Trop petit pour comprendre

Certaines histoires nous marquent en profondeur. Celle que je vais partager avec vous fait partie de mes préférées. Elle m’a été envoyée par mail, un jour, et m’a permis d’aider beaucoup de gens à recadrer certaines croyances, qui s’avèrent être limitantes ou bénéfiques alternativement, en fonction de la situation.

D’où l’intérêt de contextualiser vos croyances, afin de les sublimer lorsqu’elles vous sont utiles, et de les faire taire lorsqu’elles vous desservent. Certains appellent ça l’ambivalence ou le «double langage», mais il s’agit simplement de faire appel à une riche attitude : votre capacité d’adaptation.

Nous avons vu que les croyances sont essentielles pour nous faire gagner du temps. Elles nous mènent vers l’action en évitant l’analyse excessive, qui est une forme de procrastination. Mais certaines croyances, mériteraient un traitement semi-automatique. Elles ont juste besoin d’une petite mise au point avant de vous diriger vers l’action. C’est le cas de cette pensée de Benjamin FRANKLIN, qui fait partie du TOP 3 des arguments des managers et des chefs d’entreprises :

Le temps, c’est de l’argent !

Thomas rentre du travail vers 20h. Sa femme et son fils de 8 ans l’attendaient. Après les embrassades, ils se mettent à table.

A peine le dîner commencé, le petit demande à son père :

– Dis papa, combien on te paye pour une heure de travail ?

– Oh… Ca mon garçon, c’est des affaires de grandes personnes. Profite de ta vie d’enfant tant que tu peux, et évite ces questions !

– Mais si ! Ca m’intéresse ! C’est important pour moi… Alors combien ?

L’enfant insiste. Le père tient bon… Mais finalement, agacé par la répétition de la demande, il finit par lâcher le morceau :

– OK ! Je gagne 40 euros de l’heure ! T’es content ?

– Ah… Est-ce que tu peux me donner 10 euros ?

– J’en étais sûr ! Tout ça pour ça ! Tu as fait ton petit calcul. Tu t’es dit que finalement ça ne représente que 15 minutes de travail, et tu as décidé de me taxer toi aussi !

– Ah non, papa, ce n’est pas ça…

– J’ai été jeune avant toi ! Je sais très bien ce qui t’est passé par la tête ! Eh bien tu peux aller te coucher avec cette idée : 15 minutes, c’est précieux ! Le temps c’est de l’argent ! Tu crois que c’est facile de gagner sa vie mais tu as tort ! J’ai travaillé dur pour en arriver là ! Alors maintenant, vas dans ton lit, tu as largement dépassé l’heure de poser des questions !

L’enfant disparait dans sa chambre. Thomas se concentre sur son repas, sa femme dandine de la tête et suggère à son époux d’aller parler plus calmement à son fils. Il tente de trouver quelques prétextes d’évitement, mais finit par se calmer, et entre dans la chambre de Théo.

Le petit semble dormir. Les yeux de Thomas explorent la pièce mi-obscure : il observe la guitare électrique offerte à Noël et se souvient du bonheur de son fils en déballant le gros paquet. Le cartable est rangé sous le bureau, l’ordinateur est éteint, le calme règne. Il s’apprête à sortir, mais décide de s’accorder un moment de grâce en prenant une grande inspiration. Il aime ce parfum-là… Un mélange de shampooing, de lessive et de transpiration. Un cocktail unique dont il est l’heureux bénéficiaire, ici et maintenant. Comment a-t-il pu se mettre en colère, alors que le sens de sa vie est là ?

Son fils ouvre les yeux.

– Tu ne dors pas mon garçon ?

– Non…

– Excuse-moi pour toute à l’heure, mais tu aurais pu obtenir ces 10 euros sans me demander combien je gagne. Je crois que c’est ça qui m’a mis en colère. Ca s’appelle une manipulation… Tu comprendras plus tard.

– Tu as raison, je suis trop petit pour comprendre.

– Mais non… Je veux juste t’épargner certains problèmes. D’ailleurs, je vais te donner cet argent parce que je pense que tu en as besoin pour une bonne raison. Je te fais confiance.

Il tire un billet de sa poche et le donne à son fils.

Le petit saute de son lit, allume la lumière, se précipite vers sa tirelire, et contre toute attente, au lieu d’y insérer le billet, ouvre le petit cadenas, vide le contenu de la boite, et revient vers son père fou de joie :

– Voilà papa ! J’avais 30 euros dans ma tirelire… Mais grâce à ton billet j’en ai 40 ! 40 euros papa ! Tu te rends compte de ce que ça veut dire ? Ca veut dire que je vais pouvoir te payer pour passer une heure avec toi !

  • Le temps c’est de l’argent
  • Tout travail mérite salaire
  • Plaie d’argent n’est pas mortelle
  • On ne prête qu’aux riches
  • L’argent amène l’argent
  • Il faut bien gagner sa vie
  • Travaillez ! Prenez de la peine ! C’est le fond qui manque le moins…

Ne seriez-vous pas à la merci de certaines croyances concernant l’argent qui, dans certains contextes, s’avèrent très limitantes ?

RICHE-ATTITUDE vous aidera à faire le point

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Stéphane SOLOMON

4 réflexions au sujet de « Trop petit pour comprendre »

    • Bonjour Virginie,

      C’est avant tout un message de TIME-COACH.

      Pour vous, qui avez participé au programme, c’est aussi une forme d’extension de RICHE-ATTITUDE, car il est évident que vous le percevez autrement que quelqu’un qui n’y a pas participé.

      Le lien proposé à la fin permet de s’inscrire au programme que vous avez déjà suivi.

      Merci pour votre question,

      Stéphane

  1. WAOUU très bien justement quand on est dans RICHE-ATTITUDE, super anecdote. Encore mieux que celle de Dale Carnegie où là aussi le Papa revient vers son enfant et s’excuse et arrête de le critiquer. Percutant!
    A Bientôt
    Patrick++

    • La référence exacte de cette histoire est:

      W. Livingstone Larned (pas d’entrée dans Wikipedia ?) écrit originalement aux USA « Father Forgets » en 1920 dans l’éditorial de « People’s Home Journal » puis est publié condensé dans le Magazine Américain the « Reader’s Digest» (1936) . Le livre de Dale Carnegie « How To Win Friends and Influence People » a été publié aux USA à partir de 1936 et traduit en Français « Comment se faire des amis » (1975) et cite cette histoire sous le titre « Les pères oublient » page 38

      SCAN + OCR de mon livre 2011 : DALE CARNEGIE dans le livre « Comment se faire des amis »

      Les parents sont souvent tentés de critiquer leurs enfants. Vous attendez sans doute que je vous dise: « Ne le faites pas. » Je vous dirai plutôt: « Avant de les critiquer, lisez un des classiques du journalisme américain: « Les pères oublient. » Paru d’abord dans The People’s Home Journal en éditorial, nous le reproduisons ici, avec l’autorisation de l’auteur, tel qu’il a été condensé dans le Reader Digest.

      Les pères oublient est l’un de ces articles qui
      – écrits sur le vif, sous l’impulsion d’un sentiment
      authentique – rencontrent un écho chez tellement de lecteurs qu’on les réimprime périodiquement. « Depuis sa première publication, écrit l’auteur, W. Livingstone Larned, Les pères oublient a été reproduit dans des centaines de magazines et de journaux. Il a été reproduit en de nombreuses langues étrangères. J’ai donné personnellement l’autorisation de le lire à des milliers d’écoles, d’églises et de conférenciers. On l’a entendu sur les ondes à d’innombrables occasions. Les journaux des lycées et collèges s’en sont également emparé. Il arrive qu’un petit article, mystérieusement fasse « tilt ». Ce fut certainement le cas pour celui-là.»

      Les pères oublient W. Livingstone Larned

      « Ecoute-moi, mon fils, Tandis que je te parle, tu dors la joue dans ta menotte et tes boucles blondes collées sur ton front moite. Je me suis glissé seul dans ta chambre. Tout à l’heure, tandis que je lisais mon journal dans le bureau, j’ai été envahi par une vague de remords. Et, me sentant coupable, je suis venu à ton chevet.

      Et voilà à quoi je pensais, mon fils : je me suis fâché contre toi aujourd’hui. Ce matin, tandis que tu te préparais pour l’école, je t’ai grondé parce que tu te contentais de passer la serviette humide sur le bout de ton nez; je t’ai réprimandé parce que tes chaussures n’étaient pas cirées; j’ai crié quand tu as jeté tes jouets par terre.

      Pendant le petit-déjeuner, je t’ai encore rappelé à l’ordre : tu renversais le lait; tu avalais les bouchées sans mastiquer; tu mettais les coudes
      sur la table; tu étalais trop de beurre sur ton pain. Et quand, au moment de partir, tu t’es retourné en agitant la main et tu m’as dit : « Au revoir, papa! », je t’ai répondu en fronçant les sourcils : « Tiens-toi droit ! »

      Le soir, même chanson. En revenant de mon travail, je t’ai guetté sur la route. Tu jouais aux billes, à genoux dans la poussière; tu avais déchiré ton pantalon. Je t’ai humilié en face de tes camarades, en te faisant marcher devant moi jusqu’à la maison…
       » Les pantalons coûtent cher; si tu devais les payer, tu serais sans doute plus soigneux ! » Tu te rends compte, mon fils ? De la part d’un père !
      Te souviens-tu ensuite ? Tu t’es glissé timidement, l’air malheureux, dans mon bureau, pendant que je travaillais. J’ai levé les yeux et je t’ai demandé avec impatience : « Qu’est-ce que tu veux ? »

      Tu n’as rien répondu, mais, dans un élan irrésistible, tu as couru vers moi et tu t’es jeté à mon cou, en me serrant avec cette tendresse touchante que Dieu a fait fleurir en ton cour et que ma froideur même ne pouvait flétrir… Et puis, tu t’es enfui, et j’ai entendu tes petits pieds courant dans l’escalier.
      Et bien! mon fils, c’est alors que le livre m’a glissé des mains et qu’une terrible crainte m’a saisi. Voilà ce qu’avait fait de moi la manie des critiques et des reproches : un père grondeur ! Je te punissais de n’être qu’un enfant. Ce n’est pas que je manquais de tendresse, mais j’attendais trop de ta jeunesse. Je te mesurais à l’aune de mes propres années.

      Et pourtant, il y a tant d’amour et de générosité dans ton âme. Ton petit coeur est vaste comme l’aurore qui monte derrière les collines. Je n’en veux pour témoignage que ton élan spontané pour venir me souhaiter le bonsoir. Plus rien d’autre ne compte maintenant, mon fils. Je suis venu à ton chevet, dans l’obscurité, et je me suis agenouillé là, plein de honte.

      C’est la piètre réparation, je sais que tu ne comprendrais pas toutes ces choses si tu pouvais les entendre. Mais, demain, tu verras, je serai un vrai papa; je deviendrai ton ami; je rirai quand tu riras, je pleurerai quand tu pleureras. Et, si l’envie de te gronder me reprend, je me mordrai la langue, je ne cesserai de me répéter, comme une litanie :  » Ce n’est qu’un garçon… un tout petit garçon ! »
      J’ai eu tort. Je t’ai traité comme un homme. Maintenant que je te contemple dans ton petit lit, las et abandonné, je vois bien que tu n’es qu’un bébé. Hier encore, tu étais dans les bras de ta mère, la tête sur son épaule… J’ai trop exigé de toi… Beaucoup trop…

      W. Livingstone Larned

      Au lieu de condamner les gens, essayons de les
      comprendre. Essayons de découvrir le mobile de
      leurs actions. Voilà qui est beaucoup plus profitable et plus agréable que de critiquer, voilà qui nous rend tolérants, compréhensifs et bons. « Tout savoir, c’est tout pardonner.  »
      Dieu lui-même ne veut pas juger l’homme avant la fin de ses jours. De quel droit le ferions nous?

      Ne critiquez pas, ne condamnez pas, ne vous plaignez pas.
      Dale Carnegie
      ***

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