Jugement hâtif

Ce mois-ci, nous allons parler de «biais de jugements». D’une certaine façon, ça a déjà commencé avec l’excellent article d’Isabelle intitulé «Rien ne dure 5 minutes», puisqu’il y est question de jugements hâtifs quotidiens, qui peuvent nous faire perdre des dizaines d’heures par semaine.

Mais si les articles pratico-pratiques sur la gestion du temps permettent de gagner quelques heures par semaine grâce à une technique, les apports en matière de psychologie cognitive et comportementale, peuvent nous faire gagner plusieurs années de vie grâce à une attitude.

Pour illustrer ce que je viens d’écrire, Je vous propose un «cas de coaching» qui date d’environ 8 ans. Ma cliente était une femme au caractère bien trempé qui dirigeait son équipe de façon tyrannique selon certains… Sa Direction voulait lui payer un coaching afin qu’elle prenne conscience de son degré d’agressivité. Bien évidemment, elle ne voulait pas en entendre parler ! Elle était, selon elle, exigeante à la hauteur des responsabilités qu’on lui confiait. Et si le turn-over était si important dans son Service, c’est parce que sa Direction faisait appel à un cabinet de recrutement qui lui envoyait des «bras cassés» !

Je lui ai suggéré un entretien de 20 minutes en face à face pour faire connaissance. Elle a accepté sans grande conviction. Dès les premières minutes, après m’être présenté, je lui ai proposé de me raconter une expérience personnelle récente qui l’avait choquée et révoltée. Sans hésiter, elle m’a livré que la veille de notre entretien, en emmenant sa fille au manège communal, elle a été affectée par une succession de scènes qui l’ont profondément choquée. Voici l’histoire :


Un homme d’une trentaine d’années, tatoué sur environ 20% de la surface de son corps, s’appuyait avec ses coudes sur la poussette de son fils, tandis que sa femme, d’une beauté rare et à l’allure fragile, portait avec difficulté 2 gros sacs de provisions.

Arrivés à hauteur du manège, l’homme s’affala sur l’une des chaises réservées aux parents, tandis que sa femme posa ses deux sacs et accompagna son enfant jusqu’au petit camion de pompiers. Elle l’assit juste à côté de l’écureuil, qui semblait ravi de retrouver son copain pour un tour, puis elle retourna près de son mari qui l’observait avec ses grands yeux globuleux, en baillant…

A la fin du tour, elle regarda son homme d’un air interrogateur. Il leva les yeux au ciel, puis il daigna se lever afin d’aider son fils à changer de place pour son deuxième tour de manège. Lorsque l’enfant vit arriver son père, il lui tendit les bras pour être porté, mais ce dernier lui lança un rictus de dégoût avant de le prendre nonchalamment par la main pour l’emmener vers le cheval blanc… L’enfant monta seul en s’agrippant à tout ce qu’il pouvait trouver. Il finit par s’asseoir et trouver son équilibre. Le père retourna mollement vers son siège, où il s’assit encore en tendant les jambes pour montrer ses mollets saillants, et en frottant son crâne rasé.


Ma cliente m’a dit qu’elle avait envie de se lever et de gifler cette caricature de père ! Elle voulait crier à la jeune maman : «Trouvez-vous un autre homme, plus digne de la vie qui lui est offerte : une femme belle, douce, active, attentionnée, et un petit garçon adorable… Que d’hommes gratifieraient la vie face à un tel cadeau !».

Pour conclure ma cliente m’a dit qu’elle a fait un effort incommensurable pour ne pas balancer ses 4 vérités à cet individu, mais qu’elle n’a pas manqué de le fusiller du regard.

Je l’ai remerciée pour son histoire, et tout en la raccompagnant, je lui ai dit de surveiller ses e-mails, car j’allais lui envoyer une proposition…

Voici ce qu’elle a reçu dès le lendemain matin :


Bonjour Madame N,

A mon tour de vous raconter une petite histoire :

En sortant de la supérette les bras chargés, Frank fut pris d’un malaise violent. Il savait que ce vertige devait arriver avec toutes les nausées qui l’accompagnent : il venait de subir sa troisième chimiothérapie et en connaissait les effets. Frank espérait toutefois que le moment du «grand dégoût» lui laisserait un sursis, le temps de tenir la promesse qu’il avait faite à son fils : l’emmener faire du manège.

Tentant de se ressaisir, Frank perdit l’équilibre à trois reprises. Julie, sa femme, lui proposa de s’agripper à la poussette et porta les deux sacs tout au long du chemin. Arrivés à hauteur du manège, Frank s’écroula sur un siège. Julie laissa son mari souffler, accompagnant son fils pour le premier tour. Elle l’assit dans le camion de pompiers juste à côté du petit écureuil, puis elle retourna s’asseoir à côté de son mari.

Lorsque le tour fut terminé, elle regarda Franck d’un air complice, lui envoyant toutes ses belles énergies : c’était le moment pour lui de tenir sa promesse. Il rassembla ses forces, et tout en regardant le ciel pour y trouver de l’aide, il se redressa ! Sa prière fut exaucée : il trouva la force de rejoindre son fils. Le petit lui tendit les bras, et pour un instant, pour un instant seulement, Frank crut qu’il pourrait le porter et le faire virevolter jusqu’au cheval blanc.

Un reflux gastrique vint lui rappeler son sort… Tout en retenant son envie de vomir, il tendit la main à son fils esquissant un sourire forcé que le petit Alexandre commençait à reconnaître… Courageux, le petit montra à son père qu’il pouvait se débrouiller seul tant que celui-ci posait son regard sur lui ou lui tenait simplement la main…

Si Frank put retourner s’asseoir sans vaciller, ce fut grâce à cet exploit de son fils. Mais en s’écroulant à nouveau sur son siège, il ne put mesurer si ce petit séjour dans le monde des vivants était une victoire ou un échec. Il mit sa tête entre ses mains, puis il frotta son crâne. Après quelques secondes, il leva lentement les yeux défiant un vertige probable, et croisa le regard d’une femme qui le dévisageait méchamment. Il comprit alors qu’il venait d’échouer…


Le jour-même, j’ai reçu un message de Madame N., me disant qu’elle était prête pour son coaching.

Lors de notre première séance, elle m’a dit que mon histoire l’avait bouleversée ! Elle savait que c’était une technique de coaching et avait parfaitement conscience que j’ai inventé mon histoire à partir de la sienne. Mais ma version lui paraissait tellement plus probable ! Lorsqu’elle se repassait les images vécues dans sa tête, elle ne voyait plus l’histoire qu’elle se racontait. Elle voyait la mienne comme une évidence !


Voilà… Vous avez un aperçu de ce qu’est un biais de Jugement.

Vous en avez certainement ! C’est humain… Je ne sais pas lequel de ces biais empêche tant de gens de participer à l’émission «Des livres et vous», mais grâce à un commentaire (un seul pour l’instant, celui de Véronique, que je remercie), j’ai une piste intéressante :

Le titre «Des livres et vous» fait penser à une émission dans laquelle je présente des livres, afin de vous convaincre de les acheter. Le jugement porté sur cette émission, avant même de l’essayer, est que ça risque d’être aussi ennuyeux qu’une suite de teaser de type «téléachat».

Véronique, et probablement d’autres personnes sont loin, mais alors très loin de la réalité. Il y a là un biais terrible que je voudrais rectifier, quitte à changer le titre de l’émission (dont le jeu de mot m’a séduit, mais je préfère jeter le titre plutôt que l’émission). Alors si vous n’avez jamais participé à ce webinaires, je vous propose de prendre l’un des titres ci-dessous. Celui qui vous plaît le plus, et de vous inscrire à l’émission qui vous plaît !

C’est parti :

  • Pépites de coaching
  • Passage éclair au pays des synchronicités
  • Quand Stéphane se prend pour Madame Irma…
  • Auto-Coaching Show-Time !
  • A prendre et à laisser
  • Une nouvelle vision de la Chance
  • Autorisez-vous à faire des choses simples
  • Préciosités à gogo !
  • Eclairages…
  • Un choix, mille magies…
  • Petites soirée entre auto-coachs

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A ce soir,

Stéphane SOLOMON