Le sourire d’Emilie

Il y a environ 18 mois, la boulangerie du coin a embauché une vendeuse d’une vingtaine d’années.

Emilie souriait beaucoup les premiers jours, mais après deux semaines, son sourire céda la place à une certaine morosité. Elle écoutait la demande, servait, annonçait le prix à sa collègue qui s’occupait de la caisse, et disait merci et au-revoir, sans conviction. Il lui arrivait même de soupirer devant les clients.

Lorsque la boulangerie fut rachetée au Printemps dernier, Emilie garda sa place comme la plupart des autres vendeuses. Ce jour-là, je suis allé acheter du pain avec ma toute petite fille. Emilie nous a servi avec son sourire des premiers jours. Ca faisait plaisir à voir.

Elle regarda ma fille et me demanda :

– Je peux lui offrir une chouquette ?

Cette question était tout à fait inattendue. Les anciens propriétaires n’offraient par de chouquettes ! C’est à peine s’ils acceptaient de me vendre une baguette lorsqu’il me manquait 5 cts, alors que j’étais client depuis 10 ans. J’ai donc accepté avec plaisir. Emilie afficha un ENORME sourire : elle prit une chouquettes, sortit de derrière le comptoir à pas de chat, plia le genou pour se mettre à hauteur de ma fille, et lui tendit la petite viennoiserie. Il y avait des pépites dans ses yeux… Comme si une Energie trop longtemps contenue venait de se libérer. La nouvelle propriétaire appréciait le spectacle avec un regard complice et amusé. Il faut dire que c’était chou…

– Vous n’allez pas encore pleurer Emilie ? Lui dit sa patronne.

C’est ainsi que j’ai appris le prénom de la vendeuse qui me servait depuis plus de 6 mois.

Ce geste n’était pas un simple cadeau de bienvenue. Offrir des chouquettes aux enfants est devenu un rituel et Emilie ne s’en lasse pas. Lorsque la file d’attente est longue, j’ai parfois l’impression qu’elle s’arrange pour que ses collègues servent les clients solitaires, gardant le privilège de servir les parents qui viennent avec leurs enfants.

D’où lui vient ce bonheur d’offrir ? La boulangère de son enfance offrait peut-être des chouquettes aux tous petits. Emilie aurait donc ancré ces moments magiques en mémoire, se disant qu’un jour elle pourrait reproduire ce geste. Dans ce cas, imaginez sa déception lorsque la pratique fut interdite par ses premiers patrons. Il est également possible que les nouveaux propriétaires aient instauré cette règle, et que ce petit changement ait enjolivé les journées de la jeune vendeuse.

Quoi qu’il en soit, j’ai l’impression que le sourire d’Emilie est proportionnel à sa capacité d’offrir. Je peux me tromper : il y a d’une part les faits que personne ne peut réfuter, et d’autre part ma lecture des faits qui est discutable, et que je partage volontiers avec vous pour en discuter. J’observe beaucoup les commerçants et leurs employés (c’est une bonne vitrine pour un coach d’entreprise). J’ai donc de fortes raisons de croire, après étude, que ce que je dis est fondé.

Parlons un peu du commerce : supposons qu’à 11h du matin, il n’y ait déjà plus de chouquettes, alors que précédemment il restait toujours des invendus ! Que va-t-on tirer comme conclusion ? Les anciens propriétaires me diraient :

– C’est normal ! Quand on donne tout, il ne reste rien !

Les nouveaux patrons d’Emilie vont s’interroger :

Serait-il possible que nous en vendions plus qu’avant ? Et si oui pourquoi ?

Depuis que mes enfants ont des chouquettes gratuites avec le sourire d’Emilie en prime, non seulement ils me demandent d’en acheter plus souvent, mais ma grande fille qui n’aimait pas ça, y a pris goût. Je ne veux pas généraliser, mais si on me demandait de témoigner, je serais d’avis à intégrer le sourire d’Emilie dans l’équation.

Equation complexe ?

Bon… Vous me connaissez, si j’ai choisi de vous parler de cette histoire, c’est parce que ça me permet de parler de moi et de vous. La générosité est une valeur motrice, source de nombreuses émotions. Il est difficile de passer à côté de ce genre de motivation dans un programme d’auto-coaching. Mais ce n’est pas tout : je m’interroge aussi sur ma grille de lecture des faits. En interprétant les gestes et les sourire de cette façon ne serais-je pas trop sentimental ?…

Après tout, il est tout à fait possible qu’Emilie ait eu un chagrin d’amour pendant plusieurs mois, puis qu’elle ait retrouvé un prince charmant. Le fait que l’évènement coïncide avec le changement de propriétaire de la boulangerie n’est qu’un pur hasard, et je me fais balader par ma propension à la générosité.

Comment ? C’est encore trop sentimental cette histoire de prince charmant ??? Bon d’accord… Voici une version spéciale «lecteur cradouille» : la nouvelle Direction a lancé un concours du meilleur sourire, avec 100€ de prime à la clef. Emilie est comme une «enfant affamée». Elle ne résiste pas à la tentation de simuler des sourires pour repartir avec un billet vert… Ouf ! Voilà qui sauve l’honneur de la petite working-girl ! Bein oui, on ne va pas se laisser attendrir par une image d’épinal. Des vendeurs qui plient le genou pour se mettre à hauteur de leurs clients… Ouarf ! Elle est bien bonne !

Si vous préférez construire cette vision de la réalité, arrêtez votre lecture et contactez-moi en privé ! Je vous donnerai les coordonnées d’une équipe de coachs qui fera votre Bonheur. Rassurez-vous ils ont plein de trucs gratuits à vous proposer eux aussi. Concrètement parlant, il y a très peu de différence entre mes pratiques et les leurs. C’est à s’y tromper…

Toujours là ? Revenons à la version chouquette :

Je pense à cet article depuis plusieurs mois, et si je le publie aujourd’hui, c’est pour faire un parallèle avec mon activité. Je suis ravi, enchanté, enthousiaste, ému… en voyant croître le nombre de participants à mes webinaires. Je suis aussi très touché par les encouragements que je reçois par mail. Les webinaires gratuits et autres activités sont mes chouquettes à moi, et face à ce changement, j’ai les mêmes pépites dans les yeux qu’Emilie.

Eh oui : je suis tantôt Emilie, tantôt sa patronne… Vous vous êtes peut-être interrogé sur cette ambivalence :

  • Suis-je généreux par stratégie ? Je sais qu’en vous offrant une chouquette régulièrement, vous y prendrez goût.

ou

  • Suis-je généreux par nature ? Dans ce cas, j’offre mes chouquettes par pur plaisir.

Vers une équation sans complexes !

Pour celles et ceux qui me lisent épisodiquement et qui ne me connaissent pas assez, je voudrais rappeler que l’une de mes techniques préférées consiste à concilier ce qui est souvent mis dos à dos. La propension naturelle voudrait nous faire dire que l’attitude commerciale se confronte à l’attitude généreuse. Mais est-ce vraiment opposable ? Pourquoi créer un conflit entre deux intentions qui se complètent ?

Lorsque vous confrontez deux intentions qui défendent la même valeur, vous perdez la conscience de votre valeur. A l’inverse, si vous associez les intentions, vous gagnez en valeur.

Si vous avez une activité commerciale, votre métier vous permet de maintenir un lieu où vous pouvez exprimer votre générosité. Dénigrer les pratiques commerciales, c’est mettre ce lieu en danger.

Autorisez-vous à faire les DEUX ! Remplacez tant que possible le OU par le ET :

  • La générosité stratégique augmente votre chiffre d’affaires. C’est bon pour le commerce et ça vous fait sourire !

ET

  • Votre nature généreuse est comblée par votre capacité d’offrir, ça vous fait sourire, et c’est bon pour le commerce !

Dans les deux cas, vous êtes d’un commerce agréable, ce qui assure la pérennité de l’activité.

J’ai une question à vous poser :

– Est-ce que je peux vous offrir une chouquette ?

Si oui, cliquez ici

A++

Stéphane SOLOMON

10 réflexions au sujet de « Le sourire d’Emilie »

  1. Moi j’aime bien faire partie de ceux qui prennent 2 chouquettes pour le prix exorbitant d’un merci ! bon OK je double le prix : 2 sourires, ne mégotons pas. 🙂 🙂

    • Quand je viens avec 2 enfants, j’ai deux chouquettes, et je peux aller jusqu’à 4 !

      Pour toi c’est pareille : viens avec des amis. Pour la même chouquette, j’aurai davantage de mercis et toi aussi.

      🙂 🙂 🙂 🙂 🙂 🙂 🙂 🙂 🙂 🙂 🙂 🙂 🙂 🙂 🙂 🙂 🙂 🙂 🙂 🙂 🙂 🙂 🙂

  2. Et l’attraction du sourire des commerçants alors ? Il y a plein de commerçants différents qui offrent les mêmes produits: pain, pâtisserie, chaussures, journaux, vêtements, consultations, médicaments, pizzas, etc.. mais j’ai remarqué que je retournais acheter chez ceux qui étaient les plus « sympathiques ». Souvent, il m’arrive de leur dire en souriant (je parle à tout le monde, même avec un chien qui porte un chapeau) : « Ah que c’est agréable de voir un commerçant qui aime les gens, quand on achète un produit chez vous on est content de vous donner notre argent..comment est-ce possible que des commerçants puissent faire leur métier sans aimer les gens (leur clients, ceux qui les font vivre!), il faut aimer les contacts++ pour faire ce métier là! ».

    • C’est effectivement hors-sujet. En général ce lieu sert à discuter autour de la thématique de l’article.

      Mais comme j’ai tenté de vous joindre plusieurs fois par mail et que visiblement ça ne fonctionne pas, je vous réponds également ici. Nous effacerons cet échange une fois que ce sera réglé.

      Avez-vous une autre adresse où je peux vous écrire ? Je n’arrive pas à vous écrire sur votre adresse d’Orange.

      Si vous préférez être plus discret, envoyez-moi cette adresse par SMS au 06.14.33.09.66.

      A plus tard,

      Stéphane

  3. Merci pour la chouquette, avec le sourir que j’ai l’impression de voir entre les lignes. Je suis particulièrement débordée en ce moment, et ce sourire me fait du bien. Merci encore!

  4. Merci pour cette belle histoire elle fait chaud partout!

    Mais zut et zut je ne serai pas avec vous ce soir, pour deux raisons extrêmement valable, même pas besoin d’un mot d’excuse:

    1) mon ordi plante n’importe quand et je l’emmène chez le pédiatre des ordis tout à l’heure, je le récupérerai peut-être dimanche.

    2) de toute façon, je serai loin de la maison et irai voir un opéra (au cinéma):
    Andrea Chénier au Royal Opera House de Londres. Diffusion dans les salles de cinéma:
    « Chant d’amour éperdu sous la Terreur à Paris: Condamnés à être guillotinés, le poète Andrea Chénier et l’aristocrate Maddalena di Coigny s’abandonnent à une ultime étreinte comme une échappée au paradis. »
    je promets d’oublier la Terreur et de me laisser emporter par le chant d’amour éperdu.

    Je penserai à vous pendant l’entr’acte, peut-être…

    Bon Webinaire à tous

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