Les questions de Joël

Sous l’article intitulé «passage en locus externe», il y a une dizaine de commentaires auxquels j’ai répondu. Mais je voudrais réserver une espace spécial aux questions de Joël, parce que j’aime les questions.

Alors voici :

Vaut-il mieux travailler avec 5 personnes qui sont prêtes à payer 300€ plutôt qu’avec 300 qui payent 10€ et gagner moitié moins?

Si le but est uniquement l’argent, il vaut mieux gagner 3.000 euros que 1.500, quitte à prévenir vos proches que vous ne serez pas disponible pendant un temps. Demandez à quiconque qui a besoin d’argent et qui est volontaire au travail ce qu’il préfère, et il vous répondra qu’il vaut mieux gagner 3.000 euros ! Demandez ce qu’elle préfère à une personne qui a une belle trésorerie d’avance et qui a envie de passer du bon temps avec sa famille, et elle vous répondra que 1.500 euros pour 5 clients, c’est mieux !

C’est donc une question d’objectifs !

A somme égale, la question devient plus complexe, et là, ça dépend de l’activité : pour mon activité de coaching et de formation (oui, j’existe pour de vrai), je préfère 10 clients à 3.000 euros, que 3.000 clients à 10 euros. Tout simplement parce que je n’aurai pas le temps de m’occuper de 3.000 personnes en entretien individuel. Mais un lectorat de 3.000 personnes à 10 euros, c’est très bon ! En tout cas, ce serait un bon début…

Ma problématique va beaucoup plus loin : j’ai des clients à 2.000, 3.000, 5.000 euros par an (comme toute société de service). Mais je suis très surpris d’avoir si peu de lecteurs à 10 ou 20 euros…

Pourquoi je continue alors que je pourrais réserver plus de temps à des clients qui ont de l’argent  ? Je vous l’ai dit, c’est une question d’objectifs ! Pour moi, l’auto-coaching a un grand avenir : je réserve ma place.

La qualité de votre travail ne va-t-elle pas être influencée par la somme que vous recevez de chacun ?

Ce que j’écris concerne tous les lecteurs. Je n’envoie pas un article complet à ceux qui ont payé 100 euros, et un dixième d’article à ceux qui ont payé 10 euros… S’il y a un baisse de qualité, elle ne peut être que globale (et non en fonction de chacun). Et là, ce n’est pas à moi d’en juger. A vous de me dire si mes articles se bonifient avec le temps.

Le petit effort supplémentaire ne se justifiera-t-il pas plus si vous êtes bien rémunéré ?

Quand je suis dans l’action, ce n’est pas l’argent qui me motive (je ne suis pas «spécial», c’est le cas de la plupart des gens). La question de la carotte se pose au moment de la prise de décision : est-ce que TIME-COACH peut continuer ? Combien de temps encore ? Sous quelle forme ? Comment le rentabiliser ?… La question d’argent se pose régulièrement. Mais l’effort, une fois que je suis engagé, ne dépend pas de la somme collectée.

Quelqu’un qui ne paye que 10€ pour votre travail risque de n’en retirer que 10€ de bénéfice, on se retrouve dans une situation de prophétie auto-réalisatrice. Est-ce vraiment ce que vous recherchez ?

Ce que je recherche, c’est que chaque lecteur y trouve son compte. Il y a des lecteurs pour qui 10 euros représentent une somme importante : un véritable effort, qui est décuplé par le fait que l’action ne soit pas obligatoire. L’auto-réalisation se situe davantage dans l’attitude qui accompagne le règlement que dans la somme consentie.

La pérennité de TIME-COACH dépend de la faculté de chaque lecteur à participer à quelque chose d’important (pour lui). Cette façon d’être acteur dans sa vie et de valoriser ses choix dépasse largement le cadre du PWYW. C’est valable pour tout objet, toute idée, toute personne…

Tout ce qui est important a des besoins spécifiques.

Plus vous répondrez à ces besoins, plus la chose importante prendra de la valeur à vos yeux. L’idéal étant d’être attentif (prévenant), sans extrapoler. Par exemple, certaines personnes participent au PWYW pour «nourrir mes enfants». C’est terrible de lire ça… Le PWYW sert à nourrir TIME-COACH ! C’est à dire ce qui est important pour vous.

Je ne connais pas la personne qui a payé 300€ mais j’ai un grand respect pour elle et j’ai la conviction qu’elle va récupérer 10, 100 ou 1000 fois sa donne (à la différence de la plupart de celles qui ont payé 10€).

Je suis parfaitement conscient qu’avec 300 euros, MOI JE ferai 30 fois plus de choses qu’avec 10 euros. Mais spirituellement parlant, je préfère éviter toute gradation, car je sais que chaque paiement est un effort. Je vous rejoins, Joël, sur la prophétie auto-réalisatrice, mais quelle que soit la somme : dans le domaine du Développement Personnel, la gratification du parcours passé en fonction de ses possibilités, est une belle promesse pour l’avenir.

En conclusion, je suis très gêné que vous ayez imaginé un jeu où c’est les plus grosses mises qui disparaissent en premier (même si j’en comprends la logique).

Ce ne sont pas les plus grosses sommes qui disparaissent en premier, mais les options les moins utilisées. La somme de 40€ a disparu avant celle de 300€, parce que personne n’en a jamais voulu. La somme de 20€ a une durée de vie supérieure à celle de 5€ (qui disparaitra cette semaine).

On peut dire que pour le public de TIME-COACH, la somme de 5€ est moins importante que la somme de 20€. Ce sont donc les sommes les moins importantes qui disparaissent en premier.

Une chose à laquelle on n’accorde pas d’importance, disparaît : c’est une règle ! Un principe que je vous propose d’observer à travers ce jeu. Ca commence par la disparition des options : on en a de moins en moins… et puis un jour, toutes les options disparaissent, et le choix s’efface… Le PWYW est un entrainement intensif, une prise de conscience : tout un programme gratuit sur «la gestion des importances»…

Mais que va-t-il se passer si le PWYW disparaît ? Me demande-t-on de plus en plus… quelle sera la conséquence ? La réponse est simple : lorsque le modèle «payez ce que vous voulez» disparaîtra, vous ne pourrez plus payer ce que vous voulez.

En attendant :

3 réflexions au sujet de « Les questions de Joël »

  1. jolie démonstration Stéphane, et la chute est terrible (au sens des années 60….): lorsque PWYW disparaîtra, eh bien il aura disparu ! ah ah ah, c’est sain, simplissime et jouissif ! bien à vous.

    • Ca me rappelle une histoire, Valérie :

      C’est un homme qui va prendre un café au comptoir, et lorsque le garçon lui demande de payer l’addition, il répond :

      – Si vous voulez me faire payer ce café, je ferai ce que mon père a fait le 14 avril 1982 !

      Le garçon décide d’éviter le scandale.

      Le lendemain, même topo :

      – Si vous voulez me faire payer ce café, je ferai ce que mon père a fait le 14 avril 1982 !

      Le garçon n’insiste pas.

      Et ça recommence chaque jour. Le garçon tente le coup, mais sous la menace, il revient sur sa décision.

      Un jour, un client, intrigué par la scène pose la question au consommateur gratuit :

      – Mais qu’est-ce que votre père a fait le 14 avril 1982 ?
      – Eh bien il a fait comme tout le monde, il a payé son café !

      Comme quoi, lorsqu’on a peur de quelque chose, il suffit de se renseigner pour éloigner la peur…

      A++

      Stéphane

  2. merci de vos réponses et d’y avoir consacré tant de temps.
    c’est vrai que pour une personne au chômage et plus particulièrement en fin de droit, 10€ peut être une somme importante. Lorsque je participais à un groupe de cadres au chômage et que nous décidions de nous réunir au restaurant une ou deux fois par an, nous faisions très attention au prix du repas, mais nous dépassions toujours les 10€.
    J’imaginais, peut-être à tort, que la grande majorité de vos ‘abonnés payants’ étaient plutôt des cadres ou des techniciens en activité. et c’était en pensant à cette population que j’ai posé mes questions et écrit mes commentaires.
    Sinon, vous me bluffez toujours, vous êtes vraiment quelqu’un d’extraordinaire dans votre domaine, sans aucune flagornerie. Je vous souhaite de conserver votre énergie et votre créativité pour animer ce fil et surtout le renouveler comme vous le faites régulièrement.
    Respect et salutations cordiales
    Joël

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