L’analyse excessive 2/2

Dans la première partie de cet article, je vous ai proposé une technique pour éliminer certains cas d’analyse excessive :

  • La règle de conduite provisoire, à chaud, puis un retour à vos occupations
  • Le rendez-vous planifié avec soi-même pour prendre une décision définitive, à froid
  • Le respect de la règle provisoire à chaque fois que la situation se reproduit
  • Le respect du rendez-vous, qui est un véritable engagement.

Pourquoi cette méthode ?

Parce qu’elle vous permet d’isoler vos émotions au moment où elles tentent de faire pression.

Le coaching vous recommande de contrôler vos émotions lorsqu’elles sont pénalisantes, et apparaissent de façon non volontaire. Je vous encourage à rechercher des émotions volontaires dans les différentes formes d’art et dans un travail créatif, car c’est un vrai bénéfice. L’émotion est une énergie qui pousse à l’action. Savoir s’en servir est donc une pratique d’excellence. Ne confondez pas contrôle d’émotions, et déni d’émotions.

L’analyse excessive provoque des émotions impossibles à satisfaire. Ces émotions inventent des « soucis anticipés » (donc des soucis tout court) qui nécessiteront encore et encore de la réflexion. Chaque réflexion produira de nouvelles émotions pénalisantes. C’est un cercle vicieux. Dans ces conditions, la règle de conduite, même provisoire, fait office de LOI libératrice.

Loi libératrice

On me répond souvent que nous sommes déjà soumis à des quantités de lois, et qu’il est impossible d’en rajouter. Mais comprenez que lorsque vous vous engagez vers une analyse excessive, vous obéissez déjà une loi ! Il ne s’agit pas d’en rajouter, mais de la remplacer.

La loi de l’analyse excessive vous dit ceci :

  • « Pour savoir quoi faire, analyse la situation, maintenant ! ».

C’est un paradigme auquel vous obéissez AUTOMATIQUEMENT, sans réfléchir. Mais en vous autorisant une simple réflexion, vous vous rappellerez que vous avez déjà analysé la situation plusieurs fois, sans jamais conclure.

Ma proposition est donc de vous libérer de cette loi automatique, et de lui en substituer une autre, en pleine conscience :

  • « Fais-le ! Puis la situation tu analyseras le premier dimanche du mois prochain… ».

Ou

  • « Ne le fais pas ! Puis la situation tu analyseras, le premier dimanche du mois prochain… ».

Respecter cette nouvelle loi nécessite un effort. Pour accompagner cet effort, vous pouvez prendre conscience d’un autre automatisme que vous pouvez contrôler facilement :

La respiration !

Et oui… Nous respirons tous de façon automatique. Lorsque cet automatisme devient difficile (fatigue, angoisse, essoufflement…), nous tentons d’y remédier en contrôlant cette respiration. Pourquoi le faire uniquement en situation critique ? Vous pouvez passer d’une respiration automatique à une respiration contrôlée à tout moment. Dès que vous le faites, vous prenez conscience que certains automatismes passifs, inconscients… peuvent devenir conscients, dynamiques, volontaires ! 3 respirations profondes suffisent pour vous mettre en condition. Tout en respirant, vous pouvez vous répéter intérieurement « Je prends le contrôle ! »

Cette technique-express vous donne l’énergie nécessaire pour contrôler un automatisme. L’analyse excessive est un excellent candidat pour suivre le même modèle : « Je prends le contrôle ! »

De la même façon que vous remplacez une respiration par une autre, remplacez une loi interne par une autre loi interne de façon volontaire. L’analyse excessive peut céder sa place à votre règle de conduite temporaire, dans l’attente de votre rendez-vous.

  • Plus vous réussirez à éviter l’analyse excessive, plus cette propension s’affaiblira.
  • Plus vous respecterez vos rendez-vous, plus vous gagnerez en confiance lorsque des situations équivalentes apparaîtront.

Cette technique de prise de contrôle vous permet également de retrouver votre concentration après une légère distraction.

A++

Stéphane SOLOMON

6 réflexions au sujet de « L’analyse excessive 2/2 »

  1. Bonjour Stephane,

    Si j’ai bien, compris cette méthode :
    Il nous faut prendre du recul devant les situations dérangeantes.
    Les laisser se décanter puis les analyser.
    Une approche directe peut nuire à nos idées car l’émotion l’emporte et nous transporte vers des erreurs de jugements.

    Ce matin, qq a tapé avec un marteau (je suppose), sur la vitre latérale de ma voiture garée depuis 3 jours sur le parking du voisin (Il y a pourtant 5 places).
    Ce matin, ce voisin ne m’a pas dit comme habituellement : bonjour ; il avait l’air de mauvaise humeur.

    Sur le coup, une bouffé de haine envahit mon cerveau…….
    J’essaie d’oublier.
    Après ce temps de repos (6 h), j’estimé qu’il y avait plus de risques (Querelle, quiproquo) à nourrir ce fait que de l’oublier.

    Je vais le transformer en bris de glace ; lors d’un croisement entre 2 véhicules, un petit caillou a percuté la vitre latérale ………………..

    Ai-je éviter l’analyse excessive ?

    • Bonjour Christophe,

      Plusieurs choses :

      L’émotion peut également vous pousser vers des actions positives. C’est pourquoi je précise que les différentes formes d’art sont à exploiter pour les stimuler.

      Mon article concerne spécifiquement l’analyse excessive, dont vous pouvez reconnaître les prémices (émotionnels), le processus (cercle vicieux), afin d’éviter de reproduire ce schéma à chaque fois que le dilemme se présente.

      —-

      Pour ce qui est de votre incident spécifique (votre vitre). C’est délicat… Et ceci me ramène à la pause perception qui a précédé ce message.

      Il est tout à fait possible que vous perceviez que votre voisin soit l’auteur des faits, sans que ce soit réellement le cas. Votre voisin peut être de mauvaise humeur pour un tas de raisons, et même si la coïncidence est énorme, êtes-vous sûr que c’est le seul matin où il ne vous a pas dit bonjour en vous croisant ?

      L’évidence que vous percevez en fait un coupable idéal. Chacun de ses actes vous paraîtra suspect, parce que vous ne voyez pas d’alternative.

      De ce fait, pour pacifier, vous éliminez la tentative de vol, qui est également probable : le vandalisme pris en charge par l’assurance, et ne remet pas en cause votre voisin.

      Pour marquer le coup, je pense qu’en signalant l’incident (avec une affichette qui avertit le voisinage et qui demande si quelqu’un a entendu ou vu quelque chose), vous feriez d’une pierre deux coup :

      – Si ce n’est pas votre voisin, lui ainsi que tous les autres voisins redoubleront de vigilance.
      – Si c’est votre voisin, il comprendra que vous ne vous laissez pas faire, et qu’il ne peut se permettre ce type d’acte sans réaction de votre part.

      Quoi qu’il en soit, vous avez bien fait de ne pas suivre votre colère. C’est la dernière des émotions à suivre, car elle mène rarement vers un action positive ou mesurée.

      Bon courage,

      Stéphane SOLOMON

  2. Bonjour,

    J’ai trouvé cet article très intéressant comme tous les autres d’ailleurs. Je vous remercie pour la justesse et la pertinence de vos messages.
    Je me suis écrit en gros RESPIRER pour le faire de manière consciente tous les jours.
    Bien à vous
    Sabine

  3. le mécanisme de la réflexion excessive ou pas est à décortiquer et à comprendre.
    Les articles me parlent mais je n’ai pas l’impression d’être dans l’analyse excessive bien au contraire, je pense trancher assez facilement le pour et le contre pour prendre une décision.
    Mais dans la description des processus je me pose la question de savoir si en fait je ne masque pas l’analyse excessive derrière un activisme de prise de décision… car ensuite peut apparaître un questionnement relatif à cette décision auquel je ne réponds pas et que je balaie parfois facilement, parfois non !
    Difficile de trouver l’équilibre et le juste temps, mais je respire !
    Merci pour le chemin.

  4. Merci Stephane pour ce coaching.
    J’ai suivi, il y a peu de temps un séminaire sur l’Intuition, que je comprends dans le même sens et qui laisse une porte grande ouverte à la perception de nos sens et de notre corps pour questionner nos ressentis et aller vers le « cœur » de nos questions (difficilement formulées) qui peuvent nous laisser dans de l’amère, du soucis ou de l’angoisse.
    Ma difficulté est de me laisser le temps d’aller à un moment de calme, de recul et de perception de la « vraie question » qui se pose à moi.
    Étant fort impatiente et peu en confiance avec moi-même, j’oscille à vouloir traiter de suite (inquiète de prendre du retard qui pourrait aggraver la situation) et attendre le moment propice pour voir sereinement.
    La prise de rendez vous avec moi-même pour traiter avec moi-même m’ouvre des perspectives.
    Il ne me reste qu’à prendre patience pour m’écouter au moment non programmable où je pourrai m’entendre. Et me faire confiance pour savoir que ce moment viendra à temps. Ceci pour les questions importantes.
    Pour ce qui est des petites décisions du quotidien, comme par exemple faire le choix pertinent de matériel technique et l’acquérir, je vais plus me diriger vers des personnes compétentes (dans l’usage) et poser les résultats, plutôt que de me reposer 100 fois la même question qui n’aboutit pas.

    Merci pour cet espace de commentaires qui me permet de me poser des questions sur mes fonctionnements, plus précisément et d’ainsi faire un ancrage de mon point de vue et des avancements dans mes pratiques inconscientes.
    Véronique O Merci pour Tassag, vraiment très bien !

  5. Merci Stéphane pour vos conseils qui me permettent de mieux m’organiser, en limitant les oublis, et de mieux maîtriser ma respiration dans les moments difficiles.

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