Qu’est-ce qu’un auto-coaching ? (2/2)

Dans mon précédent article, je vous expliquais ce qu’un Coaching pouvait vous apporter, en le comparant (souvent par opposition) à d’autres prestations plus connues. Ainsi, j’ai insisté, j’insiste et j’insisterai encore sur le fait qu’un Coaching n’est pas une Formation, ni une prestation de Conseil, ni un Thérapie, ni un Mentorat, ni un parcours Spirituel… Ces rappels sont vraiment nécessaires, car parfois le coaché est tellement convaincu qu’il est dans une formation, qu’il veut transformer le coach en formateur. Ceci se manifeste de trois façons :

  • La première est franche et positive : le client dit à son coach «dites-moi comment on fait !». Le coach peut alors expliquer à son client que la connaissance est déjà en lui, mais que «quelque chose» doit être révélé pour autoriser le passage à l’action. La prestation consiste à trouver ce déclencheur, et à le mettre en lumière.
  • La seconde est plutôt négative : le client reproche à son coach de ne pas lui apprendre grand-chose, car tout ce qui a été dit, il le savait déjà. Cette frustration vient d’une soif de connaissances nouvelles que le coaché ne peut contenir. L’attente est telle, que la déception de ne pas l’assouvir masque l’intérêt du Coaching. Le coach peut alors recommander une Formation. Il est possible que le Coaching s’arrête là (si la Formation était le but caché), mais il peut également être suspendu pour se poursuivre après la Formation.
  • La troisième manifestation est plutôt agressive : lorsque le coaché est convaincu qu’il est face à un formateur qui lui enseigne un savoir, il perçoit tout ce que lui dit son coach sous ce prisme. La moindre proposition du coach est alors assimilée à une procédure à suivre, parce que «c’est comme ça qu’on fait !». L’agressivité apparaît si le coach fait deux propositions contradictoires (chacune d’elles étant une solution possible), le client peut alors lui dire «Mais… Il y a 5 minutes vous m’avez dit de faire le contraire !!! Je fais quoi ???».Le coach doit alors rappeler à son client qu’il n’est pas là pour prendre des décisions à sa place, mais pour l’accompagner dans l’élaboration du plan d’action. La prestation consiste à faire des choix en fonction des valeurs, des croyances et des objectifs du client.

    C’est comme un test de personnalité où les questions sont à choix multiples. La «bonne réponse» n’existe pas. Ce qui importe, c’est de cocher l’une des cases, pour passer à la question suivante. L’ensemble des réponses constitue un «profil», mais il n’y a pas de vérité ou de «meilleur profil», juste une meilleure connaissance de soi.

    Lors de l’élaboration d’un plan d’action, ce ne sont pas des solutions-types, mais un panel d’actions qui sont proposées. Elles peuvent être contradictoires ou complémentaires. C’est au client de piocher dans tous ces POSSIBLES, de préférence en expliquant POURQUOI certains choix sont approuvés, et d’autres évincés. Ceci permet de s’assurer qu’on ne passe pas «à côté» d’une solution facile et rapide (à cause d’un apriori par exemple).

Ces mêmes manifestations biaisées peuvent apparaître lorsque le client s’attend à une thérapie. Il pourrait dire à son coach : «mais vous n’êtes pas payé pour réveiller mes douleurs, me stresser ou me culpabiliser ! Vous êtes là pour atténuer mes souffrances !». Le coach doit alors rappeler à son client que la souffrance est «hors cadre», et que si elle apparaît de façon si violente lors d’un entretien, une thérapie est à envisager.

Par contre, si l’émotion est surmontable et le client l’exprime clairement, le coach peut poser la question : «mais pourquoi vous sentez-vous coupable, lorsque je vous dis cela ? Il n’y a aucune raison, ce n’est qu’une idée, une proposition que vous pouvez refuser si elle vous contrarie… Comprenez que c’est vous qui transformez ce que je dis en vecteur de culpabilité, de colère, ou autre sentiment négatif… Mais ce ressenti vous appartient, car il n’y avait pas d’intention sournoise de ma part. Si vous pensez qu’on peut analyser ce feedback sereinement, dans le dialogue, ça mérite d’être relevé dans le cadre d’un Coaching. Si la simple évocation vous remet dans un état de souffrance, ça relève de la thérapie».

Auto-coaching

Dans un cadre d’auto-coaching, tous les principes évoqués précédemment (tant dans cet article que dans le précédent) restent des règles de base. La seule différence, et qu’au moment de choisir votre coach, vous avez opté pour vous-même !

J’insiste ! Dans ce processus, je ne suis pas votre coach, mais l’auteur d’un programme d’auto-coaching. Si vous voulez que je vous coache, c’est possible (06.14.33.09.66). Mais tant que vous avez décidé que l’auto-coaching vous convient, le coach, c’est vous ! Vous dirigez la diligence, tout en étant voyageur…

Dans chaque article, je m’adresse donc à un binôme coach/coaché :

  • Le coach qui est en vous, et qui est d’une certaine manière un confrère avec lequel je vais partager des connaissances et des compétences (par exemple cet article et le précédent recadrent la «posture du coach et du coaché»). Vous apprenez donc des choses, comme dans toute communication, mais ce n’est pas un cours.
  • Le coaché, qui s’est inscrit en même temps que son «coach intérieur», afin que celui-ci l’aide à atteindre la performance dans différents domaines, tels que la gestion du temps, le rapport à l’argent, la confiance en soi, les techniques d’apprentissage, la pensée positive, etc.

L’effet que je souhaite provoquer, en tant qu’auteur, c’est un dialogue entre le coaché et le coach : donc un dialogue intérieur,un introspection… Ce dialogue est stimulé à travers divers thèmes que j’aborde soit dans cette newsletter gratuite, soit dans un programme payant, plus approfondi.

Posture de lecture

Lorsque vous lisez mes articles, si vous les prenez pour des cours, des conseils, voire des sommations, au lieu de les prendre pour des idées, des partages ou des propositions, vous faites fausse route. Vous lisez «à côté», et vous perdez votre posture de coach. Ce biais peut vous mener vers des réactions négatives, du type :

  • Mais pour qui il se prend ?! (lorsque je partage un succès avec vous)
  • Il a décidément un égo démesuré… (lorsque je vous parle de confiance en soi ou de leadership)
  • Il ne supporte pas la critique, ce bonhomme-là ! (lorsque je recadre un commentaire qui me paraît intéressant à développer)
  • D’un article à l’autre, il se contredit ! (lorsque je vous propose plusieurs choix pour progresser, et que j’insiste sur le fait que vous avez toujours le choix)
  • C’est un vendeur-manipulateur qui cherche à me culpabiliser pour me soutirer quelques dizaines d’euros ! (Lorsque je vous propose de vous inscrire à des programmes payants).
  • Etc.

Comme vous le remarquez, toutes ces réactions négatives sont focalisées sur MOI (l’auteur) au lieu d’être focalisées sur VOUS (le coach) et sur ce que ces articles peuvent vous apporter au quotidien. Cette façon de percevoir mes écrits risque de vous faire perdre le bénéfice du sens profond de mes écrits : le thème abordé, qui mérite une introspection et une adaptation de votre part. Si je vous coachais en direct, en lisant mes propres articles, la première chose que je ferais, c’est une ADAPTATION des propos à votre situation qui est unique. Je ne prendrais pas mes écrits pour argent comptant, mais pour des sources d’inspiration, qui provoquent chez chaque personne des pensées, dés motions et des actions différentes.

Et vous ?

Cet article et le précédent ont été écrits, parce qu’en lisant certains commentaires, je me suis rendu compte que beaucoup de lecteurs étaient «à côté» de ma véritable vocation. Un recadrage était donc nécessaire, et il y en aura d’autres.

Mais ce recadrage n’est pas un sermon, une critique, ou une façon de me plaindre de mes lecteurs. Mes 4 derniers articles sont en réalité des démonstrations d’auto-recadrages. C’est MA communication que je remets en question, car il est évident que j’ai une grande part de responsabilité dans ces «à côté». Ma communication a besoin de clarté !

Soyez «acteur» dans votre communication

Lorsqu’un communicant s’aperçoit que sa communication est biaisée par ses interlocuteurs. Il a 3 choix (au moins) :

  1. Il peut bomber le torse, sermonner ses correspondants et leur démontrer qu’ils ont tort à 100%, alors que lui, fait du bon boulot ! (c’est la propension naturelle).
  2. Il peut s’excuser pour toutes ses fautes, se recroqueviller sur lui-même, se flageller, prendre ses sandales et retourner dans le désert… (C’est le cas de ceux qui manquent de «confiance en soi» et qui se culpabilisent à la première critique).
  3. Il peut marquer une pause dans sa communication, éliminer les parasites qui brouillent la ligne, reconnaître sa part de responsabilité, car ce parasitage aurait pu être anticipé, et enfin, revenir plus fort, plus clair, plus serein…

J’ai choisi la troisième option. Je vous invite à y réfléchir, non pas autour de ma communication, mais autour de la VOTRE. Nous sommes dans un programme d’auto-coaching et mon auto-recadrage peut vous servir de modèle :

Lorsque vous communiquez, vos interlocuteurs comprennent-ils ce que vous exprimez ou sont-ils «à côté» ? S’ils sont «à côté», sont-ils les seuls responsables où avez-vous laissé la ligne se brouiller, au point même qu’ils en oublient votre fonction ?

Votre fonction a-t-elle été clairement définie ? Sinon, pensez-vous qu’elle doit être implicitement reconnue par tous, ou qu’un rappel peut AIDER certaines personnes à rester dans le mouvement, avant que la communication ne soit rompue ?

Lorsque cet effort est nécessaire, une tierce personne peut-elle vous aider ? Où la trouverez-vous ?

  • Parmi ceux qui vous comprennent au quart de tour ?
  • Parmi ceux qui ne vous comprennent pas ?
  • Ferez-vous appel à une personne étrangère au système ?
  • Vous autoriserez-vous à solliciter l’aide des trois personnes ?

Trouvez votre réponse, et au boulot ! Cet effort pourrait vous demander 30 heures de travail, mais il vous fera gagner des centaines d’heures dans l’année. C’est un investissement d’auto-coach. C’est à dire d’une personne qui a besoin d’un coaching, et qui parvient (dans certains cas) à s’auto-motiver, s’auto-interroger, s’auto-transcender…

A++

Stéphane SOLOMON

3 réflexions au sujet de « Qu’est-ce qu’un auto-coaching ? (2/2) »

  1. Bonjour Stéphane.
    Recadrage utile. Avec le temps, il est vrai que l’on se laisse aller à la facilité et qu’il est beaucoup plus facile d’ingurgiter des « cours » que de réfléchir et de transposer pour transformer.
    Je vais vous relire avec un regard plus « expérimenté », coach en vérité.
    Merci Stéphane, ou cher confrère, encore que je ne me sente pas vraiment à la hauteur, et pas par modestie.

    • Bonjour Max,

      Merci pour cette première intervention.

      Etre à la hauteur… Quel beau sujet !

      Mon beau-père n’est pas à ma hauteur. Il est même très très en dessous… Je ne dis pas ça pour dénigrer le père de ma compagne, mais parce que c’est vrai ! Il est vraiment trop nul ! En informatique…

      Par contre, lorsqu’il se penche sur mon potager, c’est autre chose… Je me sens tout petit, et je bois ses paroles, j’essaye d’imiter ses gestes, et j’aspire à devenir un jour aussi grand que lui, côté main-verte.

      Etre à la hauteur, ne veut rien dire : Nous avons tous nos handicaps et nos excellences. Nous composons avec. Et la vie étant faites de choix, je pourrais le dépasser en quelques mois ou quelques années si je décide de me consacrer pleinement à l’activité de jardinage.

      Côté coaching, vous n’avez pas mon expérience, donc vous n’avez pas la «main verte» du coach. Mais côté auto-coaching, vous pouvez me dépasser très rapidement, car votre auto-coaching consiste à accompagner Max… Et si vous acceptez l’idée que ce travail en solo est possible, alors très vite, vous me dépasserez dans le domaine de l’auto-coaching de Max.

      En vous accordant quelques petits moments d’auto-coaching régulièrement, vous étendrez vos possibles, vous observerez les choses avec un regard plus aiguisé, et vous aborderez vos réflexions avec davantage de détachement. Vous mesurerez vite vos progrès. Et si vous voulez encre plus de performance (on en prend vite goût), vous pourrez vous auto-suggérer de faire appel à un coach expérimenté qui vous portera vers d’autres sphères.

      En attendant, vous pouvez viser de hautes sphères en PRENANT LE TEMPS de vous occuper de vous en suivant quelque programmes. Vous le savez, vous y avez déjà goûté. Et si vous êtes là à me lire et à m’écrire, c’est que ça vous réussit.

      D’une manière générale (ça ne concerne pas que mes programmes), autorisez-vous à garder ce qui vous réussit, faites-lui de la place à tout ce qui vous permet de progresser (en vous délestant de ce qui ne vous apporte rien), et vous serez toujours à la hauteur : de plus en plus haut.

      A++

      Stéphane

  2. Bonjour,
    Effectivement j’avoue être restée dans une routine de « lecture passive » pendant une longue période… En même temps, c’était peut-être une « incubation » nécessaire. J’engrangeais (quand je lisais les messages), pour plus tard… Procrastination, quand tu nous tiens !
    Pour moi, l’élément déclenchant pour sortir de cette hibernation a été la série de messages sur l’inversion de locus, de par la générosité de la proposition (au sens de la générosité de cœur). Ce message m’a incité à m’inscrire au programme de la Peau de banane. J’avoue également avoir suivi ce programme dans la peau d’une élève mais tout en « voyant » que je connaissais déjà beaucoup de choses et qu’à chaque lecture c’était comme si je jouais au kaléidoscope avec ces connaissances : une lumière nouvelle les agençait et leur donnait un éclat nouveau, une signification ou une possibilité qui m’échappait.
    Je vois donc ces 2 messages de recadrage comme le mode d’emploi de mon kaléidoscope. Et je m’en vais relire les 2 programmes avec cette posture d’auto-coaching bien comprise.
    Gratitude

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