Passage en locus externe

Depuis que j’ai relancé le PWYW il y a 3 semaines, le Chiffre d’Affaires est de 958 euros pour à peine une vingtaine de participants. Si le chiffre a presque doublé depuis la semaine dernière, c’est parce que j’ai reçu un règlement de 300 euros, et deux autres de 100 euros ce week-end. Mais le nombre de participants est toujours très faible.

J’ai également reçu des messages sur des «intentions de vote», mais avec une impossibilité de fixer un prix, et de profondes hésitations… Le but du PWYW est de favoriser le «locus de contrôle interne» : vous prenez vos décisions en toute conscience en pesant le pour et le contre, et en dosant votre niveau d’implication. Mais c’est parfois un exercice difficile. Beaucoup de lecteur me demandent de fixer moi-même mes tarifs. De les imposer, car ils se sentent incapables de donner un prix… Nous allons donc arranger ça, en ajoutant un peu de «locus de contrôle externe» : le nombre de choix va se réduire progressivement jusqu’à disparition totale du PWYW. Ce qui va forcément créer une certaine «urgence».

Le locus de contrôle externe est parfois nécessaire, et lorsque vous ne parvenez pas à prendre une décision je vous invite à être en demande. Vous pourriez, par exemple, tirer à pile ou face (en vous engageant préalablement à respecter le jugement du lancer). Mais vous pouvez aussi demander à une personne, en qui vous avez confiance et qui connaît assez bien votre personnalité, de prendre une décision à votre place. Je le fais souvent avec mes enfants lorsqu’ils sont dans l’indécision. Et ma compagne n’hésite pas à me sortir de mes tergiversations lorsque ça traine un peu trop… Je lui dis souvent merci pour ça, car je sais qu’elle m’aime.

Ne pouvant vous aider individuellement, je vais définir des règles collectives qui ajoutent de la pression. En général on de divulgue pas son plan en Marketing : on met la pression pour faire bouger les procrastinateurs, mais sans le dire. Mais je pense que vous avez compris le but de la manœuvre : cet article concerne la prise de décision. Mon Marketing ne consiste pas à vous mettre dans l’embarras, mais à vous donner des trucs et des astuces pour passer à l’action (ou pour limiter les pressions extérieures).

J’espère que ces techniques (que vous pouvez appliquer en solo dans le cadre d’un auto-coaching) vous donneront envie de contribuer financièrement à la vie de TIME-COACH, tout simplement parce qu’elles vous auront apporté quelque chose. Je ne veux rien recevoir de la part de lecteurs qui n’ont obtenu aucun résultat depuis qu’ils me lisent. Par contre, j’adore l’argent que je reçois lorsque je suis utile. J’aimerais être utile à des millions de personnes !

Nous allons donc procéder en douceur pour ajouter de la pression, sachant que le PWYW n’est pas obligatoire, et que ceux qui ne payeront pas continueront à recevoir TIME-COACH comme ceux qui payent, et quelle que soit la somme. Cette règle-là ne change pas. Passons aux changements :

Disparition progressive

Le PWYW va disparaître ! J’ai décidé de lâcher prise sur ce système qui ne fonctionne pas. Je vous en parlerai de moins en moins, et dans quelques semaines, l’icône disparaîtra du site. C’est ainsi dans la vraie vie : toute chose à laquelle vous n’accordez pas de l’importance disparaît de votre univers. Le PWYW ne fera pas exception.

Je ne peux pas vous donner une date exacte de retrait du PWYW car elle dépend de l’ensemble des lecteurs. Voici les règles :

Aujourd’hui, j’ai supprimé tous les prix auxquels jamais personne n’a accordé de l’importance depuis un an :

· Personne n’a jamais réglé 500 euros. Ce montant va donc disparaître de la liste : il n’et pas important.

  • Pareil pour 400 euros : c’est un prix complètement inutile, il prend de la place pour rien.
  • Je garde 300 ! Eh oui… Ce montant a été utilisé une fois samedi dernier (merci Thierry).
  • Je vais également supprimer dès aujourd’hui 200€, 150€ et 40€… Ces prix n’ont jamais intéressé personne

Ceci réduit le nombre de choix, mais je ne pense pas que ça impactera grand-monde, puisque ces prix n’ont jamais attiré personne. C’est donc juste un premier pas non agressif.

Mais voici la suite des évènements :

  • Demain soir, je ferai disparaître les prix qui n’ont été utilisés qu’une seule fois : 4€, 70€ et 300€.
  • Dans deux jours, je ferai disparaître 100€, car il n’a été utilisé deux fois.
  • Dans 3 jours, je ferai disparaître 50€, car il n’a été utilisé que 3 fois.
  • Etc.

Je vais donc faire disparaître progressivement les choix. Sauf, bien-sûr, si vous décidez de prolonger leur vie de quelques jours. Par exemple, si je reçois 4 règlements de 300€, je vais retarder la disparition de cette somme de 4 jours de plus.

Passons aux deux sommes les plus utilisées depuis le lancement du PWYW (il y a un an) :

  • 18 règlements de 20 euros
  • 32 règlements de 10 euros

Dans 18 jours, si rien ne bouge, ils disparaîtront tous les deux en même temps. Pourquoi ensemble ? Parce que si je laisse le prix de 10 euros seul, ce n’est plus du «Pay What You Want». Pour payer ce que vous voulez, il faut au moins deux choix.

Combien de temps le PWYW tiendra-t-il ? Je n’en ai aucune idée, car ça ne dépend plus de moi. Je lâche prise ! J’ai même décidé d’ouvrir les commentaires concernant cette opération, car jusqu’à présent, je collectais les remarques dans ma boite de réception, sans les diffuser. Le but était de garder le contrôle total.

A présent, vous pouvez vous influencer mutuellement, me traiter de manipulateur, qualifier le PWYW d’idée débile, etc. Ou alors, défendre le morceau… Ce n’est plus entre mes mains. Je passe, moi aussi, en locus externe… La décision appartient désormais «au marché».

A++

Stéphane SOLOMON

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Patrick GUILLEMIN
Patrick GUILLEMIN

Au moins une personne pense que ce locus de contrôle externe est farfelu!? Je pense que c’est juste pour le fun et l’originalité, pour voir les réactions, pour les susciter (donc acte). On dirait une vente aux enchères de liquidation pour un non-produit (ou vice-versa, hein Pierre Dac ou pas Dac), ubuesque non? C’est un lâcher prise de folie Stéphane! En plus il va le faire *vraiment*. Si l’option 1 euros avait existé, on aura bien pu se mettre d’accord pour payer chacun 1 euros afin de prolonger ce mode de paiement impopulaire, un flop quoi, autant de jours que nous sommes de lecteurs, drôle non?

PS pour la route
« Rien ne sert de penser, il faut réfléchir avant. »
« Le crétin prétentieux est celui qui se croit plus intelligent que ceux qui sont aussi bêtes que lui. »
« C’est en voulant connaître toujours davantage qu’on se rend compte qu’on ne sait pas grand-chose. »
ET SURTOUT
« Le commerce va très mal : même les gens qui ne payaient jamais n’achètent plus. »

Florence
Florence

Bonsoir Stéphane,
Nous sommes aujourd’hui le 25 mars et c’est … la journée mondiale de la procrastination ! Je n’invente rien. C’est un signe, on ne peut pas s’y tromper non ?
Tu as réinventé les enchères à l’envers… Payez vite avant de ne plus pouvoir le faire, il fallait oser, Stéphane l’a fait 🙂 Bravo !

Paul
Paul

Aujourd’hui journée mondiale de la procrastination ?
Il faudra que je fête ça demain !

Jonas
Jonas

Bonjour Stéphane,
J’apprécie ton travail et ta communication depuis un moment, donc j’ai fait un don symbolique de 3 euros, même si c’est de l’argent qui ne m’appartient pas complètement (emprunt).
Je ne peux pas offrir plus d’argent. Mais je suis a la tête d’une équipe jeune et pleine d’enthousiasme, riche de savoir-faire.
Si tu es intéressé par un transfert de bonnes volontés, alors tu peux me contacter pour en savoir plus. Attention à ne pas rater la fenêtre d’opportunité ! Tout comme ton offre, je crois que tout est affaire de moment. Il suffit de tendre la main.
Cordialement

Corentin
Corentin

Le principal problème du PWYW me semble être Stéphane que tu l’offres à des français.

Vivant aux États-Unis je peux témoigner qu’il y a ici une véritable culture du PWYW/don financier/investissement à retour flou. Des hommes d’affaires peuvent dépenser des millions de dollars pour refaire un bâtiment de leur université d’origine. En France on laisse à l’État le soin de redistribuer la richesse. De plus, une très large fraction de la population a l’illusion qu’il y a qu’*un* juste prix pour les choses. Au contraire, aux États-Unis, une large fraction de la population est consciente que le prix est fixé par ce que l’acheteur est prêt à payer. Le prix que l’on paye pour aller voir le médecin, pour acheter une voiture ou pour l’école des enfants est régulièrement le fruit d’une discussion sur les moyens de la famille etc. et des personnes plus aisée seront contentes de mettre un peu plus sur la table, voir à faire des gros dons en plus de leur payement. Ils ont conscience que ce que le prix attaché aux choses dépends de ce que l’on a et si ils ont beaucoup ils payent plein pot sans discuter.

Bien sûr ces dons / PWYW ne sont pas totalement désintéressés. Par exemple les dons aux universités sont à la fois des paiements différés avec intérêts d’étudiants boursiers, de l’achat de reconnaissance sociale et de l’investissement dans un lien privilégié avec une formation de qualité et donc de futurs collaborateurs.
Ce lien est cependant relativement flou, c’est un don, une contribution à quelque chose de bon, ayant conscience qu’il va en sortir quelque chose de bon. D’une manière ou d’une autre. Une conscience aussi que dans la discussion du prix il y a quelque chose de bon : la recherche commune de ce qui va maximiser le retour positif pour les deux parties.
Je ne suis pas surpris que des français qui n’ont ni cette culture de l’investissement/don ni l’expérience de fixer un prix aux choses ait du mal à rentrer dans le système du PWYW.

Partant de cette interprétation la démarche actuelle de Stéphane ne me paraît pas farfelue, elle est logique : en restreignant les choix il rend le choix plus facile, diminuant la barrière de l’inexpérience. En mettant une gentille pression sur l’achat il comble le fossé culturel au sujet du don en ramenant le PWYW à ce que c’est : une transaction supposée permettre aux deux partie d’échanger des bénéfice réciproques.

Bien sûr un autre effet important pour le don/PWYW est l’entraînement entre anciens élèves ou participants à un diner de bienfaisance. Dans cette optique j’apporte ma pierre : Stéphane vie une aventure humaine extraordinaire à travers toutes les pistes qu’il explore pour faire partager ses compétences au plus grand nombre. Sa liste Time COACH est une bonne chose, je veux l’encourager et si cela peux VOUS encourager je veux partager pourquoi et comment j’ai fixé mon prix.

Je ne crois pas être le cœur de cible de Stéphane, et il ne me semble pas que Time Coach m’ai vraiment fait gagné du temps dans mon travail. En revanche, il m’amuse et m’apporte un plaisir de lire et de réfléchir à la vie que je ne pourrais probablement remplacer que par deux ou trois bons livres par ans, c’est ainsi que j’ai décidé de mettre 30 euros cette année (et il me semble bien avoir mis 20 euros l’année dernière).

En espérant que cette digression culturelle aidera certains à franchir le pas et à goûter comme c’est agréable de participer à quelque chose de bon !

Corentin

Note : Sur une note polémique, je remarque que même aux Etats-Unis la culture du don bas de l’aile (tout comme la quasi-non existence il y a 30 ans de la fraude fiscale) et cela me semble très lié à la perte des valeurs de l’évangile. L’évangile place en effet l’amour et le don (grâce) comme valeurs centrales et rappelle entre autre qu’il y a plus de bonheur à donner qu’à recevoir mais aussi que celui qui donne sa vie la gagne et que l’accumulation de richesses (à distinguer de gagner beaucoup d’argent) n’a aucun sens.

Loin de moi de prétendre que d’autres ne peuvent être généreux, athés et agnostiques m’ont aussi beaucoup apporté mais il me paraîtrait plutôt réconfortant que les grandes idées aient un impact sur les actes, ça permettrait de justifier tout le travail de Stéphane…

Dans mon entourage immédiat et en tant qu’étranger plutôt sans le sous avec une famille nombreuse c’est très clair : les plus généreux sont souvent des chrétiens particulièrement pieux. Revenant à la France, j’ai vécu cette générosité dans les église française maintes fois.
Je serais curieux de voir quel est l’engagement religieux de ceux qui ont participé au PWYW. Connaissant une des personnes citées par Stéphane le calcul m’amène à au moins 20% de chrétiens pratiquants. Pas mal comparé à un pourcentage national de 4.5%,même si la différence n’est pas encore statistiquement significative (pour les matheux, p-value entre 6 et 8% suivant le modèle statistique, loi binomiale ou de Poisson pour 2 parmi 20 avec une moyenne de 4.5%).

Joël
Joël

Bonjour,
suite à votre décision, j’avais quelques questions:
Vaut-il mieux travailler avec 5 personnes qui sont prêtes à payer 300€ plutôt qu’avec 300 qui payent 10€ et gagner moitié moins?
La qualité de votre travail ne va-t-elle pas être influencée par la somme que vous recevez de chacun? Le petit effort supplémentaire ne se justifiera-t-il pas plus si vous êtes bien rémunéré?
Quelqu’un qui ne paye que10€ pour votre travail risque de n’en retirer que 10€ de bénéfice, on se retrouve dans une situation de prophétie auto-réalisatrice. Est-ce vraiment ce que vous recherchez?
Je ne connais pas la personne qui a payé 300€ mais j’ai un grand respect pour elle et j’ai la conviction (cela fait partie de mes croyances 🙂 et de quelques expériences vécues) qu’elle va récupérer 10, 100 ou 1000 fois sa donne (à la différence de la plupart de celles qui ont payé 10€).
En conclusion, je suis très gêné que vous ayez imaginé un jeu où c’est les plus grosses mises qui disparaissent en premier (même si j’en comprends la logique).