Une expérience de Confiance en soi

Aujourd’hui, je voudrais vous parler de confiance en soi :

Connaissez-vous Johua BELL ? Les amateurs de Musique classique savent que ce virtuose joue à guichet fermé partout dans le monde. Son violon est un Stradivarius de 1713, estimé à 4 millions de dollars.

En 2008, un journaliste du Washington-Post a demandé à Joshua BELL de participer à une expérience comportementale : jouer incognito dans un couloir du métro de Washington, afin d’évaluer la réaction des passants. L’artiste se prête au jeu. Il s’y rend en jeans et en casquette de baseball et mis à part ce détail vestimentaire, il joue comme à son habitude, c’est-à-dire merveilleusement…

En 45 minutes, 1.097 personnes sont passées dans ce couloir, la plupart dans l’indifférence totale. C’est comme si son talent n’existait plus ! 27 personnes ont laissé quelques pièces, la plupart du temps, sans s’arrêter… Ils payaient le «pauvre homme», mais pas l’artiste… Il a collecté 32 dollars, dont 20 dollars par une personne qui l’a reconnu (donc hors-jeu).

Cette expérience, une fois publiée dans la presse sous forme d’article à vocation existentielle, a reçu le prix Pulitzer en 2008. Voici la conclusion de l’article de Gene WEINGARTEN. Elle est livrée sous forme interrogative :

Dans un environnement ordinaire, à une heure inappropriée, sommes-nous capables de percevoir la beauté, de nous arrêter pour l’apprécier, de reconnaître le talent dans un contexte inattendu ?

On serait tenté de répondre à l’auteur que les gens qui remplissent les salles de concert sont de grands amateurs de musique classique, alors que les passants du métro ne le sont pas tous. C’est évident ! Mais statistiquement, sur 1.097 passants, 30 à 50 personnes auraient dû s’arrêter, stupéfaits, et une dizaine aurait dû reconnaître le son du Stradivarius…

La question du journaliste reste donc ouverte, même si elle ne concerne que 5% des passants.

Mais en tant que coach, je trouve qu’il y a quelque chose qui manque dans l’article de WEINGARTEN : il ne s’intéresse qu’à la réaction des passants… Et l’artiste dans tout ça ? Je vous ai promis une évocation sur la Confiance en soi, alors parlons-en :

L’homme invisible

Heureusement pour Joshua BELL, 3 jours plus tôt, il a rempli la grande salle du Symphony Hall de Boston : 2.625 places pour un prix moyen de 100 dollars (plus de 500 dollars dans le carré d’or). L’expérience ne l’a donc pas affecté. Mais imaginons une histoire parallèle :

Un jeune musicien, inconnu du grand public mais jouant divinement bien, décide de jouer quelque morceaux dans le métro pour subsister. Il vient avec son Stradivarius dont il ne connaît pas la valeur matérielle, car c’est son maître qui le lui a donné lorsque l’arthrose a gelé ses doigts. Il lui a dit :

Ce violon est transmis de Maître à Elève depuis des générations. Je te le donne parce que tu le mérites ! Sur plusieurs centaines d’élèves que j’ai formés, c’est toi que j’ai choisi. Prends-en bien soin, car les Stradivarius ont un secret que même la science n’a pas réussi à percer à ce jour…

Le garçon joue dans l’indifférence quasi-totale, collectant quelques dizaines de dollars par charité. Chaque jour, il jouera au mauvais moment au mauvais endroit. Parfois, un passant s’arrêtera pour lui dire qu’il devrait être Premier Violon dans un grand orchestre, et notre «Joshua bis» le remerciera pour le gentil compliment. Toutefois, il se pliera à l’avis de la majorité, car il ne sait pas qu’elle est «incapable de percevoir la beauté dans un environnement ordinaire»…

Un jour de grand froid, il revendra son Stradivarius dans l’une des nombreuses boutiques de type «Cash now !». Violon qui restera longtemps sur les étagères du magasin, comme un quelconque violon d’occasion. Ailleurs il sera vendu 4 millions de dollars. Mais dans ce magasin, il ne vaut rien !

– Pourquoi ?

Parce que ce violon n’a pas sa place dans ce genre de boutiques, de même que Joshua BELL n’a pas sa place dans un couloir du métro aux heures d’affluence… Quel que soit son talent, il sera invisible !

A vous de jouer !

Vous avez du talent ! Je peux vous l’affirmer, car je ne connais aucune personne dénuée de talent. Mais le talent ne suffit pas pour réussir. Si vous voulez que votre talent soit utile, tant à vous qu’à votre public, ne jouez pas n’importe-où ! Trouvez votre place et brillez !

Je me dois d’ouvrir une parenthèse… J’espère qu’elle fera sourire la plupart de mes lecteurs, mais elle me paraît nécessaire malgré tout : l’artiste, le violon, les passants, les millions… sont des métaphores, des images… Si vous me répondez «Mais à quoi ça sert de faire de la musique ?» ou encore «je ne me sens pas concerné par cet article, car je ne joue pas du violon», je pense que j’ai atteint mes limites pédagogiques en ce qui vous concerne… ;-)… Fin de la parenthèse.

En exerçant votre talent au bon endroit au bon moment, vous rencontrerez votre public et même vos fans. Mieux : en employant les bonnes stratégies, vous pourrez contrôler le niveau d’admiration des personnes que vous attirerez, les invitant à vous respecter de la manière qui vous convient.

Ces stratégies s’apprennent, se peaufinent, se maintiennent, s’affinent… Elles étaient réservées à une élite il y a encore quelques années. Elles sont désormais accessibles à tous, grâce à la magie d’Internet : des coachs, des conférenciers, des formateurs, et d’autres professionnels de l’aide diffusent leurs vidéos pour des tarifs très abordables. Au lieu de facturer 25.000 euros à 10 clients fortunés, ils préfèrent facturer 500 euros à 500 personnes du Grand Public, car ils savent que pour contribuer à un monde meilleur, il est préférable d’inspirer 500 personnes proactives, plutôt que 10. Techniquement, c’est désormais possible, alors ils multiplient les efforts et réduisent la «question d’argent» pour vous permettre d’aller vers…

Oui, c’est bien à vous que je parle :

Dans un environnement ordinaire, êtes-vous capable de percevoir votre propre beauté ? Je ne parle pas de narcissisme, mais d’estime de soi : lorsque vous passez devant vous-même à une heure d’affluence, qui voyez-vous ? Le virtuose d’exception ou le «chic-type» qui essaye de s’en sortir ?

Vous voulez voir le virtuose ? Sortez de l’environnement ordinaire ! Allez rejoindre celles et ceux qui verront en vous un diamant, et brillez !

Ces personnes, qui voient chaque être de façon unique et sublime, je les connais, je les fréquente, je travaille avec eux, je partage avec eux… ils ont créé différents programmes, compilés aujourd’hui dans un seul, intitulé «Ma vie en main». Rien que la bande-annonce vaut le détour… De plus, ils offrent de nombreux cadeaux à ceux qui leur accordent un moment d’attention.

Même si vous n’avez pas l’intention de vous inscrire, ça vaut le détour :

Découvrez le programme «MA VIE EN MAIN»

Profitez-en vite, car à partir de mercredi, vous verrez cette mire :

Les inscriptions sont maintenant terminées. Nous concentrons désormais toutes nos énergies à offrir la meilleure expérience de développement personnel aux participants de ce programme.

Pour revenir à la métaphore :

Nous avons joué dans le métro pour votre plus grand plaisir. A présent nous jouons à guichet fermé pour celles et ceux qui aiment les artistes d’exception, et les instruments magiques…

Autorisez-vous à marquer un temps d’arrêt devant les artistes, et plus si affinité…

Découvrez le programme «MA VIE EN MAIN»

A++

Stéphane SOLOMON

20 réflexions au sujet de « Une expérience de Confiance en soi »

  1. Bonjour,
    J’adore votre article mettant aussi en évidence le savoir.
    Etre bon est une chose. Etre reconnu en est une autre. il faut être face à des personnes qui ont le savoir dans le domaine pour avoir la reconnaissance.
    Ensuite il y a le contexte ou le lieu. Faire une réunion dans un lieu connu et reconnu n’aura pas le même impact de nos jours que dans un endroit basique.
    Pour finir les objets qui apportent leur touche finale pour donner de l’ampleur ou de la profondeur.
    Je crois que le marketing à compris cela mais il nous met dans un moule ou le mot reconnaissance se plie à des critères de masse. Du coup la confiance en soit se trouve déstabilisée

    • Bonjour Erik,

      Merci pour cette appréciation.

      Le Marketing est en train de changer. Fini le traitement des masses. Je vous invite à lire le livre «Nous sommes tous singuliers» de Seth GODIN.

      A++

      Stéphane

  2. Bonjour,
    Je pense qu’il y a un biais dans l’interprétation de cette expérience.
    En effet, j’ai déjà vu des musiciens dans le métro recevoir un accueil tout à fait chaleureux et digne de leur talent (attroupement, applaudissements nourris…). J’ai même vu une fois une passante se saisir du micro et improviser un duo d’enfer avec le musicien du métro, et les passants de s’arrêter, de danser, de taper dans leurs mains…Ce n’est donc pas, à mon avis, le fait d’être dans le métro qui empêche de voir la beauté. C’est plutôt, selon moi, l’heure choisie : à l’heure d’affluence, les gens se dépêchent pour ne pas être en retard au travail. Ils ne peuvent pas se permettre de s’arrêter pour écouter un musicien, même s’il joue divinement. C’est juste une question de priorités. On ne peut s’arrêter pour écouter un musicien que si on a le temps de le faire.
    Je pense donc que le fait d’avoir choisi une heure d’affluence pour mener cette expérience a introduit un biais qui n’a pas été pris en compte dans l’interprétation des résultats de cette expérience.

    • Bonjour Agnès,

      Au contraire, je pense que le journaliste a tout dit :

      —-
      Dans un environnement ordinaire, à une heure inappropriée, sommes-nous capables de percevoir la beauté, de nous arrêter pour l’apprécier, de reconnaître le talent dans un contexte inattendu ?
      —-
      Il est bien question ici «d’heure inappropriée» qui fait partie intégrante de l’expérience. Donc la vraie question, est :

      Combien d’heures appropriées vous autorisez-vous par jour ou par semaine ? Si vous avez toujours al tête dans le guidon, votre beauté risque de vous échapper, parce que vous ne la remarquerez pas. Pourtant, elle est bien là…

      A++

      Stéphane

      • Là où je vois un biais, c’est dans cette corrélation, arbitraire selon moi : si les gens ne se sont pas arrêtés, c’est donc qu’ils n’ont pas vu la beauté. On mélange « percevoir la beauté », « reconnaitre le talent », et « s’arrêter ». Comme si c’était indissolublement lié.
        Je pense au contraire qu’il y a probablement une partie des passants qui a vu (entendu), mais n’avait juste pas le temps de s’arrêter. Or, extérieurement, celui qui ne voit pas et celui qui voit mais ne peut pas s’arrêter se comportent de la même façon. Comment savoir si personne n’a vu la beauté, si on ne leur demande pas ?
        Un exemple : j’adore les massages. Mais si je passe devant un stand de massages gratuits dans le métro à l’heure où je me dépêche d’aller au travail, je ne m’arrêterai pas. Un commentateur extérieur pourra donc en conclure, très « logiquement », que dans le métro à 9 h du matin, je n’aime plus les massages…Ou que dans le métro à 9 h du matin, je ne perçois pas les stands de massage…Et sur cette base « logique » et « scientifique », tirer plein de conclusions…Alors que s’il me demande je lui dirai que oui j’ai vu le stand, et oui ça me tente, mais je n’ai juste pas le temps ! C’est quand même très différent !
        Idem pour les musiciens : si je suis pressée, je ne m’arrête pas, ça ne m’empêche pas d’apprécier la musique.
        Voilà à mon sens où est le biais : selon cette étude, le fait de s’arrêter est interprété comme une marque d’intérêt, et le fait de ne pas s’arrêter, comme une marque de désintérêt. Or il me semble qu’au moins une partie des passants ont sans doute bien entendu la beauté de la musique, MEME SI ils ne se sont pas arrêtés. Dans cette étude on présume des motivations des gens sans les vérifier. C’est cela que je ne trouve pas très rigoureux.

        • Si je puis me permettre, je viens de poster un témoignage quasiment en même temps que vous et je suis tout à fait d’accord avec vous pour avoir vécu les deux côtés de l’expérience. La problématique de l’artiste est exactement la même que celle du public.
          Au bon endroit au bon moment, c’est juste une formule, mais lorsque cela devient une sensation, c’est différent.
          Je me rappelle avoir marché rapidement sur un pont de Paris pour aller à un rendez-vous (lequel je ne sais plus mais je sais qu’il était stressant) et brutalement, m’être arrêté parce que le coucher de soleil était flamboyant, Paris était de toutes les teintes crépusculaires et se reflétait sur la Seine. Une impression magnifique dont je me rappelle encore à cet instant alors qu’elle date de dizaines d’années.
          Je ne sais même plus aujourd’hui quel était ce rendez-vous, je ne sais plus avec qui, mais je sais juste la beauté qui m’a fait m’arrêter un instant ce jour-là.
          Nous sommes tous à la fois « public » et « artiste ». Nous avons tous la chance de faire autrement, et croyez-moi, je reviens de loin… J’allais dire des ténèbres.

        • Les études comportementales sont aussi biaisées que les comportements 😉

          C’est probablement la raison pour laquelle le journaliste (qui a eu le prix Pulitzer) a donné sa conclusion sous forme interrogative.

          Mais la question n’est pas de savoir si vous aimez LA musique ou si vous ne l’aimez plus aux heures de pointe. On parle de PERCEPTION à un instant T, pas d’amour de l’art dans l’absolu.

          Mais laissons un peu le prix Pulitzer de côté, et revenons à l’artiste : s’il joue tous les jours au mauvais endroit au mauvais moment, personne ne s’arrêtera sur son talent. Il pourrait en conclure qu’il n’a pas de talent.

          Même si vous aimez les massages de façon inconditionnelle, si le petit stand n’ouvre qu’aux heures où vos priorités sont ailleurs, il fera un chiffre d’affaires nul avec vous. Donc concrètement (je parle de résultat), le masseur pourrait conclure que son idée est mauvaise, que le bouche à oreille ne fonctionne pas (donc qu’il est mauvais), etc. Mais en réalité, il lui suffirait de proposer ces mêmes massages en fin de journée pour toucher sa clientèle.

          De même, il y a des personnes qui ont beaucoup de talent en termes de chaleur humaine, et elles travaillent dans une société ou une Direction qui estime que seule l’efficacité prime, jusqu’à épuisement des employés (à renouveler). Elle exerce donc son talent au mauvais endroit, et finira pas se dire qu’elle n’est pas faite pour ce métier. Mais en réalité, elle a sa place dans bien des entreprises.

          C’est le sens de mon article : la discussion de fond m’intéresse beaucoup moins que l’individu.

          A++

          Stéphane

        • Bonjour Stéphane,
          Du point de vue de l’artiste (ou, métaphoriquement, de l’individu), je suis bien d’accord avec vous : à force d’être au mauvais endroit, au mauvais moment, on peut finir par douter de son talent. Changer d’environnement et de timing peut alors permettre de changer le regard des autres et de reprendre confiance. C’est bien cela ?
          En même temps, pour en revenir à l’article, j’ai envie d’expliquer un peu mieux mon point de vue : Cette expérience est fondée à mon avis sur un syllogisme : « Si s’arrêter = apprécier, alors ne pas s’arrêter = ne pas apprécier ». Cela semble vrai, mais ça ne l’est pas : il y a plein de raisons possibles de ne pas s’arrêter, tout en appréciant. Par exemple : vouloir être à l’heure à son travail.
          Je pense d’ailleurs que l’auteur de l’article avait parfaitement conscience de ce biais, et l’a utilisé sciemment pour rendre son expérience plus percutante.
          En effet, imaginons ce qu’il aurait pu écrire en étant plus objectif et rigoureux, ça aurait pu donner quelque chose comme ça :
          « Bien sûr, une salle de concert est le meilleur endroit pour jouer et écouter de la musique classique : acoustique idéale, fauteuils confortables, public conquis d’avance, détendu et disponible…Si le même violoniste jouait dans le métro, les passants sauraient-ils apprécier la beauté ?
          Nous avons fait l’expérience à l’heure de pointe et les passant semblaient ignorer notre violoniste. L’endroit et le timing les rendait-ils sourds à cette musique pourtant exceptionnelle ? Nous avons interrogé une cinquantaine de passants et plus de la moitié ont déclaré être touchés par la musique, et regretter de ne pas pouvoir s’arrêter, car c’était l’heure pour eux de se rendre à leur travail et ils ne souhaitaient pas être en retard. Nous avons donc reproduit cette expérience un samedi après-midi et la réaction des passants fut bien différente : attroupements, applaudissements, éloges…
          Nous en concluons donc que, même si le métro n’est pas le lieu idéal pour jouer et écouter de la musique, les passants peuvent l’apprécier, et même s’arrêter un moment, à condition que ce ne soit pas juste à l’heure où ils se rendent au travail »
          Voilà ce que pourrait donner un article honnête et rigoureux…mais du coup, beaucoup moins intéressant, percutant et spectaculaire. Beaucoup moins vendeur donc !
          Pour moi, ce qu’a fait ce journaliste, ce n’est pas vraiment du journalisme, c’est du storytelling qui se fait passer pour du journalisme. Et ça me gêne.
          J’aime bien qu’on me raconte des histoires, mais quand il s’agit d’information, j’ai besoin que cette information soit traitée de la manière la plus rigoureuse possible et tende vers un idéal d’objectivité. Ici, la frontière entre fiction et information est brouillée, sans que ce soit clairement indiqué.
          Le journalisme contemporain me semble fonctionner de plus en plus de cette manière, privilégiant le spectaculaire, les « scoops », le « buzz », au détriment d’un travail rigoureux et honnête, quitte à bidonner en partie les faits pour les rendre plus alléchants.
          Le fait que ce journaliste ait eu un prix me semble assez révélateur de cette tendance est n’est pas pour me rassurer.

          Voilà…j’avais juste envie de donner mon point de vue sur cette expérience qui me laisse dubitative. Comme je l’ai dit au début, vos réflexions sur le point de vue de l’artiste me semblent, elles,tout à fait justes.

        • Bonjour Agnès,
          Si je lis un compte rendu des derniers événements en Irak, j’attends du journaliste qu’il sépare clairement les faits (l’information) de l’interprétation. Le journaliste a été pendant longtemps un des humoristes du WP, pas son grand reporter de guerre. Il pose simplement une question sur la façon dont notre environnement modifie notre perception. Ce n’est pas un travail purement journalistique, une enquête ou une étude scientifique.

          Oui le fait d’aller au boulot ou d’en revenir, d’être en train de penser à ce qu’il faut mettre en route dès qu’on arrive, de s’agacer de cette personne qui ne marche pas vite devant, modifie notre capacité à voir, entendre, alors qu’en ayant choisi le lieu et le moment, on trouverait cela sublime.
          J’ai envie de retourner aussi les choses : sur les 2500 personnes qui payent 100$ et plus pour l’écouter en concert, combien s’extasient, trouvent cela sublime alors qu’en réalité ils ne font pas la différence entre un stradivarius et un bon violon ?

          Un test classique en œnologie c’est de faire déguster des vins dans un verre noir, ou bien les yeux bandés. La première question est : buvez vous du blanc, du rouge ou du rosé ?
          Ça parait évident ! et bien faites le test et vous verrez à quel point le fait de voir la couleur influence notre perception du goût, c’est bluffant (alors qu’on fait en général ce test dans de bonnes conditions de dégustation…). Mettez un grand vin dans un bouteille de vin de pays, et le même dans sa bouteille originale et testez. Bien entendu il y a, et heureusement, une partie des dégustateurs qui déjoueront immédiatement ce piège grossier, ou des mélomanes qui reconnaitront le Stradivarius. Mais combien de véritables amateurs éclairés (écartons ceux qui se targuent de l’être pour ma galerie) se feront piéger ?

          Pour moi l’expérience relatée ici est du même ordre. J’ai plus de mal à reconnaître un vin d’exception d’un très bon vin sans un peu de mise en scène autour :). Le talent s’apprécie mieux quand on est préparé à l’accueillir.

      • Bonjour Florence,
        Même si l’auteur, peut-être, ne l’a pas voulu comme une expérience scientifique ou un travail purement journalistique, c’est malgré tout reçu comme tel : par exemple Stéphane, dans sa newsletter, parle de l »indifférence totale » des passants, les rares qui ont donné auraient payé « le pauvre homme » et non l’artiste…Il n’y a pas de prise de recul, pas de remise en question de ce que cet article semble vouloir dire.
        Cet article est donc bien reçu comme une information objective.
        Ce qui me perturbe, c’est que même si dans ce cas ce n’est pas bien grave, des sujets bien plus sérieux et importants sont traités de la même manière : le sensationnalisme avant tout, au détriment de la rigueur. Et c’est ainsi que certaines personnes refusent de venir chez moi, par peur, car j’habite dans une soit-disant « banlieue chaude » (ils l’ont vu à la télé) ! J’ai beau leur relater la réalité de mon quotidien qui est bien loin des gros titres sensationnalistes, ils ne me croient pas…ils préfèrent croire les journalistes…

  3. Bonjour Stéphane, (et les autres !)

    J’ai été directement témoin d’une histoire assez proche et amusante : j’ai une amie qui a été premier prix de conservatoire national en guitare et qui pour payer une partie de ses études a fait la manche dans le métro en jouant.
    Elle se faisait des sous, certainement en grande partie parce qu’elle était jeune, ravissante, souriante et que les gens lui donnaient pour lui faire plaisir, ou par pitié, plus que par plaisir de l’écouter. Sauf heureusement pour elle quelques mélomanes habitués qui prenaient souvent le temps de s’arrêter pour l’écouter vraiment.
    Et le 21 juin, fête de la musique, attroupement pour l’écouter, toujours dans le métro !
    Les gens s’attendent à entendre de « vrais » musiciens et du coup les « reconnaissent ».

    Donc oui être au bon endroit au bon moment et avec les bonnes personnes … une fois qu’on a gagné le droit d’être invité à jouer en concert ! Il faut aussi parfois (souvent) en passer par le fait de jouer pour 95% de gens qui ne remarquent pas les perles et ne pas se décourager avant d’y parvenir.

    • Florence, je suis témoin de ça tous les jours ! Certains articles que j’écris dans TIME-COACH passent complètement inaperçus. Parce qu’ils arrivent au mauvais moment…

      Prenons l’exemple de l’article «Merveilles du monde». En théorie, il aurait dû recevoir des dizaines de commentaires enthousiastes et chaleureux (à l’image du «Bonheur de Neige»). Mais il y a une énorme différence concernant l’endroit et le moment : lorsque j’ai diffusé «Le Bonheur de Neige», je n’avais rien à vendre. C’était dans le flux des articles gratuits habituels, et pour ceux qui ont suivi RICHE-ATTITUDE quelques semaines plus tôt : un bonus.

      Mais lorsque j’ai diffusé «Merveilles du monde», j’étais en pleine campagne PWYW et j’avais déjà diffusé une quinzaine d’articles précédemment, que la plupart des lecteurs lisaient sous le prisme : «c’est le moment de passer à la caisse bande de pigeons !». Du coup le chocolat a fondu plus vite que la neige… Peu de gens ont été capables de voir la beauté de l’article… C’était un moment inapproprié !

      Comme Joshua BELL, comme votre amie, et comme votre gorille préféré, l’essentiel n’a pas été perçu… Et à moins de le vivre comme une expérience, l’auteur peut en être particulièrement affecté…

      Mais quelle merveilleuse expérience 😉

      A++

      Stéphane

      • Bonsoir Stéphane,

        Chouette, une journée avec plusieurs billets à lire !
        Je n’ai jamais reçu de mail m’annonçant « merveilles du monde », je viens de vérifier, et je n’avais pas lu ce billet, vraiment inspirant. Ce n’est donc peut être pas seulement parce qu’il a été envoyé pendant la fin de l’opération PWYW qu’il n’a pas reçu de commentaires : je ne suis peut être pas la seule à ne pas l’avoir lu !

  4. Bonsoir Stéphane,
    Je n’oublie pas le texte promis, (enfin l’ébauche du texte).
    J’étais un peu loin d’internet ces derniers temps et je ne prends qu’aujourd’hui connaissance de cette profusion de mails ! Je viens de répondre à mes enfants, aux quelques contrats en cours et maintenant à vous ☺
    Votre message me fait penser tout d’abord à deux expériences : tout d’abord au chanteur Dave qui s’est prêté au même jeu. (En Grèce je crois). Avec sa guitare, il a chanté à la terrasse des cafés. Bien sûr qu’il n’a pas gagné ce qu’il gagne lors d’un concert à l’Olympia, mais il a fait un gain plus qu’honorable pour un chanteur de rues. L’expérience a été diffusée à la télévision, mais je ne sais plus du tout la date ni l’émission. L’autre expérience, c’est la mienne. J’ai moi aussi joué dans la rue et les gens dansaient sur les marchés (beau souvenir) et dans le métro à la fin et pendant un an après mes études. Bien sûr je n’étais pas concertiste international, (disons que je me débrouillais pas trop mal dans le baroque et le classique), mais j’avais ce que j’appellerai une sorte de connexion avec les passants qui étaient mon public et mon revenu.
    Dans la rue je faisais partie d’un mini orchestre qui interprétait des standards de la chanson du début du XXème siècle et c’était touchant de voir les ménagères placer leur sacs de provisions derrière nous et aller inviter à danser des messieurs inconnus pour une danse…
    Dans le métro, je jouais en duo avec une guitariste et nous avions mis au point un « programme » qui alternait des pièces qui nous faisaient plaisir, que nous jouions bien je pense, mais qui n’intéressaient personne d’autres que nous, puis des pièces de voltige remplies d’effets saisissants qui mettaient en avant nos prouesses musicales, et qui cependant étaient beaucoup plus facile à interpréter musicalement. Et voilà ce qui se produisait : même en pleine heure de pointe, les gens s’arrêtaient pour écouter les effets « brio », puis restaient à écouter un ou deux autres morceaux plus profonds. (Et nous gagnions autant en trois heures que toute une journée derrière une machine-outil, car j’ai fait ça aussi).
    Alors je suis absolument d’accord avec vous, il manque dans l’expérience que vous relatez la description de la perception du public par l’artiste ou plus généralement, notre perception de l’adéquation de l’expression de notre talent avec notre environnement.
    Bien des fois je suis invisible, notamment lorsque (j’allais dire « je me soumets »), je tente de m’adapter à mon environnement.
    Finalement, mes meilleures expériences, les plus riches, dans tous les sens du terme, c’est lorsque j’ai exprimé « moi » en écoutant « l’autre ».
    Merci Stéphane

    • Oui, je trouve que le cliché de l’utilisateur du métro zombie et lobotomisé n’est pas toujours juste. Et notamment, comme vous le racontez, lorsque de bons groupes s’y produisent ! Dans les rames, j’ai vu des regards, des sourires, des paroles, et même des gens danser et chanter…et donner bien sûr, et pas forcément par pitié. Je donne parfois pour aider, mais aussi pour remercier, quand la musique m’a fait passer un bon moment. Evidemment, aux heures de pointe, tout ça n’est pas possible, on est bien trop tassés dans les rames…

      • Peut-être qu’il y a du juste dans « le bon moment au bon endroit ». Pour ma part, je n’ai jamais fait de prestation dans les rames mais dans certains couloirs, capables d’accueillir du monde sans gêner la circulation des utilisateurs de métro. Par contre j’ai vu un marionnettiste dans une rame qui avait un spectacle de deux minutes absolument génial et à qui j’ai donné. Pour ma prestation, la rame ne pouvait être le bon endroit, pour lui oui. Pour le bon moment ma « scène » était le bon endroit mais pour lui, non… Qui pourrait faire un spectacle de marionnettes visible dans un wagon bondé, aurais-je pu jouer dans un wagon bondé ? Qui aurais pu réaliser une vraie prestation dans un wagon bondé ?
        Personne, sauf les manipulateurs.
        Ensuite, c’est vrai qu’au début j’ai eu honte, j’avais l’impression de mendier. Et puis au fur et à mesure, à force de constater les sourires et les intérêts, j’ai compris que je donnais ce que je suis avant de recevoir.
        Mais encore ensuite, et c’est encore ce que j’ai vécu, je vous assure que même en heure de pointe, lorsque les couloirs sont noirs de monde et que le bruit ambiant se fait fort, lorsqu’après avoir réfléchi au programme musical, après avoir choisi un lieu qui ne trouble pas le voyageur, nous avions en permanence entre 10 et 20 spectateurs qui s’arrêtaient une dizaine de minutes.
        C’est juste ce que j’ai vécu quand j’étais dans le métro voilà trente ans. Je ne dis pas que c’est ce qui se passe aujourd’hui, c’est juste que je crois avoir été adapté à cette époque.
        Merci pour votre réaction.
        Cordialement

        • Pardonnez-moi Agnès de m’être égaré émotionnellement par mes souvenirs, mais la seule chose que je veux exprimer à la lecture de l’article de Stéphane : Finalement, mes meilleures expériences, les plus riches, dans tous les sens du terme, c’est lorsque j’ai exprimé « moi » en écoutant « l’autre ».

  5. Bonjour Stéphane,
    Votre exemple de Joshua Bell, que je connaissais comme beaucoup de vos lecteurs j’imagine, a fait mouche ! C’est un très bon exemple !
    J’ai cliqué sur le lien, entendu la bande, assez convaincante et crédible, même si les intervenants ne le sont pas uniformément… et que la forme du discours hyper punchy, les yeux dans les yeux, « vous êtes meilleur que vous ne pensez »… est sans doute plus appropriée à un public américain, Canada inclus, qu’au français plus renfermé/méfiant…
    Sauf que 397E est une somme, que les arnaques sur Internet sont nombreuses, que je vous fais confiance à vous, ignore qui sont La vie en mains…
    A vous lire,
    Ghislaine

    • Ghislaine,

      J’ai eu la même méfiance que vous. Et j’ai envoyé un mail, auquel j’ai reçu une réponse rapide et efficace. « Ma vie en main » est une entreprise enregistrée au Canada.
      Par ailleurs, le paiement est par Paypal, il bénéficie donc de l’assurance de Paypal: Si vous considérez qu’il s’agit d’une escroquerie et que la société ne vous remboursait pas -alors qu’ils s’y engagent-, vous pouvez le signaler à Paypal et leur demander de vous rembourser. Ils le feront car cela fait partie des engagements « clé » de Paypal (aucun « escroc sur Internet » n’utilise Paypal, ou alors pas longtemps !).

      Je viens de m’inscrire à La vie en Main, et j’ai désormais accès à un site professionnel, avec des vidéo (la plupart ne seront visible qu’au fur-et-à-mesure de la progression du programme, mais il y en a déjà 4 en ligne) qui correspondent à ce pour quoi je me suis inscrit.
      Les vidéo ont des contrôles de commande normaux (on peut faire pause/en avant/en arrière) et pas bridées comme sur le site de présentation qui, comme vous, m’avait fait une mauvaise impression technique malgré un contenu inspirant !

      Bref, je suis tout à fait rassuré et très satisfait de mon achat !

      Nota: J’ai aussi pu télécharger le PDF de bouquin de Seban qui est offert dès qu’on on laisse un commentaire sur le site (il vaut 18.81€ en papier ou 13.99 sur Kindle chez Amazon).

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