Lâcher-prise

Sous l’article «Le Bonheur de Neige», publié il y a une semaine, beaucoup de commentaires évoquaient le « lâcher-prise ». Ce n’était pas vraiment l’objet de ce texte, comme vous avez pu le découvrir 2 articles plus tard… Mais l’idée du lâcher-prise m’a beaucoup plu. J’ai donc décidé d’écrire une histoire alternative consacrée à ce thème. J’ai imaginé le même dimanche, dans le même contexte, avec un «Moi» différent…

Ce «Moi» imaginaire ne m’est pas si étranger. Je peux même vous affirmer qu’il y a quelques années, je ressemblais beaucoup au personnage un peu paumé, que vous allez découvrir au début de l’histoire. C’est pour ça que j’en parle si bien…

Bien que ce conte soit une fiction, il retrace de façon assez fidèle le changement que je me suis autorisé à vivre. Ce changement est juste un peu romancé, donc condensé (les choses prennent plus de temps dans la vraie vie).

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C’était un dimanche de Janvier. Plusieurs centimètres de neige recouvraient les rues de mon quartier. Nous étions contraints de rester à la maison. Pour occuper mes enfants, je les ai placés autour de la table devant leur matériel de dessin et de coloriage, avec des défis artistiques à relever. Le silence régnait, l’ambiance était studieuse.

A 10h30 précises, comme chaque dimanche, ma belle-mère vint frapper à notre porte :

– C’est l’heure du manège de mes chéris d’Amour !

Dit-elle en sifflotant à travers son dentier.

– Euh… Dominique, vous ne le savez peut-être pas, mais le manège est fermé ! Alors pas de fausse-joie, s’il vous plait… Pour aujourd’hui, c’est râpé, et ça risque de durer. Réfléchissez un peu ! Vous avez vu quelqu’un dans la rue ?

– Ah non… Vous avez raison. Je peux entrer quand-même ? Il fait froid !

– Ah oui pardon, entrez ! Les enfants font des dessins dans le salon. Vous tombez bien, j’ai un livre à finir avant d’enchainer ma compta, et comme votre fille est en tournée jusqu’à demain soir, vous pourriez les occuper un peu, je serai mieux dans mon bureau.

– Eh oui Stéphane, si vous croyez que vous y serez mieux, vous y serez mieux, c’est sûr…

Elle me surprend parfois, la vieille. C’était exactement l’un des sujets principaux de mon livre « Tout est dans l’attitude » de Jeff KELLER. Est-ce que c’est ça qu’on appelle une «synchronicité» ? Mais non, c’est ridicule ! Il me faudrait un sacré déclin intellectuel pour me connecter à ma belle-mère !

Elle prend place à côté des petits après le rituel de «sautage au cou». Normal qu’ils l’aiment : avec ses tours de manège du dimanche, elle leur fait tourner la tête… Mais aujourd’hui ça va être plus dur de les acheter !

La petite se met à pleurer, en apprenant qu’il n’y aura pas de manège. Il faut que je vous explique les vraies raisons de ses larmes : elle a toujours cru que « le manège de Mamie » était vraiment le manège de sa grand-mère… Qu’il lui appartenait ! Elle trouvait donc injuste qu’on l’oblige à fermer son manège.

Et sa mamie de surenchérir :

– Tu sais ma chérie, si ça ne dépendant que de moi, je l’ouvrirai rien que pour toi !

Mais oui… Raconte-lui des histoires à dormir debout ! Et vas-y, prends-la sur tes genoux maintenant… Et voilà met sa tête dans ton cou fripé… C’est ça, dandine d’avant en arrière… Je te connais par-cœur ! Et c’est reparti pour 10 minutes de lamentations inutiles assaisonnées de larmes et de bave…

Le spectacle devenait insupportable ! Pour calmer ma fille, j’ai décidé de la ramener à la réalité en lui expliquant que le «manège de Mamie» était une façon de parler, qu’il ne lui appartenait pas, ne lui a jamais appartenu, et ne lui appartiendra jamais !

Ca l’a calmée net…

Comme quoi avec quelques techniques de PNL bien employées, on peut obtenir ce qu’on veut. Et n’allez pas me dire que c’est de la manipulation : je lui ai dit la stricte vérité ! C’est sa mère-grand qui lui racontait des carabistouilles !

Je suis donc descendu dans mon bureau pour terminer mon livre. C’est étrange, car la lecture devenait soudainement pénible. Ce que je vais vous dire n’est pas très pragmatique, mais je crois que l’ambiance studieuse de mes enfants diffusait une espèce «d’Energie collective», un peu comme dans une bibliothèque où tout le monde lit en silence : on lit 2 fois plus vite, et on mémorise mieux. D’ailleurs, je me demande pourquoi je ne vais pas plus souvent à la bibliothèque, qui est à 5 minutes à pieds…

Les documents administratifs qui trainaient sur mon bureau, associés à ma solitude me donnaient la nausée. J’avais envie de remonter, puis je me suis dit que ce n’était pas le moment de devenir mystique. J’ai donc fini mon livre dans mon bureau, au sous-sol. J’ai appris quantité de choses. Une bonne partie me paraissait inapplicable concrètement, parce que l’auteur semblait être entouré de personnes très attentionnées. Aussi, me suis-je dit :

Je veux bien changer, mais si mon entourage ne change pas, c’est peine perdue ! Si seulement je pouvais obliger mes employés à lire ce livre, ce serait plus simple… Mais bon, soyons honnêtes ! Il y a quand-même quelques techniques intéressantes, que je peux appliquer au bureau. Je commence demain !

Je remonte les escaliers et j’entends ma grande fille (7 ans) demander :

– Mamie, comment on écrit «piste» ?

– T…R…I…S…T…E…, lui répond-elle !

J’interviens :

– Mais non Dominique, PISTE, pas TRISTE ! Je vous ai pourtant dit de mettre votre appareil quand vous communiquez avec les enfants. Vous entendez tout de travers ! J’ai déjà assez de mal à leur apprendre l’orthographe comme ça.

Ma fille me regarde, les yeux écarquillés, le stylo suspendu au dessus de sa feuille. Je lui donne de quoi se remettre de sa stupeur :

– P…I…S…T…E… ma chérie. Voilà : « La piste infernale ! ». Ton dessin n’est déjà pas très réaliste, alors si tu lui ajoutes un titre qui ne veut rien dire, ca va l’achever ! « La triste infernale »… C’est n’importe quoi ! Quoique, à bien y réfléchir… Hein Mamie ?

– Oui, vous avez raison ! Je ne dois pas être de bonne compagnie en ce moment.

Pour poursuivre, j’ai marmonné dans ma barbe :

– C’est sûr que pour l’accompagnement, on peut trouver mieux…

Manque de chance, ma belle-mère me répond :

– J’ai entendu, vous savez !

– Vous avez entendu quoi ?

– Vous avez dit : « c’est sûr que pour l’accompagnement, on peut trouver mieux ! »

J’observe son oreille : elle venait d’y insérer son appareil. Ca c’est bien elle : juste au moment où je deviens désagréable, elle se connecte à la réalité ! Je frémis à l’idée que ma femme puisse prendre le même chemin. Je me rattrape comme je peux :

– C’est du comique de situation… Ne le prenez pas mal, c’était plus fort que moi.

– Oui un peu comme un rot ou un pet… Ca vous a échappé !

– Je vous sens vexée… C’est à ce point ?

– Mais je ne vous en veux pas du tout. Je faisais du comique de situation moi aussi, puisque vous aimez ça… Mais si vous voulez on peut arrêter là : match nul !

Je décide de faire quelques carottes râpées, les enfants adorent ça. Au moment où j’enclenche le robot, Ma belle-mère me lance :

– Encore une, et vous me raccompagnez ? Je ne suis pas très en forme, et il neige !

– Pas tout de suite, restez encore un peu. Vous pouvez manger avec nous…

Elle me regarde bizarrement. J’arrête le robot, et elle me demande :

– Vous avez entendu quoi ?

– Vous m’avez demandé de vous raccompagner, parce qu’il neige !

– Ah non, pas du tout…

– Alors qu’est-ce que vous avez dit ?

– J’ai dit : « J’en prends une pour le nez, on va faire un bonhomme de neige ! »

– Ah bon… Il faut dire que vous n’avez pas parlé au bon moment.

– Ce n’est pas très grave Stéphane, je sais ce que c’est… Vous avez des œufs ? Je vais préparer une omelette aux pommes de terre.

– Euh…Vous vous souvenez que les enfants n’aiment pas ça. Ils n’ont même pas voulu y goûter la dernière fois.

– Ce n’est pas pour eux, c’est pour vous ! Si ma mémoire est bonne, c’est votre plat préféré ! Pour les enfants, je vais faire «des frites de Mamie».

L’omelette aux pommes de terre n’est pas mon plat préféré, mais j’ai décidé de ne pas le lui dire… En fait c’est une partie de la vérité : l’omelette aux pommes de terre devient mon plat préféré lorsque c’est elle qui la prépare ! Je ne sais pas ce qu’elle met dedans, mais ça vous change un homme. Finalement je me demande pourquoi je ne le lui ai pas dit. Ca lui aurait fait plaisir, je crois.

Puis je me suis mis à penser à l’écart entre ce qu’elle m’a dit, et ce que j’ai entendu… Avec le bruit du robot mixeur, il y avait un tas de déformations possibles. Pourquoi ai-je choisi celle-là ? Les idées contenues dans le livre que je venais de terminer commençaient à tracer de nouveaux sillons dans mon petit cerveau. Aussi, me suis-je demandé pourquoi je m’étais focalisé uniquement sur les techniques utiles au travail. Il y avait tant de choses à faire à titre personnel, dans ma maison.

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Tout en mangeant mon omelette, je lance des regards de Gratitude à ma belle-mère. C’est bon ! Je ne lui dis rien et ça me trouble, car 6 mois plus tôt j’aurais trouvé quelque chose à dire… C’est elle qui engage la conversation :

– Vous vous oubliez un peu en ce moment, Stéphane, j’ai l’impression que vous ne pensez qu’au travail.

– Vous savez, avec le redressement fiscal qui m’est tombé dessus, je dois redoubler d’efforts et de prudence. 18.000 euros pour 3 petites maladresses… Je n’ai plus droit à l’erreur !

– Mais vous ne croyez pas qu’en vous épuisant le corps et l’esprit de cette manière, vous leur donnez bien plus que 18.000 euros ?

Je réfléchis… C’est vrai que je suis en train de vendre mon âme ! Que je la grille peu à peu en ne pensant qu’à mes dettes… Que je me console en me disant que je prépare un avenir meilleur pour mes enfants, mais que mon quotidien, et le leur, est fait de contraintes.

Après le déjeuner, je redescendis dans mon bureau, laissant Mamie et les enfants s’occuper du bonhomme de neige. J’ai préparé 7 piles pour les 7 types de documents : achats, ventes, fiscal, social, banque, contrats, correspondances, et une huitième pour les inclassables. Pris de vertiges après 10 minutes de tri, j’ai décidé de remonter prendre un bol d’air.

Etrange, ces escaliers qui deviennent de plus en plus pénibles. Il y a encore 6 mois, je les montais deux par deux. Les escaliers n’ayant aucune volonté de me nuire, ça vient forcément de moi !

Mes filles couraient dans le jardin en remplissant des petits seaux. Mon fils, débarrassait la neige qui s’était accumulée sur ma voiture, la déversant dans un énorme sac poubelle :

– Papa sera content, dit-il à sa mamie, comme ça il ne dira pas « Oh merde ! il y a de la neige sur ma voiture, juste au moment où je suis en retard ! »

Ce qui m’a dérangé le plus, ce n’est pas ce qu’il a dit, mais le ton qu’il a utilisé, et la voix dépressive qu’il a prise. Ce petit-moi était en train de m’imiter, et ça ne me convenait pas du tout !

Il remonta le sac empli de neige tel un Père-Noël portant une hotte pleine de cadeaux. Au milieu de la terrasse Mamie donnait les instructions pour constituer un tas de neige. Un nouveau monde m’attendait à 3 mètres : je n’avais qu’à enjamber le rail de la baie vitrée.

C’est ce qu’on appelle « une invitation du monde extérieur ». Qu’il est agréable d’avoir 2 choix ! Lorsqu’il n’y en a qu’un ce n’est plus un choix, et lorsqu’il y en a beaucoup, c’est très embarrassant, voire paralysant. Mais envisager de suivre soit mon « monde intérieur », soit le « monde extérieur » était une façon de ramener tous les choix et toutes les options vers le haut de la pyramide décisionnelle : une décision ou son alternative… Deux destins possibles.

Je commence à façonner le bonhomme.

– Ouf ! me dit Mamie. Je me demandais ce que j’allais pouvoir faire avec mes genoux malades. Vous tombez bien !

Elle me passe la carotte comme deux champions de relai se passent le témoin.

– Je vais faire une sieste, nous dit-elle, réveillez-moi lorsque ce sera terminé. Et faites-moi une belle surprise !

Nous nous remettons au travail. Le fils du voisin vient nous aider. En une heure de temps, nous terminons l’essentiel, il ne reste plus qu’à passer à la déco. Les idées fusent. J’observe ce beau monde opérer. Tout est parfait !

Nous décidons de laisser Mamie dormir encore un peu. Avec le froid qu’il fait, le bonhomme ne fondra pas de si tôt. Je prépare un chocolat chaud pour tout le monde. J’insère la capsule jaune dans l’appareil, et je tourne le bouton. Tandis qu’il vibre en émettant un son grave, ma fille me crie du salon :

– Papa, comment on écrit « Bonheur » ?

Je réponds sans réfléchir:

B…O…N…H…E…U…R…

C’est à ce moment que Mamie émerge et vient s’asseoir. Je lui fais un café : capsule noire.

J’arrive fièrement avec mon plateau, façon garçon de café. Le fils du voisin se moque de moi avec la complicité de mon garçon. L’aurais-je supporté dans d’autres circonstances ? Mes deux grandes dégustent avec délicatesse, telle des princesses bien élevées. Ma toute petite fait ce qu’elle peut… Tout le monde rit lorsqu’elle repose sa tasse : le chocolat lui a dessiné une jolie moustache. L’aurais-je encouragée à la garder, dans d’autres circonstances ?

Nous sommes restés une bonne heure à évoquer nos meilleurs souvenirs. Ma rencontre avec ma femme, sa fille, que j’aimais toujours à la folie… L’appréhension de la rencontre avec les beaux-parents. La première impression que j’ai laissée… Puis, Mamie me dit :

– Pouvez-vous me raccompagner ? Je suis fatiguée et j’ai peur de glisser sur la neige.

– Je crois que j’ai bien entendu, mais est-ce que vous pouvez confirmer ?

– Je suis fatiguée… Pouvez-vous me raccompagner en voiture ?

– Pas de problèmes, la voiture est déblayée en plus !

Mamie prend le dessin que ma grande fille avait fait pour elle. Elle le regarde, sourit, et me dit :

– Je vais chercher mon manteau. Faites-chauffer la voiture, j’arrive…

Je demande aux enfants de rester sages, et je m’exécute. Ma belle-mère me rejoint 3 minutes plus tard. Je l’aide à monter en voiture. Pour une femme qui a fait une bonne sieste, elle me paraissait bien fatiguée. Je m’inquiète pour elle et ça me surprend… Je suis encore capable de m’inquiéter pour quelqu’un !

En rentrant, les enfants jouaient aux mille-bornes. La petite s’amusait à défaire et refaire son puzzle de 6 pièces, pour la 1000ème fois, avec une habileté à couper le souffle. C’était le moment idéal pour redescendre dans mon bureau. Le classement restait à faire, et j’en avais pour des heures…

Vraiment ?

En mettant les pieds dans mon antre, un frisson me traverse : la pile de papiers que je devais évaluer pièce après pièce a disparu. A la place, je trouve sept piles, classées par thème et par date. Il n’y a plus qu’à transmettre au comptable…

Mon œil est attiré par la huitième pile, celle des inclassables. Au sommet, j’y trouve un dessin représentant un bonhomme de neige. Tout en haut, le titre du dessin me fait cligner des yeux :

Le Bonheur de Neige

Un mini Post-It collé dans le coin inférieur droit m’intrigue. Je reconnais l’écriture de Mamie. Il y est écrit :

– Ce dessin ne pouvait s’appeler autrement !

Le livre de Jeff KELLER n’avait pas changé de place. Je l’ai repris en mains et je l’ai ouvert au hasard. J’aime bien faire ça avec les livres de Développement Personnel. Surtout ceux que j’ai déjà lus. Page 89, une citation de Rudyard KIPLING me fait sourire à nouveau :

« Les mots sont la plus puissante drogue utilisée par l’humanité ».

Ca me plaît ! Je recommence… Page 64 :

« L’effort n’est véritablement récompensé que lorsqu’on refuse d’abandonner. »

Etrange cette citation de Napoléon HILL… Je l’avais déjà lue le matin même, mais je ne l’avais pas comprise de la même façon. Je vous assure que je croyais qu’il me disait de ne pas abandonner la compta !

Finalement, même dans ce que nous ne devons pas abandonner, nous avons le choix ! Ce jour là, j’ai choisi ma famille, m’offrant, comme le dit l’auteur, « un passeport vers de lendemains meilleurs ».

A++

Stéphane SOLOMON

14 réflexions au sujet de « Lâcher-prise »

  1. Je trouve votre relation avec votre belle-mère assez bizarre ! Déséquilibrée ! Vous êtes souvent déagréable avec elle alors qu’elle prend soin de vous, vous aide sans contre-partie ! Tout ça ne me parait pas très naturel. Soit vous exagérez, vous déformez la réalité lorsque vous relatez « l’histoire », soit il y a une relation quasi « sado-maso » entre vous et votre belle-mère ! Votre dureté contraste davantage avec sa tendresse et la rend vraiment sympathique. A moins qu’il y ait un vécu, des choses dures qui ont eu lieu dans le passé, choses que nous ne connaissons pas bien sûr ! En tout cas merci d’avoir partagé cette histoire simple mais bien racontée! 🙂
    Cordialement
    Sukru MUNOGLU

    • Bonjour Sukru,

      C’est justement l’une des intrigues de cette histoire, et ce vers quoi nous mène une attitude positive. Beaucoup de gens croient que nous vivons dans un monde où le feedback est forcément basé sur le dicton «oeil pour oeil, dent pour dent». Or visiblement, certaines personnes (exceptionnelles ?), ne se laissent pas envahir par ce genre de paradigme. C’est le cas de cette belle-mère, qui, je vous le rappelle est un personnage romancé, accéléré…

      Comme je l’ai dit dans l’intro, dans la vraie vie, les choses prennent plus de temps : vous ne changez pas instantanément au moment où vous lisez un livre. Il y a un temps de latence pendant lequel, heureusement, vous assimilez à votre manière ce que vous avez avalé. Votre devenir dépend de ce que vous gardez et ce que vous rejetez. Sinon, tout le monde serait formaté de la même manière après une lecture. et le monde serait insipide…

      Si vous ne comprenez pas cette attitude, je vous recommande un auteur très apprécié aux USA, mais en chute de popularité en France : Victor HUGO. Dans son oeuvre, «Les Misérables», il décrit l’attitude de l’Évêque de Digne, Monsieur Bienvenu, lorsque les gendarmes lui ramènent un bandit qui venait de lui dérober son argenterie.

      Voici le texte original :

      «
      —Ah! vous voilà! s’écria-t-il en regardant Jean Valjean. Je suis aise de vous voir. Et bien mais ! Je vous avais donné les chandeliers aussi, qui sont en argent comme le reste et dont vous pourrez bien avoir deux cents francs. Pourquoi ne les avez-vous pas emportés avec vos couverts?
      »

      Est-ce un masochiste ou un personnage de La Grande Classe ?

      Qu’est devenu Jean Valjean, ce bandit, près de 100 pages plus tard (en une dizaine d’année) ?

      Monsieur Madeleine… Et je cite encore l’auteur du plus grand livre de Développeent Personnel jamais écrit :

      « Le père Madeleine employait tout le monde. Il n’exigeait qu’une chose : soyez honnête homme ! soyez honnête fille !»

      Je pense que cette Belle-Mère savait lire Victor HUGO…

      ——–

      Je ne peux pas écrire 100 pages pour décrire une transformation (je ne serai pas lu par 95% de mes lecteurs habituels), mais j’ose espérer qu’au 21ème siècle, les choses peuvent aller plus vite, plus loin, plus haut…

      Avec l’héritage intellectuel, artistique, culturel… que nous avons, associé aux technologies de l’information qui nous livrent l’essentiel en quelques secondes, je fais le pari que nous saurons faire face à notre instinct animal, sans renier notre dualité. Et s’il faut passer par une phase masochiste avant de porter un cuir noble, soyons humbles devant nos missions.

      Ma belle-mère ne se laisse pas faire pour autant. Elle montre, au début de l’histoire, qu’elle peut être aussi cynique que moi, puis elle retourne vers son objectif : celui pour lequel elle est venue !

      Je ne veux pas dire par là qu’elle avait planifié l’omelette aux pommes de terre, mais elle s’était donné comme mission discrète de me rapprocher de mes enfants. Elle a ensuite improvisé avec les moyens du bord : 3 oeufs, une pomme de terre, un éplucheur, une poêle, et quelques ingrédients dont elle a le secret (et qui font la différence).

      Enfin, autorisons-nous à penser à l’aspiration de ce pauvre «Moi» : on ne lit pas un livre sur le Développement Personnel pour rien ! Il sait qu’il est sur la voie. Il est optimiste. Mais il ne sait pas comment s’y prendre. Il a besoin d’aide… Il commence par s’aider lui-même (en lisant le livre), puis vient cette manipulatrice géniale, cette « bonne poire » qui épluche des pommes.

      Elle ne l’a pas fait pour moi ! Elle l’a fait pour les enfants, en touchant l’homme-clé de la maison.

      C’est donc un privilège d’être le père de ses petits enfants…

      Cette histoire est une fiction. Pour voir la réalité, ouvrons les yeux.

      Merci pour votre intervention Sukru,

      Votre dévoué,

      Stéphane SOLOMON

  2. Qui croit encore au père Noel? Qui croit que Stéphane ne nous manipule pas tout le temps à travers ses écrits? Consciemment je sais que c’est un messager bienveillant et éveillant et nous ne contrôlons pas tout (ni Stéphane, ni nous) et ça c’est bon pour la part du mystère de la vie! Ce blog-feedback est peut-être là aussi pour témoigner des retentissements des écrits de Stéphane au-delà de ses intentions conscientes? -ça me dépasse- Je trouve Stéphane très courageux dans ce lâcher prise d’incarnation d’un autre lui-même qu’il a donné en partage pour nous titiller « quelque part » et j’imagine qu’il attend que nous témoignions ce de celà à notre tour? J’ai puisé dans le « bonheur de neige » pour lire ces deux articles avec toute la bienveillance que Stéphane mérite..sans cela, j’aurais été très négatif, belle leçon de contextualisation, de relativité..ça me rappelle les 4 accords Toltèques de Don Miguel Ruiz: 1) »Que votre parole soit impeccable » (ne pas dire de mal en fait, ni être médisant) 2) « Quoi qu’il arrive, n’en faites pas une affaire personnelle » (humilité) 3) « Ne faites pas de suppositions » (ça ce sont les préjugé, les paradigmes) 4) « Faites toujours de votre mieux » (la dynamique, le changement)

    Et aussi Dale Carnégie: « Devenir une Personne Amicale »
    1. Ne critiquez pas, ne condamnez pas, ne vous plaignez pas.
    2. Complimentez honnêtement et sincèrement.
    3. Suscitez un vif désir de faire ce que vous proposez.
    4. Intéressez-vous réellement aux autres.
    5. Ayez le sourire.
    6. Rappelez-vous que le nom d’une personne revêt pour elle une
    grande importance.
    7. Sachez écouter. Encouragez les autres à parler d’eux mêmes.
    8. Parlez à votre interlocuteur de ce qui l’intéresse.
    9. Faites sentir aux autres leur importance et faites le sincèrement.

    Et pour me lâcher, j’irai personnellement plus loin en citant Paul Sedir (Les forces mystiques et la conduite de la vie ): « Ne pas attaquer de créature, ni par la pensée, ni par la parole, ni par l’acte, c’est une discipline ardue. Essayez de la suivre une journée; aux efforts qu’elle vous coûtera jugez de l’importance des résultats. Demeurer en paix avec les hommes, les animaux, les plantes, les pierres, les objets, les idées, les événements, le temps, les passions, les anges, les démons et les morts, c’est ne rien leur prendre de plus que ce que la Loi leur commande de nous donner; c’est les recevoir tous avec un sourire; c’est leur offrir ce qui leur fait envie de nous-mêmes. C’est une charité immense, inlassable, très secrète; c’est l’empire sur soi- même le plus constant, le plus immuable, le plus serein; c’est le retour au bercail d’un nombreux troupeau dispersé »
    A Bientôt
    Cordialement

    • Bonjour Patrick,

      Merci pour ce partage, mais…

      Il y a des régimes tellement contraignants, que même s’ils permettent d’obtenir de beaux résultats (chez ceux qui peuvent les pratiquer), ils sont abandonnés par la plupart des gens, car jugés non praticables… Inaccessibles…

      De ce fait, même les choses simples sont abandonnées, car il n’est pas toujours facile de faire la part des choses lorsqu’on NE DOIT PAS attaquer, NI par ceci, NI par cela… Surtout si l’auteur ajoute que la discipline est ARDUE…

      Je ne propose pas à mes lecteurs de concurrencer le Dalaï LAMA (qui a choisi de vivre dans des conditions très différentes des nôtres). Dans ce texte, je propose à chacun de faire des choses à sa portée, en s’autorisant à donner plus de profondeur au sens de sa vie, et en utilisant ce qu’il a en lui et autour de lui. On peut pardonner à son gendre, dépassé par les évènements, tout en gardant une certaine distance vis à vis des dictateurs de ce monde.

      Avant d’atteindre un haut niveau de méditation, il y a la contemplation. Je suis au service de ceux qui contemplent. Et je pense sincèrement que ceux qui savent méditer n’ont pas besoin de TIME-COACH et de ses dérivés. Ils sont loin devant…

      Donc OK pour tout ça, mais si vous ne parvenez pas à atteindre le niveau de Paul Sedir, commencez déjà par Ruiz et Carnegie. Comme Victor HUGO, ils sont plus proches du peuple.

      Ma devise : Autorisez-vous à faire des choses simples !

      Encore merci Patrick,

      Stéphane

  3. Je ne sais pas si je parviendrai à être claire au sujet de cette quadruple histoire: la belle, les deux suivantes et celle de ce blog où s’imbriquent les 2 dernières.
    « La belle » m’a fait rêver et a fait monter mon niveau énergétique.
    La deuxième m’a beaucoup troublée: je l’ai trouvée dure, agressive et j’ai détesté m’y reconnaître: Voilà aussi comment je suis quand je suis sur la défensive, quand je choisis ce que je crois être « mon devoir « , généralement social, mais toujours fruit de préconceptions, quand j’en veux à mes proches de me mettre devant ce dilemme: oublier pour eux mon « travail » -ou pas.
    La troisième m’a laissée perplexe, déroutée, déstabilisée, en un mot sans repères.
    Et le texte ci-dessus ne rétablit pas vraiment un sentiment de stabilité mais resitue l’infinie complexité des relations inter personnelles comme de la relation à soi-même.
    C’est probablement la série de textes la plus puissante pour aider à préciser en soi les champs d’investigation de ce que l’on rêve d’être, de ce que l’on est et de notre évolution de celui-ci vers celui-là.
    Puisque cette histoire laisse tant de traces, je ne doute pas qu’elle soit féconde…
    Merci Stéphane!

    • La fécondité vient du questionnement. C’est le propre de la maïeutique. Sans questions, pas de réponses, et aucun feedback…

      Je peux, bien-sûr, poser des questions et avancer des réponses, mais je pense que celles que vous vous posez sont les meilleures.

      Ensuite, vient le temps des réponses. En tout discrétion et … synchronicité.

      A+

      Stéphane

  4. Je pense que le cinquièmle d’excellence de TIME-COACH peut accèder à des choses SIMPLES++
    Internet engendre beaucoup d’autodicdactes cultivés en théorie et en mise en pratique (il y a aussi du bon dans cet outil), surtout dans les domaines du développement personnel pratique. Le Dalaï LAMA écrit de bons livres de vulgarisation qui nous amènent bien haut sur le détachement et le pardon. Effectivement les étages Toltèques et Dale Carnégiens sont plus faciles, la « tirade » de Paul Sedir seule que j’ai citée est déjà un point de départ accessible à la réflexion de tous les lecteurs non? Je n’avais pas encore cité Carl Gustav Jung mais on trouve bien son « Livre Rouge » en livre de poche (sans les mandalas), alors que pour moi celivre de Jung est l’Everest de tout ce qu’i l faut lire sur lui (en plus la version max du livre pèse 5 Kg). Avec http://www.therapiebreve.be/tests/personnalite-jung.html Jung est accessible avec son test de psychologie Introverti/Extarverti (moi je suis ISTJ)..termes que tout le monde connait aujourd’hui…comme l’inconscient collectif(et ses archétypes Ombre,Anima…) mais là je déborde. Pour les blogueurs de TIME-COACH je pense que la bienveillance, l’écartement des préjugés sont de belles leçons dans les histoires de belle-mère applicable à son prochain qu’il faut essayer d’aimer comme soi-même, comme un autre soi-même…c’est du moins mon ressenti.
    Amicalement

    • Patrick,

      Concernant ta première phrase, je suis d’accord avec toi. Mais ici, on s’adresse à 100% des lecteurs, pas au cinquième d’excellence de TIME-COACH…

      Lorsqu’on a participé à tous les programmes payants (ce qui est ton cas), il devient difficile de comprendre les personnes qui n’ont trouvé ni le temps, ni l’argent, ni la confiance pour aller vers ce ++. C’est mon travail de les y amener, et crois-moi, avec une expérience de 4 ans, je pense savoir ce que je peux faire ou pas… (même si je prends encore des risques).

      Bien sûr que dans les programmes payants on va plus loin. Les participants attendent leur message chaque jour, parce qu’ils se sont engagés dans un processus de changement volontaire, dans lequel ils sont investis.

      —-

      Internet n’engendre pas des autodidactes. C’est juste un outil. Il y a autant d’autodidactes cultivés sur la toile que dans le monde physique. Ce sont souvent les mêmes personnes. Internet est le miroir du monde. Ce n’est pas un monde parallèle. Le navigateur facilite l’accès à ses choix avec, comme dans le monde réel, la possibilité de suivre des invitations périphériques, et de papillonner un peu pour élargir son champs d’action.

      —-

      Concernant Paul Sedir, je pense avoir répondu en t’écrivant :

      – On peut pardonner à son gendre, dépassé par les évènements, tout en gardant une certaine distance vis à vis des dictateurs de ce monde.

      La tirade de Paul Sedir est belle si on la comprend, si on la recadre et on la personnalise en conscience (comme toutes chose). Mais offerte en pâture, telle qu’elle est formulée, elle est plutôt génératrice de dénis. Pour comprendre ce qu’il écrit, il faudrait tout un programme… Veux-tu l’écrire ?

      A++

      Stéphane SOLOMON

  5. Etonnant, cette histoire de synchronicité ! Cela fait trois jours que j’ai décidé de lâcher prise sur un problème familial qui me touche et m’affecte beaucoup, et je reçois ces deux derniers mail dont c’est le titre… Reste qu’une fois prise la décision de lâcher prise il est difficile de s’y tenir et de ne pas céder devant la culpabilité ressentie ( je n’en suis qu’à mes débuts en matière de connaissance de soi et d’auto-manipulation !).

    Merci pour cette fenêtre sur un autre possible Stéphane.

    • Bonjour Laetitia,

      Je l’ai dit souvent, mais la répétition est une bonne chose :

      Remplacez la culpabilité par la Responsabilité !

      Une personne coupable, cède aux choix des autres, et doute en permanence du bien fondé de ses actions. Une personnes responsable, fait des choix et va jusqu’au bout.

      Une personne coupable se répète «c’est de ma faute». Un personnes Responsable se répète «C’est à moi d’arranger ça».

      Une personne coupable se laisse manipuler (elle peut tomber sur les mauvaises ou les bonnes personnes). Une personne Responsable sait manipuler les autres pour les aider (elle s’assure d’être une bonne personne, en toute responsabilité.).

      A chaque fois que vous vous sentez coupable, rappelez-vous que le sentiment de responsabilité est le meilleur remplacement possible.

      A++

      Stéphane SOLOMON

  6. je ne sais pourquoi, mais vos 2 derniers messages m’ont un peu irritée.
    Je vous trouvais avant formidable, de bons conseils, d’écoute, d’éveils …
    Et là je ne vous y retrouve plus, mm un peu mesquin, tristounet, et … tournant autour du pot.
    Sans doute que je n’y ai rien compris
    j’attends donc, le prochain

    • Bonjour Louise,

      Peut-être pourriez-vous relire ce message sous un autre angle : dans cette histoire alternative, ce n’est plus ma belle-mère qui a besoin de mon aide, c’est moi qui ai besoin de la sienne. Le plus fragile se laisse manipuler, pour son plus grand bien (il me semble, en tout cas, que ça se termine bien… Devrais-je me relire ?).

      J’ai voulu également expliquer, que je ne suis pas né avec le paradigme TIME-COACH dans la tête, que je suis comme la plupart de mes lecteurs, un homme au parcours complexe, qui a vécu des éveils successifs. Ca rend les choses plus accessibles, car beaucoup de lecteurs croient que j’ai eu de la chance toute ma vie, que je suis né sous une bonne étoile, que j’ai hérité intellectuellement et financièrement de grandes richesses, et que c’est pour ça que je suis optimiste.

      Eh non ! Il y avait une période, où lorsque la neige tombait sur ma voiture, je pensais que c’était un manque de chance, et je me plaignais…

      Si ce quelques explications ne vous aident pas à recadrer votre lecture, ça confirme que je ne suis toujours pas parfait ! C’est très sain de ne pas apprécier certaines choses chez des gens qu’on apprécie. Vous pouvez effectivement attendre le prochain article, en lâchant-prise sur cet incident de parcours.

      A+

      Stéphane

  7. A nouvau, des larmes! Les larmes du bonheur de re-découvrir la vérité, les larmes de douleurs de passer si souvent à côté, les larmes d’une émotion, pure, celle d’être connecté totalement à son moi, et de le sentir changer…

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