Et si nous parlions d’Empathie ?

Aïe !!!

Il semble que la caméra cachée de la semaine dernière n’ait pas eu l’effet que j’escomptais. A tel point qu’en lisant les commentaires, j’ai décidé de suspendre le deuxième envoi, le temps d’écrire deux articles intermédiaires. Deux articles qui, je l’espère, auront un effet pédagogique qui vous permettra de comprendre LE FOND de la technique que je voudrais aborder avec vous. J’ajourne donc le deuxième volet de «Caméra cachée» de deux semaines, en espérant que je n’aurai pas à le procrastiner encore et encore…

En réalité j’aurais pu me contenter de vous dire que vous avec le droit de trouver que ce canular n’est pas drôle ! Car je n’ai jamais obligé personne à penser comme moi. Dans mon précédent article, j’ai écrit ceci :

Je vous relancerai la semaine prochaine pour que vous regardiez cette vidéo une seconde fois sous un œil plus avisé, afin que nous puissions parler d’autre chose que de caméra cachée. Quelque chose d’un niveau plus élevé que «le gag»…

Drôle ou pas drôle, aucune importance ! On pourrait en faire abstraction et passer à la suite, même si le support pédagogique vous gêne. Mais justement, puisque nous parlons de pédagogie, je sais (et vous le savez aussi) que lorsque quelque chose vous gêne, votre ouverture d’esprit est atteinte. Quelque chose de très facile à assimiler peut devenir indigeste ! Ca s’appelle un biais d’appariement. Je vous en parlerai la prochaine fois.

Pour le moment, j’aimerais vous parler d’empathie.

Empathie

Définition : capacité de ressentir les émotions de quelqu’un d’autre.
(Le Larousse évoque une «faculté intuitive»)

5 commentateurs sur 8 ont trouvé que cette vidéo était odieuse ! Après les deux premières réactions (d’Emmanuelle et Florence) qui vont plutôt dans le sens de ce que j’attendais, Xavier m’écrit :

– Je trouve que ce jeu est méchant et je ne trouve pas ça drôle […]

Il ajoute :

– Je crois qu’il faudra m’indiquer une piste pour regarder les choses autrement !

Xavier a lancé un «mouvement empathique» qui a été majoritairement suivi (à l’exception d’Alain). J’ai même deux commentaires relativement agressifs (où toute piste pour regarder les choses autrement ne semble pas utile : c’est moche ! Point barre !).

J’ai commis une erreur en disant que cette vidéo était drôle et bon-enfant. J’aurais dû dire que MOI, je la trouvais drôle et bon-enfant… Mais ça n’aurait pas changé grand-chose, n’est-ce pas ? L’empathie est un feedback (un retour émotionnel) quasiment incontrôlable. Surtout si on a décidé de ne pas le contrôler, de ne pas le comprendre, de le laisser nous envahir comme une colère soudaine…

Pourtant, l’empathie est un excellent outil d’auto-coaching. J’ai trouvé Xavier bien avisé de «provoquer» là-dessus. Xavier (et son groupe) ont utilisé cette «capacité», cette «faculté intuitive» comme une faiblesse, alors qu’il est tout à fait possible d’en faire une force. Voilà ce que je souhaite vous apporter dans la suite de cet article.

L’Energie au carré

Souvent, les mots qui commencent par «é» ou par «en» (qui devient «em» devant un «p» ou un «b») se rapporte à l’Energie Humaine.

Par exemple :

  • L’Emotion, c’est, l’E-MOTION, soit l’Energie du mouvement (de l’action)
  • L’Effort, c’est l’E-FORT, soit l’Energie du fort
  • L’empathie, c’est l’E-PATHIE, soit l’Energie du «pathos», qui signifie «émotion»

A chaque fois que vous ressentez de l’empathie, vous êtes face à l’Energie de l’Energie de l’action. Waouw !!! Vous vous rendez compte que cette Energie au carré peut être une sacrée source de motivation ? Mais elle peut devenir une une procrastination de plus… Au choix !

Je vais vous dire pourquoi j’ai trouvé ça drôle. Mais avant cela, je voudrais vous montrer une autre vidéo (de 2min38). Rassurez-vous, ce n’est pas une caméra cachée :

Je ne sais pas si vous avez ressenti de l’empathie pour John CARPENTER, mais si ce n’est pas le cas, je vous invite à travailler AUSSI cette empathie-là ! Cet homme vient de gagner un million de dollars ! En pleine émission, il décide d’utiliser son joker pour appeler son papa afin de lui annoncer la bonne nouvelle en avant-première… Quel panache ! Le public est en délire ! Les confettis tombent, sa femme est en larmes ! Y a d’la joie !!! J’ai regardé la vidéo intégrale, il a fait le parcours du millionnaire en 19 minutes chrono ! John CAPENTER est le gagnant le plus célèbre de cette émission (dont les finalistes sont très rares).

J’ai de l’empathie pour lui comme pour le mendiant que je croise rue d’Hauteville. Ce n’est pas la même empathie, évidemment, mais «je me mets à leur place» en me posant une multitude de questions existentielles. Lorsque je sors de mon empathie, je ne suis ni mendiant, ni millionnaire. Ce qui prouve qu’on ne peut pas vraiment «se mettre à la place» de quelqu’un d’autre (même si l’expression est courante).

Quel rapport y a-t-il entre cette vidéo et la précédente ? Il y en a un énorme ! Pour moi, cette femme est exceptionnelle ! Après la révélation des caméras, elle a une réaction remarquable : elle vient de vivre les pires minutes de sa vie, un basculement vers la folie, et en moins de 30 secondes, elle retrouve le sourire, devient joviale, envoie une pichenette au petit garçon d’un air de dire : «tu m’as bien eue, petit comédien ! J’ai vraiment cru que tu étais un sale gosse !». Puis elle trinque avec l’équipe.

Sa rémission vaut bien «un million de dollars empathique» !

Certains lecteurs ne le savent peut-être pas (ou l’ont occulté), mais cette femme a signé un contrat pour autoriser TF1 à diffuser cette séquence. Cette clause inclut les droits d’enregistrement, et le risque potentiel de diffusion sur Internet. C’est un contrat qui lui laisse 15 jours de réflexion à froid, si elle souhaite se rétracter. Nous sommes loin des «flasheurs» qui filment leur voisine sous la douche et qui diffusent la vidéo sur Youtube pour faire 100.000 vues.

Mais ce cadre légal n’est pas la raison pour laquelle je m’autorise à trouver ça drôle. Non… La seule raison qui me permet de trouver ça drôle, c’est mon empathie, qui va jusqu’au bout ! La «victime» a trouvé ce canular drôle et bon enfant, et comme je suis empathique, je m’identifie à elle.

En s’indignant de ce choix, on me demande de quel droit je trouve ça drôle, je vous retourne la question :

– De quel droit ne trouvez-vous pas ça drôle ??? Vous voulez être plus royaliste que la reine ?

A quel moment avez-vous cessé d’être empathique ? Au moment où la victime a commencé à redresser la tête ? Vous servez-vous de votre empathie, de cette capacité, de cette «faculté intuitive»… uniquement pour plaindre les gens lorsqu’ils sont dans le malheur ? Et dès qu’ils vont mieux, vous les abandonnez ?!! Vous vous glissez dans la peau de la victime, mais vous ne vous autorisez pas à devenir millionnaire, le temps d’une empathie ?

Dans un cadre de coaching, l’empathie peut être considérée comme une énorme source d’Energie : elle permet d’aider l’autre lorsqu’on se sent en meilleure posture (une bonne action). Mais lorsque l’autre est en bonne posture on peut aussi se servir de cette Energie pour en tirer profit : espérer, rêver, se motiver, passer à l’action en s’inspirant d’un modèle !

Lorsque vous avez vu Heather DORNIDEN tomber, vous avez ressenti de l’empathie jusqu’à la victoire ! Si un jour vous trébuchez, vous pourrez vous souvenir de cette scène, vous relever, et reprendre votre place ! C’est l’effet désiré, peu importe votre «sport».

Dans cette caméra cachée, je vois la même chose : je vois une femme tomber, puis se relever et reprendre sa place ! La première place ! Je lui donnerai la couronne de «Miss France» sans hésiter ! D’ailleurs, Elodie GOSSUIN lui rend hommage.

Je vois une femme utiliser sa résilience-minute, pour reprendre sa vie en mains instantanément. Je vois des accolades complices, je ressens son soulagement : avec une tendresse infinie dans les yeux, elle livre à la caméra ses conviction à propos de son «rapport aux enfants». Je me sens en Confiance avec elle. Je me dis que je pourrais lui confier mon fils ! Elle-même me dit en filigrane :

Si j’ai accepté de garder cet enfant, ce n’est pas parce que j’approuvais le comportement étrange de sa mère, mais parce que je préférais que cette mission me soit confiée, plutôt qu’à quelqu’un d’autre… Recommencez demain, et je retomberai encore dans le panneau !

Je re-visionne la vidéo et c’est ce que je vois : au moment où elle a pris cet enfant sous son aile, elle en est devenue responsable. Prête à défier l’autorité qui le laisse partir avec une inconnue. Et si elle perd le nord, c’est parce qu’on l’empêche d’accomplir sa mission. Une mission sacrée…

Je la trouve fabuleuse ! Et si j’ai trouvé que ce canular est drôle, c’est parce que la victime elle-même finit par en rire… Pourquoi voulez-vous que j’en pleure ? Elle ne s’est pas exclamée «Non, mais ça ne va pas de faire une chose pareille à des passants sans défense ???!!!». Une fois la surprise révélée, dans les secondes qui ont suivies, elle a redressé la tête, pleine d’Energie : elle a souri à ceux qui lui en ont fait voir de toutes les couleurs… Je vous assure que si elle s’était jetée contre un camion, pensant qu’elle était devenue folle, je n’aurais pas trouvé ça drôle !

Xavier, Nathalie, JMJ, Dot, Olivier (et les autres qui ne se sont pas exprimés, mais qui n’en pensent pas moins), avez-vous appuyé sur STOP avant la fin de cette vidéo, pour garder ce sentiment de malaise ?

C’est possible ! Mais il est également possible que vous ayez appuyé sur un autre bouton STOP, tandis que la vidéo continuait. Au moment où cette femme est devenue Wonder Woman, vous avez appuyé sur le bouton «stop empathique», préférant ancrer en vous l’image d’une pauvre victime sans défense…

C’est tellement courant qu’on pourrait qualifier cette réaction de «normale». Ma proposition du jour est la suivante :

N’appuyez pas sur STOP au moment où tout s’arrange. Allez jusqu’au bout des choses, y compris de votre empathie !

Dans «les misérables», Victor HUGO a écrit :

Vrai ou faux, ce qu’on dit des hommes tient souvent autant de place dans leur vie et surtout dans leur destinée que ce qu’ils font.

A méditer…

Je remercie Xavier et son équipe pour ces vives réactions, car je trouve cet épisode inattendu très enrichissant. D’ailleurs, cet intermède est une bonne introduction à ce que je souhaitais vous apporter grâce à cette vidéo. Ce n’est donc pas une perte de temps. Juste un itinéraire bis, au paysage plus «naturel».

Tant que c’est pour la bonne cause, j’aime ça !

A++

Stéphane SOLOMON

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lalou
lalou

pour moi, ce n’est pas annoncer à son père qu’il va gagner
mais de lui dire en public, dans ce moment d’intense émotion : Papa je t’aime.
super – merci Stéphane

et zut pour la précédente vidéo, conne et moche

Olivier
Olivier

Bonjour Stéphane,
Merci de ce second message qui me fait bien plus réfléchir que la caméra cachée que j’ai regardée deux fois comme vous l’aviez conseillé.
Tout d’abord, je vous prie d’accepter mes excuses pour le ton agressif de mon commentaire.
Oui j’ai appuyé sur mon « bouton intérieur STOP ». Je m’en rends compte aujourd’hui. Pourquoi ?
Il y a des années, je regardais à la TV ces émissions nommées vidéo-gag et elles me divertissaient. Et puis un jour, j’ai reçu un coup de fil des services d’urgence d’un hôpital : mon fils venait de faire une chute spectaculaire en VTT et des passants l’ayant trouvé agonisant, la tête plantée (oui oui, vraiment plantée) dans le sol avait alerté les pompiers. En me précipitant vers l’hôpital distant de 50 km, j’ai eu peu à peu, pendant le trajet, la sensation que j’allais perdre mon fils.
Aujourd’hui, mon fils va très bien et il a terminé avec succès de belles études. Je suis très heureux pour lui. Il a eu de la chance grâce à ces passants anonymes qui lui ont sauvé la vie.
Ce choc m’a évidemment traumatisé et je suis maintenant conditionné. Je ne peux plus voir certaines séquences de drôles de chutes sans penser aux instants suivants, aux séquelles possibles et tutti quanti…
Plus tard j’ai imaginé la scène filmée : mon fils quittant son vélo et prenant son envol d’une dizaine de mètres, atterrissant tel un obus dans un talus, pris de convulsions malgré la perte de conscience, ses membres s’agitant de toute part à cause de l’étouffement probablement, (témoignage de ses sauveurs)… Ce serait un dessin animé, je rirai. Mais c’était mon fils.
Vous l’avez dit : si cette femme s’était jetée sous un camion vous n’auriez pas trouvé ça drôle. Vous trouvez ça drôle parce que la victime du canular en rit. Je ne vois pas les choses comme vous. C’est sans doute à cause de mon traumatisme, peut-être pas, il me semble plutôt que cette femme rit par défense. Rassurée, elle rit par canalisation de sa peur, histoire de retrouver sa normalité.
Je vous avoue que je me demande si par la suite, après avoir signé sa permission de diffusion, elle rit toujours de sa mésaventure ou si elle reste choquée. Pour ma part, je crois bien que cette femme a juste une réaction totalement humaine. Si j’ai de l’empathie pour la fin de cette vidéo, je ressens juste l’affection qu’elle porte à l’enfant et le soulagement qu’elle éprouve en pardonnant à l’équipe télé qui l’a bernée
Maintenant, j’en reviens à l’empathie.
J’ai toujours eu cette faculté, et je dois dire qu’elle est assez développée chez moi. C’est effectivement un grand obstacle et à la fois une grande aide.
Dans votre deuxième vidéo, ici présentée, j’ai une double empathie. Envers le fils comme envers le père. Je suis à la fois à la place du fils gagnant qui fait cadeau à son père de sa bonne fortune et je le trouve génial dans cette démarche, et à la fois à la place du père qui se réjouit pour son fils.
Oui, vous avez raison, l’empathie est une force immense.
Un jour un de mes meilleurs clients m’a dit : « Olivier, vous avez un problème , vous ne pouvez travailler qu’avec des gens que vous aimez ».
Quel rapport avec l’empathie ?
Je n’ai d’empathie qu’avec les gens que j’aime, qu’ils soient connus ou inconnus.
Et oui, ce client avaient raison. Je ne peux travailler qu’avec les gens que j’aime et pour lesquels j’éprouve de l’empathie. Mais franchement, pourquoi se faire chier à subir ceux que l’on n’aime pas alors que ceux que l’on aime sont nombreux et nous apportent du bonheur ?
Bon c’est juste mon point de vue…
Merci Stéphane pour cet échange assez particulier, très sincèrement.

Olivier
Olivier

Oups, désolé pour les fautes d’orthographes et de syntaxe…

Florence
Florence

Bonsoir Stéphane,
Je ne suis pas sure que cette dame trouve vraiment tout cela très drôle. Je pense qu’elle est d’abord immensément soulagée. Le cauchemar s’arrête. Elle n’est pas folle, le gamin n’a pas 2 mères, les flics ne sont pas irresponsables. Sa tension était immense, sa détente est à la mesure de sa tension. Mais si le scénario avait été monté disons par des collègues de bureau, et pas par la télé, aurait-elle réagi ensuite de cette façon ? Le passage à la télé est généralement vécu comme quelque chose de valorisant, embrasser une miss, ça fait des choses à raconter. Tout ça permet peut-être d’avaler une tisane qu’elle a pu trouver un peu amère.
OK elle a eu 15 jours pour confirmer son choix de passer ou non à l’antenne. Elle a choisi de le faire donc l’image que cette vidéo lui renvoie lui convient. Et je la comprends : elle n’est jamais ridicule, elle est fidèle à ses engagements, elle assume les responsabilités qu’elle a acceptées et elle déclenche une belle empathie en tous cas. Si « les gens de la télé » ont pris la peine de monter tout cela, de déplacer toute une équipe, et une miss, il doit quand même lui être plus difficile de dire qu’elle ne trouve pas ça très drôle que si c’était un coup monté par des proches.

Je me souviens de quelques caméras cachées qui m’avaient fait beaucoup rire (notamment une où plusieurs boutiques avaient été interverties). Celle-ci m’a mise mal à l’aise et je n’ai jamais ri, je n’arrive pas bien à cerner pourquoi, même après l’avoir revue. Car le ressort des caméras cachées est souvent le même : des personnes déstabilisées devant une situation incompréhensible qui les fait douter de ce qui pour eux est une certitude (la place d’une boutique, la tête de la mère de l’enfant). Il est possible que ce soit parce que le présentateur ici casse toute la surprise au départ. Le rire va souvent avec l’effet de surprise. Ici si je ris c’est que j’accepte au départ de me mettre du côté des piégeurs. Si je suis dans l’empathie avec cette dame au contraire, j’angoisse et ça ne me fait pas rire. La présentation me met dans l’empathie, pas face à une situation simplement absurde.
En revanche, quelle énergie dans ce coup de fil du millionnaire ! j’adore. L’empathie avec lui est plus souriante qu’avec la perte des repères de cette dame !

PS, impossible de s’abonner aux commentaires sans commenter chez moi, c’est dommage !

Dot
Dot

Olivier a écrit plus haut : ” C’est sans doute à cause de mon traumatisme, peut-être pas, il me semble plutôt que cette femme rit par défense. Rassurée, elle rit par canalisation de sa peur, histoire de retrouver sa normalité.
Je vous avoue que je me demande si par la suite, après avoir signé sa permission de diffusion, elle rit toujours de sa mésaventure ou si elle reste choquée. Pour ma part, je crois bien que cette femme a juste une réaction totalement humaine. Si j’ai de l’empathie pour la fin de cette vidéo, je ressens juste l’affection qu’elle porte à l’enfant et le soulagement qu’elle éprouve en pardonnant à l’équipe télé qui l’a bernée.”

Je partage tout à fait son avis et c’est ainsi que je l’ai ressenti aussi.

Comme aucun d’entre nous à ma connaissance n’a eu l’occasion de s’entretenir avec cette dame suite à l’événement, tous nos commentaires ne peuvent être que des projections, suppositions, interprétations. Je doute que nous ayons jamais le fin mot de cette histoire. 🙂

Empathie vient du grec en (dans, dedans) + pathos (sentir, ressentir). Autrement dit, ressentir en-dedans de soi ce que l’autre ressent au-dedans de lui. Ce n’est pas un processus intellectuel. Une personne empathique peut très bien ressentir physiquement ce qu’une autre personne, même inconnue, ressent, sans pour autant avoir jamais elle-même expérimenté une situation similaire. Et, finalement, l’empathie vraie est assez rare et n’induit d’ailleurs pas systématiquement la compassion.

Veronique O
Veronique O

Excusez moi si mon propos n’est pas aussi enthousiaste concernant la vidéo du millionnaire. Je n’ai as vu de la joie, sur son visage, quand il demande à utiliser son joker téléphonique. J’ai entendu pour ma part, un homme qui a une certitude d’avoir la bonne réponse et avec calme, il demande à ce qu’on tel à son père, pour lui parler et il lui dit: “je n’ai pas besoin de toi” je suis en train de devenir millionnaire en répondant, moi-même à des questions.
Je ne sais si l’homme a été humilié, s’il est revanchard, s’il est en bonne entente ou en excellents rapports avec son paternel.
J’ai l’impression qu’il y a une note d’affirmation pour dire à son père qu’il réussi ce qu’il entreprend.
Cela n’enlève rien à sa victoire et encore moins à son assurance.
Bravo au vainqueur ! Il a la classe, quoiqu’il en soit.

Florence
Florence

Re bonsoir Stéphane
Tout dépend où on se place quand on regarde ce film : Si je m’imagine à la place de cette dame, je me sens angoissée, pas bien du tout. Ma perception c’est qu’à la fin son “rire” est un un ouf de soulagement. C’est ma perception, elle est vraie elle est fausse je ne peux pas le dire mais c”est mon feedback en tous cas. Elle est dans un tel stress avant la révélation de la vérité que je pense (interprétation bien entendu) que sans le bonus apporté par le fait que ce soit pour la télé, avec une célébrité, elle n’arriverait pas à se ressaisir aussi vite. Je dis que la présence de la télé est une composante essentielle de sa réaction finale. Que j’y sois sensible ou pas (pourquoi ne le serai-je pas ?) n’a aucune importance, il y a des tas de gens intelligents qui font des pieds et des mains pour passer à la télé et des tas de crétins qui refuseraient d’y aller si on les suppliaient de le faire !

Je ne suis pas en train de dénigrer ou de faire des si et des si et des si pour changer les conditions. Je fais juste une remarque sur le rôle clé de la télé dans la résolution de ce “sketch”. Je n’ai pas dit que ses proches ou ses collègues de bureau auraient fait ça dans une intention belliqueuse ! Ni même qu’ils auraient fait cela dans une intention douteuse ! tu déformes “grave” là ! où lis tu cela ? Ce qui est sur c’est que si les piégeurs étaient des proches, elle n’aurait pas la “compensation” télé. Je n’ai pas voulu dire autre chose que cela.

Tu dis que quand tu vois un truc du genre vidéo-gag ou quelqu’un se casse la figure de façon spectaculaire, tu n’aimes pas ça, même quand on te dit que la personne ne s’est pas blessée. J’ai un peu la même impression ici : même pas mal, mais en regardant cette vidéo je ne riais pas. Je mets ça en partie sur le compte de ce back office qu’on nous montre au début. Comme si le présentateur avait besoin de nous mettre de son côté avant qu’on voie le film. En faisant cela, en m’expliquant le making off, il change ma perception. Ça aurait pu prendre, il aurait pu me mettre dans sa poche “regarde comme on l’a bien eue” mais c’est l’inverse qui se produit, il me met “du côté” de la piégée et du coup je ne me sens pas très bien. Moi je fais pas la bise à la miss à la fin pour me consoler :). C’est difficile à expliquer et je comprends que tu puisses avoir une perception différente de la mienne. On dit qu’une blague qu’il faut expliquer n’est jamais drôle. C’est un peu ça pour moi. Mais ce n’est que ma perception.

NEGRE Francis
NEGRE Francis

Cher stéphane, De l’empathie OUI et même de l’admiration pour cette dame à qui l’on confie une tache, une grande responsabilité, et qu’elle assume jusqu’au bout comme un devoir parce que cette responsabilité touche à l’enfant…! Mais je pense à nouveau à la même question: -Es-t’on prêt à rire de tout ? d’entrée cette vidéo nous dérange parce que justement elle touche à notre devoir d’adulte face à l’enfant, C’est même plus qu’un devoir : -c’est inscrit au plus profond de nous. Dans ce sens oui, cette vidéo confirme bien des choses.
Enfin, peut-on rire de tout ? Je pense à cette phrase trés caustique de Pierre DEPROGE :”-Pendant la seconde guerre mondiale, il y avait un avantage d’être juif car ils prenaient le train gratuituitement.” J’ai rit de cela et j’ai rit aussi parce qu’il osait dire cela; Nous connaissions le personnage et nous savions qu’il n’était pas antisémite, mais je comprends naturellement que ceux qui ont été touchés par cette horreur de la guerre n’est pas envie de rire à cela.
Il est tard et peut-être que je m’égare!
Merci pour ces partages cher stéphane.

Francis NEGRE

Dot
Dot

Stéphane,
Pour moi, un ressenti ne peut être contesté car il n’émane pas d’une réflexion logique et argumentée. On peut rationaliser a posteriori, mais c’est une démarche artificielle qui vise simplement à rassurer (ou pas) ou à faire prévaloir son point de vue (une autre façon de reprendre le contrôle) alors qu’à mon sens, dans le cas dont nous parlons, il n’y a rien à faire prévaloir.
Il me semble que croyances et ressentis sont bien deux choses qu’on ne peut démonter avec des arguments logiques. Justement parce qu’ils n’ont rien de rationnel.
C’est pourquoi je n’irai jamais contester à quelqu’un son ressenti. Il est ce qu’il est. J’en prends acte. Mais le contester ??
Je trouve étrange que vous ayez compris que ceux qui exprimaient un ressenti différent (je ne trouve pas ça drôle, etc…) vous contestaient le vôtre. Je n’ai lu, en ce qui me concerne, que des gens qui exprimaient des ressentis et des points de vue différents. Et quoi de plus prévisible, puisque nous venons tous d’horizons différents, avec des vécus différents ?

Quant à cette dame, si je devais lui écrire, mon premier souci serait très certainement de ne justement pas chercher à l’influencer dans un sens ou dans l’autre, car ce serait biaiser d’office sa réponse, comme vous le faites très justement remarquer. Je pense donc que je m’efforcerais de poser la question la plus neutre possible, lui disant que j’ai vu la vidéo et que je serais intéressée de connaître comment elle a vécu l’expérience et son ressenti à elle. Car c’est cela qui m’intéresse, au fond, et non de lui faire part du mien qu’elle n’a nullement sollicité. 🙂

Dot
Dot

PS : pardon, faute de pouvoir éditer mon texte, je reformule ici :
J’ai écrit :”Je trouve étrange que vous ayez compris que ceux qui exprimaient un ressenti différent (je ne trouve pas ça drôle, etc…) vous contestaient le vôtre. ”
En fait, j’aurais plutôt du dire : “Pourquoi avez-vous compris que ceux qui exprimaient un ressenti différent (je ne trouve pas ça drôle, etc…) vous contestaient le vôtre ? 😉

Dot
Dot

Merci pour votre réponse qui m’éclaire sur vos motivations. Je comprends mieux. 🙂

Bien sûr que je pense qu’un ressenti peut changer, et comment ! 🙂 Simplement, je pense qu’on ne fait pas changer le ressenti de qui que ce soit en le niant, le dénigrant et en lui opposant ensuite des arguments rationnels. Je pense aussi que c’est la personne elle-même et elle seule qui peut changer son ressenti et personne d’autre, que les gens changent uniquement quand ils trouvent plus d’avantages à changer qu’à demeurer dans leur situation antérieure et seulement à ce moment.
Si quelqu’un vient vous voir en vous demandant de l’aide pour changer un état ou une situation dans lesquels il ne se sent pas “bien”, alors il a déjà fait la moitié du chemin. Ce qu’il cherche, c’est juste un bon moyen de s’y prendre. Dans ce cas, votre démarche fait sens.

Le malentendu provient probablement du fait que je considérais le cas général alors que vous vous concentrez sur votre clientèle potentielle. J’aurais du y penser ! 😉

Car, en général, vouloir faire changer quelqu’un qui n’en a pas envie, n’en ressent pas la nécessité et se trouve bien et heureux comme il est est non seulement voué à l’échec 99,9% du temps, mais a de grandes chances de renforcer ses convictions initiales (backfire effect).
Je considère néanmoins que pour qu’un ressenti puisse changer, il faut d’abord qu’il soit reconnu. On ne peut le nier. On en pense ce qu’on veut, mais il existe bel et bien et ça, c’est indéniable. C’est ce que je voulais dire.

Je suis tout à fait d’accord sur ce que vous dites sur l’empathie compassionnelle à outrance qui, en fait, vise à faire se sentir “bien” plus celui qui compatit que celui qui est sujet de cette compassion. Si elle peut être utile dans un premier temps, elle ne devrait pas se prolonger indéfiniment, car elle vise à maintenir l’autre dans sa position de victime au lieu de l’émanciper, ce qui, il me semble, va complètement à l’encontre de ses intérêts.

Expliqué de cette façon, je suis d’accord. Il me semble juste que la vidéo n’était peut-être pas assez claire pour que ce concept apparaisse sans équivoque, d’où les malentendus qui ont suivi ? Je n’en sais rien, c’est juste une pensée qui me vient… 🙂

Olivier
Olivier

Bonjour Stéphane,
J’ai à nouveau visionné la vidéo de la semaine dernière plusieurs fois, à différentes heures de la journée au point que je ne la connais pas par cœur, mais pas loin..
Je dois dire que je ne dis pas “je le savais depuis le début”.
Incroyable mais je suis toujours pris par la situation au point d’avoir toujours la larme à l’œil quand la femme croit devenir folle et me surprends à sourire de soulagement lors de la fin.
La chose qui a changé, c’est que je ne crois plus que cette femme sourit par le seul soulagement. Je crois qu’elle prend réellement de la distance avec sa mésaventure et rit d’elle-même.
Alors oui, la fin est bon-enfant 🙂
Merci en tout cas d’avoir provoqué en moi cette levée de bouclier émotionnel et de me l’avoir montré. Je me rends compte que mes émotions peuvent être parfois un handicap.

xavier
xavier

Outch, je réponds après quelques jours, et un nombre important d’échanges ont eu lieu avant mon message.
Merci stéphane de m’avoir propulsé au rang de “chef d’équipe” , cela me donne une valeur à laquelle je ne m’atendais pas!
Tu poses la question “A quel moment avons nous appuyé sur STOP ?” Ma réponse est claire: quand j’ai été envahi par les émotions de tristesse (les larmes aux yeux) et de peur (risque de perdre la santé mentale).
Tu me dis que je n’ai pas su voir la fin heureuse … elle m’est apparue moins crédible. Donc je regarde encore cette partie là.
A part les rires en boite au long du sketche, la première personne à rire devant la camera, c’est la fausse policière, elle rit pour se détendre de la difficulté dans laquelle elle se trouve de rassurer sa victime qui a vraiment commencé à perdre la tête. Elle reste un moment retournée sur elle même, pas bien du tout. Fidèle à ses valeurs, c’est la présence de l’enfant qui l’aide à revenir, et à essuyer ses larmes. Plus tard, après avoir été ailleurs, dans la pièce ou on lui offre à boire, elle se demande encore “comment elle va rentrer ce soir”. Elle a besoin de recadrer son histoire par du réconfort émotif, des calins, et de la verbalisation.
Au passage j’en tire la confirmation que pour se remettre d’une expérience traumatisante, il faut des mots et de l’amour.
Je ne présume pas de ce que cette personne a pu devenir, a t’elle eu besoin d’aide ? L’as elle trouvé adéquatement au sein de l’équipe, auprès des siens, avec un professionnel ? Mais rien dans la vidéo ne me montre pas qu’elle aie pleinement retrouvée ses esprit, qu’elle ne soit pas blessée, et que je puisse prendre modèle sur elle pour rebondir.
Si si, j’ai regardé la fin plusieurs fois, à la toute fin elle a encore besoin d’expliquer son attitude, elle n’a pas encore surmonté son expérience.
Mais je suis en coaching, et stéphane me demande si je suis capable d’être empathique avec un gagnant. Je reconnais que c’est plus difficile.
Pourquoi, après avoir gagné 500 000$ cherche t’il a en vouloir encore plus, au risque de perdre ? . Je n’aimes pas ces jeux ou on veut nous faire rêver à la richesse rapide, et nous déconnecter des réalités.

Mais bon, peut importe le flacon pourvu que son contenu soit appréciable. Et le contenu du jour est “Suis-je capable d’être en congruence avec les personnes en réussite, autant qu’avec les personnes en difficulté ?” Euhh … pas évident !

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