Une bonne action

Hier je vous ai transmis quelques remarques que l’on m’a faites concernant la «vidéo en anglais». J’ai donné une solution technique.

Aujourd’hui, je voudrais aborder le même sujet, non pas sous l’angle technique, mais sous l’angle du Développement Personnel. Et comme nous parlions de biais cognitifs dans cet article, c’est l’occasion d’explorer cet outil en profitant des messages que j’ai reçus, dont certains (pas tous) raisonnent comme des reproches.

Les revoici :

  • Je ne comprends pas l’anglais !
  • Bien dommage que cette vidéo soit en anglais, je n’y ai rien compris ; juste ressenti l’émotion de cette jeune femme
  • J’avais déjà du mal à vous comprendre avant, alors si en plus vous communiquez en anglais, c’est mort !
  • Je comprends un peu l’anglais. Mais à ce rythme-là, c’est dur !
  • J’ai trouvé un autre de vos biais : vous pensez que tout le monde parle anglais, comme vous ! Ca porte un nom ?
  • Pourquoi allez-vous chercher les personnes d’exception outre-manche ? N’y en a-t-il pas à profusion en France ?

Reproches évocateurs

Avant de poursuivre, il me semble important de rappeler que le «problème» avait une solution simple. Il suffit de balader un peu sa souris et s’autoriser à farfouiller… Ce qui fait que la première interprétation qu’on donne à ce genre d’incident est la fainéantise : ces lecteurs voudraient qu’on leur mâche le travail ! Dès qu’il faut faire un effort (même 3 clics), ils sont perdus ! C’est un interprétation possible, mais tâchons d’être un peu plus indulgents, en explorant d’autres aspects du problème, un peu plus profonds.

Evidemment, il s’agit d’un exercice de style. Je ne peux AFFIRMER qu’il s’agit de biais, comme on ne peut affirmer qu’il s’agit de fainéantise. Mais peut-être que cet article fera écho en vous. Voici 4 biais possibles suite aux remarques que j’ai collectées en un week-end :

Biais d’attribution externe

Définition : Tendance à affecter la responsabilité d’une situation aux autres plutôt qu’à soi-même.

Pour vous défendre, vous me direz sûrement : «je ne pouvais pas savoir que les sous-titres pouvaient être activés, car je ne suis pas doué(e) en informatique».

Si c’est ce que vous croyez, vous avez raison ! Alors je vais vous proposer une technique qui vous donnera accès à la «Science Infuse» : OUI, vous pouvez savoir ce que vous ne savez pas ! Il y a cependant une condition : reconnaître ce biais, et accepter plus souvent votre part de responsabilité dans les évènements qui jalonnent votre vie. On appelle ça la proactivité. Ca ne consiste pas à se flageller le dos (culpabilité), mais plutôt à prendre le taureau par les cornes, dans le but de trouver des solutions.

Les proactifs ont naturellement la curiosité de «fouiller». Ils fouillent beaucoup plus que les personnes qui croient que tout problème (et toute solution) vient «d’ailleurs». Un proactif se pose des questions : «est-ce que je peux y faire quelque chose ? Est-ce que ça dépend AUSSI de moi ? Est-ce que Stéphane (que je connais un peu depuis le temps) est du genre à m’envoyer une vidéo en anglais sans sous-titres ?».

Ces quelques questions vous permettront de gagner un temps fou en faisant ce qui est à votre portée, et même davantage… Beaucoup de gens me disent que c’est un métier ! Pour «fouiller», il faut être chercheur, informaticien, artiste, etc. C’est faux : Ce n’est pas un métier, c’est une attitude avant tout. Ceci dit, il y a un part de vérité : l’attitude proactive ouvre les portes de certains corps de métier.

Biais de statu quo

Définition : Tendance à résister au changement, considérant que la nouveauté apporte davantage de risques que de gains.

Ce biais est très complexe, car dans 95% des cas, la résistance au changement ne s’exprime pas à propos du vrai problème. Par exemple, les lecteurs qui n’aiment pas l’idée que je propose des programmes payants, pourraient profiter de cette vidéo pour me dire :

– Je ne comprends pas l’anglais !

Ainsi, ils ont une (fausse) bonne raison de NE PAS s’inscrire. Ils évitent le changement en utilisant un prétexte. Ce biais reste facile à détecter : il suffit de donner une solution au problème cité, et hop ! Un nouveau problème apparaît aussitôt… C’est trop cher ! Ca prend trop de temps ! Ma femme ne veut pas ! Donc ce n’est pas facile à déloger ! Ca demande du temps et de la patience. Tout une stratégie pour convaincre, en cultivant le champ des possibles…

La stratégie du «biaisé du statu quo» consiste à tourner autour du vrai problème sans le citer, de peur qu’on mette le doigt dessus trop tôt. Chez les enfants, c’est un biais courant, car les adultes leur demandent souvent des raisons logiques à leurs choix. Donc au lieu de dire «les épinards, c’est certainement très bon, mais moi je n’aime pas ça !», ils prétextent «Il y a trop de poivre, et ça pique !».

C’est aussi l’un des biais les plus populaires en entreprise dès qu’un changement se profile. Il est également présent dans la relation de couple, lorsque l’homme ou la femme souhaite sortir du train-train quotidien, alors que le conjoint est bien dans ses pantoufles.

Dès qu’un changement comportemental est suggéré : ce biais est votre meilleur bouclier !

Est-il possible de sortir de cette spirale ? Oui : lorsqu’on sait qu’on a un bouclier, il est plus facile de le baisser…

Illusion de savoir

Définition : se fier à des croyances limitantes pour appréhender une réalité et ne pas chercher à recueillir d’autres informations.

Dans notre contexte : si vous CROYEZ que tout coach doit maîtriser la langue de Shakespeare, vous ne chercherez pas une «solution en trois clics», car il est évident (pour vous) que je m’attends à ce que vous sachiez parler anglais.

Je vais vous faire une confidence : je suis tout à fait d’accord avec le lecteur qui évoque un rythme difficile à suivre. Même si je comprends bien l’anglais, la jeune-femme de cette vidéo parle trop vite pour moi (sans parler de la charge émotionnelle qu’elle dégage). Sans sous-titres, je n’aurais pas accroché, ni partagé…

Non ! Il n’est pas nécessaire de savoir parler couramment l’anglais pour être coach ! C’est toujours mieux, me dira-t-on… Oui, effectivement, comme dans tous les métiers.

Biais d’appariement

Définition : se focaliser sur les éléments contenus dans l’énoncé d’un problème

Je l’ai déjà évoqué précédemment… Dans notre cadre : ne supportant pas le principe des biais (ou ma façon d’aborder le sujet dans mon article précédent), vous refusez d’approfondir le concept. La meilleure façon de l’éviter : une vidéo en anglais, sans traductions… Quelle aubaine !

Pour conclure : Les biais sont des générateurs de prétextes ! A chaque fois que vous trouvez un prétexte pour ne pas agir (même si le prétexte ressemble à une bonne raison), essayez de vous référer à l’un de ces 4 biais (il y en a d’autres, plus complexes).

Critique ou aide

On me reproche parfois de critiquer mes lecteurs… De les ridiculiser, les culpabiliser, les allumer ! Ainsi, cet article sur les biais serait une forme de «vengeance» ou d’agression ?

Je peux comprendre qu’au début de TIME-COACH (il y a bien longtemps), cette pensée ait pu vous traverser l’esprit. Après tout, ceux qui ne me connaissent pas peuvent se dire que mon message profond est tout simplement :

– Cherchez un peu plus loin que le bout de votre nez, bande d’abrutis !

Mais croyez-moi, ceux qui veulent juste transmettre ce genre de message n’écrivent pas 3 pages et n’y passent pas 4 heures. Ils écrivent une phrase en 3 minutes. A l’image de nombreux articles de recadrage, mon but n’est ni de blâmer mes lecteurs, ni de me plaindre, ni de me justifier, ni de chercher à avoir de l’ascendant sur vous…

Mon but est simplement de partager une connaissance. Une connaissance qui m’a permis de mieux me connaître, de mieux négocier avec mes procrastinations, de prendre des décisions plus vite, d’avoir confiance en me choix, de communiquer de façon plus originale, et donc plus convaincante…

Je voudrais donc remercier, gratifier, honorer… les lecteurs qui ont communiqué à coups de biais, pour au moins deux raisons :

  • En communiquant avec moi, vous avez été proactifs à votre façon : même si la formulation peut ressembler à un reproche, vous avez fait une chose que bien d’autres n’ont pas faite, alors qu’ils étaient également coincés : vous avez COMMUNIQUE pour changer les choses ! C’est votre canal proactif.
  • Vous m’avez permis d’écrire un article complémentaire sur les biais, correspondant à un évènement non essentiel (on peut survivre sans «la vidéo de la semaine» Clignement d'œil). Mais il est possible que certains lecteurs soient aujourd’hui face à une situation personnelle plus complexe, plus spécifique, et que le contenu de cet article les aide à trouver une solution, en reconnaissant leur propension naturelle à prétexter.

COMMUNIQUER est une bonne action !

A++

Stéphane SOLOMON

4 réflexions au sujet de « Une bonne action »

  1. Merci, Stéphane, après vous avoir lu, je me dit que même si je l’avais déjà lu ou entendu quelque part (peut-être chez vous) tellement ça semble évident, vous lire me permet de prendre conscience que pour pouvoir agir sur ces biais, il en faut une définition précise, ce que vous faites très bien.
    J’ai l’impression d’avoir pas mal progressé, depuis 2 ans, en confort de vie, grâce à vous.
    Amicalement
    Emmanuel

  2. Bonjour Stéphane.
    J’adore votre bon sens ainsi que votre humour taquin mais très respectueux, j’adore aussi les commentaires… vous êtes tous géniaux!
    Personnellement je ne trouve que du positif à avoir besoin de chercher ou réfléchir aux situations mises en évidences. En plus je sais que si je n’y arrive pas j’ai quelqu’un qui va m’aider, et ce sentiments de secours à porté de clic annule mon stress et m’aide à progresser bien plus qu’on ne peut l’imaginer…j’aime progresser à mon rythme et là je m’y retrouve tout à fait.
    J’ai suivi des formations où l’intervenant nous donnait la solution dans l’énoncé, donc là c’est plus facile mais on n’apprend rien du tout car une fois l’intervenant parti on n’a pas appris à chercher les solutions, donc comme tous les problèmes sont différents on est planté .
    Amicalement

  3. cher Stéphane,
    merci pour vos analyses toujours pertinentes, interpellantes, Je me régale. Vous me faites avancer. J’en redemande. Continuez svp à me faire réfléchir, sourire, à me bousculer !
    Je vais me faire un autre plaisir: m’offrir un autre programme payant tant qu’il en est encore temps. Je le fais pour moi, parce que cela va m’aider, et pas mû par je ne sais quel sentiment de compassion pour vous, mais j’imagine que cela vous fait plaisir et il me plaît aussi que cela puisse vous faire plaisir.
    Très sincèrement. Bien cordialement, Pascal

  4. Bon, je m’y colle ! D’abord parce que c’est très amusant de bavarder avec vous.
    Je suis à 88, 8 % proactive. tout simplement, je me dis que si d’autres arrivent à faire ceci ou cela, je devrais y arriver aussi. Et çà marche. Mais pour les 11, 2 % qui restent, je dis pouce, je prends un joker, j’appelle au secours, je fais l’andouille et je fais faire le boulot quelqu’un d’autre et je dis ouf !! parce que l’informatique , la cuisine, la plomberie, les études, les amitiés à entretenir, le toit qui tombe, les queues de casserole qui tournent ( çà, c’est de plus en plus rare) etc. même si on POURRAIT gérer tout ça, ça serait trop exagéré. Donc, stop.
    Je suis bien contente de recevoir vos messages.
    Je vous avais érit il y a quelques mois pour vous dire que j’avais une thèse interminable à terminer. J’en vois le bout. Quand j’aurai fini, avec plein de temps en plus, je reprendrai volontiers une tranche de votre savoir, avec plaisir. Je paierai avec plaisir. En attendant je reçois vos nessages gratuits avec reconnaissance. Et je les lis ou les regarde toujours. Très cordialement. Dominique

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