Porteurs d’espérance

Les époques dégueulasses sont propices aux chefs-d’œuvre.
(Georges WOLINSKI)

Dimanche 11 janvier 2015. Près de 4 millions de personnes défilent dans les rues de France, plus de 50 chefs d’Etat qui se tiennent la main, des centaines de politiques de tous bords, dans l’unité, des citoyens de toutes croyances et de toutes origines, des jeunes et des moins jeunes… tous unis pour rendre hommage aux 17 victimes des attentats de la semaine dernière, et au-delà, pour affirmer qu’ils ne cèderont pas à la peur ou à la haine. La marche du 11 janvier 2015 fait désormais partie de l’Histoire de France.

Mercredi soir, j’ai publié un article intitulé «Je suis Charlie !» et vendredi j’ai failli faire de même en écrivant «Je suis juif !», mais Shabbat venait de rentrer… Et puis vous parlez d’un scoop ! Il n’y a que monsieur PIVERT dans «Rabbi Jacob» qui pourrait s’étonner d’entendre que SOLOMON est juif…

Je retrouve peu à peu mon sens de l’humour… et je dois avouer que la journée de dimanche y est pour beaucoup. Sans cet élan de solidarité, sans tous ces «Charlies», ces policiers, et ces juifs de circonstance qui se tenaient par la main dans les rues, je n’aurais pas ressenti en si peu de temps, ce profond soulagement d’être.

Il est possible que vous n’ayez rien trouvé de drôle dans ce que je viens d’écrire, car si vous ne connaissez pas le mot Shabbat ni ce qu’il signifie pour le judaïsme, cet humour ne peux pas chatouiller vos neurones.

Mais ça me va ! Je sais très bien que les millions de Charlies qui ont rendu hommage aux victimes dès mercredi soir, n’avaient pas tous «l’humour Charlie Hebdo». Je sais très bien que les centaines de milliers de personnes qui se précipiteront dans les kiosks pour acheter Charlie Hebdo mercredi matin, feuillèteront le journal en se demandant souvent ce qu’il y a de drôle, ou en entendant une voix intérieure chuchoter dans leur tête «Quand-même… Ils exagèrent !». Mais ils ne regretteront pas leur geste. Nos valeurs profondes nous dépassent souvent, et c’est très bien ainsi. En tout cas moi, ça me va !

Et puis, comment peut-on aimer Charlie Hebdo ??? Tout le monde, absolument tout le monde peut avoir des centaines de raisons de détester ce journal ! Par exemple, François Hollande et Nicolas Sarkozy y ont été caricaturés des milliers de fois dans des postures improbables, alors que leur vie privée battait de l’aile et que leur sensibilité était à fleur de peau. Mais hier, ils étaient là ! Le français moyen en prend régulièrement pour son grade… Mais hier, il était là ! Les féministes, les homos, les chasseurs, les militaires, la police, les commerçants, les patrons, les salariés, les syndiqués, les croyants, les athées… ont tous eu des raisons de grincer des dents en se voyant caricaturés. Hier, ils étaient là ! Les illustrateurs avaient même des raisons des se détester entre-eux, puisqu’ils se caricaturaient mutuellement…

Ils étaient là aussi…

Vraiment ! C’est facile de détester Charlie Hebdo ! Il suffit de prendre un numéro au hasard, de le feuilleter un peu, et très vite, vous trouverez un truc détestable ! Il suffit de se focaliser dessus, et hop ! Le tour est joué…

Et puis comment peut-on aimer les juifs ??? Tout le monde, absolument tout le monde peut avoir des centaines de raisons de détester les juifs ! Feuilletez la Torah, et très vite vous trouverez un truc insupportable. Il suffit de focaliser dessus, et hop ! Scandale, blasphème, horreur !!! C’est aussi facile à faire avec le Coran pour détester les musulmans, et avec le Nouveau Testament pour frapper les chrétiens sur la joue droite.

Il faut très peu de moyens pour détester son monde ! Ca se fait en quelques secondes, c’est souvent gratuit, et en piochant quelques pensées disponibles, la réaction s’opère. 

Y a-t-il une solution pour éviter ça ? Oui ! Il y en a même plusieurs… Je vais vous en proposer une qui est de circonstance : on l’appelle le «second degré». Le second degré est accessible à tous ceux qui lui ouvrent les bras. Toutes les personnes que je connais qui ne parviennent pas à comprendre le second degré y sont volontairement hermétiques. Que ce soit pour interpréter la Bible, le Coran, la Torah ou Charlie Hebdo, ils ont exactement le même problème : ils restent coincés au premier degré… D’ailleurs les assassins du 7 janvier avaient ce même problème…

Le second degré, ça s’apprend ! Mais c’est un peu comme l’intuition : il y a beaucoup de gens qui n’en veulent pas ! Qui n’en comprennent pas l’utilité et qui attendent un message clair, dénué de toute nuance, qu’il vienne des hommes ou du ciel… Ils sont désorientés au moindre jeu de mot ! A la moindre ironie, dérision, parodie… Et les métaphores, ils trouvent ça fatiguant à interpréter !

Hommage, dommage…

Mon billet de mercredi avait une seule vocation : rendre hommage à toutes les victimes.

J’ai été blessé de voir que le lieu de l’hommage s’est parfois transformé en tribune pour discourir à propos des puissants et des misérables, de politique, de la peine de mort… J’ai failli effacer tout ce que je trouvais déplacé dans un lieu de recueillement, mais je n’ai pas pu censurer… Je me suis consolé en me disant que la peine que nous endurions nous faisait perdre tout discernement. D’ailleurs en me sentant blessé, n’étais-je pas moi-même perdu ? Perdu, comme ces professeurs qui ne parvenaient pas à expliquer à leurs élèves pas-Charlie, que la minute de silence avait pour but de rendre hommage aux victimes froidement assassinées, et non à leurs dessins.

Mais autre chose m’a troublé ce soir-là puis les jours suivants : le corps des victimes était encore chaud, que les «théoriciens du complot» ont fait leur apparition dans les réseaux sociaux ou sur différents blogs. Même sous mon article d’hommage, vous avez peut-être vu apparaître ce commentaire :

– A qui va profiter le crime…? Posons-nous la question !

Après ce que j’ai écrit sur la théorie du complot il y a deux semaines, j’ai été très étonné de voir ça dans mes colonnes. Je suis donc obligé de le prendre au second degré, du moins dans un premier temps. Je vais donc donner cette réponse pour commencer :

Les premiers profiteurs seront, bien évidemment, les théoriciens du complot, puisqu’ils commencent à raisonner bien avant les autres ! Depuis le temps qu’ils attendaient quelque chose de croustillant à se mettre sous la dent, ils vont s’en donner à cœur joie ! Je me demande d’ailleurs dans quelle mesure, ils auraient commandité l’attentat pour cracher leur haine et jeter la suspicion sur les mêmes personnes ou communautés, tout en salissant la mémoire des victimes. Depuis le 11 septembre 2001, on commençait à s’ennuyer de votre angle de prise de vue !

Si je déteste tant ces théories, c’est parce qu’elles utilisent nos émotions les plus basses pour créer un cercle vicieux : suspicion, méfiance, haine, peur, culpabilité… Ca ronge le cerveau !

Mais puisque la question est posée, essayons de faire le point sur ceux qui méritent de profiter. Je sais que le mot «profiter» est un peu délicat, mais il va dans le sens de ce que les proches des victimes souhaitent : ils ne sont pas morts pour rien !

Alors voilà :

  • Ces crimes profitent à la population française, qui le temps d’un après-midi a décidé de descendre dans les rues en scandant des messages d’Amour et de Paix. Bravant la terreur suggérée par ses ennemis, elle a pensé uniquement à ceux qu’elle chérissait.
  • Ces crimes profiteront aux valeurs républicaines, qui avant tout, sont des valeurs morales, humanistes, en quête de Bonheur, et de mieux vivre ensemble.
  • Ces crimes profiteront aux musulmans de France qui ont su à travers leurs porte-paroles, et surtout en affirmant qu’ils étaient eux aussi CHARLIE, désamorcer une bombe qui aurait pu exploser dans nos rues. Les médias et les politiques ont eux aussi participé à la diffusion de ce sentiment pacificateur : la majorité des musulmans de France est blessée par cet attentat, et n’y ont pas reconnu leur religion. Ces crimes leur ont permis de sortir dans les rues pour afficher leur liberté, égalité, fraternité… Bravo ! Avec les stigmatisations qui commençaient à naître, ce n’était pas gagné d’avance.
  • Ces crimes profiteront aux juifs de France dont les institutions, les lieux de culte et de culture seront désormais mieux protégés, et par extension, les lieux sensibles de toutes les communautés qui ont besoin de protection
  • Ces crimes profiteront à la presse qui a fait un travail remarquable
  • Ces crimes profiteront aux nouveaux artistes engagés, qu’ils soient illustrateurs, auteurs, chanteurs, comédiens… Car il est évident que ce que nous avons vécu ces derniers jours attend un écho culturel à la hauteur des émotions.
  • Ces crimes profiteront, bien évidemment à Charlie Hebdo, qui se prépare à imprimer 3 millions d’exemplaires pour mercredi, soit 60 fois le tirage habituel, puis à poursuivre sa route avec les survivants.

Beaucoup de commentateurs craignent un mouvement éphémère. C’est sous-estimer le peuple français, que le monde entier regarde avec admiration.

Enfin, une dédicace spéciale à ces personnes qui profitent rarement, mais qui n’ont pas été oubliées ce soir-là : en regardant la télé, j’ai vu différentes images émouvantes, mais je retenais mes larmes de peur de m’effondrer devant mes enfants. Même lorsque j’ai vu Patrick PELLOUX se jeter dans les bras du Président de la République, j’avais les yeux humides mais je ne pleurais pas.

Puis j’ai vu ceci, et c’est parti tout seul…

A partir de ce moment-là, j’ai senti que je pouvais à nouveau écrire… Je ne saurais pas vous dire ce qui a déclenché ce retour. Peut-être est-ce parce que j’ai toujours été sensible au free hugs…

A+++++++++++++++++

Stéphane SOLOMON

28 réflexions au sujet de « Porteurs d’espérance »

  1. Bonjour Stéphane,
    Ces derniers jours, à plusieurs reprises, j’ai ressenti une forte émotion, une fierté d’être français, un grand attachement à la liberté en général et à celle de la presse en particulier. J’ai été impressionné par cet immense élan de solidarité qui montre le bon côté de l’être humain et je me suis dit que c’était dommage qu’il ait fallu des événements aussi dramatiques pour provoquer tout ça. Au final, c’est l’optimisme, la foi en l’humanité et en l’avenir qui l’emporte même si la poursuite de la lutte contre le terrorisme s’annonce difficile. Je n’ai jamais été un fan de Charlie Hebdo et j’ai toujours eu du mal avec une certaine forme d’humour mais ça ne m’empêche pas d’être solidaire dans de tels moments

    • Bonjour Jean-Louis,

      Je ne peux pas dire que j’étais fan de Charlie Hebdo moi non plus. J’aimais bien tomber sur certains dessins de temps en temps (notamment la sélection de Ruquier le samedi soir), mais chez moi, j’ai à peine 2 ou 3 numéros. Ne connaissant ce journal qu’à travers quelques apparitions, je ne sais pas encore si je suis fan.

      Mais vraiment, ce n’est pas le débat. C’est pour ça qu’il ne m’est pas paru important de souligner si j’aimais ou pas le fond éditorial.

      D’une manière générale, j’aime lorsqu’on pointe du doigt ce qui ne va pas, avec humour plutôt qu’en hurlant ou en menaçant. Cependant, même dans l’humour, j’ai mes limites, et je dissocie clairement l’ironie du cynisme (ce n’était pas toujours évident pour moi de marquer la frontière entre l’un et l’autre).

      Grâce au numéro que je découvrirai mercredi, je saurai si je serai DESORMAIS Charlie. Mais en attendant, affirmer «Je suis Charlie» n’a rien à voir avec les caricatures, mais avec les 12 personnes assassinées, et par extension, avec les 5 autres qui représentent la liberté d’expression et le vivre ensemble.

      C’est ça qu’on a voulu tuer, et la Nation s’est levée en masse pour dire NON. Ce qui m’a ému, c’est la façon de dire NON… Je fais partie des personnes qui pensent que pour dire NON à une chose, il faut dire OUI à une autre. C’est d’ailleurs le premier conseil que je donne aux personnes qui ne savent pas dire NON. Je pensais qu’en France, ce genre d’attitude était rare. En général, on manifeste pour dire NON, mais sans solution alternative. J’ai donc été touché de voir plusieurs millions de personnes dire «JE SUIS !». C’est un énorme OUI à beaucoup de choses, qui laisse très peu de place pour le NON.

      Merci pour cette intervention qui m’inspire.

      Stéphane

  2. Bonjour Stéphane,

    Quel réconfort en effet que le succès de cette mobilisation de dimanche! Et comme il est important, comme tu le fais de recadrer en pour-quoi les événements de ces derniers jours.

    Les théories du complot sont à la théorie politique ce que la télé-réalité est à la télé, ce que le fast food est à la gastronomie. Un truc pré-digéré, trop facilement assimilable, qui actionne les cordes des niveaux les plus bas de l’humain. Si tant d’idiots sont sensibles à ces théorie, c’est justement par idiotie et manque de réflexion. Le jour où les cons voleront, il ne fera pas clair… Quand on pense que l’on recense environ 27000 hashtag indiquant je suis + le nom du terroriste, c’est dire la connerie de beaucoup, et aussi le fossé qui existe entre ces beaucoup, des jeunes pour la plupart, et notre société.

    La forte participation des musulmans est également très réconfortante. Il y a encore du chemin, et j’espère que les avancées se feront désormais à grands pas. Comme toi, j’ai été très ému par les remerciements et applaudissements aux forces de l’ordre. Faut-il que nous soyons dans le malheur pour exprimer notre gratitude? Faut-il attendre que nous soyons malades pour nous rendre compte de la chance que nous avons d’être en bonne santé? La gratitude, c’est maintenant, et chaque jour.

    On enterre nos morts aujourd’hui. Les quatre victimes de l’épicerie casher à Jerusalem, et Ahmet, (dont les images de l’assassinat m’ont bouleversé), à Paris, les dessinateurs qui m’ont tant fait rire, éclairé, inspiré, les autres victimes. Je pense à eux et leurs familles, leurs proches.

    Aujourd’hui où des pans entiers de notre humanité dans le monde arabe et en Afrique tombent dans l’obscurantisme, où des milliers d’innocents meurent pour de vrai loin et proches de nous à la fois, nous sommes en guerre. Il est essentiel que le réveil de dimanche soit suivi d’effets, pour que notre espoir, nos idées, nos actions apportent une lumière brillante, à la hauteur de ce que nous sommes collectivement.

    Newsflash entendu ce matin: 120.000 exemplaires vendu du traité sur la tolérances de Voltaire, et réimpression en cours! J’aime ces signes.

    Meilleurs voeux à tous ici, et au monde pour 2015.

    • Bonjour José,

      Il y a beaucoup de choses dans ton intervention. Si ça continue je vais t’embaucher !

      J’aime ce que tu évoques à propos de l’Eveil, à propos de cette clarté qui nous a inondés et réconfortés dimanche, et aux actions fortes qui vont obligatoirement en découler. Car on ne peut pas garder la même ligne politique (dans le sens le plus profond du terme) face à une telle mobilisation. Ce serait bafouer la liberté d’expression, pour ce qu’elle est censée apporter : des pensées alternatives. Et tout ce qui suit la pensée…

      Le monde libre a besoin de penseurs qui musclent leur cerveau, et aussi de défenseurs, qui musclent leurs bras. Je ne fais pas partie des «penseurs positifs» qui envoient des message d’amour aux terroristes afin qu’ils deviennent gentils. J’ai essayé de comprendre, mais je n’y arrive pas. Je fais partie des penseurs positifs qui envoient es messages d’Amour à ceux qui défendent la vie et ont des pensées lumineuse.

      Pour ce qui est du changement de certaines mentalités, je crois que la solution est justement dans la Liberté d’expression, qui n’est pas évidente partout. Je pense en particulier à l’école, ou peu de professeurs accepteraient qu’on les caricature…

      Je me souviens qu’une fois j’ai imité mon professeur de français juste avant qu’il n’arrive, et lorsqu’il est entré dans la classe, il s’est installé à ma place (d’élève) et m’a laissé finir mon sketch en saluant mon talent d’imitateur en bout de course.

      Toute la classe a aimé l’instant, et il n’y a eu aucun débordement. Je crois même me souvenir que ce professeur était l’un des plus appréciés du collège (bien avant l’épisode, d’ailleurs).

      Pour info, c’était à Hélène Boucher (en face de l’Hyper Casher)

      Mais il y a des professeurs avec lesquels je n’aurais jamais risqué de le faire. Même de façon officielle lors d’une fête… Je savais que d’une façon ou d’une autre j’aurais été sanctionné. Je les imitais donc «en douce». L’expression n’était pas libre.

      Je n’étais pas libre d’imiter… J’ai bénéficié de la tolérance d’un individu qui aimait l’impertinence artistique.

      Je crois qu’il faut responsabiliser les enfants très jeunes à la liberté d’expression et aux valeurs démocratiques en général, dans les écoles. Ceci leur permettra de s’exprimer librement en reconnaissant un CADRE, et une certaine tolérance au delà du cadre (pour ceux qui veulent «jouer» avec les limites).

      La solution, comme toujours, c’est de montrer l’exemple.

      A++

      Stéphane

  3. Bonjour

    « Le jour où les cons voleront, il ne fera pas clair… Quand on pense que l’on recense environ 27000 hashtag indiquant je suis + le nom du terroriste, c’est dire la connerie de beaucoup,  »

    Il faut relativiser, 6 millions de hashtag « je suis charlie » dimanche, 27000 hashtag « je suis+terroriste », cela fait 0,5%. C’est peut-être déjà trop, il faut s’en occuper, mais ne pas focaliser là dessus car c’est relativement insignifiant.
    Ce qui s’est passé dimanche c’est la reconnaissance de l’intégration, voire de l’assimilation de la très grande majorité des personnes d’origine étrangère, c’est la marque d’appartenance à une seule communauté, la communauté française et c’est la victoire de la tolérance sur l’obscurantisme et l’intégrisme.
    Je ne suis pas naïf, je ne nie pas les difficultés rencontrées dans certaines banlieues, dans certains collèges mais je reste convaincu que sur la durée, malgré les obstacles, le processus d’éducation permanent généré par les enseignants, les travailleurs sociaux, les responsables d’associations sportives et culturelles sont le gage d’une société unie et forte de sa diversité;

    Pascal

    • Bonjour Pascal.

      Vérification faite, c’est 37000 Tweets avec Je Suis + le nom du terroriste (et combien qui s’en réjouissent sans le dire, ou qui s’en moquent? – « Le monde ne sera pas détruit par ceux qui font le mal, mais par ceux qui les regardent sans rien faire. » a dit Albert Einstein) – il y a en outre beaucoup plus de cons que 37000 pour assombrir le ciel le jour où! (et on me dira avec malice qu’on est toujours le con de quelqu’un).

      Malgré l’élan de dimanche, la toile, et donc une partie de nos compatriotes reste infestée de haine, il faut en tenir compte.

      D’accord aussi pour ne pas laisser ce nuage nous assombrir complètement, j’ai beaucoup de gratitude et d’espoir, comme je l’ai écrit. Il y a beaucoup mieux à faire que se lamenter – pour autant il est bon de connaître la difficulté à surmonter, comme tu le dis aussi.

      Confraternellement 😉

  4. Bonjour,

    «27000 hashtag « je suis+terroriste », cela fait 0,5%. C’est peut-être déjà trop, il faut s’en occuper, mais ne pas focaliser là dessus car c’est relativement insignifiant.»
    Insignifiant, c’est ce que les services de surveillance français avaient conclus au sujet des 3 terroristes !…

    Pour rebondir sur le propos de Stéphane, « à qui profite les crimes ? », je dirai simplement en partie à notre République dont au moins 2 des principales valeurs sortent grandies : la Liberté et la Fraternité !
    Personnellement, je ne suis pas Charlie. Je reste Emmanuel ! Je ne suis pas un lecteur assidu de Charlie Hebdo. Même si plus d’une couverture ou articles m’ont fait sourire ou même rire.
    Le second degré, pour être compris, nécessite une ouverture d’esprit qui s’apprend avec l’éducation, mais pas seulement. Il m’est arrivé de croiser des gens bardés de diplômes totalement hermétique à toutes périphrases ou autres métaphores !
    Comme l’a si bien dit Desproges « Peut-on rire de tout ? Oui, mais pas avec n’importe qui ! »

    Maintenant, il faut espérer que nos politiques entendent cette voix unie qui fait la grandeur de la France. Qu’ils se mettent, enfin, au service de l’État et des français (de TOUS les français) et non plus de leurs intérêts partisans. Et que les solutions d’intégrations et de bien vivre ensemble, connues de longues dates, soient (re)misent en œuvre.
    Mais là, je bascule sûrement dans l’utopie… 🙁

    • Bonjour Emmanuel,

      Si on vous avait dit que ce genre d’événement aurait donné comme résultat la plus grande marche de France (certainement d’Europe) toutes origines confondues, vous auriez sûrement parlé d’utopie…

      Personne ne pouvait prédire ce qui s’est passé. C’était utopiste. C’est pourquoi je pense que l’une des continuité possible, c’est l’optimisme homéo-utopique.

      A++

      Stéphane

  5. Cher Stéphane, merci de tes vœux visant l’individuation dans la douceur. Je m’y associe.
    Je ne suis pas Charlie. Je suis bedeau s’interrogeant sur les valeurs de sa vie.
    Suis-je Terroriste et Charlie et Toutes les églises en même temps ? je le crois mais… me faut-il allumer une bougie à l’extérieur pour oublier ce noir qui brille aussi mon intérieur ?

    Comme quelques autres co-créateurs (c’est à dire nous tous) de notre monde je m’interroge. Je m’interroge pour savoir si en allumant ma bougie censée rendre hommage aux victimes je ne rends pas surtout hommage à moi/la victime, qui dans son triangle infernal (victime bourreau sauveur) aimerait passer dans une autre dimension (permission protection puissance) ? comme le propose Karpman
    Je m’interroge, savoir si mes copains seraient encore en vie si nos médiatiques parasitages devenaient moins prégnants.
    Je m’interroge, savoir comment (pour donner du sens à son existence) on en vient à enlever des vies.
    Je m’interroge, savoir pourquoi nous n’allumons pas de bougie lorsqu’une enfant de 10 ans se fait exploser.
    Moi qui travaille avec ce qui anime l’individu je m’interroge sur ce qui nous lie, sur le message que nous sommes en train de créer, le message de fond que l’univers nous fait passer.

    Un oiseau passe. Il caca fait sur l’épaule de notre président (information vérifiée) ; Charlie sûrement se serait bidonné s’il était encore vivant. Y verrai-je synchronicité, en rirai-je pour art-résilier, oserai-je encore ouvrir ma grande gueule de co-vivant pour dire : merci l’oiseau, chier les terroristes, OUI à la vie…
    Love

    http://www.lemonde.fr/societe/article/2015/01/10/unanimite-des-hommages-a-charlie-un-contre-sens_4553578_3224.html
    Ce lien mérite t-il lui aussi d’être regardé ? Peut-être que tous les regards sont importants pour rencontrer un peu plus d’équanimité ?

    Sommes-nous obligé d’attendre les catastrophes (ou pire les provoquer) pour ensuite oser vivre ensemble (joyeux, communicant, solidaire, créatif, heureux… ?)
    belle continuation à tous. merci de tes actions Stéphane.
    PhR

    • Affirmer «JE SUIS CHARLIE», c’est du second degré pour la plupart des gens qui ont adopté le slogan. C’est comme «JE SUIS JUIF». C’est facile à dire jusqu’au moment de la circoncision…

      Charlie Hebdo n’enregistrera pas 3 millions d’abonnements après avoir vendu 3 millions d’exemplaires. Nous resterons libres de choisir.

      Faut-il attendre la catastrophe pour réagir ? La réponse est NON ! Mais c’est comme ça… C’est dans notre nature…

      Le Développement Personnel propose justement d’agir AVANT. Faut-il attendre l’accident cardiovasculaire pour commencer à mieux manger et à faire du sport ? Non ! Evidemment… On peut agir en amont.

      Mais le plus grave serait de ne pas le faire après l’accident, et de tenter de culpabiliser ceux qui le font.

      L’article auquel tu fais référence mérite d’être lu, bien-sûr ! Mais il faut le prendre au second degré. Car au premier degré, c’est juste de la peine qui s’exprime… quoi de plus normal après ces évènements ?

      Dans le judaïsme, lorsqu’on perd un proche, même pour cause «naturelle», le deuil commence par 7 jours où beaucoup de choses sont permises, y compris blâmer D.ieu (certains incitent même à le faire pendant que c’est permis. Ca permettrait une meilleure résilience).

      Au second degré, tout ce qui est dit par ces survivants mérite une réflexion profonde sur ce que nous voulons vraiment ETRE, après avoir été Charlie.

      Le seconde degré involontaire, ce serait un comble me diront certains… Eh bien non, pas pour ces gens-là. Même meurtris, ils ont un message au delà du message. C’est inscrit en eux ! Autant que l’empathie est inscrite dans la plupart des être humains.

      Le message est : d’autres libertés se battent et risquent de mourir dans l’indifférence. Faut-il attendre qu’ils soient rayés de la carte pour les regretter ?

      Quant à la fillette de 10 ans qui se fait exploser… Bien sûr qu’il faut allumer une bougie ! Mais il faut aussi, et c’est une priorité absolue, mettre la main sur ceux qui l’ont entourée d’explosifs, et les empêcher de recommencer sur une autre fillette.

      Pour nous comme pour ces fillettes, le POUR QUOI est exactement le même.

      A++ Ph

      Stéphane

  6. Ces crimes serviront à nos enfants, parce qu’ils auront vu leurs parents se mobiliser pour qu’ils ne grandissent pas dans un monde où l’on peur.

  7. j’aimerais réagir suite aux commentaires de Stéphane à propos de mon interrogation: « à qui va profiter le crime » qui me semble être une question saine…
    Le drame qui a voulu frapper les personnages emblématiques de Charlie hebdo est clairement une exécution suite à une fatwa. En d’autres temps, d’autres religions ont eu une interprétation aussi obscurantiste des écritures, l’évolution de l’espèce humaine est fragile et jamais acquise. Nous nous devons d’être attentif et aussi un peu ou beaucoup dans l’analyse des faits et de ce qu’ils vont entrainer… et en mesure d’y réagir, de choisir!
    J’ai simplement peur que sous prétexte de défense des libertés, on tente de nous en priver encore davantage, car si « contrôle » renforcé il y a, il va s’appliquer à tout un chacun, voilà le fond de ma pensée.
    D’autres parts, cette réaction de masse, quatre millions de personnes dans la rue, est pour moi davantage l’expression d’une sorte d’inconscient collectif qui veut dire: nous sommes là, vivants et nous existons, mais… nous n’avons plus la « Parole », car la parole, l’expression est confisquée par une poignée de gens: politiques et médias… le problème est là, voici le complot!!!

    • Jean-Pierre,

      La première chose que je regrette dans votre intervention, c’est de l’avoir vue s’exprimer dans un lieu de recueillement. J’ai une grand respect pour les cérémonies, et il ne me viendrait pas à l’idée, au moment où on me tend une allumette et un cierge, de souffler sur tous les cierges allumés précédemment. Je peux toutefois m’éclipser discrètement, respectant l’idée que ce n’est pas le lieu ni le moment de me manifester.

      J’accepte toutefois l’idée (l’excuse) qu’un article intitulé «hommage» n’a rien à voir avec une visite au cimetière ou dans un lieu de culte. Je pense que vous n’avez donc pas compris où vous étiez…

      Après, hors du contexte de recueillement, le débat est ouvert. Et c’est ce que je viens de faire. Ma gorge est libérée. Vous voulez théoriser autour du complot ? Vous avez trouvé votre homme !

      A propos de la théorie du complot : Je ne dis pas que les complots n’existent pas . La preuve : 2 hommes (et plus) ont comploté contre Charlie Hebdo. Mais le pire des comploteur qui puisse exister, vous l’avez en vous. Vous ne faites pas exception, chacun de nous a un comploteur en soi, dirigé contre soi !

      Et si vous voyez un complot dans la marche républicaine de dimanche, c’est parce que votre comploteur intérieur en a décidé ainsi.

      Je ne ferais pas du Développement Personnel si je croyais être une marionnette.

      Un mot à propos du contrôle renforcé :

      Lorsqu’on fouille mes bagages avant que je prenne l’avion, c’est certes long et désagréable, mais je suis rassuré, car si on fouille les valises et les sacs d’une famille avec 4 enfants, ça veut dire que je peux voyager tranquille grâce à ce contrôle renforcé. Il n’y a aucune raison de le prendre personnellement. C’est la même loi pour tous. Et c’est rassurant !

      «nous sommes là, vivants et nous existons, mais… nous n’avons plus la « Parole », car la parole, l’expression est confisquée par une poignée de gens: politiques et médias…»

      Désolé, mais ce n’est pas l’impression que j’ai eue ce dimanche. Et en supposant que ce soit le cas, entraîner 4 millions de personnes dans une marche pour l’amour, c’est que du bénéf ! Si c’est un complot, c’est un sacré coup de maître !

      Profitons !

      A++

      Stéphane

  8. Bonjour mr Solomon,

    M’autoriseriez-vous à reproduire la fin de votre texte ur mon profil FB quand vous évoquez ce qui doit profiter de ce crime s?

    Cordialement,

    Xavier

  9. Le second degré… je vois bien l’intérêt de la notion si elle m’aide à dépasser une première émotion négative et à choisir une autre émotion qui m’entraînera vers des actions plus constructives, comme tu le décrivais hier, avec des mots qui m’ont beaucoup aidée (même si je n’ai pas trouvé les mots pour t’envoyer un feedback à la hauteur de l’aide reçue. – Il me faut sans doute encore du temps pour assimiler et appliquer ce point de coaching). Savoir rire de soi-même est aussi extrêmement bénéfique. « Heureux ceux qui savent rire d’eux-mêmes, ils n’ont pas fini de s’amuser ! »
    En tant qu’auto-coach, la notion de premier/second degré peut aussi m’aider à discerner si ce que ce que je veux exprimer ne risque pas d’être masqué, pour mon interlocuteur, par un premier degré, par des a priori, par un message corporel, ou par tout autre élément qui l’empêche d’entendre le principal.
    Mais ce qui me gêne, c’est si la notion de second degré sert d’excuse facile. Cela m’évoque le « c’était pour rire » par lequel les enfants prétendent se disculper de n’importe quel mot ou geste agressif, et renvoyer la culpabilité vers la victime qui manque d’humour. Dans le cadre des réflexions générales suscitées par les événements de la semaine dernière, il y aurait sans doute aussi place pour une réflexion sur les limites acceptables du second degré, de la satire, de la dérision. La société et la justice françaises sont déjà allées très loin dans l’appréciation de ce qui est acceptable/inacceptable en fait d’expression du racisme et de l’antisémitisme. La réflexion semble moins avancée quand la moquerie vise d’autres cibles.
    J’aimerais aussi partager une image qui m’est venue après une discussion de la protestante que je suis avec un ami, prêtre catholique. Il y a dans son approche religieuse des choses complètement incompatibles avec ce qui est le ressort principal de ma vie. Mais la fraternité entre nous est bien réelle quand même. L’image qui m’est venue est celle-ci : Si je trouve des fautes d’orthographe dans une lettre pleine de tendresse écrite par un enfant, il est évident que ces fautes ne m’empêcheront nullement de recevoir toute la tendresse de son message, et que ma propre tendresse n’en sera nullement affectée. Cependant, une faute reste objectivement une faute. Et, si l’enfant m’interroge précisément sur ce point, j’aurai peut-être un jour l’occasion de lui donner une explication sur ce sujet, sans rapport ni avec sa lettre ni avec notre relation. C’est ce genre de distingo qui me permet de respecter, voire d’aimer, les personnes de toutes confessions aussi bien que les agnostiques ou les athées, tout en regrettant très profondément que des convictions erronées les écartent de LA Bonne Nouvelle. Si tu me sollicites, on pourra parler tranquillement de ta religion et de la mienne sans que cela affecte notre relation. Mais si l’un de nous prend l’initiative de dire tout ce qu’il reproche à la religion de l’autre, il y a fort à parier que le premier se sentira agressé, comme le serait l’enfant si je corrigeais ses fautes au lieu de répondre à sa tendresse.
    Cultivons le beau « tous ensemble » de dimanche, et, quand c’est possible, dialoguons calmement sur ce qui nous divise.

      • Ah YES ! superbement dit.
        « si l’un de nous prend l’initiative de dire tout ce qu’il reproche à la religion de l’autre, il y a fort à parier que le premier se sentira agressé, comme le serait l’enfant si je corrigeais ses fautes au lieu de répondre à sa tendresse. » Merci Sylvia

  10. Bonsoir à tous

    ce jour , j’ai entendu « ne cherche pas le diable chez l’autre mais le divin chez toi  »
    reste l interprétation que l’on peut en faire , je la souhaiterais divine .

    Tres douce année a tous

  11. Je crois que si Wolinski, Charb, Cabu, Tignous et Honoré avaient pu imaginer une seconde la journée de dimanche, ils auraient pris cela comme une énorme farce. Mais ils adoraient les farces…

    La marche de dimanche a rassemblé autour de leurs noms et du symbole que représente leur assassinat. Mais pas seulement.

    Il y a eu 17 victimes. A part peut être la première victime, Frédéric, qui n’a pas été « choisie», toutes les autres ne l’ont pas été par hasard mais du fait de leur activité professionnelle ou de leur religion, et abattus sciemment, froidement pour créer la terreur. Les témoignages des survivants sont glaçants.

    Au-delà du soutien à un journal satirique, beaucoup sont venus marcher samedi ou dimanche, ou se sont associés d’intention, pour clamer qu’on ne peut pas être tué pour sa fonction, ses opinions, sa religion, sa couleur de peau. Les participants ont aussi voulu être ensemble.

    Dans les familles il y a souvent des conflits, des gens qui ne parlent pas à d’autres. Les mariages et les enterrements sont des moments où l’on fait taire ses dissensions pour se réunir autour d’un événement qui nous transcende. C’était le cas dimanche. Tout le monde n’était peut-être pas là pour la même raison, mais tous ceux qui étaient là avaient fait le choix de montrer leur attachement à des valeurs qui rassemblent et de mettre sous cloche pour un temps ce qui divise. La photo d’Angela Merkel appuyée les yeux fermés sur l’épaule de François Hollande est belle, forte. La France et l’Allemagne ne sont pas toujours d’accord, mais dans un moment pareil, c’est les yeux fermés que l’Allemagne accorde son soutien et sa confiance à la France.

    A l’Assemblée Nationale aujourd’hui c’était aussi un moment historique. L’ensemble des députés chantant spontanément ensemble la Marseillaise ce n’était pas arrivé parait-il depuis 1918 ! Les députés de tous bords remerciant le gouvernement pour son action et l’applaudissant qui l’aurait imaginé il y a une semaine ? Oui bien entendu l’unité n’aura qu’un temps et il est nécessaire qu’il y ait des débats. Mais il y aura un avant et un après. Personne ne peut oublier 4 millions de personnes dans la rue.

  12. Bonjour,
    La journée de dimanche m’a fait énormement de bien, et à beaucoup de monde, d’après ce que j’ai pu voir.
    Et je dois dire que parmi toutes les images qu’on a vu, celles des policiers se faisant applaudir me mets les larmes aux yeux à chaque fois. Dans ce pays qui s’attaque si souvent aux flics (je lisais Gaston Lagaffe enfant et j’ai des restes 😉 ), un tel mouvement spontané, c’est particulièrement émouvant, parce qu’il est sincère. Une vraie reconnaissance et pas une récupération nationaliste. Et punaise les flics on se moque mais qu’est-ce qu’on a besoin d’eux dans des moments si durs !
    Après sur le second degré, je fais partie de ceux qui en ont font l’expérience tous les jours, sans parler de Charlie Hebdo. Force est de constater que c’est une forme d’humour que tout le monde ne comprends pas. Pourtant je crois que c’est une prédisposition de l’esprit que l’on peut tous avoir, encore faut-il être un peu moins crispé. J’ai la chance d’avoir des amis qui le pratiquent, et qui n’hésitent pas à gentiment me faire descendre de 2 3 marches. Ça fait un bien fou, qu’est-ce qu’on peut rire quand on accepte d’être caricaturé ! Dès le lycée j’avais des amis dessinateurs, on ne se privait pas entre nous, et on apprend énormément, et même ça fait du bien la caricature, on comprends alors la différence entre l’image et nous, on voit le regard des autres, qui n’est qu’un regard à un moment, et pas une sentence.
    L’humour dans les moments difficiles, ça nous sauve. Et là ces derniers jours on ne s’est pas privé : qu’est-ce qu’on a pu voir passer comme « conneries » sur le web !
    Par contre Shabbat j’y connais rien ! Déjà que je dois apprendre le coran, je ne suis pas au bout !! Je rigole mais c’est un peu vrai, j’ai des amis musulmans, une amie en particulier, et on a beaucoup à s’apprendre. Je ne suis pas trop religion, autant le dire de suite, mais je crois qu’il y a des merveilles de spiritualité en Islam, même s’il y aussi des horreurs. Comme dans d’autres religions en fait.

  13. Bonjour,

    Merci pour tous ces messages imprégnés de tolérance.

    Car ce n’est pas comme si on avait le choix de l’intolérance!
    Je me demande souvent comment ceux que j’aime peuvent m’aimer.
    Je suis comme Charlie Hebdo, c’est facile de trouver des raisons de détestation et je suis la première à en trouver, beaucoup!
    Cependant, je me tolère, parce que je n’ai pas d’autre choix, j’en conclus que mes aimés me tolèrent aussi avec clairvoyance et bienveillance. Tout comme Sylvia fait le départ entre le fond de tendresse et la forme avec fautes d’orthographe de l’enfant qui vient à elle.

    Et comme par ailleurs, je sais être une (infime) partie de l’Humanité, une (infime) partie de la Vie objectivée, une (infime) partie de l’Energie matérialisée ou non, alors, je n’ai pas le choix de l’intolérance.

    Je suis Charlie tout comme je suis moi ou comme je suis l’autre ainsi que le dit Ph Ruby. Le terrible c’est d’ajouter « quel qu’il soit »: le caricaturiste et son assassin, la fillette de 10 ans et ceux qui l’ont « ceinturée », le flic et le manifestant, l’iconoclaste et le pratiquant, le désespéré et celui qui redresse la tête dans la tempête …

    La journée de dimanche a été un baume et un énorme élan d’espoir. Sûr qu’il y a eu un avant et qu’il y aura un après. (Nous sommes encore dans le il y a … résistance).

    Excusez mon message un peu décousu, il est à la mesure du trouble provoqué par cette semaine hors norme, énorme.

    Les image qui surgissent en moi sont alternativement celles de l’horreur et celles de l’espoir. J’observe comment elles s’interpénètrent et s’expliquent l’une par l’autre. Elles se superposent d’ailleurs à des images de la seconde guerre mondiale de l’horreur des camps à la jubilation de la Libération sur fond de deuil et de désespoir.

    J’ai eu envie de participer à cet échange mais je vois que je n’ai pas dépassé encore le stade de l’émotion et de la profonde remise en question que ces événements ont suscité. Je n’arrive pas encore à rire des dessins humoristiques qui fleurissent partout. Y compris de ceux qui sont sans rapport avec les événements récents.

    J’arrête, juste avant Shabbat…

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