L’intelligence du «Freebie Seeker»

Revenons à nos Freebie Seekers… Ces «collectionneurs d’échantillons» qui ne peuvent donner de la valeur aux choses que lorsqu’elles sont gratuites. A tel point que parfois, lorsque leur intérêt est vif pour quelque chose, ils vont même jusqu’à la rendre gratuite… C’est ce qu’a fait Jess avec la musique : d’un point de vue légal (ou moral), les musiques qu’il allait piocher dans ses sites n’étaient pas libres de droits, donc payantes. Mais il s’est arrangé pour les rendre gratuites ! Pour y parvenir, il a fait appel à de nombreuses action et réflexions d’une intelligence remarquable.

Explorons-les :

Des arguments «intelligents»

Jess (ou du moins, sa version 1.0, car il a évolué depuis) avait un argument de poids lorsqu’on évoquait le côté légal :

– Si c’était vraiment interdit, on ne laisserait pas autant de solutions se propager !

Pour un jeune-homme d’une quinzaine d’années, c’est intelligent ! Pour un adulte, ça l’est beaucoup moins ! Car à moins de faire de sa vie un long fleuve tranquille, on se rend vite compte à quel point certaines choses qu’on ne souhaite pas voir se propager finissent par bénéficier d’une certaine tolérance. Les contrôles et les sanctions peuvent demander une énergie beaucoup plus coûteuse que le laisser-aller… Il est donc préférable de limiter, de dissuader, de protéger et d’éduquer, plutôt que de traquer les contrevenants. Les personnes capables de pirater la musique bénéficient donc d’une tolérance… Tant-pis pour les autres !

Ce type d’argument, je l’ai souvent entendu chez les personnes qui m’empruntaient mes CD musicaux pour les graver :

– Si c’était interdit, on ne vendrait pas de graveurs de CD !

En pratique, c’est aussi absurde que d’organiser un hold-up avec des téléphones mobiles (entre autres outils), et de lancer comme argument :

– Si les hold-up étaient interdits, on ne vendrait pas de téléphones mobiles !

Mais pour que ce rappel à l’ordre percute l’intelligence du «Freebie Seeker musical», il faudrait le délester d’environ 16 croyances qui s’enchevêtrent allègrement les unes dans les autres (selon le dernières recherches sur les croyances, orientées neurosciences).

Ceci-dit, aussi bizarre que cela puisse paraître, cette auto-manipulation, ce biais, qui consiste à se dédouaner de toute Responsabilité en rappelant que c’est le Système qui est pervers (et qui induit des comportements pervers) est une démarche «intelligente». Les Valeurs défendues, et les croyances qui en découlent ne sont pas alignées sur l’esprit des lois, mais s’appuyer sur une «faille du système» pour justifier ses propres failles reste une argumentation intelligente dans le sens neurologique du terme. C’est le cas de tout prétexte !

Jess a réussi à démêler ça (donc à changer d’avis et de pratiques). Ce qui prouve son intelligence.

Une intelligence technique

L’intelligence ne s’arrête pas à la technique ! Se servir d’une panoplie de logiciels aussi complexes est également un défi de taille pour le cerveau. Un défi beaucoup plus intéressant à relever que celui qui consiste à payer 89 centimes pour obtenir «tout bêtement» ce qu’on souhaite immédiatement.

Pour certaines personnes, cet accès facile à la chose convoitée est une véritable injure à l’injonction «Fais effort !». C’est pour cette raison que Jess préfère peiner avant de gagner ! Pour jongler avec tous ces logiciels, et trouver des pistes progressives avant de tomber sur le bon fichier, il faut faire preuve d’intelligence. Ce n’est pas à la portée de n’importe qui : c’est un travail de recherche digne des plus grands experts.

Le moins qu’on puisse dire est que Jess a été brillant et d’une ténacité à toute épreuve : même lorsque l’événement est passé, même lorsque l’action n’avait plus de sens, il a fait effort pour obtenir son résultat.

Aujourd’hui Jess toujours aussi riche de ce savoir, mais il sait AUSSI faire preuve de self-control. Lorsqu’il a vraiment besoin d’un titre difficile à trouver, il sait comment faire. Prendre la bonne décision en fonction des circonstances (y compris celle qui demande de faire effort) est bien plus intelligent que de se perdre dans un automatisme unidirectionnel. On peut donc, avec le temps, considérer que le parcours de Freebie Seeker de Jess, lui a permis de s’accomplir. Il a un pouvoir dont il n’abuse pas.

Et vous dans tout ça ?

Rappelez-vous que le but de ces publications n’est pas d’humilier mon neveu version 1.0, ni d’encenser mon neveu version 2.0, ni de ridiculiser les «Freebie Seekers», mais d’étudier un comportement qui touche tout le monde (moi y compris). Que vous soyez «Freebie Seeker» ou non, il y a forcément des domaines où vous avez décidé de rejeter une dépense efficiente pour obéir au Driver «Fais Effort !». Ceci vous permet de faire preuve d’intelligence dans un domaine qui vous tient à cœur, et certainement aussi de satisfaire le syndrome du Sauveur…

Vous pourriez être atteints de ce syndrome dans d’autres domaines que la musique : il peut s’agir de votre relation de couple, de votre travail, de votre façon d’éduquer ou d’instruire vos enfants… Rappelez-vous simplement des situations où vous avez continué à «faire effort», alors que le fruit de cet effort n’avait plus aucune raison d’être.

Suis-je en train de démonter le proverbe «no pain, no gain !» (qui se traduirait par «point de victoire sans souffrance») ?

Non ! J’espère que vous en avez conscience, pour monter sur le haut du podium, les sportifs de haut-niveau apprennent à gérer leur souffrance et ne ménagent pas leur peine. Cependant, il ne leur viendrait pas à l’esprit d’abîmer leurs muscles et leurs os en courant avec des chaussures à talon. Ils investissent dans des équipements adaptés à leur sport et à leur anatomie, ensuite seulement ils font effort ! Ils ne souffrent pas pour souffrir, ils souffrent pour gagner. Et comme disait mon grand-père :

– C’est de la bonne fatigue…

Au delà du premier degré

Dès que je parle d’argent, beaucoup de lecteurs imaginent que je lui accorde une importance capitale. Ils pensent que je vais me montrer particulièrement vénal en écrivant mes articles, insulter les pauvres et aduler les riches… Mais finalement, ce n’est pas une histoire d’argent. C’est une question de «sortie de zone de confort». Les «Freebie Seekers» se sentent confortables lorsque l’argent n’entre pas dans le jeu. Ils passeraient des heures à travailler dur pour s’épargner une dépense de 89 centimes…

Prenons l’argent comme métaphore et remplaçons-le par un autre symbole précieux :

Il existe des «Freebie Seekers» de la Communication… Ces «Freebie Seekers»-là passent des heures à s’acharner sur une tâche simple, alors qu’il leur suffirait de «payer de leur personne» pour communiquer avec ceux qui peuvent les aider en 2 minutes. Ils se sentiront intelligents en piochant des informations sans les demander franchement, se donnant ainsi le sentiment d’avoir réussi seuls, sans rien devoir à personne ! De plus, ils auront fait un travail (à la fois pénible et intelligent) pour reconstituer des bouts d’informations chopés à gauche à droite afin de parvenir à un résultat qu’ils considéreront comme leur !

C’est du «Freebie Seeking» à n’en point douter : la monnaie d’échange est la Communication, et c’est elle qui est évitée…

Il existe aussi des «Freebie Seekers de la Confiance». Dès qu’il s’agit de dépenser un peu de Confiance, ils ferment leur portefeuille et partent en quête d’un plan B qui leur paraîtra intelligent, puisqu’il leur a permettra d’économiser le moindre élan de Confiance… Il se serviront habilement de la Confiance existante entre «les autres», grappilleront au passage ce que les confiants auront laissé sur leur sillon, mais ne dépenseront pas un once de Confiance… Ils profiteront du système de la même façon que Jess profitait de l’industrie de la musique, tout en s’épargnant la moindre dépense…

Lorsque j’ai lancé mon programme ZEN-COACH j’ai eu à faire à une «Freebie Seeker de la Respiration» ! C’était une personne qui voulait apprendre à mieux gérer ses émotions, qui désirait sincèrement ressentir la paix intérieure, mais il était hors de question pour elle, de «respirer autrement». Réapprendre à respirer était une énorme sortie de zone de confort et elle auraient payé une fortune (en argent) un programme où la question du souffle, lui aurait été épargnée… Dans son message où elle me demandait si mon programme était ENCORE une série de cours sur la respiration, elle évoquait comme alternative quelque chose de plus intelligent que «ça». Une fois de plus, on voit à quel point les «Freebie Seekers» se sentent intelligents lorsqu’ils font quelque chose de périlleux, là où il suffirait de respirer…

Le niveau++

En fait, nous sommes tous des «Freebie Seekers» de quelque chose, et si les articles que j’écris en ce moment sur le sujet ont pour objectif d’éveiller les personnes qui ne suivent que mes activité gratuites (en me tournant le dos dès que je parle d’argent), l’invitation pour mes clients, ceux qui apprécient autant mes programmes payants que gratuits, est de s’interroger à un niveau supérieur :

– Quel est l’objet de mon «Freebie Seeking», et comment se manifeste-t-il concrètement ? 

Ou dit autrement :

– A quel moment ai-je envie d’éprouver mon intelligence en sortant le grand jeu, alors qu’une petite dépense dans une zone qui m’est inconfortable, me permettrait d’acquérir le meilleur équipement pour gagner la course ?

Je rappelle qu’à ce niveau de réflexion, le mot «dépense» ne désigne pas forcément l’argent. Par exemple, certains parents ne se dépensent plus en explications. C’est au-dessus de leurs forces. Mais ils paieraient cher pour que l’explication soit apportée par quelqu’un d’autre.

Vous qui savez apprécier mes articles au-delà du premier degré, nul doute que vous saurez vous offrir une sortie de votre zone de confort en vous dépensant autrement que d’habitude, et en observant de nouveaux résultats.

Ça aussi, c’est faire preuve d’intelligence.

A++

Stéphane SOLOMON

PS : Cet article est payable selon le modèle «Pay What You Want» (payez ce que vous voulez). Vous trouverez la procédure en bas de cette page.

2 réflexions au sujet de « L’intelligence du «Freebie Seeker» »

  1. Ah Zut, je suis une machin chose de la communication. Enfin je crois. Mon injonction préférée depuis toute petite a été « moi toute seule » .. et je préfère souvent batailler et déployer des trésors de patience, de temps et parfois d’astuce pour faire ce qu’un autre saurait faire vite et bien… si je le lui demandais. Mais c’est plus fort que moi : je vide un carton trop lourd pour le re-remplir une fois installé où il doit être, après avoir fait 4 ou 5 voyages pour lui ramener son contenu, je peux faire des km en trop parce que je ne peux pas demander mon chemin, je peux m’avaler des livres de compta pour éviter de payer un professionnel, etc… La liste est certainement très longue et je vais essayer de mesurer l’impact de ce seeking. J’aimerais bien passer comme Jess au stade supérieur 2.0 (pourquoi pas plus ? 3.0 ou 4.0, ça me plairait assez).
    Oserais-je, cher Stéphane, solliciter ton aide ? Je ne suis pas encore sûre d’être prête et je compte bien sur tes articles pour tenter de m’améliorer. Ce soir, j’ai trouvé une pépite ; en attendant, je paie ce que je veux, ça me convient très bien..

  2. j’ai voulu payé pour cet article et tous ceux que je lis depuis de nombreuses années.
    je n’ai pas de compte paypal, pas de problème, je donne les coordonnées de ma carte bancaire.
    Mais ensuite le site me demande mon adresse perso pour la facturation et la livraison (de quoi?), mon numéro de téléphone et mon adresse mail. il manque juste l’âge du capitaine.
    Je n’ai absolument pas envie de livrer ces informations sans une bonne raison. Je pourrais mettre de fausses informations, mais ça je ne sais pas faire.
    Avez-vous un moyen (RIB ou autre) de recevoir un paiement sans risquer d’alimenter la machine à spam?
    cordialement
    Joël

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