L’ambivalence

Le mot «ambivalence» fait partie des nombreux termes inventés par le psychiatre suisse Eugen BLEULER. A l’époque, l’ambivalence désignait un «trouble» qui habitait les schizophrènes et qui les menait inexorablement vers l’autopunition. Mais depuis les années 1950, notamment grâce aux travaux d’Abraham MASLOW et des psychologues de l’école de Palo Alto, bien des découvertes nous ont permis d’apprécier l’idée que nous étions tous capables d’ambivalence pour positiver. Une bouteille à moitié vide est aussi à moitié pleine, et grâce à cette vérité, nous pouvons alterner les valences affectées à l’objet, puis choisir celle qui nous permet d’aller de l’avant.

L’Ambi-Valence en deux mots

En décomposant le mot, on obtient AMBI et VALENCE. Le préfixe AMBI signifie les deux à la fois (par exemple, un ambidextre utilise aussi bien sa main droite que sa main gauche). Le mot VALENCE est plus complexe. Vous pouvez vous référer à Wikipédia et à Google pour approfondir le concept. Pour ma part, je vais le simplifier pour rester dans notre cadre d’auto-coaching :

Le mot VALENCE désigne la «qualité» d’une chose soumise à votre perception. Cette «qualité», si on devait la simplifier pour la ramener à quelque chose de binaire, s’exprimerait sous l’une de ces formes :

  • C’est BIEN !

Ou

  • C’est MAL !

Mais la valence n’est pas binaire puisqu’elle est soumise à la sensibilité humaine. C’est un ressenti extrêmement complexe qui s’appuie sur une ou plusieurs de vos Valeurs, mais qui peut entrer en conflit avec vos autres Valeurs, vos Croyances, vos Principes, vos Réflexions, vos Expériences, vos Emotions… La somme de tout ça ne s’exprime pas de façon philosophique et détachée («bien» ou «mal»), mais sous forme de ressenti profond : vous êtes dans le «bien-être» ou dans le «mal-être».

La valence est donc le produit de tout ce qui vous habite et qui vous mène vers un état émotionnel. Face à chaque situation qui se présente à vous, vous pouvez mesurer votre valence (par exemple grâce à une note entre -10 et 10).

Imaginez la situation suivante :

Vous voyez une personne tomber dans la rue, mais personne ne vient à son secours. Une valence désagréable vous submerge… Si on vous demandait de noter ce que vous ressentez globalement, vous pourriez donner une note négative entre -1 et -10. Une valence à zéro signifierait que l’évènement ne vous fait ni chaud ni froid. Si vous vous arrêtez pour secourir la personne, la note associée à votre valence va augmenter. Pourquoi ? D’une part parce que votre attente sera comblée (la personne est secourue : c’est bien), et d’autre part, parce que vous êtes fortement impliqué(e). L’égo fait partie du jeu bien évidemment.

L’ambivalence en un mot

Pour en revenir à l’AMBIvalence, elle désigne une attitude qui vous mène à percevoir, face une situation précise, à la fois du bien-être et du mal-être. Voici quelques expressions que nous utilisons dans un état ambivalent :

  • C’est un mal pour un bien
  • J’ai un sentiment mitigé
  • Le malheur des uns fait le bonheur des autres
  • A toute chose malheur est bon

Et tant que nous y sommes, voici quelques situations plus précises :

  • Je ne suis pas d’accord avec ce que vous dites, mais je me battrai pour que vous ayez le droit de le dire (Voltaire)
  • Je ne partage pas vos croyances, mais l’enthousiasme avec lequel vous les exprimez m’inspire…
  • Je suis désolé de ne pouvoir venir à ton anniversaire, mais je penserai très fort à toi au moment où tu souffleras tes bougies
  • Je ne voulais pas abattre cet arbre, mais je me réjouis de savoir qu’un artisan-menuisier lui donnera une deuxième vie.

Si vous voulez poursuivre cette énumération dans les commentaires, ça pourrait être très utile à tout le monde (je ne vais pas faire tout le boulot). Les expressions comme «nager entre deux eaux» et «avoir le cul entre deux chaises» ne sont pas toujours ambivalentes, car souvent leur but est d’éviter l’engagement. Il n’y a pas de bien-être ou de mal-être, sauf peut-être celui lié à l’indécision.

Idem pour cette perle de Coluche :

Je ne suis ni pour, ni contre… bien au contraire !

Tous schizophrènes !

Beaucoup de gens croient que l’ambivalence est un état mental conflictuel qui appartient aux bipolaires ou aux schizophrènes. De ce fait ce fait on considère qu’une personne saine d’esprit n’a pas à s’en soucier (sauf si elle travaille en milieu psychiatrique). Mais en réalité, nous sommes tous régulièrement, voire très régulièrement ambivalents.

L’ambivalence joue un rôle primordial dans la créativité. Les artistes sont tous ambivalents, à tel point qu’ils sont parfois diagnostiqués schizophrènes… En particulier par les psychiatres qui travaillent en milieu clinique et qui ont oublié de «sortir un peu». L’ambivalence peut donc être considérée comme un trouble psychologique ou comme un outil de coaching. Tout dépend de la valence que vous lui accordez. Vous voulez en faire un outil ? OK ! Inscrivez-vous au webinaire de ce soir, 21h !

C’est par ici !

2 réflexions au sujet de « L’ambivalence »

  1. Bonjour,

    J’ai un an de retard mais je suis très intéressée par le sujet de l’ambivalence.
    Existe il un retranscription de ce webinaire du 9 août 2017 ?

    Merci, super article !

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