2. en réalité quel bénéfice y trouverais je !!!
    celà va demander une modification d’organisation , un CHANGEMENT meme minime c’est un changement
    et bien entendu la routine et l inertie restent les plus fortes
    pour finir , cette technique va t’elle me rendre plus heureux ….. pauvre Franck at’il besoin de celà , il a tellement d’energie !!!

  3. Je me retrouve parfaitement dans Franck. Quelles défenses et peurs cette « non action » révèle-t-elle ? La peur du changement. La peur de se remettre en question. La peur de ne pas réussir à acquérir cette nouvelle compétence.
    Mais comment dépasser ces peurs ?

  4. Bonsoir Stéphane,

    De mon point de vue, Franck n’a aucune bonne raison de ne pas se lancer.
    C’est peut être tout simplement quelqu’un qui a du mal à prendre des décisions. Il pourrait examiner ce qui se passe dans diverses hypothèses – hypothèse 1 : il se lance et ça marche
    – hypothèse 2 : il se lance et ça ne marche pas
    – hypothèse 3 : il ne se lance pas
    Dans chaque cas, il peut déterminer le coût et le gain attendu.
    Il pourra alors déterminer à partir de quelle probabilité de réussite, l’opération est bénéficiaire.
    Si la probabilité de réussite estimée (estimation) est supérieure à la probabilité ci-dessus, il y va et sinon, il n’y va pas.
    Exemple : coût = 1.000 €, gain attendu = 10.000 €, il se lance dès lors que la probabilité de réussite estimée est supérieure à 10%
    C’est mathématique et c’est très simple

  5. Bonjour
    pour moi, il manque une question
    – est-ce prioritaire pour Franck ?
    On peut avoir le temps, l’argent et la confiance, pour faire quelque chose… sauf que tant qu’on ne l’a pas perçu comme LA priorité du moment, ça reste dans les « on verra plus tard »…
    Donc, il manque un critère relatif aux priorités de Franck : est-ce que la lecture rapide est UNE des priorités dans le travail de Franck ? S’il le perçoit comme un bonus, ça peut attendre… et c’est ce qu’il fait. S’il le perçoit comme primordial, incontournable, … alors il va s’inscrire. Et il ne le percevra primordial et incontournable, que lorsque les « efforts » faits pour acquérir la méthode seront perçus comme négligeables, au vu des bénéfices (directs ou indirects) perçus comme réalisables avec la méthode.
    Cordialement
    Sophie

  6. Mon avis est que répondre 3 fois oui nous inscrit plus dans une potentialité que l’action. Franck pourrait donc le faire… mais il ne le fait pas. Le facteur manquant est certainement la confiance en soi !

    Comme l’investissement est réalisé au début et qu’il a confiance dans l’organisme, le paramètre sur lequel peut ne pas être sûr, c’est d’engager du temps à travailler la méthode par la suite. Cette notion reste masquée lors du TAC au TAC mais l’insconscient de Frank le rattrape très vite !

    #NousSommesTousFrank

  7. il m’arrive souvent cette situation
    dans ce cas je me pose la question de manière très sincère : qu’est ce qui m’empêche de le faire ? et j’écoute la réponse de mon corps , de mes tripes
    Souvent j’entends une petite voix qui me dit d’autres choses
    « j’ai pas envie », « j’ai mieux à faire » , « c’est trop loin »…
    et l’étape d’après j’essaye de comprendre ce qui se cache derrière ce faux argument , souvent une peur : » je ne suis pas capable », « je me sens inutile », …

  8. Peut-être le critère le plus important est-il suggéré en amont de l’histoire : Franck est « très intéressé » mais on peut se demander s’il est vraiment convaincu de l’utilité de la démarche : il n’y a pas que la productivité qui compte, mais aussi la qualité. Je pense qu’il faut un critère de base dûment et consciemment examiné : le critère U pour Utilité (ou M pour Motivation !) qui pose au préalable le bien-fondé de l’action. Sans doute Franck n’a-t-il pas mesuré combien la formation lui serait bénéfique, … ou bien a-t-il senti qu’il y perdrait davantage qu’il n’y gagnerait ?
    Je suis très curieuse de voir ce que vous saurez nous faire passer sur ce point. En tout cas, et pour une fois, j’ai eu envie d’y mettre mon grain de sel.
    Merci Stéphane de titiller nos méninges avec tant de talent..

  9. Bonjour,

    Pas sûr qu’il ait confiance en la société qui offre la formation, puisqu’il doit s’interroger longuement et passer en revue les problèmes éventuels.
    Il s’agit là d’une analyse comparée (intellectuelle, donc) des risques et avantages. Le bilan est positif pour la confiance à accorder à la société.

    mais il ne passe pas à l’action. je connais bien ce fonctionnement.
    Dans mon cas, j’attends que la nuit porte conseil et je regarde ce que j’ai envie de faire automatiquement: vais-je me reconnecter sur le site?reconsidérer la proposition? faire des comptes de rendement ? ou passer à autre chose naturellement?
    Autrement dit, je fais confiance à mon intuition que je crois capable de faire une autre analyse, à mon insu. l’analyse de mes besoins par rapport à mes envies, l’analyse des éléments non objectifs de la proposition et de mes ressentis les plus subtils.

    Peut-être que Franck devrait considérer la question sous l’angle de l’envie et du besoin, et si besoin, est-ce un besoin pour lui ou pour sa société.
    D’autre part lire moins vite que promis est une bonne façon de ne lire qu’une fois mais en se laissant toucher par ce qu’on lit.
    Je pense qu’il a peur de perdre quelque chose ici, de la qualité de lecture.
    Alors une question relative à la confiance serait peut-être : De quoi ai-je peur, ou qu’est-ce que j’ai à perdre?

    pas d’autre piste pour le moment…

  10. L’envie!
    L’envie avant tout
    le secret de toutes les réussites
    Désirer vouloir vraiment, pas seulement en paroles mais au fond de soi, au plus profond de soi

  11. C’est clair qu’il lui manque un élément, mais je ne sais pas lequel car je suis comme lui : je reçois des tas de propositions, toutes (ou presque!) plus intéressantes les unes que les autres, j’ai l’envie, j’ai le temps, çà pourrait m’être utile, j’ai l’argent, et.. je n’y vais pas! Alors?

  12. je crois qu’un décision n’est pas seulement le fait d’un ensemble de facteurs objectifs à réunir… il faut y ajouter un facteur subjectif indéfinissable qui pourrait s’appeler « le temps de la décision », une forme de maturité au projet, c’est une forme de « mystère », c’est à mon avis cela que Frank ressent, il n’est simplement pas prêt pour une route plus droite, il grandit pendant ce temps dans les virages…

  13. Ce témoignage m’a bien fait sourire. Franck ressemble parfaitement à quelqu’un que je connais très bien !…
    Il manque peut-être à Franck cette petite étincelle qui permet de faire « sauter » le verrou de la procrastination.

  14. A-t-il envie ? Lire vite permet de « gagner du temps ». Mais n’y a-t-il pas un gain à lire lentement ?
    Par exemple ça permet de recevoir le sens de ce qui est dit en le confrontant a sa propre experience, en tissant des aller retour entre les deux. Donc lire lentement permet de mieux mémoriser, de mieux convoquer son filtre critique mais aussi de mieux integrer ce qu’on souhaite ajouter à sa conscience.

  15. Bonjour Stéphane,
    Franck devrait avoir confiance, mais il ne passe pas à l’acte.
    Je pense qu’il a besoin d’un coup de pouce du formateur : une preuve de confiance supplémentaire ! Il faudrait rajouter le taux de réussite ex : le
    Taux de réussite es de 80%
    Une garantie : Si Franck n’arrive pas à atteindre l’objectif il n’arrive pas à un taux de réussite de 20 %, le formateur peut proposer à Franck de refaire un nouveau stage qui lui sera offert ou éventuellement (j’aime moins) un remboursement de la moitié du stage.
    J’ai hâte de lire les résultats
    Cordiales salutations
    Evelyne

  16. Bonjour!
    Non je ne pense pas qu’il ait besoin d’un 4e critere, ca ne ferait que compliquer encore la prise de decision! C’est plutot d’un bon coup de pied aux F… dont il a besoin. OU de l’encouragement d’une autre personne si le fait de prendre la decision seul est trop dur…
    Il me semble que ce qui le bloque, c’es le fait de changer ses habitudes, sortir de son train train habituel, moins performant mais rassurant (la fameuse « zone de confort » dont tout le monde parle)

  17. Il manque à se poser une question relative à la zone de confort
    Ce serait quelque chose du genre « Suis-je prêt à sortir de ma zone de confort ?»
    Parce que souvent on pense qu’on veut aller mieux, ou que l’on aimerait que les choses changent dans notre vie, mais on est bien installé dans notre zone de confort, et on a une peur viscérale de l’inconnu; le cerveau est conçu comme ça pour nous protéger, donc l’immobilisme est quelque chose qui nous a souvent réussi dans le passé. Avoir plus de temps disponible est une inconnue pour Franck.
    « Suis-je prêt à passer à l’action pour voir du changement dans ma vie ? Suis-je prêt à voir du changement dans ma vie ? » La 4ème question serait un mélange de ces 3 questions (je n’arrive à pas à la formuler en plus concis). Cette question serait un motivateur en même temps, parce qu’elle conduirait à désamorcer les processus d’auto-sabotages inconscients. A mon avis si on répond oui à cette 4ème question, on passe à l’action.

  18. Je dirai que chacun pourrait répondre oui dans beaucoup de contexte sans pour autant se lancer dans l’action.
    Le cerveau a une vision à assez court terme, et doit passer un cap pour inclure du long terme dans son champ de vision (en le ramenant d’une manière ou d’une autre dans le champ du court terme : la pensée créatrice est de cet ordre là, on fait comme si c’était déjà là pour que le cerveau s’y habitue)
    Ce qu’il manque est le « pour quoi » faire, l’utilité de sortir de sa zone de confort pour l’agrandir.

      • Je distinguerai le « pourquoi » qui est « quel est la bonne raison qui me pousse à » au « pour quoi » qui est « dans quel but » (au sens plus large que juste gagner du temps dans l’exemple de Franck). Et j’opte plus pour la seconde version.

  19. Il lui manque de la confiance dans sa capacité à bénéficier des résultats de cette formation.
    Cette formation est bonne, j’ai le temps, l’argent, la confiance dans le sérieux de cette société mais serai-je capable de faire l’effort qui me sera forcément demandé ? aurai-je la ténacité pour m’accrocher ? Est-ce que j’ai le niveau pour suivre ? Si je lâche en cours de route, non seulement j’aurai perdu des sous mais je me serai déçu moi-même de n’être pas capable d’y arriver. Alors plutôt que de prendre le risque de cet échec, je procrastine et je remets à plus tard.

  20. Il lui manque autre chose : savoir ce qu’il va faire du temps qu’il va gagner. Si c’est pour faire la vaisselle c’est pas passionnant. Ce qui lui manque c’est de savoir ce qu’il va vraiment gagné. J’ai séparé mes deux réponses car il peut avoir l’une ou l’autre de ces absences de motivations ou les deux.

  21. Que vais-je faire avec ce temps gagné ?
    Visiblement il ne s’est pas posé cette question puisqu’il s’agit d’un démarchage extérieur qui lui a créé un besoin. Le manque de motivation peut venir de là.

  22. Bonjour,

    comme d’autres personnes qui ont déjà répondu, le facteur déterminant est selon moi le degré de priorité. Il y a tellement de choses à améliorer, à travailler pour améliorer ses performances ou plus simplement sa vie… mais si l’on n’a pas une sorte d’urgence à faire les choses, on ne met pas l’énergie nécessaire. Dans les vies complexes que nous menons, le degré de priorité relative des actions à mettre en oeuvre est parfois difficile à évaluer. C’est pourquoi certain(e)s écoutent leur intuition, leurs « tripes »… je crois beaucoup que notre être intérieur est un meilleur guide qu’une démarche rationnelle…

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