Technique : Action->réflexion…

Hier j’ai reçu un message qui m’interpelle de la part d’un lecteur (nous l’appellerons «Alex»). Alex me dit :

– Mais pourquoi voulez-vous tuer le PWYW ?

Cette interrogation est suivie de tout un argumentaire (de 3 pages) qui propose «tout simplement» de laisser le PWYW en accès libre. Ou alors d’en parler à la fin de chaque message, en laissant les lecteurs payer (ou pas) sans manipulation, ni culpabilisation, ni aucune forme d’encouragement.

Payera qui voudra : c’est toujours ça de pris !

Pour Alex, le vrai lâcher-prise serait de cet ordre-là…

—–

Il y a 3 thèmes dans cette réaction, donc 3 réponses de ma part :

Je ne veux pas tuer le PWYW

J’aimerais bien le sauver, mais ça ne dépend plus de moi. J’ai atteint mes limites. Je suis allé au delà de ma zone de confort, je me suis promené dans ma zone de développement, et j’arrive au seuil de la zone de danger ! Ca fait 3 semaines que je me bats pour le réanimer, mais je ne peux pas faire ça ad vitam aeternam. Ou alors ce serait au détriment de beaucoup d’autres priorités auxquelles je tiens énormément. Parmi lesquelles l’avenir de TIME-COACH.

Je pousse la voiture en panne de batterie, je lui donne un élan initial en faisant tout mon possible, mais ensuite, elle doit rouler toute seule et la batterie doit pouvoir se recharger pour que le système devienne autonome.

Hier, j’ai envoyé un article qui a généré 4 règlements :

  • Un règlement de 3 euros, qui a prolongé la vie de ce choix d’un jour
  • Un règlement de 15 euros qui a prolongé la vie de ce choix d’un jour
  • Deux règlements de 20 euros, qui ont prolongé la vie de ce choix de 2 jours, mais par la même occasion, ils prolongent la vie du PWYW.

Comme je l’ai écrit à la fin de mon précédent article, les «top PWYW» sont de 10 euros et 20 euros avec respectivement 32 règlements et 18 règlements. Je n’ai jamais dit que TIME-COACH valait ces sommes. Elles ont été élues par la majorité. Une majorité qui est passée à l’action.

Dans l’état actuel des choses, chaque règlement de 20 euros prolonge la vie du PWYW d’une journée (j’ai déjà gagné 2 jours). Demain, je vais supprimer le choix 100 euros, et après-demain, j’en ferai autant avec 50. Ces propositions sont en fin de vie, et c’est toujours le marché qui en a décidé. Le seul moyen de les sauver est de leur accorder de l’importance. Mais il faudrait que ce soit assez massif pour supplanter les «top PWYW» actuels.

Donc, si vous voulez contribuer à hauteur de 100 euros, c’est un choix respectable, mais il y a peu de chances que ça sauve le PWYW, car les règles ont changé hier. C’est moi qui les ai fixées et je les respecterai. Par contre, en payant 20 euros par semaine dans les 5 semaines à venir, vous payerez ce que vous voudrez ET EN MEME TEMPS vous prolongerez la vie du PWYW de 5 jours. Ca donne une dimension différente à l’acte, et je le préfère ! Parce que pendant ces 5 jours de sursis, d’autres lecteurs viendront peut-être ajouter leur effort, et remettre le bateau à flot.

Pourrez-vous passer à l’action suite à ma réflexion ? Ou avez-vous besoin d’y réfléchir encore ? De continuer à réfléchir pour moi ?

Le PWYW en accès libre

Je suis étonné de cette proposition Alex, car j’ai déjà essayé ça ! J’ai dépensé beaucoup d’énergie pour le lancer en mars 2013, mais après quelques participations stimulées par l’opération, le PWYW est devenu plus discret. Résultat : il n’y a eu que 3 règlements en 11 mois.

Ca c’est fait ! Je passe à autre chose.

Le PWYW en fin de chaque article

Alors ça, c’est le gros gros problème. Un problème que j’ai remarqué depuis le début de TIME-COACH et que j’ai réussi à démêler chez certains lecteurs. Mais la majorité reste bloquée :

Dès qu’il est question d’argent dans ce système, la plupart des lecteurs deviennent moins «enseignables». Le simple fait que je propose de payer TIME-COACH provoque chez beaucoup de lecteurs le sentiment que l’article n’est pas une technique intéressante à expérimenter, adapter, améliorer… Mais qu’il s’agit d’une manipulation qui mène vers la caisse ! Je suis apparemment très décevant lorsque je parle d’argent.

Ce sentiment est plus ou moins vif selon les profils. Il est parfois inconscient, mais il s’exprime dans les commentaires de façon plus ou moins subliminale. Voici le dialogue intérieur que provoquent mes propositions de payer chez certains lecteurs :

Ô rage ! Ô désespoir ! Ô argent Ennemi !
N’ai-je donc lu tout ceci que pour cette infamie ?
Et ne suis-je pour cet homme qui semblait toucher ciel
Qu’un pantin sans cervelle, débiteur éternel ?

Ou plus populairement :

Stéphane n’est pas le bon samaritain que je m’étais imaginé… Il veut du pognon, comme tous ces vendeurs de vent ! Il dit qu’il va nous donner des techniques et des outils, et au final, ce qu’il écrit n’est qu’une vulgaire lettre de vente, sans intérêt. Je me suis (encore) fait avoir par un marchand de bonheur !

Vous imaginez bien que ce lecteur s’interdira de pratiquer ce qui est proposé dans mon article, puisque son «rapport à l’argent» déforme mes propos. Il va donc démontrer qu’il n’est pas un pantin, en se désolidarisant de la conclusion (qui propose de payer) ET AUSSI de la technique explorée (puisqu’il la réduit à un argumentaire de vente).

Cependant, malgré tout ce qu’il imagine, j’ai communiqué et partagé gratuitement, avec autant de générosité avec lui qu’avec mes clients.

Il n’y a pas que le «rapport à l’argent» qui obscurcit la perception de générosité et de partage. Si je me mettais à proposer des techniques issues de la bible, toutes les personnes qui ont un «rapport à la religion» tourmenté vont soudainement me trouver moins intelligent. Si je me mettais à parler politique, les militants qui ne partagent pas mes valeurs vont me trouver méchant. Si je me mettais à parler de sexe, tous les complexés du zboub vont me trouver soudainement vulgaire.

Mais l’argent c’est le top sujet : dès que j’en parle, on me trouve à la fois bête, méchant et vulgaire…  Un tout en un qui me fait gagner beaucoup de temps. Et le temps, c’est de l’argent !

Observez les commentaires sous l’article d’hier. Certaines personnes parlent du locus interne et de locus externe, mais d’autres ont complètement occulté le fond de l’article et se sont attachés à la forme, me faisant diverses remarques sur le PWYW. Pourquoi ?

Pourquoi l’essentiel des commentaires ne porte pas sur ces outils de prise de décision externes :

  • Tirer à pile ou face
  • Demander à quelqu’un d’autre de choisir pour vous
  • Demander à un panel de personnes (le marché) de choisir pour vous, et vous fier au plus grand nombre.
  • Fixer des règles immuables d’élimination de choix pour faire disparaître progressivement quelque chose de pénalisant, à moins que… A moins que cette chose ne se révèle soudainement. Qu’elle devienne importante grâce à un plan d’action, et en pleine action. Action->Réfléxion

Il y a tant de choses à dire sur le locus ! Par exemple, tirer à pile ou face, est-ce vraiment du locus externe ? Qui tient la pièce entre ses mains ?…

Je ne dis pas qu’il ne faut pas parler du PWYW. Je dis qu’hier j’ai envoyé un article sur la prise de décision en mode «locus externe». Le PWYW est un exemple d’application, une illustration vivante et d’actualité. Mais cet exemple doit-il poser un écran de fumée sur le concept de fond ? Chose qui ne serait pas arrivée avec un autre exemple, moins en rapport avec l’argent…

Plus vous irez vers la question de fond dans vos raisonnements, plus nous pourrons avancer. Et le temps presse ! Je n’ai plus que 20 jours pour vous aider à mesurer votre état d’avancement, et… payer ce que vous voulez entre les choix qui resteront lorsque vous aurez pris votre décision. En attendant, ces choix s’amenuisent. Et si vous laissiez sa chance au produit en le laissant respirer ?

Alex semble tenir au PWYW en me donnant des conseils, mais il oublie de faire l’essentiel : participer à ce qui lui tient à coeur !

Pour sauver le PWYW, la solution la plus viable est de reconnaître le bénéfice que vous tirez de mes articles, et de les payer 10€ ou 20€. Si 100 personnes font comme vous, ça laissera le temps de réfléchir. En période trouble et face au temps qu’il nous reste, toute autre initiative est risquée. A commencer par celle qui consiste à refaire ce que j’ai déjà fait, et qui a obtenu de très mauvais résultats.

Passez d’abord à l’action qui permettra de donner à VOS PROJETS le temps de la réflexion : Action->Réflexion. En ce qui concerne le PWYW, commencez par :

Payer ce que vous voulez !

Oups… Je n’ai pas pu m’en empêcher ! Cette conclusion très «argentée» risque-t-elle de vous faire oublier le but profond de cet article ? Si vous parvenez à vous préserver du sentiment qui transforme le coach en racketteur, cet article vous révèlera plusieurs techniques, et c’est aussi une clef pour poser un nouveau regard sur beaucoup d’autres articles reçus et à recevoir.

Alors, vous pourrez évaluer le bénéfice tiré par ce programme et…

Payer ce que vous voulez

A++

Stéphane SOLOMON

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Averseng
Averseng

Je n’ai jamais pris le temps de lire un de vos articles en entier, ( vous savez je suis victime d’un manque d’organisation dans la gestion du temps, avec un léger déficit d’attention … ) à part aujourd’hui, le pwyw et votre verbe nous expliquant savoir gérer le temps mais pas l’argent à retenu mon attention. Votre persévérance mérite un coaching financier. d’accord votre espérance de vie ne sera prolongée que d’une journée, mais je ne doute pas que vous pouvez nous parler de la multiplication des pains.
Bonne soirée Marc

A.
A.

Averseng,
Pareil, je n’en ai jamais pris le temps et pour les mêmes raisons que vous. Sauf quelques uns dont celui qui vous a fait réagir. Pourtant,à priori, il y aurait quelques intérêts à en retirer. Parfois, préalablement à ces futures lectures, en travail de fond incontournable pour moi, je classe ces mails dans un dossier TIME COACH. Cela étant fait, plus rien, toute l’énergie que je mets à élaborer des stratégies de travail sur moi condamne tout travail ou presque.
Je pense que si je parvenais à sortir de ce carcan, je commencerai à réfléchir à rémunération, un pourcentage des gain, qu’immanquablement j’en retirerai. Je parle là, des gains pécuniaires.

Caroline
Caroline

Stéphane, vous parlez d’évoquer le pwyw à la fin de chaque article. Et pourquoi pas au début ? Un petit pavé avant le début et hop, voilà, c’est fait : tu payes, tu payes pas, au choix, et tu es au courant avant de « profiter ».

Florence
Florence

Bonjour

OK, essayons de donner des clés externes pour ouvrir des serrures internes.
J’ai adhéré à Time Coach parce que ça ne coutait rien, que je me disais que je pouvais certainement améliorer ma gestion du temps, que des conseils gratuits dans ce domaine ne me serait pas inutiles et que si c’était le cas, je pourrais toujours faire glisser l’adresse mail de Time coach dans ma liste d’indésirables.
J’ai aussi adhéré parce que le message initial sortait de l’ordinaire. Je l’avais perdu, j’ai demandé à Stéphane de me le renvoyer. Cherchez le, relisez le, vous verrez, ça sort vraiment de l’ordinaire. J’aime bien qu’on me sorte de mon ordinaire, et là je le faisais sans aucun risque. Ça c’était le moteur initial. Mais ça ne m’a pas donné un élan suffisant pour plusieurs années ! Il y a bien autre chose.
Mon œil repère immédiatement les mails de Time Coach et c’est toujours avec intérêt et plaisir que je les ouvre. Je suis un peu devenue accro. C’est tellement agréable quand dans ma boîte aux lettres il y a une carte postale au milieu des relevés de banque et des factures. Le mail de Time coach c’est pareil : enfin du vrai contenu au milieu de tout un tas d’autres choses quotidiennes.

Pendant longtemps, j’ai lu sans participer. Je suis parfois très en accord avec ce que dit Stéphane, parfois je trouve ça moins bon. Il n’a pas toujours compris ou accepté cela je pense, parce qu’il aimerait certainement être bon tout le temps. Mais il est comme tout le monde, comme moi, parfois on est vraiment génial, parfois on tombe à côté. Parfois ce qu’il dit me parle et pas à d’autres, et parfois c’est l’inverse. C’est la règle du jeu.
Je dois souvent écrire des rapports ou des résumés et il m’arrive de ne pas savoir par où commencer, sous quel angle attaquer. J’ai un collègue qui sait ce qu’il faut faire dans ce cas : écrire 10 lignes dont je vais m’emparer, dire « ah mais c’est pas du tout comme ça qu’il faut dire les choses » et ça part tout seul. Ses 10 lignes me donnent l’élan nécessaire pour écrire 10 pages. L’angoisse de la page blanche est effacée.

Les billets de Stéphane ont souvent le même effet. Que je sois d’accord ou pas, c’est l’élan pour une réflexion. Parfois elle part dans une direction complètement inattendue parce que de fil en aiguille je suis passée d’un sujet à un autre. Il y a des livres que je n’aurais pas lus, des vidéos que je n’aurais pas regardées, des commentaires de time-coachers que je n’aurais pas lus si je n’avais pas adhéré à Time –Coach.
Il parait que je fais partie de la poignée de personnes à avoir participé au premier PWYW. Je l’ai fait, et je l’ai refait, notamment pour reconnaitre que j’ai besoin qu’on me débarrasse de l’angoisse de la page blanche pour avancer. J’ai aussi participé à plusieurs programmes payants. J’y ai toujours trouvé des choses intéressantes. Je n’ai pas forcément tout trouvé super. Je revendique fortement le droit de ne pas tout aimer, le droit de critiquer. Time-coach n’a pas changé ma vie. Mais Time coach contribue certainement à me faire repérer les valeurs auxquelles je tiens plus que tout, à me réveiller, à m’inciter à revisiter certaines thématiques. Merci pour tout ça Stéphane. Merci pour l’élan.

Combien de livres, de DVD, de CD, de revues, de journaux, de croissants, de bières ou de cafés avez-vous achetés cette année ? Où placez-vous l’intérêt de ce que vous apportent les messages de Time-coach sur cette échelle ?
Time-coach vaut-il le prix d’un bouquin (broché ou de poche ?) ou d’un café au bar ?
Peut-être faites-vous partie de ceux que ne lisent pas (tous) les messages de Time-Coach. Mais vous les gardez. Vous ne vous êtes pas désabonné. Pourquoi ? Juste parce que c’est gratuit ? Vous gardez donc soigneusement aussi tous les messages publicitaires que vous recevez parce que vous avez pris une carte de fidélité dans une chaîne de magasin ? Le fait de mettre les messages de côté « au cas où, pour le jour où j’aurai le temps » n’est-ce pas reconnaitre implicitement qu’ils ont une valeur ? Soyez cohérents : contribuez ou ne conservez pas ce qui n’a pas de valeur pour vous.
Si on souhaite collectivement que le gratuit persiste et même se développe dans notre société, il faut l’entretenir et ne pas compter que sur les autres. Le geste minimum, qui ne coute pas un euro et qui vous rapporte à terme beaucoup c’est déjà de penser à dire que vous savez que ce n’est pas un robot qui vous écrit. Quand un pro prend de son temps pour écrire sur son métier, il est nécessaire qu’il en tire une reconnaissance et une rémunération. Beaucoup de gens sont dans le déni face à cela. De la même façon que beaucoup téléchargent tout sans jamais rien payer.

Mais surtout, contribuez pour vous, pas pour Stéphane. Contribuez pour vous autoriser à reconnaître que vous faites quelque chose pour vous. Pour vous dire que vous avez le droit d’avoir des aspirations autres que métro boulot dodo, que cela vous est nécessaire, indispensable. Que vous n’avez peut-être pas la force, les moyens, le temps, l’énergie de le faire maintenant, mais que vous savez que vous avez quelque part une source qui le moment venu arrosera votre jardin intérieur. Encore une fois pour moi il n’est pas nécessaire d’être conquis par tout ce qu’écrit Stéphane, d’être 100% d’accord, d’adhérer à toutes ses idées pour reconnaître que ce qu’il dit a de la valeur pour vous. Il m’a mise en mouvement. Le chemin m’appartient. Il me montre des routes possibles. Je les prends ou pas. On ne peut pas parcourir tous les chemins, il faut choisir le sien et prendre plaisir à le suivre.

Mais ne restez pas à côté du chemin à regarder passer les autres. Faites un premier pas sur votre chemin.

PIERRE
PIERRE

Eh bien…………. Ce commentaire de Florence vaut presque un billet de Stéphane!!!!
J’avoue que je viens de participer au PWYW pour la première fois, avec le sentiment d’appartenir à une « communauté », une « grande famille »(dans le bon sens du terme, pas une secte!)
Avec aussi la volonté de reconnaître et encourager celui qui prend du temps pour nous.

Florence
Florence

YESS ! et merci de ce commentaire 🙂