Le voyage à Tahiti (1/2)

Ceci est un dialogue imaginaire avec un personnage fictif que j’appelle Natacha. Donc elle pourrait aussi bien s’appeler Florence, Franck ou Emilie… Vous pouvez même la remplacer par votre prénom si vous vous reconnaissez…
 
Mais attention ! Un dialogue imaginaire ne signifie pas qu’il est complètement inventé ou improbable. Au contraire : la réalité dépasse souvent la fiction, qui elle-même est inspirée de la réalité… Si je fais appel à mon imagination pour écrire le texte ci-dessous, c’est uniquement par pédagogie. Dans la vraie vie, pour comprendre ce qui vous sera livré en quelques minutes de lecture, il faut environ 10 ans. Ayant un grand respect pour votre temps, j’ai pris le chemin le plus court. Un dialogue imaginaire :
 
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C’est moi qui commence :
 
– Natacha, saurais-tu apprécier à sa juste mesure, un cadeau qui t’est offert alors que tu n’as fourni aucun effort pour l’obtenir ?
 
– Oui ! Bien-sûr ! J’aime lorsque la vie me fait des cadeaux… Un beau ciel bleu, des oiseaux qui me chantent une belle mélodie le matin, des inconnus qui me sourient dans la rue, mes enfants qui me font un bisou dans le cou…
– OK… Si tu le permets, on va changer un peu de registre, car même si j’apprécie ce genre de réponse, je voudrais gratter un peu plus ce concept. Peux-tu me donner une destination de rêve pour tes vacances ?
 
– Tahiti !
 
– Purée… Je l’aurais parié (bon en même temps c’est moi qui invente le dialogue, donc c’est facile) !
– C’est mon rêve !!!
– Alors voilà : imagine que je t’offre un voyage à Tahiti !
 
– Pourquoi tu m’offrirais un tel cadeau ?
– Parce que tous les ans, j’offre un cadeau de valeur à une personne que j’ai rencontrée durant cette même année, et là, c’est tombé sur toi !
 
– Ah bon ? Et l’année dernière c’est tombé sur qui ?
 
– Un gars qui s’est assis près de moi lors d’une conférence. Il m’a laissé sa carte et je l’ai contacté 3 mois plus tard, lorsque ce petit bout de papier a été tiré au sort…
 
– Il a accepté facilement ?
 
– Oui et Non… Disons qu’il m’a posé autant de questions que toi avant d’accepter…
 
– Il faut dire que ce n’est pas très courant !
 
– Je n’en sais rien et je m’en fous ! Alors ? Tu acceptes ce cadeau ou pas ?
– C’est à quelle date ?
– Quand tu veux ! C’est un vrai cadeau, pas une contrainte !
– J’ai compris mais si j’ai envie de partir dès demain, je suppose qu’il te faut un peu de temps pour réserver l’avion l’hébergement, etc. Tu as une famille, un métier, une vie… Tu ne vas pas passer la journée à t’occuper de moi. Quand est-ce que tu auras un moment pour m’organiser ce voyage ?
 
– Ecoute Natacha, c’est un cadeau ! C’est offert, avec cœur et générosité. C’est comme un bisou dans le cou. C’est spontané. Tu l’acceptes ou pas ?
– Le voyage à Tahiti ou le bisou dans le cou ? Parce que si c’est pour en venir là, je préfère te dire tout de suite que…
– Arrête ! Je préfère moi aussi te dire tout de suite que je suis heureux en ménage et que tu peux ranger ta suspicion. Je parlais du «bisou dans le cou» parce que c’est toi qui l’a évoqué tout à l’heure, mais c’était un exemple, une métaphore pour que tu me comprennes. L’offre n’a pas de contrepartie. C’est un cadeau !
 
– Bon, au moins à ce sujet c’est clair… Alors j’aimerais bien partir le plus vite possible, parce que je suis au bord du burn-out.
 
– Je vois ça… Donc fais tes valises, une limousine viendra te chercher demain matin entre 10h00 et 10h30. Voyage léger, parce que pour ce qui est de l’intendance, tu auras tout ce dont tu auras besoin sur place. Le tout confort est offert avec…
 
– Une limousine ? carrément ?!
 
– Eh ouais, je ne fais pas les choses à moitié.
– Tu sais, tu peux m’accompagner en voiture. Je ne demande pas une limousine. Pourquoi tant de zèle ?
– Parce que comme tu l’as dit, j’ai une vie et j’ai plein de choses à faire. Donc je vais faire appel à un chauffeur privé. On appelle ça «déléguer».
– Je peux me payer un Uber jusqu’à l’aéroport… 50€ pour aller à Tahiti, c’est pas trop cher.
 
– Tu te souviens de ma première question ?
– Euh… C’était quoi déjà ?
– Saurais-tu apprécier à sa juste mesure, un cadeau qui t’est offert alors que tu n’as fourni aucun effort pour l’obtenir ?
 
– Ah oui, c’est vrai !
– Et tu m’as répondu «Oui bien-sûr !» en me citant tout un tas de trucs gnan gnan. Là, je te propose du lourd ! C’est toujours OK ?
– Oui !
– Cool ! Bon voyage Natacha !
Natacha s’en va à Tahiti. Mon entreprise de conciergerie l’accompagne comme une VIP. Elle revient au bout de 15 jours…
 
Mais avant de vous raconter son séjour et son sentiment au retour, j’aimerais déjà m’arrêter sur ce cadeau qui lui a été offert. Peut-on vraiment dire qu’elle l’a accepté sans efforts ?